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Pédagogie / Les conseils d'Alexandre Sorel / BEETHOVEN : SONATE N°1 OP.2 - 4e MVT
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BEETHOVEN : SONATE N°1 OP.2 - 4e MVT

Par Alexandre Sorel / Lundi 22 décembre 2014 / Pianiste Magazine N°90 - janvier-février 2015
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Ce troisième mouvement est construit comme un triptyque. La partie du début est « rageuse » et s'appuie sur des accords alternativement doux, puis très « virils » à la main droite. Ils sont habillés par des arpèges rapides à la main gauche. Ce premier volet comprend une seconde idée, comme dans une forme-sonate traditionnelle. Le second volet s'appuie sur un thème cantabile très doux et tendre, qui contraste fortement avec le début. Quant au troisième, suivant la forme-sonate, il reprend le premier thème puis le second, mais réexposé cette fois dans le ton principal du morceau (mes. 161, en fa mineur).

Commencez par réfléchir à cette forme générale. Assimilez thèmes et tons. Voyez sur la partition, visuellement, où chacun commence.


MES. 1-5



Thème « rageur » ! 

Commencez par délimiter les harmonies, et apprenez combien de temps dure chacune d'entre elles. C'est une « broderie » harmonique qui occupe la deuxième moitié du deuxième temps (nous sommes à 2 blanches et non pas à 4 noires !). Il ne faut donc pas l'alourdir, ce qui sera à notre avantage car cela doit nous éviter de crisper les muscles en voulant jouer trop fort. Le thème s'étend sur quatre temps. Si votre représentation est claire, passez à la réalisation au clavier.


Les bons gestes


Accords à la main droite. Pour jouer les accords à la main droite (de même que les arpèges à la main gauche qui sont rapides et difficiles), neutralisez tout geste de bas en haut du poignet. Maintenez votre poignet assez bas et la continuité d'une ligne horizontale entre votre avant-bras et le dos de votre main. Cela préserve la sensation des touches avec vos pulpes de doigts. Si vous relevez le poignet, vous risquez de perdre une grande partie de votre contact avec le clavier.

À chaque fois que vous devez aller chercher des touches noires, au lieu de lever le poignet, aidez-vous d'un petit mouvement de « tiroir », de « glissé » sur les touches en poussant les doigts vers le couvercle.


Notes du milieu et notes « modales ». Écoutez les notes centrales de ces accords et les petites lignes mélodiques (horizontales) qui sont « cachées » dans les enchaînements. Ne pensez pas des accords « plaqués » mais plusieurs lignes qui marchent côte à côte. Chantez cette petite ligne do-ré bémol-do jouée avec les doigts suivants : 3e, 4e, puis 3e doigt.


Écoutez notamment la « neuvième » ré bémol, qui est une note très expressive, le VIe degré de fa mineur et aussi le la bémol, qui correspond à sa tierce. De manière générale, ressentez profondément toutes les notes qui font la différence entre le mode majeur et le mineur, la tierce, (la bémol) et la sixte (ré bémol). La musique est un art qui concerne la pensée rationnelle, mais aussi l'affectivité. Or le mode, qui peut être majeur ou bien mineur, en est un aspect très important. C'est le 2e doigt qui dessine la petite ligne à chanter au milieu, la bémol-sol-la bémol. Ne laissez pas flancher votre 2e doigt. Tendez-le devant votre main, sentez le maximum de contact de la pulpe du doigt.


Nuances. Beethoven écrit alternativement des accords piano et des accords forte. Le contraste doit être patent. Obtenez la différence d'intensité par trois moyens : par la masse de poids que vous versez dans les touches, par la hauteur d'attaque, ensuite et par la résistance du doigt, enfin. Prenez les accords notés piano de tout près, en gardant le contact des touches avec les doigts. Pour jouer les accords forte, placez-vous au- dessus des notes, puis faites tomber la masse avec un peu plus de hauteur. Comme le souligne Henrich Neuhaus, dans L'art du Piano, trois éléments peuvent donnent le son : la masse, la hauteur et la vitesse d'attaque. Préférez la masse et la hauteur à la vitesse, qui risque de donner un son « dur ».


Indépendance entre les deux mains


Les accords de main droite doivent être détachés mais les arpèges de la main gauche seront exécutés le plus legato possible. Jouez ces arpèges non pas avec une quelconque articulation du doigt, mais par le transfert du poids du doigt d'une note à l'autre. Laissez votre coude à sa place naturelle, ne l'écartez pas, il doit suivre librement vos déplacements latéraux sur le clavier.

Voyez bien ce que fait la main droite. Elle doit couper lors des silences, entre les accords. En revanche, votre main gauche ne doit pas se décoller du tout du clavier pour exécuter les arpèges puisqu'ils sont legato, mais au contraire couler le poids sans s'interrompre. Sentez vraiment l'indépendance de sensations entre vos deux bras, elle est essentielle.

Pour obtenir le legato dans ces arpèges, notamment au moment du passage du pouce, ne relevez pas le poignet car cela vous ferait perdre beaucoup de contact avec le clavier.

Développez en particulier le contact de votre 2e doigt avec le clavier, lorsqu'il joue le ré bémol, (dernière croche, mes. 1). De même, lorsque ce 2e doigt joue do après le passage du pouce. Lorsque l'on désigne un objet, avec quel doigt le désigne-t-on? Le deuxième! Ne laissez pas plier votre 2e doigt.


Ne « collez » pas les basses. Notez la périodicité des basses. Elles apparaissent exactement en même temps que les accords (une basse sur chaque noire, répétée trois fois, puis deux triolets de croches sans basse). Pour faire sonner chacune d'entre elles (fa, fa, fa), balancez votre poids vers le 5e doigt grâce à un petit geste de rotation de l'avant-bras autour de son axe.


Plans sonores dans la durée. Mais voici enfin l'essentiel. Atténuez à la main gauche tout ce qui n'est pas les basses. Produisez bien deux plans sonores dans la durée : basses fortes, suivies de cinq croches de triolet, atténuées. Entre les basses, atténuez les notes en relaxant vos doigts. Enfin, ne tenez pas les basses plus longtemps qu'il ne faut : une croche de triolet seulement. Si vous tenez trop longtemps votre petit doigt, votre main s'écartera et se crispera. Ôtez vite vos basses !


Large ambitus sur le clavier. Dans ce mouvement de sonate, les mains s'écartent énormément l'une de l'autre. Nous n'en sommes encore qu'à l'Opus 2 mais Beethoven élargira de plus en plus l'ambitus de son écriture jusqu'à atteindre des extrêmes d'écartèlement dans ses dernières oeuvres (Opus n° 106, 110 et 111). Ce tiraillement est symbole de sa tension intérieure. Pour obtenir la puissance nécessaire, évitez de basculer votre buste vers l'avant, ne « piquez pas du nez ». Embrassez d'un seul regard le plus grand espace possible du clavier, sans avancer le buste. Le son provient de l'appui stable que vous ressentez sur le tabouret de piano par les fesses. Il passe par le dos, puis par les bras, les mains, mais il prend sa source dans l'assise sur le tabouret.


Ne pressez pas la fin de motif. Dans le motif fa-mi-fa, la terminaison intervient sur le premier temps de la mesure et immédiatement après, la descente en arpège commence à la main gauche. Si vous voulez avoir un jeu précis et sentir chaque note sous vos doigts, ne pressez pas la terminaison sur le temps fort. Par peur de la suite, nous précipitions souvent les terminaisons. N'en faites rien. Écoutez toujours spécialement vos terminaisons avant un tournant musical, un nouveau phrasé, un déplacement, etc.


Essayez au tempo tout de suite. N'espérez pas obtenir un résultat satisfaisant en ne travaillant indéfiniment que lentement, car les gestes de la main qui sont possibles dans un tempo lent ne le sont plus dans un tempo rapide. Essayez tout de suite d'atteindre le vrai tempo, même pour un petit fragment.

Par ailleurs, ne pas jouer trop lent permet aussi de faire chanter une phrase au piano. Alfred Brendel affirmait lors d'une conférence qu'il donna à la Cité de la Musique en 2012 : « Une déclamation distincte est aussi affaire de tempo et de rythme. » En effet, les sons au piano commencent à mourir dès qu'on les émet. Par conséquent, si l'on joue un peu plus vite, les sons ont moins le temps de disparaître.


MES. 15-19



Nous avons parlé à propos du 1er mouvement, du processus du « raccourci » dans l'oeuvre de Beethoven décrit par Brendel. Il apparaît à nouveau ici, à partir de la mesure 15. Le thème en accords « rageurs » s'étend tout d'abord sur quatre noires (p) avec sa réponse ff à l'aigu. Cela donne 8 noires. Puis Beethoven resserre le motif et le condense en ne reprenant que les 4 noires de réponse : les accords ff. Mesure 19, le motif se condense encore, se réduisant à 2 noires seulement. Quel est le sens musical exprimé ici par le compositeur ? Celui d'une rage qui s'exaspère, d'un condensé de [ révolte. Pensez-le et jouez-le ainsi.



MES. 26-33







La marche harmonique. Beethoven écrit ici une marche harmonique qui n'est pas si facile à jouer. Travaillez ce passage à part afin de ne pas piler net et vous tromper à chaque fois que vous l'abordez.


Mettez tout d'abord les bons doigtés.

Choisissez un doigté qui prépare la main à jouer la suite, fixez-le et n'en changez plus. C'est essentiel pour développer les réflexes.


Apprenez ensuite quelles sont les harmonies et combien de temps dure chacune d'entre elles. Ce matériau harmonique nous mène vers ut mineur, tonalité qui ne sera vraiment installée que mesure 34 avec l'arrivée du nouveau motif en octaves. Auparavant, donc, n'alourdissez rien, n'écrasez pas votre jeu car la musique est « en voyage » !


Faites sonner les basses en prenant de la hauteur. Pour obtenir l'aisance, ne « collez »pas les basses, ne les tenez pas plus longtemps qu'il le faut. Étudiez à part les quelques notes qui représentent les déplacements difficiles. Rien ne sert de rabâcher l'ensemble, isolez le « noeud gordien » de la difficulté. Dans n'importe quel passage, la plupart du temps, il y a deux ou trois notes réellement difficiles à jouer, à peine plus.


MES. 59-68



Ce deuxième grand thème est de caractère doux et tendre. Mettez-vous dans l'atmosphère et trouvez le bon tempo. Ne jouez ni trop vite, ce qui serait excité, ni trop lent, ce qui chanterait moins bien. Beethoven écrit à la main gauche un soupir sur la première noire de la mesure. Il est important de respecter ce silence qui donne une respiration empressée au beau thème legato de la main droite. Sur ce soupir, ôtez très précisément votre doigt ainsi que la pédale.


Mesures 63 et 64, Beethoven écrit un point de détaché sur la dernière noire. Ôtez également la pédale sous cette noire ! Enfin, respirez entre les éléments. Prenez bien votre temps entre chaque phrase, notamment en veillant à ne pas presser les derniers accords d'accompagnement à la main gauche, puis en coupant.



MES. 78-82


Lorsque vous voulez donner de l'expression, jouer « plus chaud » à la main droite, faites entendre cette intention aussi avec la main gauche. Mesure 79, la phrase se « réchauffe » vers la mesure 80, et a contrario se « refroidit » à nouveau, mesure 81. « Chauffez » aussi avec l'accompagnement par la main gauche. Il en est du piano comme de l'orchestre : il faut soutenir chaque nuance du soliste avec les parties des instruments qui accompagnent, les violoncelles, les alti, les bois... Réalisez tout ce travail d'équilibres et de pédalisation pour bien jouer ce thème.



MES. 169-172


Dans la reprise du même motif en fa mineur,lors de la réexposition, le relief du clavier rend l'exécution plus difficile, car il faut retomber sur les basses, bien que celles-ci soient des touches noires du clavier. Avant de retomber sur une touche haute, il faut d'autant plus prendre de la hauteur et donc soulever le bras !


Le legato à une main assure les déplacements à l'autre main. À la main gauche, le brasne pourra jamais bien sentir les déplacements[ [ s'il est complètement « dans le vide ». Plus vous jouez legato la main droite, plus votre gauche sera sûre, car elle pourra s'appuyer sur ce point de repère donné par l'autre main, lui permettant d'évaluer ses déplacements. Veillez donc à bien lier la dernière note de chaque triolet de la main droite (jouée par le pouce) avec la note suivante. Exemple : mes. 169, liez le la bémol avec le fa aigu (5e doigt). Faites de même pour tous ces triolets, cela vous aidera beaucoup à ne pas rater la basse.


Prenez le temps de jouer chaque fin de motif. Dès le 2e temps de la mesure 26, la ligne de basse est composée de trois petits éléments : fa-sol, puis mi-fa et si bécarre-do. Chacun comprend un temps de tension puis un temps de résolution. Comme nous le disait Pierre Sancan : « Un déplacement s'effectue toujours entre deux points : le départ et l'arrivée ! N'avalez jamais le départ par peur de tomber à côté, sinon votre bras ne peut évaluer l'espace entre les deux notes. »

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Photo de l'expert Pianiste Magazine : Alexandre Sorel
Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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