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Pédagogie / Les conseils d'Alexandre Sorel / ERIK SATIE : JE TE VEUX
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ERIK SATIE : JE TE VEUX

Par Pianiste / Mardi 26 août 2014 / Pianiste Magazine N°88 - septembre-octobre 2014
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Abordons maintenant une autre pièce d’Erik Satie, dont l’esprit contraste étonnamment avec la précédente. Tandis que la Première Gymnopédie était empreinte d’une indescriptible nostalgie, cette valse intitulée Je te veux nous semble bien «sentimentale ». Cette pièce fut initialement composée pour voix et piano. À travers les paroles, une femme amoureuse s’exprime : « J’ai compris ta détresse, cher amoureux, et je cède à tes voeux... fais de moi ta maîtresse... ». Voilà qui est explicite ! Faut-il voir dans cette chanson d’amour un cynisme de Satie, une dérision du discours amoureux, dont il se sentirait lui-même exclu ? Quoi qu’il en soit, voyons ce que cette pièce contient du point de vue de la musique elle-même.


MES. 5-13




Rythme et carrures. La première chose est de faire sentir à votre auditeur qu’il s’agit d’une valse. Qu’est ce qu’une valse ? D’abord, un morceau à trois temps. Il est primordial de faire entendre la différence de poids entre le temps fort (le premier temps) et les deux autres, qui sont plus faibles. Si vous ne le faites pas, votre musique ne bercera personne, elle ne dansera pas.


Mais ce n’est pas tout : une valse est aussi un morceau construit avec des carrures de mesures. Le thème raconte une histoire avec ses ponctuations : ses virgules, ses points-virgules et ses « point-à-laligne » qui font respirer la musique. Ces petites césures rendent le discours compréhensible et palpitant. Elles sont tout aussi importantes que la différence entre les temps forts et faibles (Liszt parlait de Lüftepause). Dans la valse, c’est assez simple : elles reviennent de façon symétrique toutes les quatre, huit, puis seize mesures.

Comptez les mesures! Afin de ne pas vous perdre et de faire sentir ces césures au bon endroit, apprenez à compter non seulement les temps mais les mesures. Les premiers temps ne devront pas avoir tous le même poids, car ils n’ont pas la même place dans la carrure. Exercez d’abord votre main gauche toute seule, en comptant tout haut les mesures. La main gauche détient la responsabilité du rythme, comme la contrebasse dans un ensemble de jazz. Comptez « un, deux, trois, quatre mesures... ». Faites une petite respiration, l’équivalent d’une virgule, puis continuez : « cinq, six, sept, huit » (deuxième groupe de quatre). Faites alors une autre respiration, mais un peu plus importante, soit l’équivalent d’un point-virgule. Repartez pour huit mesures : « neuf, dix, onze, douze » (à nouveau une petite virgule avant la 13e mesure, « cousine » de la 5e), et enfin « treize, quatorze, quinze, seize... ».


Vous êtes alors arrivés à destination. La fin du grand paragraphe de 16 mesures. Expirez à fond et détendez-vous. À chaque fois que vous jouerez ce morceau, comptez ainsi dans votre tête, cédez sur les fins de carrures et respirez.


MES. 29-36



Ce passage en octaves demande du soin car les déplacements sont assez lointains. Pour vous déplacer sans accrocher, n’écrasez pas les degrés faibles. Le conseil le plus important est celui-ci : surtout, n’écrasez pas ! Allégez votre bras et votre pensée. Sentez qu’il s’agit ici de degrés de voyage harmonique, et de notes de passage qui doivent être allégées. N’abordez pas ces déplacements en vous crispant de peur. L’essentiel est d’avoir une bonne représentation mentale de l’harmonie. La mesure 30 contient l’accord solsiréfala qui « interroge ». La mesure 31, le second degré réfalado, qui est également en attente de quelque chose. Tout se suspend, y compris la cadence.


Ce n’est qu’à la mesure 36 que tout aboutit. Alors, seulement, expirez à fond sur le do grave et laissez baisser votre poignet. Nous le rappelons souvent : c’est votre corps, autant que votre mental, qui doit respirer avec la musique. Voici un autre conseil important. Écoutez les grands pianistes. Leur chant est toujours clair et perceptible. Il surplombe l’ensemble de la texture musicale. Visez la clarté des aigus.


Si vous voulez bien jouer cette valse, veillez à ce que votre partie aiguë soit toujours lumineuse. Tendez votre petit doigt. Ne laissez flancher aucune de ses phalanges. En même temps, atténuez les parties internes de votre main droite, notamment la partie basse de l’octave, en relaxant votre pouce. C’est cela qui est difficile. Diviser votre main en deux. Il faut une grande concentration pour y parvenir, mais c’est l’une des clés pour obtenir une belle sonorité. On demanda un jour à Arthur Rubinstein les raisons de son succès. Il répondit : « L’immense travail qui m’a permis de faire chanter le piano. »


À SAVOIR

Je te veux est une valse composée initialement pour voix et piano, éditée pour la première fois en 1902. Les paroles furent écrites par Henri Pacory. Cette valse très sentimentale et suave fut créée à la Scala de Milan puis à Paris en 1903 par la chanteuse Paulette Darty. Elle fut par la suite enregistrée en 1925 par Yvonne George. La version pour piano seul dont nous proposons l’étude date de 1904.

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Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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