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Actualités / / LORENZO SOULÈS, UN PIANISTE À SUIVRE

En bref

LORENZO SOULÈS, UN PIANISTE À SUIVRE

Par Stéphane Friédérich / Mardi 12 novembre 2013
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© JEAN-CLAUDE CAPT
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Rencontre avec le lauréat de la 67e édition du concours de Genève, en Suisse. Un jeune artiste français à suivre.

15 novembre 2012. Le jury du Concours de Genève vous proclame vainqueur. Vous obtenez tous les prix. Quelles sont vos premières impressions ?
Un sentiment de joie, évidemment. Celui d’avoir mené un projet à son terme. La récompense d’un travail. La joie aussi d’en avoir fini, car le stress s’accumule avec les programmes, très longs et les œuvres difficiles. Il faut tenir sur la durée, physiquement et psychiquement. Puis, c’est l’abattement, qui vient juste après. La fatigue, bien sûr, et après une certaine liesse, le fait de réaliser toutes les responsabilités auxquelles il va falloir faire face.

Aimez-vous ce genre de défis, que vous aviez déjà relevés avec les concours Piano Campus et Ravel ?
Aimer ? Je ne sais pas. J’ai tenté le Concours de Genève en accord avec mes professeurs, Pierre-Laurent Aimard et Tamara Stefanovich. C’était le premier grand défi, une expérience et l’envie aussi de donner un coup de pouce à mes débuts dans le métier. J’ai donc vécu chaque audition avec la même intensité que celle d’un récital. J’ai essayé de rester fidèle à mes convictions musicales et de jouer sans arrière-pensée. Je n’ai fait aucun compromis. Il se trouve que cela a plu. Il y a certainement des choses que, rétrospectivement, j’aurais faites différemment. On ne peut pas tout contrôler. Et, d’ailleurs, il ne le faut pas. Interpréter, c’est aussi laisser une place à la liberté d’expression et prendre des risques.

Quel regard portez-vous sur votre vie musicale, un an après vos prix remportés à Genève ?
Je reste prudent, parce qu’il ne faut pas s’emballer, se disperser et accepter toutes les propositions. Il faut rester digne du concours. La question actuelle est de gérer un certain changement de vie, qui implique une organisation nouvelle du travail entre les études, que je poursuis avec Pierre-Laurent Aimard et Tamara Stefanovich, et les propositions de concerts, les différents programmes qui se suivent, des voyages qui se succèdent.

D’où vous vient la passion pour la musique et le piano ?
Je viens d’une famille de musiciens. Ce n’est donc pas une décision prise à un moment donné, mais la suite d’un parcours. J’ai été immergé très jeune dans la musique, elle remplissait ma vie à travers les enregistrements de personnalités musicales comme Emile Gilels, Yves Nat, ou Sergiu Celibidache entre autres. Je n’ai jamais eu envie de quitter cet univers. Après, il faut faire le nécessaire pour y rester.

Avez-vous trouvé votre équilibre entre la scolarité et les études musicales ?
Quand je suis arrivé au Conservatoire à rayonnement régional de Paris, j’étais inscrit en horaires aménagés, avec l’école le matin et les études musicales l’après-midi. Par la suite, en Allemagne, la scolarité n’avait lieu que le matin. Je n’ai donc j’aimais eu de problème avec cet aménagement du temps de travail qui a toujours été réparti avec justesse entre école et musique. J’ai passé mon baccalauréat en Allemagne.

Parlez-nous de vos professeurs

Mon premier professeur a été Thierry Barbier, enseignant au Conservatoire de Saint-Malo. Il m’a conseillé d’aller travailler à Paris, ce que j’ai fait pendant un an et demi avec Jean Fassina. Par la suite, je suis entré dans la classe d’Olivier Gardon au CRR de Paris. Après l’obtention de mon Diplôme d’études musicales, j’avais le choix entre aller au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris ou bien intégrer un établissement à l’étranger. En 2005, j’ai choisi de partir vivre en Allemagne pour travailler avec Pierre-Laurent Aimard, qui enseigne à la Musikhochschule de Cologne et qui est toujours mon professeur.

Pourquoi ce choix et non pas celui de rester à Paris ?
Le Conservatoire de Paris ne me tentait pas. Son atmosphère était particulière, extrêmement dure. Il en émanait une sorte d’esprit de compétition dans lequel je ne me retrouvais pas du tout, du moins c’était l’idée que j’en avais, ou bien cela était peut-être dû à mon jeune âge. Puis, j’avais envie de découvrir autre chose. J’avais entendu Pierre-Laurent Aimard en récital. J’avais été fasciné par son interprétation de la Sonate Hammerklavier de Beethoven et la profondeur de son analyse musicale. Dans sa classe, nous avons abordé beaucoup de styles différents notamment dans le répertoire contemporain : des pièces de Marco Stroppa avec électronique, mais aussi, des œuvres de Ligeti, Stockhausen, Carter, Boulez, Benjamin, Lachenmann. Il n’y avait pas de répertoire fermé. Au début, il faisait des choix, ce qui paraît normal car je n’avais que 13 ans.

Vous avez également participé à des classes de maître et travaillé avec Alicia de Larrocha…
Je voulais aborder avec elle le répertoire espagnol, dont elle était à mes yeux la plus grande interprète et tout particulièrement Iberia [Albéniz]. Je possédais plusieurs de ses enregistrements. Je lui ai envoyé un enregistrement et elle m’a accepté en cours. J’allais la voir régulièrement à Barcelone. Ce fut une expérience très importante. Nous analysions les partitions, puis nous abordions le travail sur le son, la clarté du discours musical et des plans sonores. Tout était très approfondi et fascinant. Cela m’a beaucoup apporté.

Que lui avez-vous joué la première fois que vous l’avez rencontrée ?
Je lui ai joué deux pièces d’Iberia. Elle m’a dit, certainement avec un brin d’humour, que je m’attaquais à un « gros morceau ». Elle considérait cette pièce comme un pilier de la musique pour le piano. Je m’en suis rapidement aperçu. On a donc fait le chemin ensemble. À l’époque, elle ne jouait plus. Elle m’écoutait, revenait sur la pièce et les précédentes. Elle était particulièrement vigilante quant à la précision du jeu dans Iberia, qui est un cycle harmoniquement complexe, fourmillant de détails. C’est à ce niveau que l’on comprend à quel point l’écriture de la musique espagnole a été si fortement influencée par les compositeurs français. Au début du xxe siècle, toute l’Espagne se retrouvait à Paris, chez Paul Dukas, notamment ! Et, inversement, certaines œuvres de Debussy et de Ravel se chargent de couleurs ibériques.

Quels sont les autres pianistes dont les classes de maître vous ont marqué ?
Leon Fleisher car il faisait travailler tout particulièrement la tenue des phrases, les choix d’interprétation. La réflexion était souvent philosophique, déterminée par une recherche très ouverte sur les autres arts. Cela me correspondait car j’étais alors plus âgé et parce qu’il s’agissait du répertoire tardif de Brahms, qui réclame une certaine maturité.

Le label Nascor sort ces jours-ci votre premier disque réalisé grâce au « Prix Coup de cœur Breguet », mécène du Concours de Genève, que vous avez obtenu…

J’ai choisi un répertoire assez large en partant d’un concerto de Mozart. Les liens se sont tissés entre les pièces. Elles sont toutes assez sombres, mais chacune à leur manière. Dans le 24e Concerto pour piano, le plus beethovénien de tous ceux de Mozart, l’utilisation de la variation est remarquable dans le dernier mouvement. L’ajout des 32 Variations sur un thème original de Beethoven paraissait logique. Variété des variations, si je puis dire, même si cette forme ne transparaît pas dans les Intermezzi de Brahms. Pour autant, j’ai sélectionné l’Opus 117 parce que l’architecture de cette partition, tout particulièrement, demeure profondément attachée aux principes d’écriture de Beethoven. En outre, l’œuvre de Brahms offre un « pont » entre la Sonate de Scriabine et le reste du programme du disque. L’écriture du compositeur russe est à part, sa musique fragmentée, révélatrice de sa personnalité aussi.

Peut-on définir votre répertoire actuel à partir de ce disque ?
Beethoven est, depuis mon enfance, la figure centrale de mon répertoire aux côtés des cantates de Bach, des opéras de Mozart, et des œuvres de Brahms. Pour l’instant, je me concentre majoritairement mais pas uniquement sur les œuvres en soliste. Le répertoire de la musique de chambre s’ajoutera progressivement. Plus tard, j’aimerais bien enregistrer des pièces de Brahms, le Premier Concerto ou les Ballades op. 10 par exemple et, pourquoi pas, Iberia dans quelques années.

Quels sont les chefs d’orchestre avec lesquels vous aimeriez travailler ?

Ceux que j’admire, évidemment, comme Esa-Pekka Salonen, Pierre Boulez. J’ai également joué, il y a longtemps, sous la direction de Lionel Bringuier. Nous étions très jeunes et j’en garde un très bon souvenir.

Parlez-nous de votre travail quotidien.
Il est très variable. Quand je me mets au piano, il arrive que je fasse des échauffements, des études, des exercices simples, des pièces lentes ou parfois, je commence directement dans les œuvres programmées, mais je n’ai pas de règle. Certains jours, je ne touche pas au clavier parce que je suis en déplacement. Je n’aime pas trop cela. Je passe cinq heures quotidiennement au piano, voire sept à huit heures dans les périodes de « stress ». À Cologne, dans la journée, je joue au Conservatoire le plus possible, car je loge en appartement, et je dois utiliser un système silencieux, ce qui n’est pas l’idéal.

Notez-vous les doigtés ?
Oui, mais il m’arrive d’en changer quand je m’aperçois que le premier choix n’était pas le bon. Chez certains compositeurs, les choix se font aisément. Je pense à Liszt. Pour Beethoven, Schubert, Brahms et souvent les contemporains, les écritures sont pianistiquement moins évidentes.

Le choix du piano est-il déterminant pour vous ?
J’aime les pianos qui ont un peu vécu et possèdent une âme. En Allemagne, il m’est arrivé de jouer sur des pianos anciens, qui racontent une histoire, et au toucher, ils étaient beaucoup plus faciles et plus adaptés aux répertoires pour lesquels ils avaient été conçus, que nos pianos actuels, souvent trop neutres.

Prenez-vous le temps de faire autre chose que du piano ?
Oui, il m’arrive d’aller au cinéma, d’entendre des confrères, notamment à Cologne où nous disposons d’excellentes salles de concert. J’apprécie beaucoup Leif Ove Andsnes, qui possède un contrôle technique et un sens de l’architecture formidables. Je me rappelle aussi d’un Second Concerto pour piano de Prokofiev très impressionnant avec Yefim Bronfman. J’aime, enfin, la littérature. Je viens de terminer le livre de souvenirs du pianiste anglais Gerald Moore [Faut-il jouer moins fort ? éd. Buchet-Chastel, voir Pianiste n° 74]. Rien de tel pour se changer les idées que l’humour en musique !
Propos recueillis par Stéphane Friédérich

A ÉCOUTER



> Récital de Lorenzo Soulès. 1 CD Nascor (distr. HM). 2013. Mozart : Concerto pour piano n° 24 avec l’Orchestre de Chambre de Genève, dir. Simon Gaudenz ; Beethoven : Variations WoO 80 ; Brahms : Intermezzi op. 117 ; Scriabine : Sonate n° 9.

LORENZO SOULÈS EN QUELQUES DATES
1992 Naissance à Lyon
1997 Conservatoire de Saint-Malo
2001-2005 Classe d’Olivier Gardon au CRR de Paris
2004 Finaliste du Concours Piano Campus
2005 Classe de Pierre-Laurent Aimard et Tamara Stefanovich à la Musikhochschule de Cologne
2006 Prix Ravel de Saint-Jean-de-Luz
2006-2009 Cours avec Alicia de Larrocha
2012 1er Prix et lauréat de la totalité des prix spéciaux du Concours international de Genève

À NE PAS MANQUER
> 4 décembre, Salons des Amis de l’Instruction, à Genève (Suisse) : Beethoven, Brahms et Debussy
> 6 décembre, Conservatoire de Genève : musique de chambre (Scriabine et Dvorák)
> 19 janvier, Lutry (Suisse) : Bach avec deux autres lauréats des concours Haskil et Anda
> 20 janvier, Pianissimes à Paris : Bach et Schumann (avec le Quatuor Hermès)
> 11 février, Château d’Yverdon-les-Bains (Suisse) : Beethoven, Brahms et Debussy
> 23 février, Ludwigshafen (Allemagne) : Beethoven, Brahms et Debussy
> 12 mars, Paris : récital « Jeunes talents »
> 4 avril, Société Chopin, Lyon : Brahms, Chopin et Moussorgski

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