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Pédagogie / Les conseils d'Alexandre Sorel / CHOPIN ÉTUDE EN FA MIN OP.25 N°2
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CHOPIN ÉTUDE EN FA MIN OP.25 N°2

Par Alexandre Sorel / Vendredi 17 janvier 2014 / Pianiste Magazine N°84 - JANVIER-FÉVRIER 2014
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Robert Schumann écrivit à propos de cette Étude en fa mineur : « Encore une étude dont l’originalité vous laisse une impression inoubliable ; aussi enchanteresse, rêveuse et douce que pourrait l’être le chant d’un enfant qui dort. » Nous pourrions ajouter que l’enfant, dans son rêve, s’envole vers d’autres cieux, tant la courbe de la mélodie semble s’élancer à la manière d’une alouette. Chopin nous donne ce même sentiment dans nombre de ses œuvres, par exemple dans le Scherzo de la Sonate en Si mineur op. 58 ou bien dans la Fantaisie Impromptu op. 66. L’essentiel est ici de restituer le sentiment d’un élan, d’une légèreté fondamentale.

MESURES 1-8

Commencez par apprendre les mains séparées, pour leur rythme et aussi afin de « dessiner » la courbe et les nuances séparément. La première chose qui nous frappe est le rythme. La main droite est écrite en triolets de croches, tandis que la main gauche est écrite en triolets de noires.

À la main droite, analysez soigneusement le motif. Il se compose de deux notes groupées qui montent. Le motif est répété deux fois (do-ré, puis si bécarre-do). Étant donné que les notes sont rythmées par trois, en triolets, l’appui à la noire se trouve nécessairement déplacé. Il tombe tantôt sur la première des deux notes montantes, tantôt sur la deuxième. Commencez par étudier lentement en rythmant provisoirement à la noire. Sachez sur quel son et quel doigt tombe la première note du triolet.

Puis, passez au stade suivant. Apprenez à distinguer quel est le son (quelle est la note) qui tombe sur chaque blanche. Car, Chopin a bien indiqué une mesure à 2/2, c’est-à-dire deux blanches, et non pas quatre noires. Isolez bien ce son qui tombe sur chaque blanche. Écoutez-le. Apprenez le doigté qui le joue. Ensuite, « dessinez » la courbe mélodique de cette main droite et son envol. Exercez vos sensations, jusqu’à ce que votre main exécute les soufflets indiqués par Chopin, crescendo et decrescendo (mes. 3 et 4). Dosez votre poids. Soupesez chaque note, son accroissement vers le point culminant : le do aigu de la mesure 4.
Voici, un conseil technique important. Nos doigts conserveront toute leur énergie et gaspilleront moins le poids versé dans les touches, s’ils tombent perpendiculairement à la touche.

Pour préserver cette perpendicularité, il ne faut pas laisser la main pencher vers l’extérieur, vers le petit doigt (ce qui est pourtant sa tendance naturelle). Or, si l’on veut éviter que la main ne penche ainsi vers le 5e, il est essentiel de surveiller spécialement les sons les plus aigus, joués par les doigts extérieurs de notre main. Aucun d’eux ne doit vous échapper, ni du point de vue de l’émission sonore ni de celui de la sensation. Écoutez chaque sommet d’aigu de votre dessin mélodique : aucun ne doit présenter de faiblesse sonore. Votre main doit être en quelque sorte partagée en deux. Vous devez rendre un peu fermes ceux de vos doigts qui jouent les notes les plus aiguës et, en même temps faire en sorte de relaxer vos doigts qui jouent les notes plus graves.

Il est important de surveiller plus particulièrement un doigt : le 4e. Ne le laissez pas s’écrouler. Arrondissez-le « en arche ». Il doit soutenir la main et l’empêcher de verser vers l’extérieur, comme ces contreforts qui soutiennent l’abside des cathédrales. Écoutez par exemple spécialement le mi bémol (mes. 1 et 2), joué par ce 4e doigt. De même, si, mesure 3, vous voulez que le trait s’envole, ne laissez pas s’écrouler votre main sur le fa, joué par votre 4e doigt, avant le tournant du pouce. Arrondissez votre 4e en arche. Votre pouce passera alors tout seul sous la main. De même, assurez le do le plus aigu, dans la même mesure.
Dans toute cette étude, dessinez les courbes de la main droite en suivant les mêmes principes.

À la main gauche. Elle est écrite en triolets de noires. Comme nous l’avons expliqué en introduction, la distance est grande entre les notes les plus graves, les basses, que nous devons jouer avec le 5e doigt et la partie de ténor, c’est-à-dire les notes qui doivent être jouées avec le pouce de notre main gauche. Un geste est indispensable pour se déplacer des unes aux autres. Le geste latéral du poignet. La main souffre d’une tendance naturelle à s’affaisser vers l’extérieur, vers le petit doigt, ce qui empêche les doigts de tomber perpendiculairement dans les touches, et gène le transfert du poids. Or, le geste latéral évite à la main de verser d’un côté ou de l’autre, et permet de franchir des distances très grandes de la basse au ténor.

Ce déplacement latéral du poignet doit se faire par rapport à un axe central. L’axe constitué par les notes du milieu. Apprenez, écoutez et sentez isolément la partie qui est constituée par les 3e, 4e et 6e noires de la main gauche, c’est-à-dire par les notes suivantes (mesure 1, do, si-do/ mesure 2 : do, la-do / mesure 3 : mi bécarre-ré bémol-mi, etc.). Sentez et écoutez cette sorte de « contrepoint rythmique » un (deux) trois / quatre (cinq, six). Il vous permettra notamment de peser un peu sur le deuxième temps (si bémol, deuxième blanche) et donc d’assurer la solidité de la note la plus grave. Cela vous permet encore de ne pas laisser s’écrouler votre main vers le 5e, vers l’extérieur puisque cette note grave sera jouée par votre 3e ou votre 4e doigt, que vous maintiendrez assez ferme. On le voit : tout se tient, musicalité, plans sonores, écoute, sensation et technique de la main.

Les deux mains ensemble. Jouer les deux mains ensemble fait maintenant surgir la difficulté rythmique inhérente à l’écriture, qui comporte des triolets de croches à la main droite et des triolets de noires à la main gauche. L’écueil est le suivant : il faut éviter d’accentuer par deux les notes la main droite, sous prétexte que cela pourrait aider à la synchronisation des deux mains ! En effet, les deux mains tombent ensemble « toutes les deux notes ». Il est au contraire essentiel de bien « balancer la musique à 2/2, c’est-à-dire à deux blanches, comme l’a indiqué Chopin. Écoutez et sentez les notes qui tombent sur chaque blanche. C’est sur ces notes que vous devez vous « donner rendez-vous ».

MES. 10-12




Le principe même d’une étude est de proposer une difficulté technique bien spécifique et de la développer ensuite. L’essentiel est donc cette première approche de détail et d’analyse soigneuse du matériau musical de base et de la difficulté principale qui se trouve à l’origine de cette étude. Celle-ci étant comprise, il faut ensuite apprendre et sentir comment Chopin développe sa composition. Cela passe naturellement par le ressenti des harmonies et les changements de couleurs, dus aux modulations.
Comparez les mesures 2 et 3. Chopin, grâce au mi bécarre, reste en fa mineur. Au contraire, mesure 11, grâce à un mi bémol (qui n’est donc plus bécarre), Chopin module naturellement vers la tonalité plus optimiste et plus lumineuse de la bémol majeur. Votre état d’esprit doit suivre ce changement de couleur d’âme ; l’oiseau s’envole et se sent libre et heureux. Et pourtant…

MES. 16


Mesure 16, cependant, Chopin ayant abouti en la bémol majeur, il fait entendre le fa bémol. Quelle est la fonction harmonique de cette note ? Et surtout : comment la ressentir ? Que veut-elle dire ? Elle est une note modale. Le sixième degré mineur (donc plus triste, plus « mauve »), de la bémol mineur. Sentez bien son pouvoir déprimant, elle est comme une supplique. Dans le même temps, ce fa bémol est le même son (du moins sur le piano) que mi bécarre. Il est l’« enharmonie » de la sensible mi bécarre, qui nous ramène en fa mineur.
N’est-ce pas une suprême habileté de Chopin pour ramener le ton principal, tout « en douceur » ? Le peintre Eugène Delacroix expliquait lui-même à Chopin : « L’harmonie en musique ne consiste pas seulement dans la constitution des accords, mais encore dans leurs relations, dans leur succession logique, dans leur enchaînement, dans ce que j’appellerais au besoin, leurs reflets auditifs. »

Voila une belle image pour ce fa bémol et ce mi ; ils se reflètent et font changer notre émotion de couleur sonore ! Ne craignons donc pas cette « analyse-harmonique et sensible » des notes importantes. Vous devez les rechercher dans cette étude, car ce sont elles qui expriment l’émotion. Elles sont « les mots » du message musical. C’est pourquoi Karl Leimer, le professeur de Gieseking disait à ses élèves : « Je vais vous apprendre à mieux ressentir la musique. » Pour notre part, ce serait évidemment notre vœu le plus cher d’y contribuer un peu… !

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Photo de l'expert Pianiste Magazine : Alexandre Sorel
Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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