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Actualités / Interprètes / VANESSA WAGNER - Le plaisir en plus

Entretien

VANESSA WAGNER - Le plaisir en plus

Par Stéphane Friédérich / Lundi 6 août 2012
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Après une période de doutes, Vanessa Wagner est partie à la conquête d’elle-même. Exit le pianisme effréné, les passages obligés et les faux-semblants ! Rencontre avec une musicienne libérée.


Parlez-nous du Second Concerto pour piano de Théodore Dubois (1837-1924), au programmede votre dernier disque…
Je ne connaissais pas ce compositeur, qui fut l’un des directeurs du Conservatoire de Paris à la fin du xixe siècle. Le Palazzetto Bru Zane – Centre de musique romantique française de Venise – aide à la promotion des œuvres du musicien et François-Xavier Roth, directeur de l’Orchestre Les Siècles, m’a proposé d’enregistrer cette pièce en public. À la première lecture, j’ai été un peu décontenancée à cause de certaines formules académiques. Mais en travaillant la partition, j’ai été sensible à la beauté des thèmes et à la richesse harmonique. C’est une écriture très française, brillante, véloce, pleine de tempérament. On y retrouve aussi les influences de Mendelssohn, Chopin, Saint-Saëns… Bref, c’est l’anti-concerto allemand !

Qui plus est, vous l’avez enregistré sur un piano Erard de 1874…
J’apprécie la sonorité des instruments anciens, pianos ou pianofortes. Ils représentent à la fois un plaisir et un défi. La plupart du temps, nous jouons sur des instruments parfaitement réglés qui répondent à la moindre sollicitation. Avec un piano ancien, nous sommes confrontés aux aléas de la facture de son époque. Les notes ne répètent pas toujours parfaitement, la pédale peut grincer… L’interprète doit composer avec la mécanique. Il se fait humble parce qu’il a perdu le confort de la « perfection ».

Grâce à ce type d’expérience, percevez-vous différemment les œuvres que vous jouez sur des instruments modernes ?
Absolument. Comparez les Variations en fa mineur de Haydn sur un piano moderne et un pianoforte. Un fa grave écrit sur la partition n’a rien d’extraordinaire sur un piano d’aujourd’hui. Sur un pianoforte, c’est la dernière note du clavier. Haydn utilisait toute l’ambitus de l’instrument avec des nuances extrêmes. La valeur expérimentale de la pièce apparaît avec évidence et cette constatation influence votre jeu.

De quelle manière exactement ?
En termes de dynamique, tout d’abord, on ne peut pas jouer aussi fort que sur un piano moderne sinon le son s’écrase. En termes de vélocité, ensuite, car il ne sert à rien de jouer trop vite si certaines notes ne sont plus audibles en raison de la mécanique. Essayez de jouer le SecondImpromptu en mi bémol majeur de Schubert sur un pianoforte des années 1820 au tempo que vous employez sur votre instrument moderne… Impossible ! Le pianoforte est un instrument de « l’anti-ego » !

Diriez-vous qu’il est nécessaire de jouer ces instruments anciens pour acquérir une meilleure connaissance des styles de l’époque…
Oui et non. Christian Zacharias joue ses Schubert et Mozart dans le style idiomatique avec une perfection inouïe alors qu’il n’a probablement jamais fait d’incursions dans l’univers du pianoforte ! Je ne suis pas certaine non plus qu’il faille s’intéresser à l’organologie. En tout cas, je ne me considère pas comme une pianofortiste ou une spécialiste de ce type de clavier. Ce qui m’intéresse, c’est d’élargir mon domaine d’interprète, et j’y trouve un plaisir sans borne.

Ce répertoire dont nous parlons est fort éloigné de celui du romantisme slave qui vous a fait connaître au disque…
Je sortais alors du Conservatoire. J’étais dans « l’hyperpianisme » : la passion de Rachmaninov et la noirceur de Scriabine ! Cela m’a un peu pesé. Je n’aurais actuellement plus le courage de m’immerger pendant des mois dans la musique de Scriabine avec des notes en tous sens et des harmonies tendues en permanence. J’ai donc enchaîné avec un disque Mozart. Mes racines musicales appartiennent aujourd’hui davantage à cet univers et à ceux de Schubert et de Schumann.

Revenons à votre formation initiale…
Je suis issue d’une famille d’enseignants et de littéraires. Mes parents m’auraient certainement incité à entreprendre des études en ce sens. Il se trouve que le piano de mon arrière-grand-mère est arrivé à la maison. Comme beaucoup de petites filles, je me suis mise au piano, sans pression aucune mais avec beaucoup de facilités. Au Conservatoire de Rennes, j’ai eu la chance de travailler avec un grand pédagogue, PierreFroment, un élève d’Alfred Cortot. Sa pédagogie était illustrée par la poésie, la littérature, la peinture… Il ouvrait autant les yeux que les oreilles de ses élèves. Je suis arrivée au Conservatoire de Paris dans la classe de Dominique Merlet avec une excellente technique « naturelle ». Ce dernier m’a prise sous son aile tout en craignant que je me brûle… les ailes ! Je n’avais que 14 ans.

Comment définiriez-vous son enseignement ?
Sa pédagogie était très saine et plutôt stricte. Elle était dépassionnée, c’est-à-dire qu’elle se concentrait sur l’acquisition d’une technique complète. Il m’a donné des bases extrêmement solides, le sens de la réflexion, du son, ainsi que les clés nécessaires à mon épanouissement, ce qui est déjà énorme. Il a été très exigeant avec moi. Il était le maître qui détenait la vérité. Je l’ai ressenti d’autant plus violemment que j’étais en pleine adolescence avec un tempérament farouche et indépendant. Face à un enseignement aussi intransigeant, ce n’était pas toujours facile entre nous…

Vanessa Wagner, pianiste

Pensez-vous avoir hérité d’une « école » de piano ?
Pierre Froment et DominiqueMerlet appartiennent à cette école française héritée d’Alfred Cortot et de Nadia Boulanger. J’en ai certainement acquis les bases. J’ai aussi beaucoup travaillé avec Jean-François Heisser, beaucoup plus ouvert et différent. Je ne me définirais donc pas comme un pur produit de l’école française, ayant aussi beaucoupappris de maîtres tels que Leon Fleisher ou Dimitri Bashkirov par la suite.

Comment décririez-vous le début de votre carrière ?
Ma carrière a commencé jeune. Rien n’a été prémédité avec un côté un peu brouillon ! Tout est allé très vite. Vers l’âge de 20 ans, j’ai eu des passages difficiles. J’ai essayé de faire ce que l’on attendait de moi, sans passer de concours car je n’étais absolument pas faite pour cela. J’ai subi le stress et eu parfois envie de tout arrêter. Je n’ai d’ailleurs rien fait à l’époque pour que ma carrière se poursuive !

Rétrospectivement, comment analysez-vous ce malaise au début de votre carrière ?
C’est un malaise commun à bien des artistes. La plupart des pianistes ont été formés dans le même moule avec des répertoires comparables. Certains de mes amis ou confrères ne sont pas heureux. Nos carrières sont parfois lancées trop tôt car notre société se nourrit d’un jeunisme souvent désastreux. Peu de musiciens ont les épaules suffisamment larges pour encaisser autant de pression tout en parvenant à s’épanouir musicalement, artistiquement, humainement. Je me suis rapidement demandée si le fait d’être sur scène cent quatre-vingt soirs par an pour ne jouer que trois concertos et quelques sonates tout en changeant d’hôtel tous les deux jours était la panacée.

C’est tout de même plaisant d’être applaudie sur scène, de rendre le public heureux…
Évidemment. Être appelée, avoir un calendrier rempli, être sur scène est stimulant. Cela permet aussi de canaliser son émotivité. Mais, pour moi, cela n’allait pas de soi. Quel plaisir pouvais-je tirer d’avoir le tract ? Je me suis battue pour vaincre mes angoisses. La psychanalyse entre autre m’y a aidée. Le paradoxe de ce métier est que l’on doit être une « bête de scène », dominer techniquement tout en jouant sur l’extrême sensibilité. Qui combine cela ? Maria João Pires, Radu Lupu, Clara Haskil...Depuis quelques années seulement, j’ai enfin trouvé une voie plus personnelle en ouvrant mon répertoire au maximum, en multipliant les expériences. Je ferais mienne cet aphorisme tiré du recueil Poteaux d’Angle d’Henri Michaux : « Faute de soleil, sache mûrir dans la glace. » Trouver en moi et dans ma vie des moments d’ombre a été primordial pour mon évolution. Mais je peux le dire aujourd’hui : ma carrière me ressemble et me rend heureuse.

Précisément, la musique contemporaine y tient une place importante…
Ma formation musicale s’est faite avec le répertoire « traditionnel » allant de Bach à Ravel voire Prokofiev ! Durant mes études, je n’ai pas joué de musique contemporaine. Suite à mes rencontres avec Eric Tanguy et Pascal Dusapin, j’ai découvert d’autres sources sonores : Edgar Varèse, Iannis Xenakis, Gérard Grisey, Philippe Schoeller, Philippe Hurel, Tristan Murail, Hugues Dufour, Bruno Mantovani… Pascal Dusapin a composé un cycle d’Études pour le piano (dont deux me sont dédiées) que je joue depuis dix ans et dont l’enregistrement sort dans quelques semaines ainsi que la pièce O Mensch ! que j’ai créée avec le baryton Georg Nigl en novembre dernier. Nos liens affectifs vont pour moi de pair avec ma compréhension quasi instinctive de sa musique.

Les compositeurs que vous citez reflètent une grande diversité de courants esthétiques…
C’est peut-être aussi le caractère inclassable des esthétiques qui m’attire chez certains musiciens. Je me sens plus à l’aise avec des compositeurs aux langages très personnels qu’avec des artistes qui donnent parfois l’impression de ressasser les formules du passé. Les histoires ou querelles entre chapelles d’avant ou d’arrière-garde m’ennuient passablement. C’est d’ailleurs très français de croire que lorsque vous jouez l’œuvre d’un compositeur d’une certaine esthétique, vous vous interdisez de fait de jouer les partitions d’autres musiciens qui écrivent différemment !

Vous collaborez également avec des artistes comme Murcof. Comment vous est venue cette attirance pour les musiques électroniques ?
Je ne cache pas mon intérêt pour ce type de musiques actuelles. J’ai accepté ce projet parce que Murcof est un artiste à part [le musicien d’origine mexicain Fernando Corona, alias Murcof, associe musique électronique et culture classique contemporaine, ndlr]. Nous avons monté un projet à l’Arsenal de Metz où je suis en résidence cette saison. Nous allons présenter un spectacle avec des œuvres de John Adams, Philipp Glass, Arvo Pärt, Erik Satie, entre autres. Ce sont des musiques propices à la création d’atmosphères sonores. Mais, attention, il ne s’agit pas de faire du cross-over ou de compiler des genres musicaux ! Ma collaboration avec Murcof consistera à travailler sur les résonances, les vibrations, les nappes et matières sonores des pièces « classiques » avec les couleurs provenant de l’électronique. Il y a quelques années, j’aurais hésité à me lancer dans un tel projet, craignant que cela nuise à ma carrière d’artiste « classique ». Aujourd’hui, je vis l’expérience comme un enrichissement musical.

Vanessa Wagner, pianiste

Vous tenterez aussi un autre spectacle avec le vidéaste Quayola…
La démarche est différente de celle avec Murcof. En janvier 2013, À l’Arsenal de Metz, puis à la Cité de la Musique, je donnerai un récital Ravel accompagné d’un visuel de l’artiste Quayola. Il disposera de trois écrans sur lesquels les images seront projetées en interaction avec la musique grâce à un logiciel spécifique.

Que représente pour vous le fait d’être en résidence à l’Arsenal ?
Les spectacles dont nous venons de parler sont possibles dans une salle au format et à l’acoustique parfaits. Ce type de résidence permet de multiplier les expériences, d’inventer des liens avec le public. C’est une liberté formidable et une grande chance qui m’ont été données de pouvoir donner vie à des idées plus audacieuses que les seuls récitals ou concerts qui jalonnent habituellement nos vies d’artistes. D’autres projets y sont programmés dont un récital sur deux instruments, un pianoforte et un piano moderne au cours d’un même concert.

Vous avez évoqué Ravel dont vous allez enregistrer plusieurs œuvres à paraître début 2013…
J’ai beaucoup joué les deux concertos ainsi que certaines pièces pour piano seul. C’est une musique de poésie intense, d’une grande sensualité, empreinte de merveilleux et de nostalgie de l’enfance. Chez Ravel, on entend l’orchestre et ses mille couleurs. Son écriture possède aussi une certaine franchise et une vraie noirceur parfois.

Y compris dans la virtuosité étincelante de Gaspard de la Nuit ?
Dans cette œuvre, la virtuosité est au service de la musique. On doit l’oublier et, en tout cas, ne jamais s’arrêter à la performance digitale. Si vous étudiez attentivement Scarbo, vous voyez, par exemple, que les nuances sont plus souvent cantonnées dans les pianissimos diaboliques que dans des dynamiques explosives. Il y a finalement peu d’éclats et beaucoup de mystère. Ravel, c’est aussi l’art de la suggestion.

Aimez-vous enregistrer ?
J’aime l’idée de me préparer longuement pour un rendez-vous dans un studio. L’endroit m’inspire presque autant qu’une salle de concert avec du public. Et puis, j’apprécie le petit rituel des micros, du preneur de son, des essais et des redites… Cela étant, je n’écoute pas les disques que j’ai enregistrés. Cela ne m’intéresse pas spécialement.

Avec des activités aussi diverses, comment organisez-vous votre travail ?
Il est un fait que je ne peux pas faire plus de cinquante concerts par an parce que les répertoires changent la plupart du temps. Cela étant, je passe moins de temps au piano qu’auparavant. Et puis avoir une vie « collée » au clavier huit heures par jour, cela est inenvisageable pour moi ! Cinq ou six heures de travail par jour, c’est amplement suffisant. Parfois même, il est important « d’oublier » le piano. Ces pauses me sont nécessaires car mon planning à venir entre cet été et celui de l’année prochaine est extrêmement chargé !

Existe-t-il pourtant des musiques que vous n’osez pas jouer en public ?
Le jazz, tout d’abord. Je suis totalement incapable d’improviser ne serait-ce que deux notes ! Et puis, je n’oserais pas jouer en public certains « monuments » comme la Sonate « Hammerklavier » de Beethoven ou bien les Variations Goldberg de Bach. Bach, en général, j’évite. J’y viendrai plus tard !

Vanessa Wagner, pianiste

Revenons à votre travail au quotidien…
Je débute généralement la journée en me mettant tranquillement en doigts. Pas de gammes ou d’exercices. Je commence doucement par des « classiques ». Je ne force jamais, ayant été sujette aux tendinites ou à des problèmes de dos. Il faut savoir perdre du temps en travaillant et en gagner… en dormant ! Le cerveau fonctionne mieux dans le sommeil et certains problèmes se résolvent ainsi plus facilement.

Annotez-vous les partitions ?
Jamais. Je mémorise les doigtés et ne les modifie pas en concert. Tout est très fixé dans mon esprit certainement parce que je trouve mes doigtés facilement. Ma mémoire est à la fois musculaire, auditive et relativement analytique. Toutefois, j’apprends avec moins de rapidité qu’autrefois.

Avez-vous peur du trou de mémoire sur scène ?
Oui toujours, mais je crois que je ne suis pas la seule, même si nous sommes assez inégaux devant la mémoire… Lorsque j’ai trop de programmes en cours, je réalise parfois des collages de réductions de partitions que je pose dans le piano. Cela me rassure, d’autant que je déteste le côté « tourneur de pages »…C’est souvent le temps qui manque pour apprendre complètement par cœur. Entre le moment où l’on se sent très à l’aise chez soi avec une œuvre et celui où l’on peut jouer sans partition en public, il se passe parfois plusieurs dizaines d’heures de travail.

En somme, vous ne mettez que rarement la partition sur le pupitre…
Je fais surtout très attention à ne pas m’y habituer car on ne peut plusrevenir en arrière. Cela étant, le dilemme existe. J’ai joué par exemple la Sonate pour piano de Cécile Chaminade avec partition parce que je ne voulais pas passer des dizaines d’heures à l’apprendre alors que je savais très bien que je ne la donnerais peut-être qu’à quelques reprises en public. Devais-je sacrifier autant de temps ? C’est très différent de jouer un ou deux programmes de récitals par an, que d’enchaîner les répertoires et formations en permanence. Et je ne dirai pas que je joue de façon moins inspirée avec un aide-mémoire dans le piano, au contraire.

Que vous apporte le fait d’être directrice du festival du château de Chambord ?
Pour la deuxième année consécutive, je prends un plaisir fou à diriger ce festival qui aura lieu du 10 au 17 juillet [voir rubrique Actualités]. Dans ce lieu magique et aidée par une équipe remarquable, je joue avec l’envers du décor ! Il est bénéfique de comprendre comment fonctionne une telle structure et d’imaginer une saison, ce qui n’est jamais simple. J’ai voulu une programmation très éclectique mêlant les périodes, de la Renaissance à la musique contemporaine. À mon tour, j’invite des artistes que j’apprécie. Je me rappelle le trac de mon premier concert, la saison dernière, alors que je n’y jouais pas ! En tant que soliste, cette expérience modifie ma perception de l’organisation d’un spectacle.

Vous reste-t-il un peu de temps pour l’enseignement ?
Très peu bien que j’adore cela. Depuis cette année, j’enseigne une fois par mois au Pôle d’enseignement supérieur du spectacle vivant de Rennes. Je donne aussi quelques classes de maître et participe à des jurys internationaux. J’adapte ma pédagogie à chaque élève. J’essaie qu’il gagne sa propre autonomie dans le travail et l’écoute. Qu’il sache aussi utiliser ses qualités et se servir de ses défauts à son avantage. Je n’ai donc pas une technique d’enseignement dogmatique. D’ailleurs, les jeunes ont davantage le temps de mûrir, de découvrir tous les aspects de ce métier. Lorsque j’étais au Conservatoire, j’ai connu des adolescents qui ne consacraient leur vie qu’à l’instrument. Ils arrêtaient leurs études, ce qui était catastrophique, surtout s’ils échouaient dans cette carrière.J’ai vite compris que je ne pourrais pas enseigner à des tout-petits. J’ai essayé avec l’un de mes enfants et cela a été un désastre… Question de patience. L’important, c’est la transmission d’une certaine beauté, c’est donner aux autres, dès leur plus jeune âge, la possibilité d’un accès émotionnel aux chefs-d’œuvre qui nous entourent. Pour nous éloigner de la médiocrité qui nous agresse si souvent.



Vanessa Wagner en quelques dates

1973 Naissance à Rennes
1981 Classe de Pierre Fromentau Conservatoire de Rennes
1987 Classe de Dominique Merlet au Conservatoire de Paris
1990 Prix de Piano. Classe de perfectionnement de Jean-François Heisser
1995 Académie de Cadenabbia avec Dimitri Bashkirov, Leon Fleisher
1999 Victoire de la musique, « Révélation soliste instrumental »
2000-2002 Création des Études nos 3 et 7 de Pascal Dusapin



À ne pas manquer

14 oct., Arles, Le Méjean, intégrale des Études de Pascal Dusapin
18 oct., Paris, festival Harmonies d’Automne

Plus d’infos sur : www.vanessa-wagner.com
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