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Actualités / Évènements / Bruno Monsaingeon - L’incomparable regard

Entretien

Bruno Monsaingeon - L’incomparable regard

Par Elsa Fottorino / Dimanche 1er juillet 2012
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Vous avez réalisé de nombreux documentaires sur Gould, Richter, Anderszewski… D’où provient cet intérêt pour les pianistes ?
J’ai un attrait pour les grands pianistes. J’entends par « grands » les pianistes qui ont une vue abstraite de l’instrument, qui ont la faculté de le transcender. C’est vrai de Gould, Richter… La pianiste Viktoria Postnikova a également cette capacité-là. Elle mériterait d’être plus connue. C’est une artiste extraordinaire.Au contraire, un pianiste comme Horowitz ne m’a jamais intéressé.

Comment détectez-vous cette « abstraction » ?
Cela s’entend tout de suite. Certains artistes sont en prise directe avec la musique. Jouer une fugue de Bach est bien plus difficile que d’interpréter une transcription de Busoni.

N’y a-t-il pas tout de même des exceptions ?
Francesco Libetta en est une. Il est le seul pianiste à pouvoir jouer de mémoire l’intégrale des transcriptions de Chopin par Godowski ! J’ai réalisé un film de lui, en insistant dans la mise en scène sur son côté « méta-virtuose ». C’est un pianiste de super-bravoure. Il incarne le piano de l’impossible.

Avant de filmer un pianiste, cherchez-vous à créer une proximité avec lui ?
Oui, il faut qu’il me soit très proche. Piotr Anderszewski est un ami intime. Gould était réputé pour être peu accessible. Mais nous avons immédiatement accroché. Nous avions des préoccupations communes. Gould est encore vivant pour moi. Il continue à affecter la vie d’un grand nombre de personnes. Un jour, une fan m’a envoyé une lettre pour son anniversaire en me disant : « Tout le monde sait que Gould n’est pas mort. Il se cache chez vous. »

Comment l’avez-vous découvert ?
La rencontre fondatrice a eu lieu à Moscou en 1966. J’étais dans un magasin de disques et je suis tombé sur ses enregistrements. J’ai tout acheté. Gould était alors totalement inconnu en France. Quelques années plus tard, je lui ai écrit une lettre dans laquelle je lui exposais mon idée sur la manière de filmer la musique et comment concevoir un film avec lui. Il m’a alors invité à le rencontrer à Toronto. Je l’ai rejoint à l’été 72. Il faisait une chaleur épouvantable. Il a frappé à la porte de ma chambre d’hôtel, vêtu d’un gros manteau, d’une écharpe et de moon boots ! Nous avons discuté dix-huit heures d’affilée ! Nous nous sommes revus et ces heures de conversation m’ont permis d’élaborer un scénario. Un tel travail ne peut exister qu’avec une totale confiance. Les films réalisés avec Glenn Gould sont la répétition d’un miracle.

On pourrait en dire autant de votre film Richter, L’Insoumis
Quelqu’un m’a dit au sujet de ce film : « Richter ressemble à un taulard à la fin de sa vie qui vient raconter ses crimes. » Pour le filmer, j’étais totalement libre pendant deux ans. C’était un homme très seul. Il logeait à l’hôtel Majestic à Paris. J’allais le voir tous les jours avec un magnéto. Je faisais partie de son horizon quotidien.

Comment l’avez-vous appréhendé d’un point de vue filmique ?
Il n’y avait pas de scénario possible, rien de préconçu. Ce film était une épopée. Il relève de l’utopie. Richter était très mal en point. Je l’ai installé chez mes parents à Antibes. Nous travaillions tous les jours. Il avait une extraordinaire indifférence à la caméra.

Votre film Piotr Anderszewski, Voyageur intranquille se déroule dans un wagon équipé d’un piano qui se raccroche à des trains à travers l’Europe. Comment s’est passé le tournage ?
J’ai mis six ans à faire ce film. J’ai fait des repérages incroyables pour trouver des routes permettant de suivre le train pendant un long trajet. Nous avons passé un accord avec les Chemins de fer polonais !

Le documentaire est bercé par la voix du pianiste. Est-ce improvisé ?
Il s’agit d’un documentaire au sens le plus profond : c’est une transcription du réel. Nous avons discuté avec Piotr pendant des heures. Cela nous a donné le matériau nécessaire pour écrire une confession. Tout ce qu’il dit est écrit. J’avais un peu peur au départ car ce n’est pas un comédien professionnel. Mais au final, on retrouve toute sa spontanéité.

Avez-vous des regrets concernant des films que vous n’avez pas faits ?
Un de mes grands regrets concerne Carlos Kleiber. Lorsque j’ai terminé mon film sur Richter, les producteurs m’ont réclamé une version allemande. Or les Allemands refusent les sous-titres. Je devais donc livrer une version doublée, ce qui représente pour moi un sacrilège ! J’ai alors envoyé le film à Carlos Kleiber et lui ai demandé s’il acceptait de prêter sa voix pour le doublage. Il m’a fait une réponse saisissante : « Je n’ai pas vu votre film. Je vis avec. » Il a tout de même refusé ma proposition.

Faut-il être musicien pour filmer la musique ?
Un travail de plan par plan ne peut pas se faire s’il n’y a pas de connivence intégrale avec la partition.

Quel rôle le piano joue pour vous ?
Tous les matins, je déchiffre au piano une cantate de Bach. J’ai réalisé énormément de transcriptions pour piano, parmi lesquelles les Concertos Brandebourgeois de Bach, l’Octuor de Mendelssohn…
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