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DÉODAT DE SÉVERAC : LA FONTAINE DE CHOPIN

Par Pianiste / Samedi 6 septembre 2014 / Pianiste Magazine N°88 - septembre-octobre 2014
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La première assimilation de ce beau morceau écrit par un compositeur peu connu, Déodat de Séverac, est celle qui doit s’effectuer par l’oreille. Comme nous l’avons vu à propos du 4e Nocturne de Fauré 1, il est utile pour assimiler une telle musique de distinguer les notes réelles de l’harmonie des autres notes, celles que l’on nomme «notes étrangères ». Ces dernières ne font pas partie du « squelette harmonique » et elles créent des dissonances lorsqu’elles rencontrent de « vraies » notes. La première chose à faire est de familiariser votre oreille avec ces frottements, faute de quoi votre esprit risque de piler net devant la dissonance, tel un cheval qui refuse de sauter l’obstacle et met bas son cavalier ! Ajoutons que c’est aussi la multiplication de ces âpretés sonores qui fait le charme typique de cette musique française du début du XXe siècle.


MES. 2 À 5 - TEMPO DE VALSE. THÈME


À propos de l’harmonie. Sentez que la mélodie prend son essor depuis l’harmonie de suspension mi bémol (dominante). La tonique n’arrive que sur la 3e mesure du thème, à la basse. Ne posez votre départ ni à la main droite ni à la basse.


À propos des dissonances et de la verticalité. Écoutez les dissonances contenues dans ce thème principal : la neuvième fa (bassesoprano), puis l’intervalle de seconde, fasol, dans l’accord fasolré, à la main gauche. Veillez à ce que cet accord soit complet. Il faut toujours viser la plénitude de l’harmonie, faire entendre l’ensemble des notes de chaque accord, son épaisseur et sa rondeur, c’est cela qui est beau. Placez-vous au juste au dessus et tombez verticalement.


À la 3e mesure du thème apparaît encore une riche harmonie (la bémolfado, main gauche + (do) si bémol, la bémol, mi bémol, main [ droite). Elle est due à la tenue des appoggiatures [ dans la pédale et il en résulte un beau frottement harmonique. Dans tout ce morceau, savourez ces âpretés pour l’oreille, les secondes, les neuvièmes. Considérez-les comme des mets délicieux (certes épicés !). Écoutez et mémorisez aussi avec les doigts. Sentez les intervalles en prenant l’empreinte. Faites la différence entre les doigts qui jouent et ceux qui ne jouent pas. Relevez ceux qui ne jouent pas. Si vos doigts traînent sur le clavier, votre main ne retiendra rien.


Le vrai poids de la double croche. Voici un point important pour bien jouer ce thème. Il comporte un rythme ternaire : croche pointée, double croche, croche. Ne raccourcissez pas la double croche. Donnez-lui son juste poids, commencez- la suffisamment tôt. Le pédagogue Henrich Neuhaus raconte l’histoire suivante : « Je jouais avec un orchestre assez faible, le 5e Concerto de Beethoven. Le basson n’arrivait pas à jouer correctement dans le dernier mouvement le rythme ternaire “croche pointée + double croche + croche”. Je lui chantais alors plusieurs fois sur ces notes, les mots : “Klemperer” et “Amsterdam”, avec un accent très marqué sur la première syllabe... c’est une recette très répandue chez les chefs d’orchestre. » 2


En effet, si l’on avale la double croche, la transformant en triple croche, le thème perd alors tout son chic et son cantabile. À chaque fois que vous rencontrerez ce rythme, donnez son poids à la double et pensez : « Amsterdam» !


Phrasé du poignet. « Dessinez » vos phrases avec un poignet parfaitement souple et débloqué. Sur le dernier do de la 2e mesure du thème, maintenez votre 5e dans la touche. En même temps, allégez votre coude. Si votre poignet est libre, il s’est relevé et votre main pend devant vous. Vous n’avez plus qu’à peser de haut en bas dans l’appoggiature, do, si bémol, 2e mesure. Conserver un poignet souple, susceptible de bouger de haut en bas ou latéralement, voilà la clé pour phraser artistiquement, comme avec un archet de violon.


PARTIE CENTRALE : A TEMPO

Ce thème est beaucoup plus dramatique et sombre et contraste avec la légèreté aérienne de la valse. À la main gauche, mettez les doigtés que nous avons indiqués. Comme dans le thème principal, veillez à donner son poids à la double croche, (do) – ré - (do).


Faites sonner la syncope do qui doit se prolonger sur le temps suivant. Écoutez ensuite la rencontre de ce do tenu avec le la bémol de la main gauche. Attrapez-la dans la pédale. Remontez bien le pied en jouant la basse, mais sans le redescendre trop vite, sinon tout se mélange. Écoutez-vous bien. N’écrasez pas le chant avec votre main gauche. Le chant doit toujours surplomber, lumineux.


MES. 108 MARCHE HARMONIQUE


Ici, Déodat de Séverac écrit une marche harmonique. L’exécution technique en est délicate. D’abord, mettez les bons doigtés. À la main gauche, lorsque la note la plus aiguë est une touche noire du clavier, jouez-la avec le 2e doigt. Lorsque c’est une touche blanche, mettez le pouce. En effet, comme le préconisait Chopin, il vaut mieux mettre les doigts longs (2e, 3e ou 4e) sur les touches noires (plus loin devant nous) et les doigts courts (pouce et 5e) sur les touches blanches. Ainsi l’on va au plus court chemin sur le clavier.


Voyez le rythme. À la main droite, apparaissent de multiples syncopes. Do (croche), do encore (croche pointée), puis une noire, si bémol. Appuyez ces sons prolongés. Attrapez ensuite à l’oreille leur rencontre avec la basse, en changeant bien la pédale à fond. Exercez votre indépendance des gestes. Main-main et aussi mainpied. Quand vous tenez la syncope, coupez la main gauche pour aller chercher la basse. Au contraire, sur la fin de phrase à la main droite (fa# double croche), ôtez rapidement. Allégez cette note, même si elle tombe sur le temps fort. Jouez en donnant une impulsion du doigt vers le haut, votre poignet toujours parfaitement libre. Coordonner tous ces gestes différents aux deux mains, sans compter ceux des pieds, est fort subtil ! Quelle complexité, mais écoutez le résultat, quel raffinement musical !


1. Voir Pianiste n° 87 (juillet-août 2014). 2. Henrich Neuhaus, L’Art du piano, éd. Van de Velde, 1971.


À SAVOIR

Déodat de Séverac est un compositeur français qui vécut au tournant des XIXe et XXe siècle. Musicien encore très peu connu aujourd’hui, il s’illustra pourtant en écrivant une musique très raffinée, nostalgique et sensible, illustrant parfaitement tout un aspect de l’esprit français. Après de brèves études musicales au conservatoire de Toulouse, il rejoignit la Scola Cantorum, où il fut élève de Vincent d’Indy, Albéric Magnard et Charles Bordes. Une grande partie de son oeuvre reflète son amour pour son pays natal, le Languedoc (En Languedoc, Baigneuses au soleil, Cerdaña). Il écrivit aussi des mélodies et aussi deux opéras, mais l’essentiel de son génie s’exprime dans ses belles pièces pour piano.

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Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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