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Actualités / Interprètes / IVO POGORELICH, LA MÉTAMORPHOSE

Portrait

IVO POGORELICH, LA MÉTAMORPHOSE

Par Elsa Fottorino / Jeudi 17 janvier 2013
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© Antonio d'Amato
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Après un long silence, le pianiste croate reprend le chemin des studios pour enregistrer un disque Beethoven. Il sera aussi en concert le 1er mars à la Salle Pleyel. Portrait d’une figure mythique et controversée, rencontrée au Festival L’Esprit du piano, à Bordeaux.

Sur la scène du Grand Théâtre de Bordeaux, Ivo Pogorelich apparaît, crâne rasé, allure martiale. Il avance vers le piano avec impassibilité, d’un pas lent comme pour mieux occuper la scène de toute sa présence. Dans la salle, l’atmosphère est suspendue. Il s’installe au piano et dès les premières mesures de la Sonate n°2 de Chopin, l’écoute est désorientée. Pogorelich nous entraîne dans son labyrinthe. Les tempos sont étirés à l’extrême, jusqu’aux confins de l’abstraction. Et les ruptures de rythme sont radicales. On passe de la contemplation à l’angoisse. Le pianiste n’hésite pas à faire rugir le Steinway, à déranger, à marteler, à jouer dans la dureté du clavier.

Écouter Ivo Pogorelich en concert est une expérience transgressive
Un récital d’Ivo Pogorelich est une expérience hors du temps, hors des cadres, transgressive, iconoclaste. Il appartient à cette catégorie de pianistes qui montent sur scène avec un programme préparé de longue date. Il limite son répertoire et tourne avec quatre ou cinq œuvres par an. Sa démarche analytique est d’ordre quasi mystique. Il se pense investi d’une mission, celle de rétablir la pensée originelle du compositeur. « La plupart des pianistes jouent très bien le premier niveau d’une partition. Pogorelich prend le luxe de vivre avec une œuvre et de la mûrir pendant longtemps. Il se dédie à son art, sans concession », confie Jean-Hugues Allard, ancien directeur du label Erato et ami de longue date du pianiste.

Mais la spontanéité peuvent-ils survivre à l’épreuve de l’analyse ? «Il n’y a rien de spontané dans l’observation d’une partition. C’est une expérience très sérieuse et minutieuse. Beaucoup de choses peuvent être dites sur la spontanéité en musique. Mais le texte vient en premier», nous dit Ivo Pogorelich. Et pourtant, cette matière première apparaît comme transfigurée sous ses doigts. On reconnaît parfois à peine le discours. « Pour Ivo, la tradition de l’oreille a déformé la pensée du compositeur, précise Jean-Hugues Allard. Avant de proposer sa vision d’une œuvre, il passe par une phase de déconstruction. Ses interprétations sont fondamentales et exigent beaucoup du public. »

Sur scène, il joue avec partitions, noircies par ses annotations. Rien n’est laissé au hasard, chaque note doit faire sens. En 2009, le journal suisse "Le Temps" souligne son « appétit pour des lectures décortiquées ». Loin de faire l’unanimité, ses propositions musicales sont souvent décriées. Elles bousculent, agacent. Pour certains, Ivo Pogorelich serait devenu l’ombre de lui-même. En 2006, le New York Times fait tomber sa sentence : « Un immense talent s’est égaré tragiquement. » Pogorelich avait proposé dans un récital au Metropolitan Museum of Arts, une vision de 41 minutes de la Sonate n° 32 de Beethoven. Face à ces polémiques, le pianiste reste philosophe. Il n’a qu’une devise : « Never complain, never explain. » Ne jamais se plaindre, ne jamais se justifier.
Si ses interprétations sont sujettes à controverse, Ivo Pogorelich n’a rien perdu de son aura, de son mystère qu’il cultive jalousement. « Il a le sentiment d’être élu », nous révèle un proche. Pour obtenir un entretien avec lui, il faut s’armer de patience. Il s’est toujours montré farouche auprès des médias, distillant ses interviews au compte-gouttes.

Un avant et un après
Dès le début de sa carrière, Pogorelich sait jouer de son image. Il fabrique son propre mythe. Pris dans un tourbillon de succès, il pose dans sa jeunesse pour les magazines sur papier glacé. Vogue en fait une égérie glamour du classique. Un événement fondateur déclenche l’emballement médiatique. En 1980, il se présente au célèbre Concours Chopin de Varsovie. Mais le jeune prodige est écarté de la compétition. S’abattent alors les foudres de la véhémente pianiste Martha Argerich qui le qualifie de « génie » et quitte sur-le-champ le jury. Un scandale qui lui ouvrira les portes des plus grandes salles de concert et du label Deutsche Grammophon.
L’apprentissage d’Ivo Pogorelich est marqué par le sceau de la tradition Liszt-Siloti. Un héritage transmis par son professeur, Aliza Kezeradze qu’il rencontre à l’âge de 17 ans. Cinq ans plus tard, il l’épouse.

Nous sommes en 1980. Il a 22 ans, elle en a 43. Elle restera toute sa vie son mentor. En 1996, elle meurt d’un cancer. Ce drame provoque un véritable tournant dans l’interprétation de Pogorelich. Dix ans plus tard, il confie au quotidien allemand Die Welt : « Je devais me réinventer. » Il affirme avoir remis en question sa technique, s’être ouvert à d’autres répertoires, d’autres cultures. Pogorelich n’a rien enregistré depuis plus de quinze ans. Mais ce long silence va bientôt prendre fin. Il prépare un disque consacré à Beethoven chez Deutsche Grammophon. Qu’est-ce qui a changé entre celui qu’il était à 22 ans et celui qu’il est désormais  ? « 54 moins 22, font 32. Beethoven a composé un cycle nommé 32 Variations sur un thème original ; de même, 32 années d’expériences m’ont apporté beaucoup de merveilleuses variations. » On n’en saura pas plus.
Elsa Fottorino

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