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Pédagogie / Les conseils d'Alexandre Sorel / JOHANNES BRAHMS : INTERMEZZI N°1 ET N°2 EXTRAITS DES KLAVIERSTÜCKE OP. 119
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JOHANNES BRAHMS : INTERMEZZI N°1 ET N°2 EXTRAITS DES KLAVIERSTÜCKE OP. 119

Par Alexandre Sorel / Vendredi 3 mai 2013 / Pianiste Magazine N°80 - MAI-JUIN 2013
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Il est intimidant d'aborder ce chef-d'oeuvre emprunt d'une profonde nostalgie et révélateur du fatalisme qui envahit à cette époque le coeur de Brahms. En cette année 1893, le compositeur passe l'été à Bad-Ischl, en Haute-Autriche. Il est vieillissant et résigné à la pensée de n'avoir pu construire cet amour durable, cette famille à laquelle il avait tant aspiré. Ni ses lointaines fiançailles avec Agathe von Siebold ni ses autres tentatives successives n'ont pu le conduire au bonheur. Brahms s'abandonne alors à ce "Weltschmerz"typiquement allemand,un sentiment de la douleur du monde. En écoutant ces Klavierstücke, on peut imaginer le musicien contemplant un lac aux ondes immobiles, dont la surface est aussi lisse que ses espoirs déçus...

Intermezzo n°1

MES. 1-4

Notre première préoccupation doit être de faire sonner les notes longues car le son de celles-ci, aussitôt émis, commence à s'éteindre. Brahms a décrit lui-même ce premier thème comme un : "carillon mystérieux et triste"1. Il précisait aussi "Sehr Langsam spielen" ("à jouer très lentement"), ajoutant que chaque note devait être jouée ritardando, comme si l'on voulait extraire la mélancolie de chacune d'elles. Clara Schumann, quant à elle, évoque : "Cette merveilleuse pièce ensi mineur, si doucement triste en dépit de ses dissonances"2. En effet, ce jeu de perles que Brahms dévide une à une crée de somptueuses dissonances, des accords de neuvièmes. Il nous suggère même (grâce au jeu des appoggiatures) des accords très modernes de onzième ! Appuyez la première note de chaque mesure (la noire qui comporte une hampe vers le haut) en pesant de haut en bas. Tenez chaque note au fond des touches exactement le temps nécessaire, comme cela est indiqué par Brahms. Ce faisant, allégez votre poids, afin de diminuer les terminaisons de la phrase et d'être à même de prononcer ainsi le début de la phrase suivante. Nous l'avons expliqué tout au long de cette étude. Cette façon de faire est la clé du phrasé.

Voyons maintenant le parcours tonal. Brahms égrène son premier accord en descendant depuis le fa# jusqu'au mi. Il ne nous indique pas tout de suite quelle sera la fondamentale de l'harmonie : le mi. Première instabilité. Mais il y a plus. Dans la tonalité du morceau, ce mi n'est que la sous-dominante, c'est-à-dire un degré "d'attente" et d'interrogation musicale. Brahms nous invite donc d'emblée à une lévitation, un questionnement métaphysique qui reste sans réponse. Ne posez pas cette première mesure. Ne baissez pas les bras (ni le bras gauche ni le bras droit). Sentez votre basse mi comme suspendue, avancez dans le discours, car Brahms déroule devant nous un fleuve aux méandres sinueux qui n'a de repos nulle part...

Par ailleurs, sculptez votre son et tenez compte de la particularité du piano. La première note de chaque mesure est une note longue. Elle commence à mourir aussitôt émise. À la fin de la mesure, son sillage sonore a presque disparu. Jouez la note suivante pianissimo, c'est-à-dire dans la continuité de ce premier son qui a commencé à s'éteindre. Si vous n'y prenez pas garde, un choc désagréable risque de nous tirer de notre rêve. N'oubliez jamais ce phénomène acoustique dû à la nature du piano et qui, si on l'ignore, peut ruiner la conduite d'un chant.






MES. 17-18

Nous allons enfin expirer ! Il nous aura fallu pour cela attendre le dernier temps de la mesure en fa# majeur (n° 16). Le deuxième thème de cet Intermezzo, en majeur, amène alors un peu de consolation. Réalisez les appuis sonores comme cela est indiqué par les soufflets, sans tenir compte des temps forts ou faibles de la mesure. Brahms s'affranchit souvent de la barre de mesure ou même de la pulsation, en modelant ses phrases. C'est ce que l'on nomme des hémioles.On en trouvera un exemple avant le retour du thème, mesures 43-45.

Par ailleurs, voici une recommandation technique et esthétique très importante. Apprenez à jouer (cela est tout spécialement valable pour la musique de Brahms) avec le poids de tout votre bras depuis l'épaule et ne vous contentez surtout pas du poids de votre avant-bras. L'usage du poids de l'ensemble du bras, senti depuis la clavicule, donne un son ample, tandis que le seul poids de l'avant-bras produit souvent un son étranglé et sec. Pour percevoir au mieux cette amplitude, construisez vos nuances. Par exemple, le crescendo des mesures 22 à 24 doit être amené très progressivement. Ne serrez pas le clavier en voulant jouer trop fort. Non seulement Brahms n'a noté qu'un seul f(ce qui correspond à peu près à l'intensité d'une voix qui parle normalement), mais de plus, nous aboutissons sur l'accord de sol mineur, qui n'est lui-même qu'un degré d'attente3. Cela est d'une grande conséquence sur le toucher. Ne plaquez pas ce forte vers le bas. Imaginez que vous voulez "l'extraire" du piano, vers le haut. Vous n'aurez alors nul besoin de forcer et vous pourrez user librement du poids de tout le bras depuis l'épaule.





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Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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