Espace Pédagogie

Les conseils d'Alexandre Sorel

26 juin 2015 | 17H58
CHOPIN : MAZURKA OP. 67 N° 4

Les conseils d'Alexandre Sorel

26 juin 2015 | 17H58
CHOPIN : MAZURKA OP. 63 N° 3

Les conseils d'Alexandre Sorel

26 juin 2015 | 17H58
BACH : FANTAISIE CHROMATIQUE BWV 903
Jeux concours
JEU-CONCOURS PHONON

JEU-CONCOURS PHONON

JOUEZ ET GAGNEZ : DEUX CASQUES PHONON SMB-02 D’UNE VALEUR UNITAIRE DE 360€ & ...
Tous les jeux-concours
Nos Partenaires

MUSÉE WÜRTH

Festival Piano au Musée Würth du 28 octobre au 6 novembre 2016.
Logo de notre partenaire MUSÉE WÜRTH

SALLE COLONNE

Pianiste enregistre ses DVD dans ce lieu unique de répétitions et de concerts à Paris.
Logo de notre partenaire SALLE COLONNE

COLIN LAURENT

Réalisation et captation de tout projet musical, en France et à l'étranger, pour DVD, web ou TV.
Logo de notre partenaire COLIN LAURENT
Compositeurs / Romantiques / SERGE RACHMANINOV

Portrait

SERGE RACHMANINOV

Par Marc Bosmans / Mercredi 22 avril 2015
Agrandir l'image :
© Lebrecht/Rue des Archives
Diminuer la taille des caractères de l'article : SERGE RACHMANINOV Augmenter la taille des caractères de l'article : SERGE RACHMANINOV Imprimer l'article : SERGE RACHMANINOV
Imprimer
Partager sur les réseaux sociaux l'article : SERGE RACHMANINOV
Partager
S'abonner au flux RSS de Pianiste Magazine Voter pour l'article : SERGE RACHMANINOV
Voter (1)

Une enfance idéalement... russe, mais une enfance vécue dans une Russie de pièces de Tchekhov. Une famille relativement aisée et bourgeoise, des domaines agricoles, une bonne culture musicale. Le jeune Sergueï a même un professeur de piano privé, élève d'Anton Rubinstein. Mais le père, Vassili Rachmaninov un homme trop charmant qui aime tendrement ses enfants, est volage et joueur. Les propriétés sont vendues les unes après les autres. La dernière sera celle d'Oneg, près de Novgorod, où Sergueï avait vu le jour. La famille s'installe plus modestement à Saint-Pétersbourg avant que les parents se séparent. Si la grand-mère maternelle n'avait pas été présente, l'éducation de Sergueï et de son frère aîné, Vladimir, aurait été problématique.

En effet, on avait rêvé pour Sergueï d'une carrière militaire. Faute d'argent, il fallut y renoncer. Il entre donc au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, où ses résultats sont bien médiocres. La famille décide de l'envoyer au Conservatoire de Moscou. Nikolaï Zverev (1832-1893), son professeur, loge ses élèves chez lui, les soumet à une discipline de fer et prend en charge leur formation culturelle, les présentant à des personnalités utiles. C'est ainsi que son jeune élève est présenté à Piotr Ilyitch Tchaïkovski (1840-1893). Rachmaninov restera quatre ans sous la férule de Zverev en compagnie d'un autre élève d'un an son aîné, Alexandre Scriabine (1872-1915). Après deux ans exclusivement réservés au piano, il poursuit sa formation théorique de compositeur auprès d'Anton Arenski (1861-1906) et de Sergueï Taneiev (1856-1915).

Rachmaninov va composer à partir de l'âge de 14 ans. Les premières oeuvres, relativement nombreuses, se situent dans la lignée des pièces de genre classiques de la musique russe, influencées par Chopin et Tchaïkovski. C'est une agréable production que l'on qualifierait de "musique de salon" si le terme n'était pas mal connoté. C'est pourtant de cela qu'il s'agit avec les quatre pièces de 1887 (Romance, Prélude, Mélodie et Gavotte), les trois Nocturnes de 1887-1888, la Valse et la Romance pour piano à six mains (1890-1891), puis la Rhapsodie russe pour deux pianos (1891) et surtout les Cinq Morceaux de Fantaisie op.3 (Élégie, Prélude, Mélodie, Polichinelle et Sérénade).

La deuxième pièce est le (trop) fameux Prélude en ut dièse mineur, dont la popularité finira par excéder le compositeur. Au cours de cette période, l'écriture évolue peu à peu de la pièce "mondaine" et charmante à un style qui, faute d'être encore très personnel, avantage bien le grand interprète qui écrit pour lui-même des pièces de plus en plus exigeantes techniquement. L'harmonie et la pâte sonore s'alourdissent, désormais surchargées de traits complexes qui empèsent le discours musical. Pour certains, c'est un défaut. Admettons qu'il s'agisse de la marque de fabrique de toute la musique postromantique, particulièrement en Russie ! C'est aussi l'époque de la composition du Premier Concerto pour piano en fa dièse mineur, auquel il confère symboliquement le numéro d'opus 1. L'oeuvre est ambitieuse, de dimensions plus restreintes que les deux concertos suivants. On la connaît aujourd'hui dans une version révisée de 1917, sensiblement différente de l'original. Dans tous les cas, l'exécution est extrêmement exigeante. Du point de vue stylistique, on retrouve quelques souvenirs tchaïkovskiens, dont le langoureux premier thème du premier mouvement, qui servit d'indicatif à l'émission de télévision "Apostrophes". Les traits personnels sont plus nombreux : passages à la virtuosité scintillante, recherches d'harmonies, de développements inattendus qui outrepassent le langage romantique académique en créant une sorte d'instabilité affective.



En quête de notoriété

Dans les années 1890, le jeune Rachmaninov ne s'est pas d'abord voulu pianiste, ni même compositeur d'oeuvres pianistiques. L'essentiel pour lui, à cette époque, c'est de se faire connaître. En Russie comme ailleurs, c'est par l'opéra que l'on accède à la renommée. Son diplôme de piano à peine obtenu, il compose son premier ouvrage lyrique, Aleko. Prix de composition et création au Bolchoï (il n'a que 20 ans). Un beau succès ! La mort de Tchaïkovski lui inspire le Trio Élégiaque pour piano, violon et violoncelle, excessivement pathétique et qui répond au Trio composé par Tchaïkovski à la mort de Nikolaï Rubinstein (1835-1881). Puis, il se lance dans la musique symphonique. Quelques pièces ont été perdues, suivies d'un essai symphonique et de deux poèmes symphoniques (Prince Rostislav et Le Rocher) et enfin d'une Symphonie complète (1895), dont la création est un cuisant échec.

Du point de vue pianistique et personnel, la période qui s'achève par une dépression n'a pas été entièrement négative. En effet La Première Suite pour deux pianos op.5, également intitulée "Fantaisie-Tableaux", dédiée à Tchaïkovski évoque en quatre mouvements quatre poètes : une Barcarolle pour Lermontov ; La Nuit... l'amour pour Byron ; Les Larmes pour Tioutchev ; Pâques pour Khomiakov. Autant de références au romantisme et à la Russie traditionnelle. On tient là une clé de l'univers intérieur du musicien. Comme leur titre ne l'indique pas, les Sept Morceaux de salon op.10 (1893-1894) sont beaucoup plus que de la musique de salon. Certes, il s'agit de pièces de genre mais réservées à des pianistes aguerris et qui conviennent mieux au concert. Comme les Duos à quatre mains op.11, ce sont plutôt des représentations virtuoses de la musique de salon. Enfin les Six Moments musicaux op.16 (1896) dominent la décennie. Le titre, emprunté à Schubert, peut surprendre car on n'y trouvera rien de la simplicité lyrique schubertienne. Rachmaninov s'éloigne de plus en plus des canons de la musique domestique, crée des climats sombres et lourds (n° 3, Andante cantabile en si mineur, n° 5, Adagio sostenuto en ré bémol majeur), déploie une virtuosité étourdissante (n° 4, Presto en mi bémol mineur) fait rugir le piano (n° 6, Maestoso en ut majeur). Ce recueil annonce les Préludes et les Études-Tableaux.


Sortir de la dépression

De 1889 à 1897, Rachmaninov vit chez ses cousins Satine. Ils représentent pour lui une seconde famille. Il est déjà amoureux de sa cousine germaine Natalia qu'il épousera en 1902. Engagé comme chef d'orchestre d'une compagnie lyrique privée, le jeune musicien se lie avec la basse Féodor Chaliapine. Son cousin, le pianiste Alexandre Siloti lui vient en aide et lui recommande un médecin hypnotiseur qui pourra guérir ses problèmes psychologiques. La cure réussit et lui inspire son oeuvre la plus célèbre, le Deuxième Concerto pour piano en ut mineur op.18. Dieu sait si la partition a suscité de critiques négatives ! C'est pourtant un modèle d'équilibre, de construction rigoureuse, un peu académique, certes, mais fondée sur un travail motivique très économique. La générosité mélodique, le brio, l'expressivité en font l'un des concertos les plus chéris du public et des pianistes. Le succès est garanti pour peu que l'on n'alanguisse pas l'interprétation comme c'est le cas dans les deux enregistrements que le compositeur a réalisés sous les baguettes de Leopold Stokowski et Eugene Ormandy.

Rachmaninov assure lui-même la création de l'oeuvre sous la direction de Siloti. Dans la foulée, il compose sa Deuxième Suite pour deux pianos op.17 (Introduction, Valse, Romance, Tarentelle). Que les titres ne nous trompent pas : il ne s'agit plus de la musique mondaine mais d'une suite d'inventions sur des genres mondains. La Valse et la Romance sont aux pièces de salon ce que les gavottes et bourrées de Bach étaient aux danses paysannes ! Quant aux Variations sur un thème de Chopin op.22, elles sont inégales. Peut-être le thème (le Prélude op.28 n°20 en ut mineur, Allegretto furioso de Chopin) était-il trop riche en lui-même et difficile à intégrer à l'univers harmonique de Rachmaninov ? Cela dit, les 22 pièces sont d'une grande diversité, et dénotent une extraordinaire imagination.

En 1904, le Théâtre Bolchoï l'engage comme chef d'orchestre. Il y reste deux saisons. Désormais considéré comme un interprète et un compositeur de premier plan, il ne limite pas son catalogue au piano. En témoignent sa Sonate pour violoncelle et piano op.19, la Cantate "Printemps", les opéras qu'il met en chantier : Le Chevalier avare (1903-1905), Francesca da Rimini (1900-1905), sans compter quelques oeuvres chorales et des mélodies.



Entre l'orchestre et le piano

Sa production pianistique s'enrichit d'un recueil de Dix Préludes op.23 (1905). La postérité en a surtout retenu deux (n° 2, Maestoso en si bémol majeur, et plus encore n° 5, Alla marcia en sol mineur, présenté dans ce numéro de Pianiste). Ce sont évidemment les plus démonstratifs : l'un par la virtuosité, l'autre par la puissance rythmique. Mais tout le cycle est de premier ordre. On y découvre un style nouveau, plus économe, moins emphatique, moins soumis aux derniers feux du romantisme. La virtuosité, toujours extrême, n'est jamais là pour faire de l'effet mais pour soutenir des compositions complexes. En outre, les atmosphères varient beaucoup d'un prélude à l'autre. L'énergie torrentielle du Prélude n° 2 contraste avec l'élégie du n° 4 et la formidable dynamique sonore du n° 7 avec l'intense lyrisme du n° 8. L'ordre des morceaux ne suit pas le cycle des quintes comme chez Bach mais procède à la fois par contraste de caractère et parfois par de subtiles proximités harmoniques.

En 1906, La famille Rachmaninov part s'installer à Dresde où "règne" Richard Strauss, son aîné de neuf ans, alors à la pointe de l'avant-garde avec ses opéras Salomé puis Elektra. Mais Rachmaninov ne sera jamais un "moderne" et ne s'intéresse guère à ses contemporains les plus "avancés" : Debussy, Ravel, Schoenberg, Stravinsky, Bartók...

Cette période saxonne sera marquée par des contacts plus étroits avec les milieux culturels mittel-européens et par la composition de deux oeuvres importantes, la Deuxième Symphonie op.27 et le poème symphonique L'Île des morts op.29, d'après le célèbre tableau de Böcklin, ainsi qu'un opéra inachevé, Monna Vanna d'après Maeterlinck. Influence straussienne ?

La production pianistique semble passer au second plan. La Première Sonate pour piano op.28 (1907) est généralement mal considérée, peu jouée et enregistrée. Elle n'est pas sans mérites pourtant et Rachmaninov a su ménager de nombreux passages exquis. Mais l'ensemble souffre d'une organisation défaillante. Rachmaninov trouvait sa sonate "interminable" et lui opposait la Sonate "funèbre" de Chopin, si riche en seulement vingt minutes.


Chefs-d'oeuvre de la maturité

Le séjour de Dresde aura été marqué par de nombreuses tournées un peu partout en Europe et notamment à Paris où les Russes sont traditionnellement bienvenus, à l'invitation de Diaghilev. Les Américains le réclament à présent pour une tournée de trois mois en prévision de laquelle il compose le Troisième Concerto en ré mineur op.30. Plus long que le précédent (près de 45 minutes), presque aussi célèbre, il est aussi plus rhapsodique, moins académique, plus virtuose. Comme dans le précédent, on y trouve des passages démonstratifs (un peu trop ?) comme la péroraison. Le premier mouvement comprend une immense cadence (dont il existe une version raccourcie), véritable solo de prestige. L'oeuvre sera créée à New York sous la direction de Walter Damrosch fin 1909, et reprise l'année suivante par Gustav Mahler, alors directeur du Philharmonique de New York. Succès public incontestable. Après cette épuisante tournée, Rachmaninov ne retourne pas à Dresde mais à Ivanovka, dans la propriété que sa belle-famille a laissée aux jeunes époux et à leurs filles Irina et Tatiana, à quelque six cents kilomètres au sud-est de Moscou. Ce nouveau contact avec la Russie paysanne et traditionnelle le renvoie à la culture de son enfance. Il compose la Liturgie de saint Jean Chrysostome (1910) et surtout une nouvelle série de Treize Préludes op.32.

Pourquoi treize ? En ajoutant le Prélude en ut dièse mineur (op.3 n°2) et les Dix Préludes op.23, il en manquait treize pour parvenir à 24, le nombre des tonalités majeures et mineures. Rachmaninov a composé dans toutes les tonalités manquantes. Mais cet exercice n'a rien d'artificiel. Depuis l'Opus 23, le style a évolué vers plus de concision. Tout un art mystérieux se révèle ici, plus délicat, moins athlétique et démonstratif. Quelques-uns de ces préludes ont particulièrement retenu l'attention des pianistes : le n° 5 en sol majeur, belle rêverie paradisiaque, le n° 10 en si mineur, grave et introverti mais parcouru de frémissements, le n° 12 en sol dièse mineur qui semble évoquer l'éveil de la nature au printemps.

Précisément, le recueil suivant, publié un an après l'Opus 32 s'intitulera Études-Tableaux (op. 33). Des études, ces pièces n'ont gardé que la difficulté technique, mais pas la spécialisation pédagogique sur un point particulier de technique. Le terme de "tableaux" évoque évidemment Moussorgski et nous rappelle que dans la tradition russe, toute musique est supposée évocatoire et représentative. Avec les Études-Tableaux (un second cahier op. 39 suivra en 1916-1917, pour un total de dix-sept morceaux), l'art de la composition pianistique de Rachmaninov atteint son point de perfection. Lui qui avait eu quelque tendance à la dilatation se resserre, apprend les joies de l'ellipse, nourrit son contrepoint sans renoncer aux beaux gestes pianistiques comme dans la superbe Étude op.33 n°8 où il semble commander à un énorme carillon. Sa fascination pour les cloches, auxquelles il consacre une sublime cantate en 1915 (Les Cloches op. 35) trouve ici son expression la plus éclatante. Sans renoncer non plus à la qualité mélodique ? Sauf que maintenant la mélodie s'élance et semble devenir infinie, comme dans l'Étude en mi bémol mineur (op.39 n°5).

Entre les Opus 33 et 39, la Sonate n°2 en ré mineur (1913) intéresse... et déçoit un peu. Elle vibre d'élans éperdus, de foucades désordonnées, mais bien qu'elle soit plus compacte que la Première Sonate, la matière semble éparpillée, rebelle à la forme. Peu satisfait, Rachmaninov la remaniera en 1931, puis Horowitz l'arrangera à son tour, en fera "sa chose" sans la rendre vraiment plus convaincante. Ses Vêpres, exactement contemporaines le sont bien davantage.



Le prix de l'exil

Bien qu'il ne fût en rien un révolutionnaire, Rachmaninov appelait de ses voeux des réformes en Russie. Très rapidement, il comprit que son existence allait devenir invivable. Laissant tout derrière lui, il effectua une brève tournée en Scandinavie, passa par Paris puis partit s'installer aux États-Unis où il arriva le 11 novembre 1918. Cet exil volontaire fut évidemment mal vu des autorités soviétiques, dont le jugement évolua cependant au gré des fluctuations politiques. En Amérique, il reconstruisit sa carrière d'instrumentiste virtuose, négligée pendant la période d'Ivanovka. Il prit contact avec un agent qui lui organisa ses premiers concerts américains et, dès 1919, après quelques disques publiés chez Edison, il signa un contrat d'exclusivité de vingt-cinq ans avec les disques Victor. Aucun autre pianiste de son temps n'a réuni un tel legs discographique (une douzaine d'heures d'enregistrements) qui témoigne d'un style châtié, tout comme l'homme, toujours aristocratique, sobre et peu disert, timide géant d'un mètre quatre-vingt-dix aux mains immenses.

Toutefois, la rançon de l'exil fut amère. Rachmaninov cessa de créer pendant dix ans. Loin de la Russie, totalement occupé par ses incessantes tournées (1 200 concerts en vingt-cinq ans !), son inspiration semble s'être asséchée. En 1926, il composa Trois Chants russes pour choeur et orchestre et, l'année suivante, le Quatrième Concerto pour piano en sol mineur op.40. Le public américain fut déçu. La partition, pour laquelle il reprit d'anciennes esquisses d'avant la Révolution, ne manque pourtant pas de beaux moments, mais ils semblent comme épars, sans l'unité d'inspiration des trois précédents. Ce concerto marque une évolution vers un style orchestral et harmonique plus "américain" qui peut parfois évoquer Gershwin, un confrère que Rachmaninov appréciait.

Il revint de plus en plus souvent en Europe, passa trois étés à Clairefontaine, près de Rambouillet. Il y composa les Variations sur un thème de Corelli op.42 (1931). En fait, le thème de La Follia n'est pas de Corelli mais une basse harmonique de lointaine origine portugaise, souvent utilisée à l'époque baroque. Plus "variable" que le Prélude de Chopin de l'Opus 22, le thème inspira au musicien un feu d'artifice imaginatif, puissant et concis, s'achevant en une carillonnante apothéose. Il aima la France et y conserva de nombreux amis dont les membres de la Société musicale russe, qui fonda sous son patronage le Conservatoire Rachmaninoff (sic) de Paris.



Dernières années de nostalgie

Plus tard, le musicien fit bâtir une superbe villa en Suisse, au bord du lac des Quatre-Cantons qu'il nomma "Senar" (pour SErgueï et NAtalia R). En 1934, il y composa les Variations sur un thème de Paganini op.43. Le thème du 24e Caprice de Paganini, déjà traité par Brahms et Liszt, proche de la Séquence Dies Irae du Requiem grégorien, se prête à un fécond travail de transformation. L'oeuvre est écrite avec du vif-argent et il ne faut pas la limiter à la 18e Variation, juste un peu trop sentimentale... mais si séduisante.

Rachmaninov est en tournée aux États-Unis lorsque la guerre éclate. Ne pouvant rentrer en Europe, il s'installe dans une nouvelle résidence à Beverly Hills, où il compose ses dernières oeuvres, la puissante et lyrique Troisième Symphonie ainsi que les Danses symphoniques pour orchestre, dont existe aussi une version pour deux pianos créée avec Vladimir Horowitz. Rachmaninov mourut quelques jours avant ses 70 ans, victime d'un cancer du poumon. Il avait toujours été un gros fumeur...




Rachmaninov en quelques dates

1873 Le 1er avril, naissance à Semionovo, près de Novgorod

1884 Entrée au Conservatoire de Moscou

1889-1891 1er Concerto pour piano

1892 Prélude en ut dièse mineur

1896 Moments musicaux

1897 Échec de la 1re Symphonie et dépression

1902 Succès du 2nd Concerto pour piano. Mariage avec sa cousine, Natalia Satina

1902-1903 Préludes op.23

1907 Composition de la 2nd Symphonie

1909 3e Concerto pour piano et première tournée aux États-Unis

1910 Préludes op.32

1911-1917 Études-tableaux op.33 et op.39

1917 23 décembre, départ définitif de Russie

1930 Installation en Suisse

1931 Révision de la 2nd Sonate

1934 Rhapsodie sur un thème de Paganini

1935 Installation définitive aux États-Unis

1940 Danses symphoniques, dernière oeuvre du compositeur

1943 Le 28 mars, décès à Beverly Hills, États-Unis

Abonnez-vous
à Pianiste
LES OFFRES DE PIANISTE
Retrouvez PIANISTE soit en Magazine ou sur Ipad ou sur Iphone

Abonnez-vous à Pianiste



Retrouvez tous les numéros de Pianiste ou abonnez-vous au magazine

Les DVD leçon de Piano

La boutique Pianiste


Retrouvez les DVD "leçons de Piano" par Pianiste et notre sélection de CD et DVD

 
  Retrouvez-nous sur smartphone et tablette
Déjà abonné ? Accédez à votre espace et gérez votre abonnement
Google Play App Store

Les sites du réseau Groupe Express-Roularta :

Copyright © 2011-2017 PIANISTE MAGAZINE | Nous contacter | Plan du site | Mentions légales | Charte de l'utilisateur | Publicité
Powered by Walabiz