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Pratique / S'équiper / ACCORD, RÉGLAGE, HARMONISATION

Dossier

ACCORD, RÉGLAGE, HARMONISATION

Par B. Désormières et S. Friédérich / Lundi 22 décembre 2014
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Pourquoi l'accord, le réglage et l'harmonisation sont-ils indispensables à l'entretien de votre piano et au plaisir que vous aurez à le jouer des années durant ? Deux techniciens de l'Atelier du Centre Chopin, à Paris, nous donnent de précieux éléments de réponse.


Yuta Nagatomi et Fabien Bourrellier, techniciens hautement qualifiés de l'Atelier du Centre Chopin



Techniciens au Centre Chopin, Yuta Nagatomi et Fabien Bourrellier nous accueillent dans le célèbre magasin parisien dirigé par Danièle Kertudo. Fabien Bourrellier travaille sur un Steinway du début du XXe siècle qu'il remet en état. « Les réglages sont compliqués sur cet instrument qui comportait à l'origine un mécanisme automatique nécessitant des touches de claviers très longues. » Yuta Nagatomi s'affaire sur autre instrument. Il dépose un produit lubrifiant sur les pivots des axes des manches des marteaux. « Il faut supprimer tout frottement car les garnitures en feutre des pivots en acier peuvent s'user. »




Yuta est arrivé en 2004 au Centre Chopin. Il alterne entre la France et son pays natal, le Japon. Il évoque ses études à l'école Yamaha et avoue préférer le modèle français, qui privilégie la diversité. « Au Japon, l'enseignement est plus strict qu'en France. On apprend tout ensemble : réglage, accord et harmonisation. Mais ici, l'expérience est plus riche car nous sommes directement intégrés en milieu professionnel. » Au Japon, l'enseignement est d'un haut niveau standardisé. Ce n'est pas la tradition, en Europe, car le nombre de marques et de modèles est considérable. Fabien Bourrellier reconnaît aussi que la formation à partir d'un socle commun d'études, à l'Institut technologique européen des métiers de la musique (Itemm), offre une ouverture rapide dans un milieu professionnel très concurrentiel.

Ces deux experts nous accompagnent dans la découverte de leur métier.


TROIS INTERVENTIONS À NE PAS CONFONDRE


L'accord consiste régler et stabiliser la justesse de chaque note.

Le prix d'un accord se situe aux alentours de 100 euros, lorsqu'il s'agit d'un accord régulier, c'est-à-dire effectué une ou deux fois par an, en fonction de l'utilisation de l'instrument. La fréquence d'intervention dépend aussi d'autres paramètres comme la température et l'hygrométrie de la pièce où est entreposé le piano. « On nous appelle avant tout pour réaliser un accord. Mais on s'aperçoit souvent qu'il faudrait aussi régler le piano. Les clients retrouvent ainsi un piano complètement différent. Leur oreille et leur toucher s'étaient en effet progressivement habitués aux défauts de leur instrument », précise Fabien.


Le coût d'un réglage est évalué par un devis. Il est fonction du nombre d'heures passées au piano (compter environ 75 euros de l'heure). Le réglage est rarement fait dans la foulée de l'accord. Il prend une demi-journée, parfois la journée entière si l'harmonisation suit. Rappelons que pour harmoniser un piano, il est indispensable qu'il soit bien accordé.


Le réglage procure une sensation mécanique similaire de chaque touche.

Un réglage devrait être effectué en moyenne tous les cinq ou sept ans. Si l'on joue sept heures par jour, le délai est évidemment raccourci. Cela, un spécialiste s'en aperçoit très rapidement. Certains défauts comme des vibrations (parfois de simples grin- cements ou des « petits bruits »...) ne vous ont pas échappé? Une pédale qui vibre ou répond mal ? Vous vous dites que vous pourriez effectuer cette petite réparation par vousmême... « Toucher à la tringlerie des pédales, c'est à vos risques et périls ! affirme Fabien. Le moindre bruit ou frottement peut provenir de quatre ou cinq endroits différents. Le piano est une mécanique complexe qui met en jeu des pièces souvent difficiles d'accès, ce qui implique un démontage. Qui plus est, j'ai parfois constaté que les vibrations entendues provenaient d'ob-jets... dans la pièce ! »


Une reprise de réglage de l'instrument est effectuée dès la réception de l'instrument au magasin. Les usines fabriquent en flux tendu. La faiblesse des stocks implique que les mécaniques des pianos n'aient pas eu le temps de prendre leur place. Sauf chez quelques marques et sur des modèles haut de gamme, il est rare que l'on fasse jouer le piano pendant des heures dans une chambre sourde pour le roder. Il faut pourtant que l'instrument « mûrisse ». Peut-être l'avez-vous constaté vous-même : après deux ou trois ans, votre piano joué aura pris un nouveau volume sonore. Car les marteaux auront été tassés par leur frappe sur les cordes. Il sera alors temps de penser à l'harmonisation.


L'harmonisation permet d'obtenir la régularité de timbre et d'intensité des notes, puis une cohérence sur l'ensemble du clavier.

Elle n'est pas un luxe. Sur un piano neuf, le travail d'harmonisation est particulier. Livré en magasin, le piano est préparé avec ses premiers réglages et accords. Il sera optimisé dans l'acoustique du logement de son propriétaire. Attention: l'harmonisation est irréversible !


Les pianos d'occasion sont expertisés au magasin. S'il s'avère qu'ils ne peuvent être réparés, ils sont retournés à leur vendeur. Une check-list est préparée pour chaque piano entrant. Le nouvel acquéreur bénéficie alors d'une nouvelle garantie, chaque pièce défectueuse ayant été remplacée.

« Nous demandons au client s'il est satisfait de la sonorité de son piano. La plupart des gens sont surpris, parfois déçus ; ils ne retrouvent plus les qualités sonores de l'instrument qu'ils avaient installé chez eux. Nous leur expliquons ce qu'apporte une harmonisation », nous confie Fabien. Une déception qui peut provenir tout simplement de l'acoustique de la salle, parfois trop réverbérante ou, à l'inverse, trop mate. « On peut conseiller le déplacement de l'instrument, l'ajout d'un équipement ou le simple fait de retirer telle tenture ou moquette... L'harmonisation permet de corriger, dans une certaine mesure, certains défauts, comme de faire sonner davantage le piano ou bien d'en diminuer le volume. C'est pratique quand on a un piano à queue dans un espace trop restreint », ajoute Fabien.

L'harmonisation se décompose en plusieurs phases. La première est consacrée à un prépiquage des feutres des marteaux (en laine de mouton) sortis d'usine. « Ici, par exemple, il n'y a pas eu de piquage, les marteaux sont neufs.



Je vais créer des zones de piquage pour que le son s'épanouisse. On pique sur les côtés, cela provoque un effet de ressort quand le feutre frappe les cordes », nous dit Fabien. L'accroissement de leur élasticité va considérablement modifier la sonorité et la dynamique de l'instrument.


Par la suite, on travaille à l'égalité de chaque note et à l'égalisation cordes à cordes. « Une note peut avoir beaucoup plus d'harmoniques qu'une autre qui sera "éteinte". Il faut corriger et obtenir un rendu parfait sur chaque corde, nous apprend Fabien. Avec le piquoir ou pique-marteaux, généralement à trois aiguilles, on doit savoir jusqu'où il est possible d'aller.



C'est à ce stade que l'on apprécie l'expérience d'un technicien... Nous savons, par exemple, que les feutres ont évolué dans le temps, en volume et en densité. Dans les années 70, il y avait beaucoup plus de feutre sur les têtes de marteaux. Il fallait les piquer davantage. Par ailleurs, la forme de ceux-ci a changé. On constate aussi l'évolution des matériaux. Certaines marques emploient, pour d'autres pièces de la mécanique, du plastique et du carbone. Ce sont des matériaux que l'on ne travaille pas. »


Le fait de piquer les têtes des marteaux n'est pas anodin car on casse les fibres de la laine afin de ramollir les têtes. On ne pourra donc plus revenir en arrière. Pour Yuta, « chaque marque offre des possibilités différentes de piquage. On sait de toute façon si le piano a été joué ou pas. » Plusieurs techniques de piquage existent. Certaines se font de manière dynamique, avec de l'élan (c'est le cas de Yamaha, un facteur d'instrument qui recherche la projection du son), alors que d'autres, comme Kawai, piquent en pression. Ils gagnent ainsi en longueur de son.


Les techniciens rappellent que certains produits permettent de durcir artificiellement les têtes de marteaux. Cela est utilisé pour corriger des excès de piquage, mais aussi volontairement. Vladimir Horowitz faisait durcir considérablement les têtes de marteaux de son Steinway afin d'obtenir les dynamiques les plus extrêmes. Pour autant, les professionnels n'apprécient guère l'emploi de dessiccants, une sorte de colle, qui sont un pis-aller. Certains amateurs les emploient, mais sans technique, au risque de détruire leur jeu de marteaux.

Fabien explique, qu'à l'inverse, « plus un piano aura été harmonisé, plus il sera fragilisé. C'est la raison pour laquelle, certains pianos de concert bénéficient de plusieurs jeux de mécaniques dotées de marteaux différemment harmonisés qui sont dédiés à de grands pianistes du circuit international qui recherchent des jeux durcis ou assouplis au-delà de ce que l'on fait habituellement.»


Avant l'opération de piquage, Fabien Bourrellier place une cale sous les manches de marteaux d'une mécanique Steinway pour protéger les pivots. Les cales utilisées sont différentes en fonction des marques.






Il ponce les feutres avec des papiers aux grains différents, utilisant même des bandes pour travailler sur plusieurs marteaux à la fois, achevant ainsi le travail d'harmonisation.








CHRONOLOGIE DES OPÉRATIONS


Les interventions s'opèrent selon un ordre précis. On débute par l'accord, puis le réglage, avant de réaliser l'harmonisation. L'accord effectué, le réglage, précise Yuta, « débute par [ les pédales, puis le clavier, enfin l'ensemble de la mécanique et les cordes. Cet ordre est essentiel car tous les réglages sont liés entre eux. C'est la garantie que les positionnements sont parfaitement respectés. » Il faut notamment que la portée du châssis de clavier sur son plateau (piano à queue) soit parfaite. Les blocs latéraux ont un rôle essentiel car ils garantissent la planéité et le bon positionnement des marteaux à leur point de frappe sur les cordes. On joue sur quelques dixièmes de millimètre. Rien ne doit bouger. Et tout se règle à l'oreille.


Après le clavier, Yuta se concentre sur le défauchage, opération qui garantit des espaces très réguliers entre les marteaux lors de leur débattement. Il chauffe les manches des marteaux pour les dégauchir. Ils demeurent ainsi parfaitement dans l'axe.




Puis c'est au tour des cordes. En cas de changement de l'une d'entre elles, il faut qu'elle soit identique à celle que l'on remplace. Pourtant, on ne dispose pas toujours de toutes les cordes au bon diamètre. C'est le cas des cordes filées anciennes qu'il faut faire refaire.


Voici un travail de haute précision : coupe de la corde, positionnement sans abîmer l'étouffoir et enroulement sur la cheville. Dans le cas présent, il s'agit de cordes « à cheval » dont Yuta réalise ici l'enroulement. Il est indispensable que l'égalisation des cordes, notamment à leur point de croisement entre les registres grave et médium, soit parfaite. Cela se contrôle grâce à un petit outil en forme de crochet qui tire les cordes. Fabien a réalisé lui-même le sien.







Afin de réaliser les différents réglages, une vingtaine d'outils sont nécessaires, auxquels on ajoutera ceux destinés plus particulièrement à l'harmonisation.





Entretenir son instrument régulièrement est une nécessité (si cela ne se voit pas, cela s'entend !). Il est tout aussi essentiel de faire appel à des professionnels, qui conseilleront et mettront en œuvre leur savoir-faire, à l'image des techniciens de l'Atelier du Centre Chopin. Et ce, en lien étroit avec le pianiste. Le plaisir du toucher comme la restitution sonore ne font-ils pas appel à la subjectivité de chacun ?


Bernard Désormières et Stéphane Friédérich

Photos : S. F.


CENTRE CHOPIN

175, rue des Pyrénées, Parsi 20e

Tél. : 01 43 58 05 45

centre-chopin.com

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