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Compositeurs / Modernes / Antonín Dvorák (1841-1904)

Portrait

Antonín Dvorák (1841-1904)

Par MARC BOSMANS / Samedi 18 avril 2015
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LE PIANO DE L'INTIME

Si la première œuvre connue de Dvorák est une Polka pour piano (« Ne m’oubliez pas ») composée à 14 ans, son legs pianistique n’est pas très important au regard de son énorme production (813 numéros dans le catalogue de Jarmil Burghauser*). Mais, faute d’abonder en œuvres célèbres, hormis les Danses slaves (que l’on connaît plutôt dans leur version orchestrale) et l’inévitable Humoresque en sol bémol majeur, ces pièces pour piano révèlent l’atelier intime et l’imaginaire du compositeur tchèque.


La musique d’Antonín Dvorák procède tout entière d’une double attraction. D’une part, la tradition allemande, héritière de Beethoven et des Romantiques, qui confère à son écriture une solidité formelle et un certain académisme. D’autre part, la musique populaire tchèque, avec ses rythmes, ses tournures mélodiques, ses harmonies si particulières – et si éloignées des fondements de la tradition allemande – qui assurent à ses pièces, une couleur inimitable. Cette dualité est, en fait, d’ordre sociologique.
Dvorák, et le nationalisme tchèque l’a suffisamment fait savoir, eut des origines relativement modestes. Son père était boucher à Nelahozeves, à une trentaine de kilomètres au nord de Prague, et il aurait dû lui succéder. Mais constatant que son fils était intellectuellement éveillé, il l’envoya à la petite ville voisine, Zlonice, où le jeune garçon put pousser un peu plus loin sa formation générale et ses études musicales. Incontestablement doué, il pratiquait déjà le piano très proprement. En 1857, il fut admis à l’École des organistes de Prague où il se perfectionna aussi au violon ainsi qu’à l’alto. Dvorák ne fut jamais un pianiste exceptionnel, au contraire de Brahms, par exemple, mais il maîtrisait bien le violon et l’alto (il joua dans l’orchestre du Théâtre de Prague et, pour gagner sa vie, dans un orchestre de variétés) et l’orgue (il fut titulaire des orgues de la Cathédrale de Prague à partir de 1874).

La rencontre de Brahms

Au cours de sa jeunesse, Dvorák composa peu pour le piano, deux Polkas (B. 1 et 3) et un pot-pourri sur des thèmes de son opéra Le Roi et le Charbonnier (B. 22). Ses premières compositions d’importance dans ce domaine datent de 1876, l’année de ses 35 ans. Le Concerto pour piano en sol mineur op. 33 B. 63 est nettement moins célèbre que les concertos pour violon et pour violoncelle. Il ne s’agit pourtant pas d’une œuvre négligeable et de grands interprètes, notamment Sviatoslav Richter, l’ont tenue en estime. Composer un concerto, c’était tenter de s’assurer la reconnaissance d’un large public. Dans le cas de Dvorák, encore peu connu, c’était une manière de conquérir la réputation d’un artiste qui compte dans la Bohème alors en peine reconquête de son identité culturelle. Mais pour cela, il fallait paradoxalement passer par les canons de la musique allemande. Dvorák avait rencontré Brahms en 1873. Les deux hommes s’étaient liés d’amitié et le Saxon avait dès lors considéré le Tchèque, de huit ans son cadet, sinon comme un disciple, du moins comme un artiste prometteur, qu’il avait introduit chez son éditeur Simrock.

On considère généralement que le Concerto en sol mineur porte la marque du Concerto en ré mineur de Brahms, ce que semblent attester ses vastes dimensions (près de 40 minutes), son art du développement (parfois un peu longuet dans le premier mouvement), son caractère symphonique et son refus du brio virtuose. Mais le charme des thèmes est bien de nature tchèque. La synthèse entre l’art populaire tchèque et l’art savant allemand y est donc incomplète mais l’Andante sostenuto possède un charme typiquement dvorákien, comme le deuxième épisode du Finale, de forme rhapsodique.

Vers un art typiquement tchèque

De la même époque datent deux œuvres qui marquent bien la double polarité du compositeur. La Doumka en ré mineur op. 35 B. 64 (1876) se réfère à un genre poético-musical slave. Musique nocturne, musique d’apparence improvisée, la Doumka, chez les compositeurs romantiques slaves (notamment Tchaïkovski) répond à une revendication nationaliste et musicale, dans la mesure où il s’agit d’échapper aux conventions formalistes. La Doumka est à la fois fortement structurée, autour de quatre épisodes présentés en alternance, mais la relation entre ces éléments est de nature libre et chacun d’eux possède son propre climat affectif, le ton élégiaque dominant cependant en dépit d’épisodes de caractère plutôt héroïque. Thème et Variations en si bémol majeur op. 36 B. 65 (1876) se confronte avec l’une des grandes formes conventionnelles. Le thème marqué par un fort chromatisme semble a priori peu fait pour susciter des variations. C’est justement là ce qui est intéressant. Dans ce cycle particulièrement réussi, Dvorák parvient à conserver un ton constamment personnel, lyrique et intimiste, qui s’élève parfois jusqu’à une virtuosité de caractère épique, à la manière brahmsienne (dans la 5e Variation), sans renoncer à la rigueur dans le traitement du thème.

On a voulu rapprocher ce cycle du premier mouvement, également à variations de la Sonate n°12 de Beethoven. C’est à moitié vrai car Dvorák traite le thème de manière moins abstraite et ménage une série d’épisodes romantiques bien intégrés et pourtant singuliers. Au cours des quatre années qui suivirent, Dvorák composa plusieurs albums de danses d’inspiration populaire. Le genre est à la mode depuis longtemps – que l’on pense aux innombrables Ländler et Valses de Schubert – mais l’on perçoit ici comme une volonté d’illustrer la musique populaire tchèque et de lui donner des lettres de noblesse (dès les années 1840, le tout jeune Smetana avait ouvert la voie avec ses Polkas).

Les Écossaises op. 41 ne viennent pas, en principe, des bords de la Vltava mais elles s’inscrivent dans un genre abondamment pratiqué en Europe centrale et illustré par Beethoven, Schubert et Chopin. Si les deux Menuets op. 28 B. 58 appartiennent au style international mais avec beaucoup de chic, les deux Furiants op. 42 B. 70 de 1878 nous font enfin entrer dans le vif du sujet national. La Furiant est une danse rapide à ¾ mais dont les déplacements d’accents donnent parfois l’illusion d’un rythme binaire. Il s’agit ici de pièces virtuoses, adaptées au concert et qui marquent l’élévation de la musique populaire au « grand genre ». De forme tripartite, leur épisode central est d’une harmonie plus libre et comme improvisée.

Triomphe des Danses slaves

La même année, Dvorák compose pour Simrock son premier recueil de huit Danses slaves op. 46, pour piano à quatre mains. C’est l’une de ses œuvres majeures, que l’on connaît surtout aujourd’hui dans sa version pour orchestre. On peut penser que le compositeur a suivi le modèle des Danses hongroises de Brahms dont deux cahiers avaient été publiés par Simrock en 1869. Mais la démarche des deux musiciens est différente. Brahms avait traité la musique tzigane de Hongrie au second degré, en faisant la synthèse de morceaux déjà composés par des musiciens hongrois (dont un certain Sarközy) d’après la musique populaire, alors que Dvorák se fonde sur des rythmes et des tournures slaves pour créer un folklore imaginaire.
Chaque danse intègre plusieurs épisodes selon le principe de la rhapsodie. Les pièces sont effectivement associées à une danse précise (n°1 : Furiant ; n°2 : Doumka ; n°3 : Polka ; n°4 : Sousedska ; n°5 : Spacirka ; n°6 : Polonaise ; n°7 : Kolo ; n°8 : Sousedska).

Partition de l'Ouverture des Danses slaves n°1 op.46 pour quatre mains.


Les Douze Silhouettes op. 8 de 1879 (chez Dvorák, les numéros d’opus ne correspondent pas à la chronologie) explorent un monde tout à fait différent. On y retrouve des thèmes des deux premières symphonies. Ce sont des pièces brèves (la plus longue n’excède pas deux minutes et demi) très éloignées de tout folklore. Dvorák semble s’être inspiré de Schumann, celui du Carnaval ou des Scènes d’enfants. Le titre est curieux et pourrait laisser penser à des portraits en musique alors qu’il s’agit plus vraisemblablement d’évocations psychologiques personnelles aux tempos plutôt vifs (sept pièces sont marquées Allegro, Presto ou Vivace, quatre Allegretto, et une seule Andantino).
Cette période, au cours de laquelle il compose son Stabat Mater et sa Sixième Symphonie, est marquée par plusieurs recueils intéressants. Dvorák est désormais reconnu et il publie successivement Huit Valses op. 54 B. 101, Quatre Églogues op. 56 B. 103, Six Pièces op. 52 B. 110 et Six Mazurkas op. 56 B. 111, ainsi que les Feuillets d’album B. 109 longtemps inédits. Ces pièces ont en commun une certaine virtuosité, qui les destine à des pianistes « avancés », un caractère foncièrement romantique et expressif mais pas dépressif. La mélancolie généralement imputée aux Slaves fait place ici à une certaine bonhomie. Même les morceaux en mode mineur comme l’Intermezzo op. 52 n°2 évoquent plutôt un douce élégie.

Les Dix Légendes pour piano à quatre mains op. 59 B. 117 furent composées au cours des années 1880 et 1881. Dvorák les dédia au critique Eduard Hanslick, le célèbre théoricien proche des cercles brahmsiens – et ennemi du wagnérisme, sinon de Wagner. Cette dédicace représente une prise de position pour une musique que l’on pourrait qualifier de « romantisme classicisé ». Les Légendes ne sont pas à proprement parler des morceaux à programme puisque Dvorák ne les a pas intitulées. Libre à l’auditeur d’y rattacher la légende de son choix. Comme les Danses slaves, elles sont plus connues dans leur version symphonique, réalisée dès 1881. Quatre sont en mode mineur, six en mode majeur mais d’une pièce à l’autre, comme dans les Pièces op. 52, l’atmosphère reste assez peu contrastée. Le ton est charmant et le qualificatif grazioso apparaît à deux reprises (nos 6 et 8). Parfois, on n’est pas très éloigné de l’atmosphère des Danses slaves (nos 1 et 3). L’harmonie, très caractéristique du compositeur, en est constamment raffinée et modulante, hésitant souvent entre majeur et mineur.

Pièces de genre
Au cours des années suivantes, Dvorák compose des pièces que l’on pourrait dire « de genre », d’inspiration romantique comme l’Impromptu en ré mineur B. 129 (1883) et surtout le recueil de six pièces à quatre mains De la forêt de Bohème op. 68 B. 133 (1883-1884) qui mêle les évocations romantiques d’un ton populaire, épique et lyrique (Au rouet, Près du lac noir, Nuit de sabbat, En montant la garde, Le Calme de la forêt, Des temps troublés). Le Calme de la forêt (« Waldesruhe ») est la plus connue de ces pièces, mais dans une émouvante version pour violoncelle et orchestre. Il ne néglige pas toutefois l’inspiration purement folklorique, dans la Doumka et la Furiant op. 12 B. 136 et B. 137 (1884) et, bien évidemment, le second recueil des Danses slaves, op. 72 B. 145, qui suit de près la composition de la Septième Symphonie.

La commande de ces huit nouvelles danses était la conséquence directe du succès du premier recueil. Dvorák en éprouva quelques difficultés car, de son propre aveu, il lui semblait faire la même chose. De fait, on ne note pas d’évolution particulière du langage et du traitement des motifs venus de diverses nations slaves : n°1 : Odzemek (Slovaquie) ; n°2 : Doumka (Ukraine) ; n°3 : Skocna ; n°4 : Doumka ; n°5 : Spacirka ; n°6 : Polonaise (Pologne) ; n°7 : Kolo (Serbie) ; n°8 : Sousedska. Si l’on excepte quelques pièces brèves (Humoresque en fa# majeur B. 138, Deux Petites Perles B. 156, Feuillet d’album B. 158), le recueil le plus important des années précédant le départ à New York est, en 1889, celui des Poetické nalady (Poetische Stimmungsbilder op. 85, B. 16) que l’on traduit par « Impressions poétiques » – on pourrait presque dire « Images poétiques impressionnistes ».

C’est un cahier important, de près d’une heure, dont chacun des treize morceaux est construit de manière simple, généralement en alternant « refrains » et « couplets » comme dans un rondeau. Musique très agréable, touchante, point trop virtuose d’apparence mais tout de même délicate, peu « révolutionnaire » et pourtant toujours personnelle, qui compose un petit musée de l’imaginaire personnel du compositeur, avec quelques cartes postales de Bohème (1. Chemin au crépuscule ; 2. En s’amusant ; 3. Dans le vieux château  ; 4. Chanson de printemps ; 5. Ballade du paysan ; 6. Rêverie  ; 7. Furiant ; 8. Danse des lutins ; 9. Sérénade ; 10. Bacchanale ; 11. Bavardage ; 12. Sur la tombe d’un héros  ; 13. Sur la Montagne sacrée).

Les années américaines

De 1892 à 1895, Dvorák, désormais reconnu comme l’un des grands noms de la musique européenne, dirigea le Conservatoire national de New York, institution privée fondée une dizaine d’années auparavant. Ce fut un événement capital pour la musique tchèque qui trouvait dans cette nomination une reconnaissance internationale. De ces années américaines, il rapporta la Symphonie « du Nouveau Monde » et le Concerto pour violoncelle. La moisson pianistique fut moins riche mais comprend cependant la Suite en la majeur op. 98 B. 184 (1894), très intéressante par son harmonie fluide et claire, qui intègre certains éléments constitutifs de la musique populaire celtique, ainsi que les Huit Humoresques op. 101 B. 187 (1894). Le terme d’humoresque renvoie plus à l’humeur (changeante) qu’à l’humour et se réfère à Schumann. Dvorák a fini par choisir ce titre, de préférence à celui de Danses écossaises, initialement prévu mais qui ne correspondait guère au contenu – cette musique est franchement tchèque, non sans nostalgie.

Ce sont encore des pièces brèves de caractère romantique, dont la septième, en sol bémol majeur, a connu une célébrité universelle, et des arrangements de toutes sortes, notamment pour violon et piano et pour orchestre à cordes. La Berceuse et le Capriccio B. 188 (1894), contemporains, appartiennent à la même veine.

Ainsi s’achève une œuvre rare et paradoxale dont le grand pianiste tchèque Radoslav Kvapil disait que pour le pianiste, elle était aussi difficile de celle de Liszt mais, que pour le public, elle apparaissait aussi claire que du Mozart.
Marc Bosmans

* Jarmil Burghauser (1921-1997) a proposé un catalogue chronologique de l’œuvre de Dvorák (d’où le classement des opus précédés de la lettre « B »).

REPÈRES DISCOGRAPHIQUES

Le concerto. En général, les grands noms du piano international se sont peu intéressés à la musique de Dvorák. Pour le Concerto en sol mineur, on recherchera les enregistrements de Rudolf Firkusny, qui en a réalisé plusieurs versions, la plus accessible étant celle avec l’Orchestre de Saint Louis et Walter Susskind (Vox). Intéressant témoignage de Sviatoslav Richter avec Vaclav Smetacek et l’Orchestre symphonique de Prague (Praga Digitals).

Les intégrales.
Il en existe plusieurs de la musique pour piano seul. La plus aboutie nous paraît être celle de Radoslav Kvapil, qui fait partie de l’édition intégrale des œuvres de Dvorák chez Supraphon (4 CD).
On trouvera à prix très doux trois autres éditions par Stefan Veselka (Naxos, 5 CD), Inna Poroshina (Brilliant Classics, 5 CD) et Julian Jacobson (Meridian).

Piano à quatre mains.
Pour la musique pour piano à quatre mains, on reste très attaché au Duo Crommelynck pour son équiliber entre la truculence et la finesse (Claves). Plus récemment, Silke-Thora Matthies et Christian Kohn (Naxos, 2 CD) et le Duo Ingryd Thorson-Julian Thurber (Olympia, 2 CD) ont aussi très bien compris cette musique.

Cycles séparés. Signalons les Impressions poétiques par Rudolf Firkusny (Vox), et à quatre mains, Les Légendes et Dans la forêt de Bohème par Christian Ivaldi et Noël Lee, ainsi que plusieurs enregistrements de qualités des Danses slaves par Michel Béroff et Jean-Philippe Collard (EMI), Katia et Marielle Labèque (Philips), le Duo Corre-Exerjean (Pierre Vérany), Alfons et Alois Kontarsky (DG) et le Duo de piano de Prague (Praga Digitals). M. B.
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