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Actualités / Évènements / GUILLAUME COPPOLA : L'ART DE MENER LES DANSES

GUILLAUME COPPOLA : L'ART DE MENER LES DANSES

Par sfriederich / Lundi 10 décembre 2012
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Parmi les étoiles montantes du piano, il en est une qui rallie tous les suffrages : Guillaume Coppola. Après son « Portrait » lisztien (coup de cœur unanime de la critique), le revoici dans une actualité Granados. Entretien.



Guillaume Coppola (Emilie Mille)

Est-ce que cette « simplicité » n’est pas, paradoxalement, délicate à restituer ?
En effet. Trouver le ton juste, nourrir le climat de trois à six minutes de musique n’est pas chose aisée. Chaque pièce de Granados offre un cadre rythmique déterminé dans lequel la part de liberté de l’interprète est essentielle.

Imaginez-vous ces Danses comme un cycle constitué ?
Elles n’ont pas été conçues dans cette optique. L’inspiration de Granados provenait pour l’essentiel d’improvisations. Et, tout comme Chopin, il rechignait à figer le texte. Il aimait modifier ses partitions, les réviser (dans la coda de la Septième Danse, nous disposons d’une version alternative de six mesures totalement différentes), ce qui provoque aujourd’hui de nombreuses interrogations concernant le choix des éditions, auxquelles s’ajoutent des erreurs de copies.
Dans ces recueils (quatre livres de trois Danses), il n’y a donc pas de progression harmonique logique, mais une succession de pièces contrastées. Elles prennent d’autant plus de relief si vous les insérez dans un programme ouvert sur d’autres compositeurs comme Scarlatti et Chopin, que Granados jouait beaucoup en concert.

Guillaume Coppola (Emilie Mille)

Comment avez-vous découvert ce répertoire ?
Ce fut lors d’un stage d’été animé par France Clidat. J’avais 14 ans et l’écoute de l’Allegro de Concierto travaillé par une étudiante fut pour moi une révélation. Je me souviens du moment où France Clidat s’installa au piano pour montrer l’exemple. Elle se lança dans le bouillonnement des premières mesures de l’œuvre. J’ai éprouvé une sensation physique d’une force incroyable. Je me rappelle aussi un examen de déchiffrage au Conservatoire de Besançon où j’étais élève (j’étais terrifié par ces épreuves de lecture à vue). Je devais déchiffrer la Danse n° 1 de Granados (Galante) et j’ai pris un plaisir fou à le faire ! Cette musique me fait du bien.

Le choix du piano est-il important pour en jouer ?
Il faut un instrument qui ait une grande souplesse dans l’attaque et soit capable aussi de contrastes extrêmes. Qu’il puisse briller et révéler des couleurs intimistes. On doit sentir le moelleux dans l’attaque. C’est le « piano de Chopin » avec plus de dynamique et de caractère étincelant. Pour ce disque, j’ai choisi un Steinway assez ancien qui possède une couleur ambrée.



Parlez-nous de l’évolution de votre répertoire…
Mon répertoire s’est enrichi en fonction des sollicitations et de mes envies. Après mon premier disque Liszt paru en septembre 2009, j’ai été beaucoup sollicité en 2011 dans le cadre de l’Année Liszt. Une grande partie de son œuvre contient ce que j’attends de la musique : une dimension narrative et souvent dramatique, un message fort. Je ne m’imagine pas jouer certaines pièces de jeunesse de Liszt comme le Grand Galop Chromatique. Cela étant, j’apprécie aussi les pages virtuoses comme la Danza de Rossini transcrite par Liszt.

Vous avez également une passion pour la musique contemporaine…
Les liens entre les compositeurs du passé et ceux de notre époque sont passionnants. C’est grâce à la musique de Debussy que je joue des œuvres de Toru Takemitsu. Les similitudes sonores et physiques dans le jeu sont étonnantes. Claude Helffer m’a ouvert la porte de ce répertoire. Dans ses cours publics d’interprétation, on entendait la musique du xxe siècle à partir de la Seconde École de Vienne.

Vous sentez-vous attiré par une esthétique contemporaine particulière ?
Non, pas vraiment. En revanche, le timbre est une donnée pour moi essentielle. Je suis attiré par l’idée de la résonance, la richesse des couleurs, l’épaisseur du son et peu importe les esthétiques. J’aime les œuvres qui dépassent la sonorité du piano, comme celles de George Crumb, ou qui racontent des histoires, des univers qui s’opposent comme chez le compositeur chinois Gao Ping.

Quel regard portez-vous aujourd’hui sur l’enseignement de France Clidat et de Bruno Rigutto ?
Avant d’évoquer ces deux personnalités, je voudrais parler de mes tout premiers professeurs de formation musicale. Ce sont eux qui m’ont fait aimer la musique. Je l’ai découverte en premier lieu par le chant, et par des jeux de percussions. La musique, c’est d’abord un plaisir physique, sensoriel. Je suis triste quand quelqu’un m’avoue qu’il a arrêté la musique à cause du solfège. Très tôt, on m’a aidé à trouver un confort dans le jeu musical, à éviter les positions traumatiques. Rétrospectivement, je m’aperçois qu’il y avait beaucoup d’amour dans le travail de ces enseignants. Ils avaient l’envie de partager, de transmettre. France Clidat a été une étincelle, le premier contact avec le « grand » piano et l’envie de jouer sur scène. Le stage d’été dont nous parlions fut décisif à plus d’un titre. Il me décida à devenir pianiste.

Je suppose que vous gardez de nombreux souvenirs…
Elle a eu tout de suite une autorité mêlée de tendresse. Elle m’a « secoué », mais avec une complicité réelle. Je me rappelle lui avoir joué le finale de la Première Sonate de Beethoven que j’avais apprise tout seul l’été, mais à la moitié du tempo. À la fin du cours, le tempo était bien prestissimo, mais j’avais beaucoup transpiré ! J’ai travaillé alors comme un fou, et trois jours après cette leçon, je jouais ce mouvement en public car, pour elle, se produire sur scène était essentiel. Elle disait toujours : « Le public est un catalyseur. » J’ai suivi ce stage plusieurs années. Elle se définissait comme ma « maestra d’été ». Au Conservatoire de Paris, elle m’a conseillé de me présenter chez Bruno Rigutto. L’un et l’autre avaient l’obsession de faire « parler » le piano. Aller à un cours de Bruno Rigutto, pour moi, c’était presque aussi fort que d’offrir un récital, avec le trac en prime ! Avec lui, on se dépassait. Parfois, on avait l’impression de tout donner et il disait pourtant qu’il s’était ennuyé. Il m’a poussé à chercher mon son, creuser le texte pour le faire vivre. Car chaque note doit avoir un sens.
D’autres personnalités rencontrées en master-classes ont eu une influence considérable sur mon évolution. Je pense presque tous les jours à Jean-Claude Pennetier, Dmitri Bashkirov, Leon Fleisher, même si je n’ai joué qu’une seule fois pour ce dernier…



Guillaume Coppola (Emilie Mille)

Parlez-nous des débuts de votre carrière…
Quel drôle de mot ! Mais, en effet, c’est un métier et ça ne l’est pas non plus. C’est une vie consacrée à la musique. Cela peut être un sacerdoce, comme chez Aldo Ciccolini qui vit entièrement pour la musique, qui « respire » la musique, et pour lequel j’ai la plus grande admiration.
Dans mon cas, les choses se sont faites petit à petit. Le palier important a été la sortie du premier disque qui était l’aboutissement de tout un cheminement artistique. Je l’ai préparé tout seul. A posteriori, je me dis que je voulais me prouver quelque chose.

Ce n’est pas évident de travailler seul lorsqu’il existe tant de références des maîtres du passé…
Il faut écouter les maîtres du passé avec décontraction et en tirer profit pour soi. J’admire le temps que les musiciens prenaient alors pour travailler. Claudio Arrau ou Jorge Bolet nous ont prouvé que l’on peut jouer la musique de Liszt avec une respiration autre que celle de notre époque. J’aime à penser que la musique peut dilater ou arrêter le temps. L’interprète peut jouer avec cela.

Parlez-nous de votre travail au quotidien…
Le rythme est aléatoire, en fonction des sollicitations. Dans l’idéal, j’organise mon travail à l’instrument en fin de matinée, puis du milieu de l’après-midi à la fin de la journée. Plus le soir approche, plus je me sens libre et concentré. Je commence par des échauffements. Ayant été « élevé » aux gammes et aux arpèges, je pratique plutôt actuellement des exercices pour entrer dans la profondeur des touches, parfois même sans jouer. Toujours lentement, en relevant peu les doigts. Petit à petit, j’appuie comme pour « pétrir » le clavier. Je ne joue pas forcément l’œuvre que je vais donner en concert, en tout cas, jamais immédiatement les passages les plus virtuoses.

Annotez-vous les partitions ?
J’ai eu des périodes où j’écrivais tout ! J’avais peur de perdre les sensations, les images poétiques. Ma partition des Préludes de Debussy est couverte de citations de Verlaine, d’indications de couleurs, textures, parfums Plus tard, j’ai repris certaines de mes anciennes partitions. Je ne voyais plus la musique ! Finalement, j’ai tout gommé pour repartir du texte.

Apprenez-vous facilement par cœur ?
Auparavant, le « par cœur » venait à l’issue du travail d’étude de l’œuvre. Aujourd’hui, j’essaie de mémoriser le morceau dès le début de l’apprentissage. Cela me permet de mieux coordonner toutes les mémoires entre elles. La mémoire kinesthésique [qui concerne la perception consciente de la position et des mouvements des parties du corps, ndlr.] est également très utile. Une fois, il m’est arrivé en concert de ne plus me rappeler un développement harmonique. J’ai alors « tout lâché » et c’est la mémoire musculaire qui a pris le relais durant un instant !

Quels sont vos projets ?
Je vais jouer le Quintette pour piano en sol mineur de Granados, une pièce pleine de fraîcheur, grâce à une relation privilégiée avec le quatuor Alfama, une formation Belge. Je continue mon exploration de l’œuvre de Debussy. J’ai aussi un projet de disque de mélodies de Poulenc sur des poèmes de Paul Éluard avec le baryton Marc Mauillon. En soliste, je pense à Schubert…
Propos recueillis par Stéphane Friédérich


NOUVEAUTE DISCOGRAPHIQUE
Granados
Allegro de Concert. 12 Danses espagnoles. Guillaume Coppola (piano)
Eloquentia EL1236 (HM). 2012. 1h06’



Le répertoire de Granados ne se concentre pas uniquement sur les Goyescas, chef-d’œuvre, si bien servi au disque. En choisissant les Danses espagnoles associées à l’Allegro de concert qui est bien davantage qu’une pièce pour briller, Guillaume Coppola ne choisit pas non plus la facilité. Il relève en effet le défi d’une virtuosité libre et d’une attention méticuleuse à la fois. La mélodie n’a nul besoin d’être soulignée, elle se révèle avec une belle et étonnante simplicité, fluide dans la pureté du dessin, dans une sorte d’urgence gourmande qui lui convient à merveille. Manier un jeu cinglant tout en faisant preuve de nonchalance, telle est l’autre gageure des Danzas. Proches de l’immobilité parfois comme Oriental, elles jouent aussi du pittoresque et du délicieux sentimental (Saradana). Peu de pédale, juste ce qu’il faut d’accents « claquants », voir d’humour (Valenciana) – l’ironie étant absente chez Granados – et le tour est joué. Voici probablement LA version moderne de ces pièces. S. F.

Et aussi
> Liszt, « Un portrait ». Vallée d’Obermann, Funérailles…
(2009-Calliope/2011-Eloquentia).

GUILLAUME COPPOLA
EN QUELQUE DATES
1979 Naissance à Besançon, le 16 juin
1987 CNR de Besançon
1993 Classes de maître d’été avec France Clidat
1999 Conservatoire de Paris Classes de Bruno Rigutto, Nicholas Angelich, Hervé Billaut, Christian Ivaldi, Ami Flammer, Claire Désert
2002 1er Prix de piano. Prix Pierre Bourgeois – Fondation de France
2004 1er Prix de musique de chambre. Lauréat de la Fondation Cziffra et de l’Adami
2007-2008 Tournées en Europe et en Amérique du Sud
2009 Certificat d’aptitude aux fonctions de professeur de piano. Enseignant au Conservatoire d’Aulnay-sous-Bois (93)
2009 1er CD : Franz Liszt
2011 Nommé par le magazine Classica parmi « les 10 stars de demain » - Réédition du CD Liszt chez Eloquentia - Label Année Liszt
2012 CD Granados


PROCHAINS RECITALS
> 25 janvier, MC2 de Grenoble (38) : Granados
> 29 janvier, Théâtre de Montrouge (92) : Chopin, Granados


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