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Scarlatti

Par Alexandre Sorel / Lundi 2 mars 2015 / Pianiste Magazine N°91 - mars-avril 2015
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Dans tout ce morceau de Scarlatti qui est très rapide, leste et vif, il faut évidemment très bien connaître les notes.

Votre premier travail doit être d'examiner les voix. Demandez-vous : quel intervalle y a-t-il entre la note grave et la note aiguë ? Tierce, dixième, sixte ? Puis, examinez dans quelle direction vont ces notes. Marchent-elles en mouvement parallèle ? Contraire ? Réfléchir aux directions des notes constitue une aide importante pour apprendre un morceau.


MES. 1-2


Scarlatti écrit des points de détaché. Enlevez rapidement le doigt de la touche, aussitôt jouée. Nous avons dit à propos de l'exécution d'Œuvres de Mozart combien la légèreté du bras est essentielle à la technique. Il en est de même ici.


Exercez vos déplacements. Étudiez particulièrement dans ce morceau tous vos déplacements ultra-rapides du bras. Ils interviennent toutes les deux mesures.

Voici un exercice pratique. Jouez la fin de la mesure 2 avec sa dernière basse (sol très grave). Détachez-la et, placez-vous immédiatement sur les notes de la mesure suivante (sol, si, ré), mais sans les jouer. Placez-vous seulement de façon muette. Votre bras prendra ainsi l'habitude des déplacements ultra-rapides. Notre bras est lourd, mais cette musique est légère de caractère. Souvenez-vous de cela dans votre entraînement.


Jouez en mesure. Cela ne vient pas tout seul,mais à la suite d'un patient entraînement. Fixez-vous un premier tempo comme but à atteindre. Ce faisant, ne vous permettez jamais d'hésiter ou de bafouiller aux enchaînements. Si tel est le cas, jouez plus lentement. Exercez-vous jusqu'à ce que vos doigts et votre pensée arrivent à se placer sans hésiter sur les notes.


Agilité des doigts. Développer l'agilité des doigts, c'est d'abord développer leur indépendance. Pour cela : 1. conservez le dos de votre main dans la continuité de votre avant-bras ; 2. ne touchez pas le clavier avec les doigts qui ne doivent pas jouer. Relevez modérément et souplement les doigts inutilisés, afin de bien différencier les doigts qui jouent et ceux qui ne jouent pas. Cela n'est pas une question de muscles ou de force mais de concentration et de sensations, ce qui va d'ailleurs de pair avec une vision claire des notes. Lorsque vous serez en train de jouer, il ne sera plus nécessaire de relever les doigts. Mais cet exercice préliminaire vous aura aidé à développer leur indépendance (voyez Horowitz !).


MES. 9-14



Cette petite marche pourrait évoquer deux chevaux qui trottinent côte à côte. D'abord retenez bien le principe du doigté. La main droite joue les notes aiguës avec les 3e, 4e puis 5e doigt (ré, mi, fa#). Ancrez-les doigtés dans votre mémoire et ne les changez plus. À la main gauche, la partie aiguë est jouée par les 2e, 1er, 2e, 1er, 2e 1er doigts.


Quatre voix. Chacune des mains est donc séparée en deux voix distinctes : une voix aiguë et une voix grave. L'ensemble doit conduire un discret crescendo vers les aigus. Or nos mains sont inversées sur le clavier ! Elles sont disposées « en miroir » et c'est bien de là que provient la difficulté de ce passage. Il relève d'une difficulté de coordination. Réfléchissez aux directions. Étudiez lentement.


Phrasez. À la fin de la mesure 10 et au début de la mesure 12, le phrasé ne commence pas sur le temps, mais juste après (comme dans la musique de Bach). Pensez un petit départ sur le mi, dernière croche de la mesure 10, puis sur le mi deuxième croche de la mesure 12 ou encore sur le do# de la mesure 13. Sentez ces « volte-face » rapides de la musique. Il faut que votre cerveau comprenne le phrasé si vous voulez que vos doigts avancent !


Sans coller ni les basses ni les plus aiguës.Une condition de l'agilité de la main est de ne jamais « coller » les notes des parties extrêmes. Ni les basses à la main gauche, ni les notes les plus aiguës à la main droite. Ne vous laissez pas engluer dans ces notes, ni du point de vue de l'écoute (détachez-les à l'oreille) ni pour la sensation. Ramenez toujours vos 4e et 5e doigts. Pour avoir des doigts agiles, ne jouez jamais « pâteusement » les notes externes. Ramenez vos doigts vers l'intérieur de la main.


Dissonances. Notre oreille et nos doigts assimilent plus difficilement les intervalles dissonants, ceux qui heurtent notre oreille. Écoutez ici les deux dernières croches de la mesure 11. La quarte si-mi, de même que la quinte par mouvement direct qui lui succède, sol-ré. Habituez votre oreille et vos doigts à ces intervalles !


Deux modes. Un autre élément nous trouble dans ce passage. Scarlatti mélange les deux modes : celui de ré majeur (avec fa #) et de ré mineur (avec fa bécarre). Plus encore, il utilise à intervalle très rapproché plusieurs sortes de gammes, ce qui achève de déstabiliser notre oreille. Les gammes mélodiques descendantes (avec do bécarre et si bémol, mesure 12), puis la gamme harmonique (avec do# et si bémol, mesure 13). Il fait suivre aussitôt la gamme mélodique ascendante (avec do# et si bécarre, mesure 14). Ne vous y trompez pas, le problème ne vient pas des doigts, mais de l'oreille musicale qui est tiraillée et s'embrouille entre deux modes. Il n'y a rien de difficile pour les doigts eux-mêmes.


MES. 24-26



Afin que cette sonate sonne avec toute la virtuosité nécessaire, ce qui compte est l'égalité pour le temps. Rappelons que l'égalité pour le temps n'est pas du tout synonyme d'égalité pour le son. Aucun son ne doit être semblable à celui qui le suit ou celui qui précède. Nous avons souvent rappelé combien Dinu Lipatti attachait d'importance aux temps faibles. Mesure, 25, surveillez [ spécialement les notes suivantes : sol (deuxième pulsation, avec 3e doigt), et do# (troisième pulsation, avec le 3e doigt). Ce sont les temps faibles qui nous échappent en premier. Notez ces doigtés sur votre partition. Ne pressez pas ces notes et écoutez-les particulièrement.

MES. 36-43


Apprenez spécialement les modulations. Comme nous l'avons vu dans la Sonate en mi majeur K.380, pour apprendre les notes, il faut se concentrer spécialement sur les passages qui modulent. Répétez les enchaînements entre les mesures 36 et 43, qui partent du ton de ré et ramènent la tonalité principale de sol, (en passant par la mineur). Exercez-vous à placer vos mains ultra-rapidement, sur les notes sans les jouer. Appuyez-vous sur le temps fort à la main gauche, surtout quand il est surmonté d'un silence à la main droite. C'est la main gauche qui donne l'impulsion, qui « fait partir » le phrasé.

Après ce beau travail, goûtez maintenant votre récompense : rendez-vous sur YouTube et tapez : Horowitz, Scarlatti Sonatas E major and G major. Savourez !

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Photo de l'expert Pianiste Magazine : Alexandre Sorel
Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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