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Actualités / Évènements / BRUNO LE MAIRE

Entretien

BRUNO LE MAIRE

Par ELSA FOTTORINO / Mardi 13 novembre 2012
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Ancien ministre de l’Agriculture, le député de l’Eure, Bruno Le Maire est aussi un écrivain et un passionné de musique classique. Confidences d’un mélomane averti.

La musique occupe une place importante dans votre vie…
C’est la seule chose qui me permette de me débrancher de la politique. La seule chose qui ait cette puissance.

Pouvez-vous revenir sur votre parcours pianistique ?
Je n’ai pas une famille très versée dans la musique. Vers l’âge de 16 ans, j’ai souhaité me mettre au piano. Pendant une dizaine d’années, j’ai pris des cours avec un professeur de la Juilliard School que j’ai trouvé par petites annonces. Aujourd’hui, j’ai arrêté. Je me suis aperçu que je n’arrivais plus à travailler une heure par jour. Le travail musical nécessite beaucoup de régularité. Je ne pouvais plus l’avoir dans la musique. Mais je l’ai dans l’écriture. J’ai toujours écrit. C’est essentiel dans ma vie quotidienne.

Quels interprètes vous ont marqué ?

Sviatoslav Richter représente pour moi une référence absolue. J’étais prêt à faire 400 km pour l’écouter. Je l’ai entendu pour la toute première fois au Théâtre de Tours. Sur scène, il éteignait toutes les lampes pour ne conserver qu’un petit projecteur sur la partition. Plus tard, il affirmait : « Quand je joue, j’éteins toutes les lumières. (…) On est au concert, pas au cirque. » Richter est un personnage très attachant. Il obtient ce son très singulier qui donne une épaisseur à chaque note. Il surprend, oblige l’attention à se concentrer, donne une profondeur à la musique. Un de ses plus beaux disques est celui des dernières sonates de Haydn enregistré en 1987 à Mantoue. Son interprétation est très dépouillée, d’une profondeur saisissante.

Vous venez de sortir un roman sur Carlos Kleiber. Pourquoi avez-vous choisi d’écrire sur ce chef d’orchestre ?

La découverte de Kleiber a été une révélation. J’ai écouté beaucoup de répertoire romantique allemand mais jamais je ne l’avais entendu de cette manière. Parfois, vous pensez connaître une œuvre et un interprète vous démontre le contraire. Kleiber fait partie de cette catégorie de musiciens.

Richter comme Kleiber sont des interprètes qui savent se mettre en danger…

Dans le dernier mouvement de la 7e Symphonie de Beethoven, le 4e mouvement de la 4e Symphonie de Brahms, Kleiber prend des risques considérables. Il parvient à trouver cet équilibre entre l’interprétation trop romantique, trop échevelée et l’interprétation trop sèche qui perd en émotion. Il existe une véritable tension dans sa musique.

Vous parlez d’équilibre. On se demande justement quelle est la part du réel et de la fiction dans votre roman…

Toutes les citations sont authentiques. Carlos Kleiber regardait vraiment Maya l’abeille [dessin animé, ndlr] avant l’aller diriger Tristan et Isolde. Dans le DVD de la répétition du Freischütz de Weber avec l’orchestre de Stuttgart, il suggère aux musiciens d’être plus énigmatiques. Il dit alors : « Votre musique manque de fantômes. » Les musiciens reprennent, lâchent la rigueur des tempos. Kleiber les arrête à nouveau et leur reproche de n’avoir pas compris. Il leur demande des « fantômes mathématiques ». Cette phrase résume tout l’art de Kleiber. Je me suis repassé cent fois cet enregistrement.

Vous affirmez dans votre livre qu’« il faut du bruit pour percevoir la musique ». Que voulez-vous dire ?
C’est une citation cachée du pianiste Glenn Gould… Il affirmait qu’il passait l’aspirateur en écoutant du Bach. Je pense qu’il ne faut pas mettre la musique sur un piédestal. Il me paraît nécessaire de la sortir du carcan dans laquelle elle est enfermée. La musique fait peur. Elle n’est accessible qu’à une minorité d’enfants en France. Une manifestation comme la Folle Journée de Nantes prouve pourtant qu’elle est à la portée de tous.

Vous esquissez le lien entre musique et politique dans votre roman. Pouvez-vous développer cette idée ?
Tout comme la musique, la politique est un métier de répétition. Vous répétez des séances de questions d’actualité, vous vivez avec les mêmes personnes pendant dix, quinze ou vingt ans. C’est uniquement en répétant que vous arriverez peut-être un jour à dire quelque chose d’utile en politique et, en musique, à interpréter une œuvre d’une manière nouvelle et surprenante. Le terme allemand pour désigner la répétition est plus juste. Die Probe signifie « répéter » au sens premier mais évoque aussi la tentative, l’essai. Par ailleurs, en politique, il faut accepter de prendre des risques. J’ai pris celui de me présenter à la présidence de l’UMP. À un moment, vous avez des choses à dire et il faut les exprimer, lâcher votre langage. En musique c’est la même chose.

Auriez-vous aimé être musicien professionnel ?
J’aurais adoré ! Un de mes très grands regrets est de ne jamais avoir joué du piano avec orchestre, en particulier le Concerto pour piano de Schumann.
Propos recueillis par Elsa Fottorino

À LIRE
Musique absolue - Une répétition avec Carlos Kleiber,
de Bruno Le Maire. Coll. « L’Infini », Gallimard, 103 pages, 2012.

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