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Actualités / Évènements / LAURE FAVRE-KAHN : LA "ROMANTIC TOUCH"

En bref

LAURE FAVRE-KAHN : LA "ROMANTIC TOUCH"

Par Stéphane Friédérich / Jeudi 30 octobre 2014
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© Caroline Doutre
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Après avoir intimement côtoyé Chopin lors de son spectacle musical créé au dernier festival d'Avignon, la pianiste Laure Favre-Kahn sort un disque entièrement consacré au compositeur polonais (lire la chronique). Entretien.



À votre spectacle « Chopin... confidences » s'ajoute un dernier disque* consacré à l'oeuvre du compositeur polonais...

Le choix des romantiques, c'est le choix du coeur ! La musique de Chopin m'accompagne depuis mon enfance. Les Impromptus gravés dans ce disque furent les premières pièces un peu conséquentes que j'ai jouées. Son écriture est la plus naturelle que je connaisse, plus encore que Schumann et Rachmaninov. Le spectacle «Chopin... Confidences» a été monté en 2010 avec le comédien Charles Berling à l'occasion du bicentenaire de la naissance du compositeur. Charles Berling ne pouvant être toujours disponible, je poursuis seule le spectacle avec sa voix en utilisant un montage d'images et de vidéos.


Vous parlez des Impromptus de votre enfance. Quelles sensations éprouve-t-on lorsqu'on les enregistre à l'âge adulte ?

On renoue tout d'abord avec une étonnante mémoire digitale alors que la main a évolué. C'est, en quelque sorte, un retour aux positions apprises durant l'enfance. Je me rappelle alors le travail approfondi avec mon premier professeur, Mercedes Jeanneau, à Avignon. Cela étant, il n'y a pas de conflit entre le passé et le présent «digital », mais une simple évolution. À moi de préserver la part de naturel et d'instinct dans le jeu.


Si Chopin, Rachmaninov et Schumann font partie de votre répertoire privilégié, on découvre aussi d'autres compositeurs moins connus...

Les opportunités vous font parfois découvrir des musiciens auxquels vous n'auriez pas songé. Deux disques, l'un consacré à Louis-Moreau Gottschalk et un autre dédié à Reynaldo Hahn, sont nés de coïncidences, de demandes de concerts et d'enregistrements. Ils ont été des parenthèses heureuses et pétillantes dans ma discographie. Il faut savoir prendre des distances avec les univers sombres des grands romantiques.


Craignez-vous d'aborder certains compositeurs ?

Bach, certainement dans mon cas. Je n'ose pas le programmer alors qu'il a été à la base de mon éducation musicale. L'hésitation tient moins à la question de l'instrument qu'au choix de l'approche interprétative. Je n'ai pas encore répondu à cette question: qu'elle est ma part de liberté dans cette musique ?


Éprouvez-vous cela avec d'autres musiciens ?

J'ai peu joué certains répertoires, comme la musique française du XXe siècle. Pourquoi faudrait-il qu'une artiste française joue « naturellement» de la musique française ? J'y viens, petit à petit. Il faut prendre le temps de trouver les bonnes pièces, les bonnes couleurs et les bons timbres. Peut-être quand on approche la quarantaine ose-t-on davantage... On s'autorise le temps nécessaire à la maturation sans être dans l'urgence de la production de concertos comme on peut l'être à 20 ans.


À 20 ans, vous aviez enregistré la Fantaisie de Schumann et, cinq ans plus tard, la Seconde Sonate de Rachmaninov...

À cet âge, on a besoin de relever des défis et cette musique si complexe à organiser, si « musclée » me sédui- sait. C'est aussi le temps de l'indépendance. J'avais décidé de travailler seule, de me « découvrir » déjà par mes choix.


Votre second professeur fut Bruno Rigutto, au Conservatoire de Paris. Vous a-t-il transmis une certaine tradition ?

Je ne crois pas aux traditions, qui sont réductrices. Qui plus est, l'enseignement de Bruno Rigutto n'est nullement conventionnel. Il aide le jeune pianiste à mieux se connaître. Je n'ai véritablement travaillé qu'avec deux maîtres. La plupart de mes confrères ont « voyagé » bien davantage, allant vers telle ou telle personnalité, en fonction des répertoires.


Regrettez-vous ne pas avoir suivi ce parcours ?

Absolument pas. J'ai fait d'autres rencontres musicales importantes par la suite, pas forcement des pianistes ! Elles sont très enrichissantes, surtout lorsque l'artiste révèle des conceptions aux antipodes des vôtres. Les conseils de Bruno Rigutto allaient dans mon sens pianistique et j'ai beaucoup aimé travailler avec lui. Je n'ai pas cherché la contradiction. Plus tard, on s'éloigne au risque de se tromper. Tant pis ou tant mieux. Peut-être ai-je voulu voler de mes propres ailes un peu trop tôt.


Vous obtenez votre Prix à l'âge de 17 ans. Quel regard portez-vous sur vos premières années de carrière ?

J'ai beaucoup appris en peu de temps. Juste après mon Prix, les choses se sont plutôt bien passées. J'ai pu faire un disque très tôt, signer avec un agent, me produire régulièrement. Par la suite, il y a eu des « creux » [ [de carrière inévitables dans un métier de scène. On ne nous apprend pas cette incertitude au conservatoire. À 17 ans, on ne connaît rien de ce métier, on a juste appris à être un « bon » pianiste.


Est-il si difficile de trouver un équilibre dans sa vie d'artiste?

On le trouve avec le temps et parce que la vie fait que vos priorités changent. Quand vous avez des enfants, par exemple. Durant mes études, je n'avais pas vraiment rencontré de solistes qui me parlent des difficultés de la carrière. Ce que l'on offre aujourd'hui aux jeunes sportifs de haut niveau par exemple, tout ce qui a trait à l'encadrement psychologique m'était inconnu : gérer la scène, ses émotions, les critiques, les comparaisons... Il m'a fallu du temps pour assimiler tout cela, demeurer parfois dans l'ombre, accepter les modes, tout en préservant la fraîcheur de son jeu...


Quel regard portez-vous sur les concours?

Après mon Prix, à Paris, j'ai eu la chance d'éviter cette « étape ». Je n'avais rien d'une « bête » à concours.

J'avais bien tenté le Concours Marguerite Long. Insuffisamment préparée, je me suis arrêtée en demi-finale. Je n'étais pas habituée à l'échec. Il est vrai que je me confrontais pour la première fois à des Russes et des Asiatiques autrement plus performants que moi! Je savais que je n'aurais pas l'endurance physique et mentale pour tenter d'autres grands concours. Ni même l'envie. En revanche, le Concours ProPiano organisé à New York m'avait interpellée. Il ne fait pas partie des grandes épreuves internationales, mais son côté atypique m'avait séduite. Il se déroule en effet de manière anonyme.


Vous sentez la présence d'un jury derrière un paravent. Il ne vous voit pas, vous ne le voyez pas. Il arrivait au bon moment. En 2001, je vivais un passage à vide. J'étais notamment blessée par certains jugements hâtifs de la critique. Je demandais juste à ce que l'on écoute mon piano sans que l'on commente la blondeur de mes cheveux. L'annonce du résultat fut tout aussi atypique. Je devais appeler un numéro à une heure bien précise.

J'étais seule dans un musée new-yorkais quand j'ai appris par téléphone que j'avais obtenu le Premier Prix. Personne ne vous félicite... en dehors de vous-même. Quelle immense (et heureuse) solitude ! J'ai repris confiance. Il y a eu un récital au Carnegie Hall et, par la suite, j'ai enregistré, pour ProPiano, un disque consacré à Reynaldo Hahn.


Revenons sur cette confiance à acquérir lorsque l'on monte sur scène...

La confiance en soi, cela s'apprend très tôt, dès l'enfance, mais on peut la développer à tout âge! Je ne suis jamais montée sur scène avec une totale aisance, j'y vais toujours avec un mélange d'excitation et d'appréhension. Tout mon effort consiste à ce que l'appréhension ne devienne pas une douleur. Je travaille presque davantage sur cet aspect du métier qu'en temps passé au clavier. Et avec l'âge, cela se complique. On devient de plus en plus exigeant avec soi-même parce que l'on mesure la responsabilité de ses actes, mais je progresse!


N'éprouvez-vous pas le plaisir de la scène?

Si bien sûr! Mais c'est très variable d'un concert à l'autre. En musique de chambre, en particulier avec le violoniste Nemanja Radulovic, c'est toujours un grand bonheur. En soliste c'est parfois difficile mais j'y travaille! Aujourd'hui, j'essaye d'aborder le récital avec plus de sérénité, ce qui m'apporte davantage de plaisir et de liberté sur scène. Comment oublier que le public ne vient que pour éprouver du plaisir? On dit bien « je joue » d'un instrument. Je sais que ce questionnement est souvent partagé par les grands solistes qui n'ont pas réussi à vaincre leurs démons de la peur. Tout n'est ici que psychologie. C'est la raison pour laquelle je vois régulièrement une personne qui m'aide dans cette réflexion. Je la décrirais comme un sage d'origine indienne. Il m'apprend à aimer mes faiblesses, à les transformer en une force positive. Car je n'ai pas envie, de me retrouver encore en apnée avant chaque concert!


Parlez-nous de votre travail quotidien...

Quotidien? Je ne joue pas forcément du piano tous les jours. C'est très irrégulier à l'inverse de mes études au Conservatoire. Depuis une dizaine d'années, j'ai quitté un rapport obsessionnel avec l'instrument. Je n'ai plus besoin, pour me rassurer, de m'asseoir devant le clavier un certain nombre d'heures par jour. En revanche, il m'arrive de travailler intensément car je suis souvent en retard. L'urgence me convient bien. J'ai essayé de rompre avec cet inconfort mais je n'y arrive pas. Je ne suis jamais aussi créative que dans l'urgence. Je ne fais pas d'échauffements ou d'exercices techniques. Je n'en ai jamais éprouvé le besoin, même après m'être éloignée du clavier pendant quelques jours. J'ai la chance de ne pas ressentir d'engourdissements musculaires. Il est vrai que mes professeurs m'ont appris à ne jamais forcer, à préserver un rapport naturel avec l'instrument.

Il faut rester à l'écoute de son corps.


Cela veut dire, par exemple qu'il est essentiel de faire des pauses régulières durant le travail si l'on veut garder une assise droite et ne pas souffrir de douleurs dorsales. Je ne suis pas une déchiffreuse exceptionnelle, mais j'apprends très vite. J'ai une mémoire digitale. Hélas, je rencontre des problèmes de mémorisation y compris dans la vie de tous les jours. Cette faille était devenue une véritable angoisse que j'assume maintenant en jouant avec les partitions dans le piano. Cette sécurité m'enlève un poids. Seul compte le résultat.


Quels sont vos projets ?

Faire vivre « Chopin... confidences », un spectacle qui me tient à cœur. Je réfléchis actuellement à d'autres projets discographiques. Je pense m'éloigner momentanément de l'univers romantique pour aller vers un nouveau répertoire. J'éprouve aussi beaucoup d'intérêt pour la radio. Qui sait...


Propos recueillis par Stéphane Friédérich



LAURE FAVRE-KAHN EN CONCERT

18 novembre, salle Pleyel, Paris

11 février, à Sèvres (Hauts-de-Seine)

9 mars, Salle Gaveau, Paris


Plus d'infos sur www.laurefavrekahn.fr



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