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Actualités / Évènements / BRUNO RIGUTTO : L'INTÉGRALE

En bref

BRUNO RIGUTTO : L'INTÉGRALE

Par Stéphane Friédérich / Vendredi 17 janvier 2014
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© Jean-Baptiste Millot
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Decca publie l’intégralité des enregistrements de Bruno Rigutto. Rencontre avec celui qui a été l’unique disciple de Samson François.

Comment considérez-vous ce coffret : est-ce un portrait de vous ?
Il y aura toujours des œuvres qui manqueront, comme les sonates de Beethoven que j’ai jouées durant des années, mais jamais enregistrées. Graver un disque, c’est presque avoir une certitude. Le concert demeure éphémère, comme une sorte de travail d’artisan jamais achevé.

Aimez-vous les intégrales ? Je n’en vois pas l’intérêt. J’ai joué les Sonates nos 1, 2, 6 et 7 de Prokofiev. Les autres ne m’attirent pas et je n’en éprouve aucune culpabilité. Je n’ai pas non plus enregistré de Bach. Je n’ai jamais trouvé la solution de l’instrument, de l’articulation… Gould, Richter, Zacharias, Schiff ont obtenu ce qu’ils cherchaient. Pas moi. Les musiciens sont comme les comédiens : ils ne peuvent pas tout jouer.

Vous avez consacré beaucoup de temps à certains compositeurs, comme Schumann, par exemple…
Un amour de jeunesse ! À 18 ans, j’étais fou de la Fantaisie en ut. D’où provient cette attirance ? La personnalité de Schumann qui fait écho en moi avec ses mille idées qui surgissent simultanément ? C’est probablement pour cette raison que sa musique est difficile pour le public. Trop de messages y sont délivrés et trop rapidement. Schumann demeure « indécryptable ».

En revanche, Brahms n’est pas présent dans ce volume…
J’ai joué beaucoup de ses partitions. Je ne suis pas certain d’avoir la profondeur du son pour cela. La noirceur de son écriture, ce côté purement germanique n’existe pas chez Beethoven, par exemple. Les concertos de Brahms sont différents parce que l’orchestre vous aide. Interpréter le Second Concerto sous la baguette de Giulini est une expérience qui vous marque.

Évidemment, le répertoire français, de Ravel et Debussy…
Chez eux, je perçois la noblesse de l’équilibre, la rareté des harmonies. Debussy est plus sensuel que Ravel
et je m’y sens plus en liberté. Il met des pédales longues partout dans ses propres enregistrements [grâce au système Welte-Mignon, Debussy enregistra une dizaine de ses pièces, entre 1912 et 1914]. Il ne faut pas le jouer de manière « clean ». On retrouve la même passion des timbres chez Dutilleux.

Quels sont les répertoires qui vous attirent aujourd’hui ?
Les dernières œuvres de Scriabine, par exemple. Cette musique me rendait neurasthénique ! Je la croyais invertébrée. Avec le temps, j’ai trouvé enfin une ossature qui rende cette œuvre picturale, pleine de visions.

En tant que disciple de Samson François, revendiquez-vous une filiation, sinon une tradition pianistique ?
Plus personne ne peut dire qu’il vient de telle ou telle école. L’école française était liée un répertoire et non pas
à un jeu particulier. Samson François n’appartenait à aucune école. Si je devais éprouver un lien avec ce pianiste, ce serait dans la liberté du jeu, l’imagination. Je sortais d’un enseignement rigoriste et, avec lui, les prises de risques étaient incessantes. Alors que je lui jouais un morceau, il m’a dit : « Ca, c’est à vous, gardez-le. » Il n’imposait jamais sa conception personnelle.

Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Grâce au disque, tout d’abord ! On m’avait offert son enregistrement des concertos de Schumann et Chopin. J’étais bouleversé. Mais comment travailler avec quelqu’un qui ne donnait pas de cours ? D’ailleurs, au Conservatoire de Paris, on me disait qu’il ne jouait pas les mains ensembles… Je me suis inscrit pour passer le Concours Marguerite-Long. Grâce à diverses personnes, j’ai pu le rencontrer un mois avant les épreuves. Mon père et moi sommes arrivés chez lui à 18 h. Il avait oublié que je venais.

Il vivait plutôt la nuit. Chez lui, je me souviens de deux pianos, dont un Pleyel. J’ai joué mon répertoire, on a discuté. La leçon a duré jusqu’à minuit. Mon père était plutôt inquiet. Lors du Long-Thibaud, il m’a envoyé ce télégramme : « Jouez vite et fort, mais surtout faites le contraire. » Plus tard, j’allais le voir à Londres et dans bien d’autres villes. Il me donnait des leçons à deux ou trois heures du matin…

Samson François fait partie des rares pianistes qui sont restés dans la mémoire collective…
Je suis fasciné de voir que tous mes élèves connaissent ses disques. Mais avoir assisté à ses récitals… On était comme dans un shaker ! À certains moments, il y avait des baisses de tensions incroyables et puis cela devenait génial. « Un concert, c’est une aventure et cela ne se termine pas toujours en apothéose », disait-il ! Il y avait chez lui une incroyable fragilité et en même temps une capacité de perfection, de provoquer la magie. Écoutez ses Études de Chopin au disque, c’est hallucinant. J’ai tendance à préférer les gens blessés que les gens trop sûrs d’eux. Même si Arturo Benedetti Michelangeli…

Précisément, avez-vous travaillé avec le pianiste italien ?
Non, en revanche, j’ai joué pour lui et je l’ai rencontré à plusieurs reprises. Je lui ai interprété la Sonate n° 2
de Schumann. À la fin, il a dit : « Étrange… », et il est parti sans rien dire de plus. Quelque temps plus tard, je lui ai demandé pourquoi il m’avait dit cela et sa réponse a été : « Vous bougez trop. » Une autre fois, il a écrit des annotations lapidaires sur ma partition.

Plus tard, lors d’une réception, je l’ai entendu dire que le pianiste qu’il préférait était Cortot. « Et Horowitz ? », lui demanda-t-on. « Je le connais », répondit-il. Sans commentaire… On lui a dit que j’avais enregistré Prokofiev et Ravel. Il a fallu que, dans l’instant, on lui apporte un tourne-disque
et le 33- tours. Je me suis retrouvé tout seul avec lui et on a écouté tout le disque. Il m’a donné une leçon, commentant ce que je jouais et me questionnant. J’étais figé.

Vous enseignez à l’École Normale de musique de Paris et vous donnez de nombreuses classes de maîtres. Quels sont les défauts majeurs que vous corrigeriez ?
Certainement le non-sens sonore, la mauvaise intonation, le son qui ne parle pas ou des notes essentielles qui ne sont pas audibles. Interpréter une œuvre, c’est d’abord en avoir une compréhension harmonique.

N’y a-t-il pas un paradoxe dans le fait d’avoir des élèves très doués mais dont la maturité n’est pas suffisante pour jouer certains répertoires ?

C’est en effet un vrai dilemme. Quand on est jeune, on a envie de jouer les dernières sonates de Beethoven.
La morphologie des mains n’est pas toujours adaptée et le souffle pour de telles partitions n’est pas encore là. En même temps, il est utile d’apprendre très tôt les grandes œuvres. Elles mûriront ainsi durant des années.

Vos élèves seront de futurs professionnels. Qu’attendent-ils de vous ?
Les étudiants ont besoin de repères. Cela signifie qu’il faut les aider à trouver leur répertoire, celui qui correspondra le mieux à leur personnalité. C’est un travail passionnant.

Quand vous êtes sur scène, pour qui jouez-vous ?
Je ne joue jamais pour le public, bien qu’il nous aide et comprenne nos faiblesses. Je joue d’abord pour
le compositeur. Je suis un serviteur du texte. Il ne faut jamais se servir de l’œuvre, changer radicalement
de tempi…

Comme, par exemple, Ivo Pogorelich ?

Lui ne me choque pas, parce qu’il est un créateur et un immense pianiste. Sa science du timbre, son contrôle provoquent magnifiquement. Il est comme un metteur en scène, qui a une vision puissante de l’œuvre et qui la sert différemment.

Propos recueillis par Stéphane Friédérich


À ÉCOUTER


« Les Enregistrements Decca »
Œuvres de Schumann, Dvorák, Tchaïkovski, Haydn, Chopin, Schumann, Liszt, Prokofiev et Ravel
Orch. nat. de Monte-Carlo, Orch. philh. de radio France, l’Orch. nat. de France, Ensemble instrumental de France, Grand Orchestre de Radio-Télé Luxembourg, dir. Zdenek Macal, Yuri Ahronovitch, Kurt Masur, Jean-Pierre Wallez, Louis de Froment.
Decca 8CD 3749733 (Universal) 1973-1977. 8 h 13’
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