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Actualités / Évènements / LES "TRAVERSÉES" DE GUILLAUME DE CHASSY

En bref

LES "TRAVERSÉES" DE GUILLAUME DE CHASSY

Par Stéphane Friédérich / Vendredi 17 janvier 2014
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© Sylvain Gelineau
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Jazzman puisant aux sources du classique – à moins que ce soit le contraire –, Guillaume de Chassy confirme de disque en disque sa profonde originalité. Improvisateur hors pair, il a trouvé sa propre expression musicale. Entretien avec un artiste épanoui.

Vous définissez-vous comme pianiste classique ou pianiste de jazz ?
Comme un musicien ! J’exprime d’abord des émotions et des énergies. Le piano en tant que tel m’intéresse de moins en moins, ce qui peut sembler paradoxal. Je m’éloigne des préoccupations purement digitales et pianistiques. Je me méfie du « trop de notes », des facilités digitales, de la performance instrumentale. Je « vocalise » ce que je joue et je tente d’aller à l’essentiel. Est-ce un signe de la maturité ? J’ai le sentiment d’avoir trouvé une sorte d’identité musicale et sonore.

Avez-vous été influencé par certains courants musicaux comme les minimalistes américains ?
Non, je ne le pense pas. Les trois compositeurs qui m’ont très fortement influencé dans la conception sonore dont je vous parle, sont les derniers Beethoven et Schubert, mais aussi Bach, celui de L’Art de la fugue et du Clavier bien tempéré. Les pièces de ces musiciens sont tellement déconnectées des questions organologiques ! Elles expriment aussi une quête mystique que l’on retrouve chez un Federico Mompou mais aussi en littérature et en peinture. Écouter la Sonate « Hammerklavier » de Beethoven sous les doigts de Sviatoslav Richter, c’est comme visiter une abbaye cistercienne : nous sommes dans l’émotion fondamentale. En jazz, Thelonious Monk pense « musique » avant « piano » et Miles Davis imagine le son de sa trompette comme la projection de l’âme. C’est donc le geste artistique qui prime.

Pour autant, la liberté du geste que vous revendiquez s’oppose au contrôle sonore évident de vos concerts et enregistrements…
Dans « Traversées », mon Concerto pour piano [chroniqué dans Pianiste n° 83], toutes les parties d’orchestre ont été préalablement enregistrées. Au disque et sur scène, j’improvise la partie soliste. J’entre dans le canevas de l’orchestre avec des codes de couleurs et des rendez-vous rythmiques. Ma partition est uniquement celle du conducteur de l’orchestre, enrichi des portées… vierges du piano ! Mes improvisations varient par conséquent en fonction de l’acoustique de la salle, des tempos du chef, de la nature de l’orchestre. À moi de voyager dans ce cadre, que je me suis fixé. Le public est surpris car il ne s’attendait pas à cette manière de concevoir l’œuvre. Je crois qu’il est sensible à sa dimension ludique et imprévisible.

Vous redécouvrez finalement l’improvisation « classique »…
La tradition de l’improvisation classique, si prisée au milieu du xixe siècle, s’est perdue tout comme la « trilogie naturelle » : compositeur - interprète - improvisateur.

Finalement, les jazzmen ont succédé à cette « trilogie naturelle » de musicien classique…
En quelque sorte. Quand j’écoute les témoignages de Duke Ellington, en 1927, je n’imagine pas musicien plus raffiné, conceptuel et en même temps plus frais, sauvage et inspiré !
Le jazz est une culture très noblement « bâtarde » et dont la vitesse d’évolution est inédite dans l’histoire de la musique. Songez qu’il n’a qu’un siècle d’existence ! Chez les musiciens de jazz actuels, le niveau de compétence en termes de culture, de connaissances théoriques, de maîtrise instrumentale, mais aussi d’ouverture d’esprit est admirable. Un jazzman de 25 ans connaît parfaitement bien la musique ancienne tout comme les écritures de Messiaen et de Stockhausen.

Parlez-nous de l’évolution de votre écriture…
Je travaille sur des choses à la fois très écrites et d’autres totalement spontanées, de l’ordre du « lâcher-prise ». C’est ce rapport entre ces deux manières de concevoir l’expression musicale qui m’intéresse. Dans tous les cas, je suis toujours lié à la mélodie. Ma seule règle : que cela chante ! Et les « chanteurs » sont peu nombreux chez les pianistes classiques (Krystian Zimerman, Leif Ove Andsnes, Grigory Sokolov) et en jazz (Keith Jarrett, Paul Bley, Bill Carrothers…).

Quels pianos appréciez-vous ?
J’aime les vieux Steinway, celui, par exemple, de la Chaux-de-Fonds, en Suisse, sur lequel j’ai enregistré des pièces de Mompou. Je me souviens aussi d’un autre Steinway des années trente, au charme incomparable et que j’ai joué à New-York.

Vous enseignez le jazz au Conservatoire de Tours. Que représente cette activité pour vous ?
L’enseignement me permet de progresser. J’apprends en permanence au contact des jeunes musiciens. Je les accompagne dans leur premier projet professionnel. Une sorte de tutorat pour qu’ils gagnent du temps.

Comment ressentez-vous la musique de Gershwin, auquel nous consacrons notre numéro ?
J’adore le Gershwin compositeur de mélodies, de chansons. Composer une belle mélodie est la chose la plus difficile à faire en musique. Je suis beaucoup plus réservé en ce qui concerne l’œuvre à tendance « jazzique » de Gershwin. On frise l’imposture dans la mesure où cette musique est un ersatz de jazz. Le compositeur reste à la surface du jazz dont il emprunte certaines caractéristiques. Il le fait en artisan brillant qui sait capter avec panache les accents et les couleurs de son époque. C’est différent d’un Ravel qui emploie sciemment des effets de jazz comme des glissandos de trombone dans son Concerto pour la main gauche.

Propos recueillis par Stéphane Friédérich

À ÉCOUTER
« Traversées ».
Guillaume de Chassy : Concerto pour piano + Mompou. Avec l’Orch. Dijon-Bourgogne, dir. Jean-Christophe Cholet (Bee Jazz).

Guillaume de Chassy donnera un récital, en compagnie du pianiste Alexandre Saada, le 23 janvier au Café de la danse, à Paris. 

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