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Compositeurs / Contemporains / GERSHWIN : JAZZ OU CLASSIQUE ?

Entretien

GERSHWIN : JAZZ OU CLASSIQUE ?

Par Stéphane Friédérich / Mercredi 20 mai 2015
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George Gershwin © Philippe Lévy/Stab
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Jazz ou classique ? De quelle musique parle-t-on lorsque l’on évoque George Gershwin ? Le point de vue de notre jazzman maison, Antoine Hervé.

Qu’est-ce qui appartient à l’univers du jazz chez Gershwin ?
Gershwin s’est penché sur le jazz à la manière d’un ethnologue… de la rue ! C’est un gosse des quartiers de Brooklyn et de Harlem, qui étaient juifs avant d’être noirs. Il ressent l’Amérique dans sa peau et à coup de poings. C’est la musique qui lui évite de sombrer dans la délinquance.
Il profite de tout ce qu’il entend autour de lui : les bruits, les comédies musicales, les fanfares, le ragtime, les cake-walks, les marches… Quelques musiciens comme lui ne jouent pas ce qui est écrit. Avec une trompette ou un piano, ils « jazzifient » les mélodies en vogue. On peut « jazzifier » du Chopin !

Comment se fait-il un nom ?
Il acquiert d’abord une technique pianistique remarquable en jouant des partitions dans un magasin. Il est "démonstrateur", chargé de vendre le maximum de chansons. Les producteurs et chanteurs l’écoutent jouer dans tous les styles et tous les tons des morceaux mis en vente.
À 21 ans, cet autodidacte (même s’il a étudié auprès de plusieurs professeurs et s’il a fait croire par la suite qu’il était naturellement génial) devient le pianiste des soirées. Il interprète « à la feuille ».

Comment définiriez-vous l’esthétique de sa musique ?

La Rhapsodie in Blue est de la musique américaine impressionniste et non pas du jazz. De même Porgy and Bess est un opéra américain. Deux œuvres « jazzifiantes », mais qui ne sont pas du jazz à proprement parler.
Il n’y a pas de revendication sociale non plus, y compris dans Porgy and Bess dont il a eu l’idée en lisant par hasard un livre. Gershwin n’est certainement pas un rebelle, mais sûrement un innovateur. Il cherche avant tout à s’intégrer et ne rêve que de « musique sérieuse ». Il rencontre d’ailleurs Alban Berg, il joue au tennis avec Arnold Schoenberg et il envisage de composer des quatuors à cordes… Pour moi, Gershwin est un compositeur impressionniste, au sens premier du terme. Il sait traduire des sensations en musique, celles de la rue  new-yorkaise, dans toute sa vérité grandiose, énergique, vulgaire, clinquante et touchante.

Avons-nous une idée du niveau technique des pianistes dans le New York du début du XXe siècle ?
On sait qu’il était très élevé et Gershwin a laissé des témoignages audio probants. Il possédait de grandes mains et il composait « au piano » et non « à la table ».

Leonard Bernstein disait qu’il empilait les thèmes sans les développer…
Est-ce un problème ? Comme Duke Ellington, il possédait le génie de la mélodie. Les thèmes lui viennent à l’esprit naturellement et s’enchaînent. C’est plus fort qu’un développement de type « classique » qui, pour lui, n’avait visiblement pas beaucoup d’intérêt. On peut dire aussi que sur le plan rythmique, son écriture n’est pas novatrice. En revanche, ses idées au piano sont étonnantes, percutantes, spectaculaires. Gershwin remet en cause les principes de la chanson américaine de type « Tin Pan Alley », format conventionnel alors en vogue.

Harmoniquement, il utilise beaucoup la dissonance…
Je dirais plutôt qu’il manie la « blue note » (tierce, quinte ou septième abaissée d’un demi-ton), ce qui fait penser qu’il est plus « jazzy » que musicien de jazz. Il le fait avec beaucoup de goût et dans un rapport très étroit avec le chant, les textes, ceux de son frère, le génial Ira.

Quelle est la place de l’improvisation pour l’interprète ?
Aucune si l’on s’en tient à la musique écrite. Pour improviser, il faut partir de la sheet music c’est-à-dire de la mélodie simple et des accords chiffrés qui ont été relevés pour se lancer dans l’improvisation. La résonance des thèmes, leur charge émotionnelle représentent une base de départ puissante pour une improvisation. Ces mini-séquences sont reprises par de nombreux pianistes comme Keith Jarrett.

Quelle a été l’influence de Gershwin sur les musiciens des générations suivantes ?
Je ne vois pas vraiment de descendance. Cole Porter et d’autres compositeurs possédaient des personnalités suffisamment fortes et indépendantes pour ne pas « faire » du post-Gershwin. Quant à Bernstein, Copland et les autres compositeurs classiques, leur monde sonore a peu à voir avec celui de l’auteur de la Rhapsodie in Blue si ce n’est leur univers rythmique, latin et la blue note.

Quels conseils donneriez-vous pour jouer les Trois Préludes  ?
En premier, écouter du blues ! Gershwin s’inspire du blues et de son ambiance. S’en tenir aux notes seules de la partition serait absurde.
Propos recueillis par Stéphane Friédérich


Lire notre dossier "Gershwin, le génie de Broadway".


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