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Actualités / / FLORIAN NOACK, UN PIANISTE À DÉCOUVRIR

En bref

FLORIAN NOACK, UN PIANISTE À DÉCOUVRIR

Par Propos recueillis par Stéphane Friédérich / Vendredi 7 mars 2014
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© Martin Teschner
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À 24 ans, Florian Noack n'a de cesse d'approfondir son approche musicale. Passionné par les répertoires rares – voir son début d'intégrale de l'œuvre de Liapounov – et par l'art de la transcription, il n'hésite pas à se remettre en cause pour stimuler une carrière menée tambour battant.


Racontez-nous votre rencontre avec l'œuvre de Serge Liapounov…

La découverte de ce musicien et celle de bien d'autres compositeurs peu ou très peu joués est liée à la lecture assidue d'un ouvrage, La Musique du piano, de Guy Sacre [éd. Robert Laffont, 1999], qui m'a été offert pour mon douzième anniversaire. Ce dictionnaire subjectif et engagé est devenu un livre de chevet, une sorte de compagnon de voyage, avec lequel je ne suis d'ailleurs pas toujours d'accord, mais dont j'écoute les opinions avec passion.


Outre le fait qu'il soit bien écrit, il capte le « parfum » des œuvres et donne envie de les jouer. Grâce à lui – ou à cause de lui –, à l'âge de 14 ans, mon répertoire était essentiellement composé de pièces d'Alkan, MacDowell, Clementi, Medtner… Pas de Beethoven, pas de Mozart, une seule Étude de Chopin. Bref, j'ai vécu une sorte de bienheureuse crise d'adolescence !


Cela ne vous a-t-il pas posé de problèmes lorsque vous avez dû travailler le répertoire plus « traditionnel » ?

Je ne le pense pas. Rétrospectivement, j'analyse cela différemment : si vous jouez de façon séduisante une pièce virtuose de Serge Liapounov [1859- 1924], par exemple, vous aurez accompli l'essentiel du travail. Si vous réalisez la même qualité technique dans une sonate de Beethoven, vous n'aurez parcouru que 20 % du chemin. Avec mon professeur, Claudio Martinez-Menher, nous allons vers d'autres difficultés, celles où les facilités digitales ne peuvent pas vous sauver de toutes les situations ! 


Je l'avoue, aujourd'hui, Haydn m'est difficile. Cette année, je travaille l'une de ses premières sonates, mais aussi les Inventions à deux voix de Bach, une sonate de Beethoven, une autre de C. P. E. Bach, des pièces de Debussy, Messiaen, Bartók, Brahms…


Cela étant, vous ne jouez pas l'œuvre de Liapounov par hasard. Elle semble vous correspondre…

Évidemment ! L'intégrale que j'ai en projet de graver me correspond parce que c'est une musique de valeur et que j'y trouve beaucoup de plaisir. Mais, pour en revenir à la technique, elle ne me paraît pas la plus intimidante. Beethoven l'est bien davantage tout comme Chopin, lequel me paraît pianistiquement plus difficile que des compositeurs comme Rachmaninov. La notion de difficulté est souvent relative. Ce n'est d'ailleurs pas le plus important dans la musique.


Ce que je veux souligner, c'est qu'avant de travailler avec Claudio Martinez-Menher, je n'avais pas appris à approfondir la musique, le rapport entre les notes, par exemple. On peut l'apprécier de manières fort différentes : sur le plan mélodique, qui est le plus immédiat, le plus simple aussi, puis, au niveau rythmique et harmonique. Avec le temps, on apprend à aller « derrière » la partition. Les grands professeurs nous aident car ils perçoivent l'œuvre de l'intérieur et dépassent l'argument purement virtuose ou simplement plaisant. Je vis une remise en cause difficile, mais salutaire et passionnante. Tout ce travail a nécessairement une répercussion sur mes interprétations.


Vous jouez vos propres transcriptions. Sont-elles aussi concernées par cette remise en cause ?

Assurément. Certains passages que j'ai transcrits il y a quelques années m'apparaissent aujourd'hui dénués de sens pianistique.


D'où vous vient cette passion pour la transcription ?

Adolescent, je rêvais d'entendre au piano des œuvres orchestrales. Mon premier essai fut avec Roméo et Juliette de Tchaïkovski. Quand j'ai étudié Liszt, le « maître des transcripteurs », j'ai abordé ce travail différemment, de manière plus élaborée. Ce compositeur est incroyablement fidèle au texte et il restitue l'œuvre pianistiquement. Les transcriptions du début du XXe siècle ont évolué dans un sens différent, plus proches souvent de l'arrangement.

Cette conception m'attire moins que la transcription pure. Au XIXe siècle, celle-ci avait un sens profond qui s'est perdu avec la diffusion de plus en plus aisée de la musique symphonique, notamment grâce à l'enregistrement. Pour autant, il est enthousiasmant de suggérer l'orchestre au clavier et la musique russe favorise à merveille un tel défi.


Pourquoi ?

Parce qu'elle est colorée, voire orientalisante, si l'on prend l'exemple de Schéhérazade de Rimski-Korsakov. On peut même rajouter beaucoup de notes sans trahir la partition d'orchestre. Cette souplesse n'est pas possible avec une symphonie de Brahms. À s'éloigner de la partition originale, on risque très vite le hors sujet si on ajoute des notes qui paraissaient a priori logiques, mais qui sont finalement inappropriées.


Parlez-nous des autres compositeurs que vous jouez…

En ce qui concerne le répertoire germanique, j'interprète, par exemple, les sonates de Schumann, passionnantes en raison de leur compacité. Et pourtant, une telle écriture ne se prête guère à la grande forme. Schumann est avant tout un musicien de la miniature.


De Brahms, je n'ai joué pour l'instant que de la musique de chambre. Schubert est l'un de mes compositeurs préférés. Pourtant, je ne m'estime pas suffisamment serein pour l'interpréter en public. Adolescent, j'avais joué les Impromptus et, à l'époque, je ne me posais pas trop de questions. Privilège de la jeunesse… Je sais que sa musique m'accompagnera toute ma vie. Mozart m'est plus proche que Haydn. Le chant y est plus affirmé et le compositeur obéit à certaines règles innées alors que Haydn sort brutalement du cadre formel. Je joue aussi peu de Debussy. J'apprécie davantage Ravel et Fauré qui me paraissent plus « clairs ». Mais j'imagine que mes goûts évolueront avec le temps.


J'ai joué très peu de pièces contemporaines, parce que je n'en écoute pas régulièrement. Je comprends difficilement les partitions qui ont coupé le cordon avec la tonalité, comme les Klavierstücke op. 11 de Schoenberg. Je ressens une perte de repères, ce qui n'est pas le cas dans les Études de Ligeti, par exemple. À Cologne, j'ai abordé la Sonate pour flûte et piano de Pierre Boulez. Beaucoup de travail… Un vrai défi, bien stimulant. J'ai éprouvé le plaisir de l'interprète concentré à 200 %. Aurais-je éprouvé le même plaisir à écouter la pièce ? Pas sûr…


Et les concours ?

Je ne sais pas encore. Celui de l'ARD de Munich me tente. Mon problème est de concilier les projets musicaux très divers avec les programmes de ces compétitions. Je vais devoir faire des choix car il peut être mal perçu de jouer Medtner ou Liapounov devant un jury ! Pour l'instant, mon horizon est celui de l'année en cours. Après, on verra…


Quels sont vos prochains disques ?

Hormis un nouvel album de l'intégrale Liapounov, sortira, au printemps, un disque consacré à mes propres transcriptions : Le Lac des cygnes, Roméo et Juliette de Tchaïkovski, Shéhérazade de Rimski-Korsakov, Aleko de Rachmaninov et Le Lac enchanté de Liadov.


Aleko est une œuvre rare et un choix étonnant ?

En 1892, à l'âge de 19 ans, Rachmaninov compose son premier opéra en un acte, Aleko. Avec ses deux danses orchestrales, la partition se prête aisément à la transcription. Réaliser, jouer et enregistrer une symphonie ou un mouvement ne me disait rien. J'ai une préférence pour les poèmes symphoniques. Plusieurs partitions sont intéressantes : Le Prince Rostislav, Le Rocher, le Caprice bohémien. Qui sait ?


Des répertoires variés et virtuoses qui impliquent d'excellentes capacités de mémorisation…

Je n'ai jamais eu de problème de ce côté-là. Chez moi, la mémoire mécanique joue un grand rôle. Adolescent, je travaillais la technique parfois en lisant des romans. Évidemment, mon professeur s'en est aperçu… À éviter, donc. Cela étant, j'ai développé des automatismes efficaces. J'apprends aussi bien avec la mémoire visuelle. Je joue en regardant les mains sur le clavier. Chez moi, la sensation du déplacement (la connaissance en quelque sorte « géographique » du clavier) joue un rôle important et plus encore au concert car l'investissement corporel est maximal.


Je crois qu'il est utile d'exercer et de combiner les différentes mémoires. Cela s'additionne aux automatismes physiques qui peuvent ne pas suffire en situation de trac. Paradoxalement, la vue de la partition me stresse, y compris en musique de chambre. Cela me perturbe de devoir à la fois garder le contact visuel avec le clavier et la partition.


Puisque nous parlons de la gestique, ressentez-vous le besoin de corriger votre position au piano ?

En effet. Il m'est arrivé de ressentir quelques douleurs dans les bras. Avec la persistance des tensions, le corps accepte moins certains gestes. Il est nécessaire de comprendre le fonctionnement des muscles et, par conséquent, de modifier son comportement. Cela peut être, par exemple, la distance d'assise face au piano, la hauteur de la banquette…


Être proche de l'instrument et jouer de haut est, parfois, révélateur d'un stress. S'éloigner de l'instrument témoigne, à l'inverse, d'une certaine décontraction et confiance dans son jeu. Mais, jouer « détendu » ne veut pas dire jouer sans tension, cela implique simplement de ne pas jouer avec plus de tension que ce que le morceau exige.


Quel est votre rapport au public ?

Je me vois toujours sur scène au travers le regard et les oreilles de la personne la plus impitoyable du public. Et si mon père ou mon professeur est dans la salle ? Cela étant, j'aime le contact avec le public, son soutien, le fait qu'il soit heureux. Après tout, je joue pour lui.


FLORIAN NOACK EN CONCERT


- 1er juin, Collioure (66)

- 30 juillet, La Rochelle (44)

- 17 août, Festival Liszt en Provence, Uchaux (84)

- 31 août, Solistes à Bagatelle (75)

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