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Actualités / Évènements / DANIIL TRIFONOV, UN PIANISTE DE HAUTE VOLÉE

En bref

DANIIL TRIFONOV, UN PIANISTE DE HAUTE VOLÉE

Par Stéphane Friédérich / Mercredi 22 janvier 2014
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© Dario Acosta/DG
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Il est jeune, il est russe et couronné de plusieurs prix parmi les plus prestigieux. Doté d’une solide formation musicale, il compose aussi. Un virtuose de plus, penserait-on, si ce n’était son jeu, personnel et sûr, qui en fait un interprète unique.

Comment expliquez-vous que tant de jeunes pianistes russes dominent aujourd’hui la scène internationale ?
En Russie, l’enseignement professionnel de la musique date de la fin du xixe siècle. Depuis cette époque, la qualité de l’enseignement a été préservée. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir étudier à Moscou avec Tatiana Zelikman, puis avec Sergeï Babayan à Cleveland. Ce ne sont pas seulement des professeurs de musique, mais aussi des personnalités qui font découvrir l’univers de la culture à leurs étudiants.

Parlez-nous de votre formation musicale…
Mon père est compositeur et ma mère professeur de musique. Ma grand-mère dirigeait des chœurs. Chez nous, la musique est une histoire de famille ! Ma formation musicale a été plutôt classique. « Classique » au sens où elle a respecté une approche chronologique de l’histoire de la musique. Bach, évidemment, puis les classiques viennois et plus tard les romantiques dont Chopin.
Durant les premières années, je n’ai pas travaillé les compositeurs russes. Je n’ai abordé la première pièce de Rachmaninov qu’à l’âge de 19 ans : la Rhapsodie sur un thème de Paganini ! Est-ce une découverte tardive ? Mon professeur a estimé qu’une certaine maturité artistique était nécessaire avec une préparation spécifique. Il faut déjà être capable de dominer techniquement certaines pages, comme la cadence du premier mouvement du Troisième Concerto pour piano de Rachmaninov.

Vous êtes en effet extrêmement bien préparé. En témoignent vos prix aux concours Chopin, Tchaïkovski et Rubinstein et ce concert enregistré, une seule prise au Carnegie Hall !
On nous apprend à nous concentrer de telle façon que lorsque nous arrivons sur scène, il n’y a plus que la musique qui compte. On se met en condition de jouer bien avant d’être assis au piano. Le stress passe au second plan. C’est une sorte d’hypnose que l’on exerce sur soi-même. Quand on se met à jouer, la circulation des gestes se fait naturellement, au service de la pensée, de la construction de l’œuvre. Mon travail technique consiste alors à équilibrer divers paramètres, ceux liés à l’instrument et à l’acoustique. Je ne sais pas si je joue alors pour moi, pour le public ou pour les deux à la fois. Je ne crois pas que le public ait une influence sur mon interprétation.

Prenons l’exemple de la Sonate en si mineur de Liszt au programme de votre disque…
Je n’ai pas une vision globale de l’œuvre, du moins, elle n’est pas consciente. Je m’attache à certains détails qui sont essentiels comme les phrasés qui déterminent le discours. Celui-ci est d’autant plus conséquent que la partition se compose de mouvements enchaînés, d’épisodes, de climats. Les respirations, les résolutions d’harmonies parfois très complexes sont essentielles. Parfois même, celles-ci se produisent sur une seule note, qui « explicite » toute la phrase musicale. Les multiples lectures de la Sonate de Liszt prennent des directions parfois très éloignées les unes des autres : écoutez Richter, Horowitz et Cziffra, probablement l’interprète le plus inventif que j’aie entendu dans cette partition.

Qu’en est-il des Préludes de Chopin ?
Chacun d’entre eux nécessite une réactivité immédiate. D’où l’importance des silences, tous différents entre les préludes, mais aussi de la spontanéité, de la fraîcheur du jeu. Chaque pièce est une histoire unique dont l’interprétation traduit la magie sans possibilité de reproduction. Il y a de fait une part d’improvisation. Je l’ai appris en travaillant avec Sergeï Babayan. Il incite ses étudiants à jouer les phrases les plus simples avec les expressions, les émotions les plus diverses, comme le ferait un acteur. Vous appréhendez ainsi les limites des timbres, des couleurs, des dynamiques.
De la même façon, mon professeur nous demande d’improviser sur une mélodie du morceau que nous jouons. Autant d’exercices très utiles non seulement pour l’interprète, parce qu’il multiplie les idées musicales, mais aussi pour le compositeur que je suis. J’assimile mieux l’énergie potentielle de chaque phrase musicale. C’est grâce à la personnalisation du son que l’on reconnaît aujourd’hui encore les jeux des Cortot, Lipatti, Horowitz et Gilels. Ils se sont approprié les œuvres et sont devenus à leur tour des créateurs.

Avez-vous joué sur des pianos anciens ?
J’ai joué des mazurkas de Chopin sur un Pleyel… au Texas ! Chez moi, je travaille sur un piano ancien, un Blüthner de 1929. La mécanique est singulièrement différente des pianos modernes. Lors du Concours de Varsovie, j’ai souhaité jouer sur un piano Fazioli parce que je pouvais obtenir les pianissimi extrêmes et les détails de couleurs que je recherchais. Lors des Concours Tchaïkovski et Rubinstein, j’ai joué des pianos Steinway.

Parlez-nous de vos répertoires…
Je suis dans une perspective d’apprentissage très large et rapide. J’ai beaucoup de propositions et je dois faire des choix. J’en discute avec mon professeur Sergeï Babayan. Avant le concours Chopin, je me consacrais, cela va de soi, essentiellement à l’étude de son œuvre. Actuellement, je joue Schumann, Stravinski, les Miroirs de Ravel, le Premier Livre des Images de Debussy, mais aussi Schoenberg… Il m’arrive de ne plus savoir quelles pièces sont programmées pour un récital du lendemain, tant mon répertoire s’est diversifié ! Je m’impose aussi de grands défis comme il y a deux ans, avec l’apprentissage de la dernière Sonate de Schubert en si bémol majeur. À l’avenir, je vais inscrire davantage de Bach et de Beethoven à mon répertoire.

Vous évoquiez votre passion pour la composition…
J’ai composé de la musique dès l’âge de 5 ans. Je suis venu au piano uniquement parce que cela m’était utile pour l’écriture. Elle m’est vitale. Je me rappelle mon arrivée à Cleveland. J’ai éprouvé un sentiment de nostalgie soudain pour mon pays. Je me dis que ce sentiment est celui de Rachmaninov lorsqu’il a choisi l’exil.

Votre Concerto pour piano sera créé en avril prochain par l’Orchestre de Cleveland. Comment définiriez-vous votre esthétique ?
J’ai été profondément influencé par les écritures de Scriabine, Rachmaninov et Prokofiev. Cela étant, je serais bien en peine de définir mon écriture qui évolue, me semble-t-il, rapidement.
Quant à définir la musique russe… Le plus russe des compositeurs du XXe siècle serait peut-être Stravinski parce qu’il est allé le plus loin dans la quête de l’histoire russe la plus ancienne, puisant dans les folklores et les rites, la matière sonore que l’on entend dans le Sacre du printemps et Les Noces. Stravinski, dont j’ai d’ailleurs joué la Sonate pour piano et le Concerto pour piano et instruments à vent est un véritable caméléon de la musique !

Quels sont les compositeurs actuels dont vous vous sentez proche ?
Je citerais volontiers Arvo Pärt, Rodion Chedrine et aussi Krzysztof Penderecki.

Parlez-nous de votre travail quotidien au piano…
Le nombre d’heures au piano change d’un jour à l’autre, notamment en fonction des plannings de concerts. Disons d’une heure à toute la journée ! Le minimum (idéal) serait quatre heures par jour. Au-delà de huit heures quotidiennement, je réduis le temps de travail du lendemain pour préserver la qualité de la concentration. Après une tournée de concerts, je fais généralement une coupure de quelques jours pour « recharger » les batteries !
Je débute la journée en jouant des choses très différentes. Parfois, ce sont des improvisations durant un quart d’heure. Je déchiffre plutôt bien. La musique de Scriabine me paraît plus aisée que celle Rachmaninov, probablement parce qu’elle est plus proche de ma propre écriture. Enfin, je ne note rien sur les partitions. Pas de doigtés car ils peuvent changer d’un concert à l’autre.

Quelle est votre distraction favorite ?
La lecture en premier et celle des classiques comme Dostoïevski, Tolstoï, Wilde, Dickens…

Propos recueillis par Stéphane Friédérich

À ÉCOUTER

DANIIL TRIFONOV


Daniil Trifonov , « The Carnegie Recital ».
Scriabine : Sonate-Fantaisie n° 2 ; Liszt : Sonate en si mineur ; Chopin : 24 Préludes op. 28
Deutsche Grammophon 4791728 (Universal). 2013. 1 h 18’

CONCERT
Le pianiste Daniil Trifonov donnera un récital le 11 avril Salle de l'Institut, à Orléans. Au programme : Stravinski, Ravel, Schoenberg et Schumann.




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