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Actualités / Interprètes / DANIELLE LAVAL

DANIELLE LAVAL

Par Stéphane Friédérich / Mardi 26 février 2013
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La pianiste Danielle Laval, qui donnera un concert le 31 mai, à la Collégiale Saint-Pierre de Gerveroy (60), évoque pour "Pianiste" sa carrière et ses études auprès de Vlado Perlemuter. Un témoignage précieux.

Comment avez-vous rencontré Vlado Perlemuter ?

Je l’ai rencontré par l’intermédiaire de mon professeur de solfège, Marcelle Soulage. Vlado Perlemuter m’a accepté dans sa classe, au Conservatoire de Paris. Huit jours avant mon examen (il s’agissait alors de l’accessit, avant le Prix), j’ai attrapé les oreillons. Mon professeur a fait reporter le jury composé de personnalités comme Jeanne-Marie Darré, qui ont dû, en plus, se faire vacciner ! Je me rappelle avoir présenté les Etude d’après Paganinide Liszt, très fatigantes pour l’audition. J’ai eu mon accessit, ce qui m’a permis de gagner une année scolaire. J’ai donc obtenu mon Prix du Conservatoire au bout de deux ans.


Comment définiriez-vous l’enseignement de Vlado Perlemuter ?

Il était un professeur très exigeant. Tous les quinze jours, il fallait présenter un Prélude et Fugue de Bach, une étude, une pièce romantique, une autre de Debussy ou de Ravel… Sa pédagogie était basée sur une technique très souple et le souci que l’élève garde sa personnalité. En revanche, il était intransigeant sur le respect du texte. Tous les deux mois, nous nous produisions devant des personnalités extérieures au Conservatoire comme Lazare-Lévy. Il nous apprenait à maîtriser ainsi notre trac. Lui-même en souffrait et je dois avouer qu’il nous communiquait hélas son angoisse quand nous montions sur scène.


Comment se déroulaient ses cours ?

Il n’a jamais manqué l’un de ses cours ni été en retard. Nous étions quatre par classe. Chaque élève disposait d’une heure de travail en présence des autres. On progresse davantage en écoutant les autres. Il nous montrait beaucoup l’exemple. Evidemment, nous voulions faire comme lui. Techniquement, il fallait être très fort sinon il ne vous gardait pas. La virtuosité est un préalable à tout. J’aime la virtuosité parce qu’elle vous permet de chanter sans contrainte. Par ailleurs, nous disposions d’une répétitrice qui assistait aux cours. Elle relevait les points faibles de chacun et nous faisait travailler séparément.


Vous imposait-il, par exemple, des doigtés et des répertoires précis ?

Il nous donnait trois sortes de doigtés pour chaque morceau. On en choisissait un que l’on marquait sur notre partition. Grâce à cette rigueur, je n’écris plus rien aujourd’hui. Il était très attaché à la simplicité de jeu, du phrasé, à la musicalité. Nous avons bénéficié de son propre enseignement auprès de Fauré et de Ravel. Il nous apprenait aussi à nous écouter nous mêmes, ce qui est difficile. Savez-vous qu’il a fait travailler Dinu Lipatti ? C’est pour cela que le jeu de ses élèves est souvent reconnaissable. Ecoutez Christian Zacharias ! Vlado Perlemuter nous a légué un legato délicat, léger, un souci de la clarté expressive.


Comment était-il sur le plan humain ?

Il était distant et il nous aimait. Il n’était pas affectueux, mais prenait très grand soin de nous. En cours, il n’était jamais nerveux. Il protégeait ses élèves. Quand j’ai eu mon Prix, il ma demandé pourquoi je pleurais. Je savais très bien qu’il ne gardait pas ses élèves.


Revenons sur le trac. Comment le vivez-vous ?

J’ai retenu le conseil de György Cziffra, qui m’avait dit que le seul remède était d’être parfaitement prêt techniquement et de savoir se conditionner. C’est ce que j’ai toujours fait, y compris pour mes enregistrements. Je fais d’ailleurs peu de prises, parce que je joue comme si j’étais en concert. Cela n’empêche pas le trac. Le pire moment, c’est quand on vient vous chercher dans votre loge. Je rêve qu’un incendie se déclare subitement ou que je suis bloquée dans l’ascenseur ! Sur scène, tout disparaît. Les grandes salles sont “protectrices” car vous ne voyez pas le public. Ou alors, une seule personne. Et c’est pour elle que vous allez jouer.


Avez-vous une attention particulière pour votre jeu lorsque vous êtes en concert ?

Je pense avant tout à l’expressivité du chant et donc à la main droite. Cela peut paraître paradoxal, parce que la main gauche, la base rythmique est la plus importante. Vlado Perlemuter nous conseillait de l’oublier. Si on y prête trop attention, on risque de se tromper et de décaler.


Parlez-nous de votre répertoire…

J’ai toujours joué de tout ! De Bach à Rosza, en passant par Mozart, Mendelssohn, Chopin, Rachmaninov, Poulenc, Gershwin, Rota et Michel Legrand. J’avoue aussi une passion pour le jazz, celui d’Erroll Garner, d’Art Tatum… J’ai soixante concertos pour piano à mon répertoire. Vlado Perlemuter possédait un répertoire très vaste. Je me suis contentée de l’ouvrir, notamment vers la musique de cinéma. Il ne faut jamais rabâcher les mêmes morceaux. Actuellement, par exemple, je joue la Cinquième Sonate pour piano de Baldassare Galuppi.


Pensez-vous qu’il existe des répertoires plus délicats que d’autres pour la mémorisation ?

Ravel et Fauré, certainement. Fauré n’est pas “pianistique”. Disons que son écriture n’est pas confortable pour les pianistes si on la compare à celles Mozart, Rachmaninov et Saint-Saëns, par exemple. Evidemment, tout ce que je vous dis ne retire rien au génie de Fauré et à la passion que j’éprouve pour sa musique. Mais, sa Ballade pour piano et orchestreest l’un de mes pires souvenirs de concert. Je l’ai joué en concert à Liverpool. J’étais malade de trac. Jamais plus cette expérience ! Les jurys qui imposent du Fauré dans les concours ne sont pas très “charitables”. Ravel est très difficile. Mais, j’en ai tellement joué avec Perlemuter !


Vous parliez de virtuosité. Faites-vous beaucoup d’exercices techniques ?

Non. La technique est inséparable de la “musique”. Je ne la dissocie jamais des morceaux. Comme professeur, je ne demande jamais de gammes à mes élèves. Libre à eux d’en faire. Je n’ai pas besoin de me chauffer les doigts. Cela étant, j’aime beaucoup les études lorsqu’elles ont une réelle valeur musicale. C’est pour cela que j’ai enregistré les Etudes de Clémenti et celles de Hummel.


Sollicitez-vous des réglages particuliers concernant les pianos ?

Je vois toujours l’accordeur. Je demande un clavier souple et des pédales très bien réglées. Sinon, je ne change rien à mon jeu. C’est, entre guillemets, au piano à s’adapter à mon jeu !


Vous enseignez au Conservatoire international de musique de Paris. Comment jugez-vous l’enseignement de la musique et la personnalité des jeunes pianistes actuels ?

J’aime profondément enseigner et notamment dans le cadre de classes de maître. Vous concentrez ainsi sur une période brève toute l’attention des élèves sans supporter les contraintes de répéter les mêmes consignes tout au long d’une année scolaire.

Aujourd’hui, les jeunes artistes subissent les aléas économiques de notre époque. Beaucoup d’entre eux travaillent pour payer leurs études. Ils ont l’esprit accaparé par bien d’autres choses que la musique. Leur temps est précieux et ils ont rarement le luxe de s’écouter les uns les autres, ni même d’aller au concert. C’est très regrettable.


Est-il possible d’imaginer le développement artistique d’un jeune musicien ?

C’est très difficile. Surtout avec cette génération si dépendante de facteurs autres qu’artistiques. La plupart des élèves ne savent pas ce qu’ils veulent faire. Ils ne se projettent plus dans l’avenir, sauf peut-être, ceux qui n’ont pas la préoccupation directe du quotidien. En revanche, je devine leur personnalité en les voyant pour la première fois. Dans les jurys, un candidat n’est pas encore assis que je sais comment il va jouer. On joue comme on est.

Propos recueillis par Stéphane Friédérich

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