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Actualités / Évènements / PIANOS FAZIOLI, L'EXCEPTION ITALIENNE

En bref

PIANOS FAZIOLI, L'EXCEPTION ITALIENNE

Par Bernard Désomières et Stéphane Friédérich / Jeudi 23 janvier 2014
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© S.F.
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À 60 kilomètres au nord de Venise, la ville de Sacile porte le surnom de Jardin de la Sérénissime. Belle entrée en musique pour découvrir cette cité, au pied des Alpes, qui accueille depuis 1981 l’entreprise de Paolo Fazioli. Visite guidée de l’un des temples de la facture instrumentale.

La « Fabbrica di Pianoforti Fazioli », à Sacile, une ville italienne où l’art de travailler le bois est une tradition ancestrale.


La propreté des lieux, voilà la toute première remarque que nous nous faisons, les portes de l’entreprise une fois franchies. Une usine de pianos, c’est d’abord une quantité extraordinaire de bois travaillés. C’est aussi un fantastique atelier dans lequel chaque élément est à sa place, des tables d’harmonie aux plus petits outils. L’espace est ordonné pour produire, à ce jour, 130 instruments par an, dont une trentaine de pianos de concert. Les éléments des futurs pianos à queue sont déplacés par des chariots d’un endroit à un autre et, pour les pièces les plus lourdes, grâce à des treuils.

De l’extraction des poussières à la régulation de l’hygrométrie et de la température, tout ici a été pensé. Pourquoi songeons-nous, à cet instant, à l’usine Ferrari de Maranello ? D’autant que tout le personnel des ateliers revêt une combinaison estampillée « Fazioli ». L’odeur et la lumière ensuite. Odeurs savoureuses des bois, jusqu’aux éléments des claviers. Érable, acajou… Odeur moins agréable de la colle, élément essentiel et que l’on voit couler au sol tant les serre-joints assurent des pressions inouïes sur les ensembles cintrés. Odeur âcre et franchement désagréable dans l’atelier où sont entreposés les cadres en fonte.

Artisanat du son

La sérénité, enfin. On scie, on perce, on polit et on rabote. Chaque groupe de travail paraît indépendant des autres, concentré sur sa mission. Les gestes sont calmes et précis. Chaque étape prend le temps nécessaire, ce qui explique que deux années soient nécessaires entre la première coupe d’un tronc d’arbre et la livraison d’un piano… Fazioli emploi 44 employés dont 35 directement dans la production. « Tous ont été formés au sein de l’entreprise. La plupart d’entre eux n’avaient pas d’expérience dans la facture instrumentale. Nous préférons engager des personnes de la région pour être sûrs qu’ils resteront parmi nous. Il faut au minimum un an pour leur apprendre le métier  », précise l’ingénieur physicien et pianiste Paolo Fazioli. Le plus important n’est pas qu’ils soient au départ de bons techniciens, mais qu’ils aient une très grande aisance manuelle. »
Cela se voit assurément lorsqu’il s’agit de percer dans les chevalets de table, de tourillonner dans le bois, de réaliser un montage en cordes ! En regard de la qualité exceptionnelle des matériaux, l’erreur est plus que dommageable. Elle serait une faute de goût pour Paolo Fazioli, qui ne cache pas son plaisir de l’objet parfait. « La musique est la finalité de ce que nous réalisons. C’est pour cela que nous organisons une saison musicale dans notre auditorium qui jouxte les ateliers. »

Alignement au cordeau des ceintures…



Tout part du bois, irremplaçable pour ses qualités harmoniques. Celui de la table d’harmonie provient des Alpes orientales italiennes, de la Vallée de Fiemme, entre autres, là où se fournissait Stradivarius. « Rien ne nous interdit d’utiliser des bois d’autres provenances. Pour ces planches, par exemple, nous employons de l’érable canadien et de l’acajou venant d’Afrique », explique le facteur.

Des planches qui raviraient tous les ébénistes : sans nœuds, parfaites. L’érable et le bois d’épicéa sont la base de la résonance, tout comme pour le violon. Par la suite, s’ajoutent des plaquages de bois précieux tels que la loupe ou l’ébène de Macassar, « le plus beau bois  », selon Paolo Fazioli, issu d’une famille d’entrepreneurs de meubles. Tout a été essayé, du hêtre, du frêne… L’acajou, par exemple, est le plus résistant, le plus fiable. Cette passion pour le bois n’interdit pas d’être à la pointe en matière de recherche et développement. « Nous avons essayé la fibre de carbone et nous avons construit des tables d’harmonie dans ce matériau. Je suis assez dubitatif car j’ai estimé que les sonorités obtenues manquaient de chaleur. Dans les mécaniques, nous avons essayé d’associer le plastique au bois, notamment pour répondre aux contraintes d’humidité des pays chauds. Il est vrai que le bois est sensible à l’humidité. Et pourtant, il s’impose à nouveau. Il suffit de le travailler différemment. Quant aux cordes, elles aussi attaquées par l’oxydation, il faut trouver de nouvelles solutions. Chaque étape pose des questions différentes et les réactions du bois sont complexes à analyser. Les colles que nous employons, par exemple, proviennent de l’industrie nautique dont les critères sont extrêmement rigoureux », précise notre hôte.

Le facteur Paolo Fazioli montre la courbure des barres de table.


Robot et rabot
D’un atelier à l’autre, nous suivons les découpes, le ponçage, le réglage des attrapes, la modification de la cambrure du ressort du double échappement, le repérage des zones de piquage des têtes de marteaux avec un processus d’harmonisation unique au monde. Il permet en effet de répartir les zones vibratoires de chaque côté du marteau. À côté de nous, une jeune femme réalise le positionnement très délicat des étouffoirs. Voici les pédales et les lyres prêtes. Tous les socles sont préparés avec un soin tel que tout bruit ou grincement parasite est prohibé. Fierté de l’artisan qui polit…

Plus loin, nous voici dans une pièce où nous sont entreposés durant six mois les cadres en fonte, sortis de la coulée. Réalisés en Italie, leur poids varie peu grâce une extrême précision des techniques de coulée. Ils sont usinés à Sacile. Nous n’en saurons pas davantage sur les matériaux utilisés.
Mais le saint des saints, c’est la salle des tables d’harmonie. Pas de photos ! Conservés immobilisés dans la chaleur et la sécheresse avec 31 % d’humidité et 29 degrés, les bois mûrissent dans le temps. Tout est propice à l’expérimentation, mais avant qu’une table ne soit utilisée, elle passe sous une presse spécialement conçue pour la marque. Une machine d’origine italienne, impressionnante car composée d’une multitude de vérins pneumatiques. Elle assure la forme souhaitée de chaque table.

Perçage des pointes de chevalet.


Dans les ateliers, marteaux et burins, les outils les plus étranges côtoient les machine à commandes numériques, véritables robots high-tech. Les perceuses sont automatisées, mais la méticulosité des calculs n’évite pas le travail au ciseau à bois ! Quand les robots font bon ménage avec le rabot, la pince et le marteau, cela donne des résultats sidérants de précision. Les structures sont quasiment indéformables car assemblées avec une justesse calculée au centième de millimètre ! Le parfait ajustement de la fonte du cadre métallique et du sommier en bois constitue, par exemple, une opération particulièrement délicate car, en cas d’erreur, c’est tout l’instrument qui risque de ne pas tenir l’accord.

Nous voici maintenant dans l’atelier de fabrication des cordes basses réalisées sur place. Un fil de cuivre sertit un fil d’acier. Il faut prendre du temps pour chaque corde afin qu’elles soient d’une nervosité idéale et équivalente les unes des autres. Un artisan mate doucement la corde. Elle est écrasée afin de réaliser un point d’ancrage plus solide au début du filage. Le cuivre doit parfaitement adhérer sur l’acier et avec une tension constante.
Dans le montage des cordes, le feutre épais proche des chevilles est tapé afin d’être homogène. Tout doit être d’une parfaite stabilité et d’une propreté irréprochables. On travaille avec des gants et tous les bois et le cadre du piano sont protégés afin d’éviter la moindre petite rayure.

Pédales prêtes à être installées dans la lyre des pianos Fazioli.


Couleurs et dynamique

Dans les dernières étapes de la fabrication, les pianos se retrouvent dans les cabines de préharmonisation. Ils y restent une semaine afin que l’accord se stabilise, avant de passer à la machine « du supplice ». Lorsque celle-ci entre en action et que toutes les notes du piano sont écrasées fortissimo, on comprend mieux pourquoi elle ne fonctionne que la nuit. Après ce rodage, une nouvelle harmonisation et un réglage ont lieu. Chaque étape de fabrication est consignée sur une véritable fiche suiveuse « anthropométrique » de l’instrument. « Je connais presque chaque piano qui sort de mon usine, les références aux numéros, un “opus”  », reconnaît le facteur italien.

Comme nous évoquons la traçabilité de ses pianos, Paolo Fazioli nous raconte : « L’un de nos pianos de concert sorti en 1983 avait été acheté par une association musicale qui l’avait entreposé dans un dépôt en bord de mer, sans aucune précaution, sans chauffage et avec une humidité terrifiante. Quelques années plus tard, on m’a appelé pour me dire que le piano avait des problèmes de moisissures… Nous avons restauré l’instrument dont aucune pièce n’avait été altérée en profondeur. »

Nous lui demandons où se trouve le « n°1 » de sa production. Il nous emmène dans une villa d’été familiale. Moment émouvant que celui d’entendre cet instrument précurseur, le premier des 2 223 Fazioli construits à ce jour. Mais, ce qui nous laisse, à cet instant, sans voix, c’est la sonorité déjà caractéristique de ce premier exemplaire. Comment la définir plus précisément ? « Il y a déjà un point commun entre tous les facteurs de pianos. Nous cherchons une grande dynamique, une sonorité qui porte. Cela étant, j’ai mes propres exigences. La longueur du son est, pour moi, déterminante, spécialement dans les octaves les plus aiguës. Je recherche aussi une homogénéité parfaite dans tous les registres. La dynamique est essentielle avec un soin tout particulier accordé aux pianissimi. Enfin, et c’est pour moi le plus important, je veux les couleurs les plus variées. C’est pour cela que les pianistes de jazz, souvent plus exigeants en enregistrement que les musiciens classiques font appel à nos pianos. »



Un rayonnement international
De plus en plus d’artistes jouent et enregistrent sur Fazioli. « Les jeunes pianistes paraissent souvent plus ouverts aux expériences que leurs aînés, qui n’ont pas envie de changer leurs habitudes », avoue non sans malice Paolo Fazioli. « Notre petite industrie connaît en période de crise une évolution remarquable avec des débouchés notamment en Autriche, en Allemagne, en Angleterre et en France (neuf Fazioli ont été acquis par le Conservatoire de Paris). Même en Italie ! », ajoute-t-il en riant. Et de poursuivre : « Nul n’est prophète en son pays… Certains marchés sont en plein développement comme en Russie, en Lituanie ou en Pologne. Dans ces pays, ce sont les salles de concert et les conservatoires qui achètent des Fazioli et en Chine, ce sont maintenant des privés. Les pays de l’Est ont toujours beaucoup investi dans la culture et l’enseignement. À tel point qu’en 2014, nous envisageons de produire entre 30 et 35 grands pianos de concert. »

Liée à sa capacité de production actuelle de 130 pianos par an, la marque Fazioli s’agrandit et sortira dans quelques mois 150 pianos avec les mêmes exigences de qualité. Pour autant, la fabrication des pianos droits n’est pas à l’ordre du jour. «  C’est un marché différent, purement industriel et nous ne pouvons pas concurrencer les marques déjà implantées », nous confie l’entrepreneur, avant de conclure que, pour rester au niveau actuel, « il faut faire toujours mieux. Regarder vers le haut est une règle que je m’impose. Une ambition que mon fils devra poursuivre car il devrait me succéder dans quelques années ».

Photos : © Bernard Désormières et Stéphane Friédérich

Fazioli sur Internet : www.fazioli.com



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