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Actualités / Interprètes / NIMA SARKECHIK : BRAHMS EN 6 CONCERTS

En bref

NIMA SARKECHIK : BRAHMS EN 6 CONCERTS

Par Stéphane Friédérich / Vendredi 26 juin 2015
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© Géraldine Weiss
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En résidence au Triton, une salle de la banlieue parisienne dédiée aux musiques actuelles, le pianiste Nima Sarkechik s’est lancé un défi : l’enregistrement de l’œuvre de Brahms en six concerts et dans des conditions fort différentes des standards habituels du classique. Rencontre avec un musicien bien dans son temps. Lire la chronique.


Comment vous est venue cette idée d'une intégrale Brahms au Triton ?

L'idée du projet a été de faire vivre la musique classique dans un lieu populaire, le Triton. Ce club de jazz qui se trouve aux Lilas, en très proche banlieue de Paris, propose plus de deux cents manifestations annuelles. Les deux salles au caractère intimiste sont, a priori, éloignées de l'univers du classique. Le lieu et les publics ne semblent pas correspondre aux schémas traditionnels...


Qui plus est, le piano sur place est un quart-de-queue sur lequel il ne paraît pas évident d'enregistrer du Brahms... Le son de l'instrument et de l'acoustique est étrange, plus adapté au jazz et aux musiques alternatives. Pourtant, en jouant sur ce piano, je me suis dit la première fois que cela n'aurait pas effrayé le compositeur : après tout, Brahms a connu, dans son enfance, des « lieux de perdition » et joué sur tous les instruments imaginables de son temps. Loin de moi l'envie de restituer une quelconque authenticité qui n'aurait correspondu à rien. Au Triton, mon propos n'est pas de cet ordre. Ce que je voulais, en enregistrant des œuvres de Brahms en concert, c'était jouer cette musique dans un lieu populaire, avec tout ce que cela implique.


En termes de choix d'instrument, d'acoustique, de prise de son...

Évidemment. J'aurais très bien pu louer un piano de concert, demander à un accordeur de le régler en conséquence, puis suggérer des aménagements acoustiques pour que la prise de son corresponde au « standard » habituel du classique. Mais de quel « standard » parle-ton ? Autant aller dans un studio et le projet aurait tourné court. Or, le Triton, et le piano qui fait partie des murs si je puis dire, révèlent un grain sonore particulier. C'est donc à l'interprète de s'adapter. J'ai eu envie de tenter l'expérience, de chercher à jouer avec l'atmosphère, l'ambiance, l'énergie de ce « tout ». C'est une remise en question pour un pianiste classique dont les habitudes sonores sont « paramétrées » depuis ses études au conservatoire.


Quelles contraintes techniques avez-vous rencontrées lors du premier récital ?

Je ne m'attendais pas à ce que le piano sonne aussi bien. L'instrument n'avait pas été préparé dans les détails ­ comment aurait-il pu l'être car il est joué presque tous les jours ? ­ et j'ai donc adapté mon jeu. Je savais qu'il ne fallait pas que je joue trop fort parce que le piano est petit et que sa dynamique est restreinte comparativement à un grand queue de concert. Durant la répétition, j'ai tout contrôlé et, évidemment, lors du concert... j'ai tout lâché ! J'ai décidé de faire entièrement confiance à l'ingénieur du son, Philippe Petit, qui a fait un travail remarquable. Il y a eu quelques inévitables raccords du fait d'une seule prise de son, mais on peut vraiment parler d'un live total.


Le choix de Brahms étonne. Chopin n'aurait-il pas été plus accessible à un public visiblement peu habitué au répertoire classique ?

La notion de complexité en regard d'un répertoire me paraît toute relative. Au Triton, la programmation des musiques dites actuelles et contemporaines est souvent particulièrement ardue. On peut même parler dans certains cas d'expérimentation sonore. Il suffit de regarder le nom des artistes de jazz invités qui produisent des musiques extrêmement élaborées. Lequel des deux univers vous paraît le plus élitiste ? Je ne suis pas certain que ce soit celui du classique. Le public habitué aux musiques considérées comme populaires possède lui aussi des codes qui ne sont pas nécessairement intelligibles par les mélomanes « classiques ». Ce projet est aussi une découverte réciproque. En clair, je fais la démarche de jouer Brahms dans les conditions qui me sont données et, en échange, un public nouveau écoute cette musique.


Comment avez-vous ressenti le contact avec le public lors des premiers concerts ?

J'ai ressenti une relation sincère, puissante et surprenante. C'est comme si l'œuvre de Brahms résonnait avec une intensité particulière aux oreilles d'un public très divers, à la fois curieux et intrigué que l'on joue cette musique, « chez lui ». Les gens ont donc entendu en premier, les Variations Paganini et la Troisième Sonate. Deux œuvres qui ne sont pas réputées « faciles »...


Quels sont vos liens avec l'oeuvre de Brahms ?

J'ai découvert l'œuvre de Brahms au Conservatoire de Paris. J'avoue que le premier contact n'a pas été très concluant. Je trouvais sa musique compliquée, je n'en discernais pas les contours. En 2007, le Musée d'Orsay a programmé des cycles consacrés à Brahms et Fauré. On m'a alors demandé d'interpréter les Variations Paganini ainsi que les Valses de Brahms. J'ai eu une véritable révélation pour cette musique que je n'avais que très peu jouée. On m'a suggéré par la suite d'en préparer l'intégrale. L'idée un peu farfelue a fait son chemin. Et, finalement, l'esprit d'une intégrale correspond assez bien à la mentalité de Brahms. Son œuvre est conçue comme une succession de blocs qui composent un parcours monumental qui traverse une grande partie du XIXe siècle.

Dans un premier temps, j'ai proposé au Triton d'enregistrer un disque sous leur label. Le directeur du lieu, Jean-Pierre Vivante, m'a répondu qu'une intégrale serait une bien meilleure idée...


Comment voyez-vous la suite de l'intégrale, lorsque vous aborderez, par exemple, les dernières pièces de Brahms ?

Je tiens à préciser que cette intégrale n'est pas réalisée dans l'ordre chronologique. Les pièces sont regroupées selon une cohérence musicale expressive. Mais, puisque vous abordez la question des derniers opus, si intimistes, je pourrais vous répondre qu'il est plus indiqué de les jouer devant deux cents personnes que dans une salle de 2 000 places. Le caractère spécifique de ces partitions fait que l'on peut oser des pianissimos extraordinaires. Mais, ce que je ne vous ai pas encore dit, c'est que chaque album comporte une pièce de musique contemporaine.


S'agit-il de commandes spécifiques ?

En effet, j'ai demandé à divers compositeurs d'écrire une pièce d'environ cinq minutes qui soit un hommage, dans leur propre langage musical, à l'œuvre de Brahms. Jean-Rémy Guédon est ainsi au programme du premier disque et Andy Emler, du second. Dans le morceau du premier, Africa Brahms, je tape sur le piano, je tape du pied, je produis des sons avec ma voix. La pièce est d'une grande complexité rythmique et m'a demandé plus de temps de travail que les Variations Paganini ! Matthieu Stefanelli et Arnaud Desvignes sont programmés pour les disques suivants, puis ce sera au tour d'un compositeur de musique iranienne, Payam Afkhâmi, qui a retranscrit pour le piano une partition destinée au santur [instrument de musique iranien de la famille des cithares sur table, ndlr]. Il y aura aussi une œuvre de musique Klezmer par Yom Klezmer.


De quelle manière la musique iranienne a influencé votre parcours d'interprète du répertoire classique occidental ?

Avec le recul, je prends conscience de l'influence de la musique de mes origines ­ mon père jouait de la musique iranienne traditionnelle ­ dans mon parcours. L'agogique des phrasés, la manière d'ornementer, de percevoir le premier temps d'une mesure, tout cela provient de ma culture familiale. J'interprète aujourd'hui comme si je devais aussi improviser et, par conséquent, maîtriser tous les aspects de l'écriture et du chant pour me libérer.


Ce projet Brahms s'inscrit dans une démarche pédagogique avec la Philharmonie de Paris. Quels sont les liens pédagogiques que vous imaginez ?

Les liens sont multiples. De quelle manière la musique de Brahms peut-elle s'ouvrir à d'autres expressions artistiques, comme les arts urbains ? Comment peut-on générer de nouveaux projets dans des lieux atypiques qui n'appartiennent pas à l'univers du classique? J'ai un projet de travail avec un danseur hip-hop, et j'ai déjà collaboré avec un graffeur, un photographe. Comment aborder aussi l'improvisation dans le domaine du classique ? Qui n'a jamais craint d'improviser ? Et pourtant...

Liszt et Rachmaninov étaient, diton, des improvisateurs de génie. Les projets entre le Triton et la Philharmonie sont une promesse d'échanges et de liens avec les institutions les plus variées, qu'il s'agisse d'associations, d'écoles de musique, de classes à horaire aménagé, de zones d'éducation prioritaire, etc.


Quels sont vos projets personnels ?

A l'occasion de la sortie de l'intégrale Brahms en coffret, nous organiserons une « Nuit blanche », le 1er octobre 2016 au cours de laquelle je jouerai toute l'œuvre pour piano à la Philharmonie. Sept heures de musique d'affilée ! Quelques mois plus tard, je repartirai pour un an et demi en Argentine, sur les traces de Manuel de Falla qui y a vécu les sept dernières années de sa vie. Là-bas, j'ai trouvé une chaleur humaine surprenante.

Jouer sur le piano du compositeur pour les habitants du village d'Alta Gracia est, je vous l'assure, une expérience inoubliable. C'est une manière pour moi de me débarrasser aussi des apparats du classique, des formatages de mon éducation musicale. Je ne renie pourtant rien de l'image de la musique classique. Je veux simplement donner un sens à ma vie d'interprète en inventant mon propre univers artistique.

Propos recueillis par Stéphane Friédérich


NIMA SARKECHIK EN CONCERT

> Du 3 et 7 juillet, festival Piano en Trièves, La Grange du Percy (Isère)
> 23 juillet, festival Radio France
Montpellier Languedoc-Roussillon (Hérault)
> 24 juillet, festival Les Rencontres Brel, Saint-Pierre-de-Chartreuse (Isère)
> 18 et 19 septembre (session 3) et 15 et 16 janvier 2016 (session 4), prochains enregistrements Brahms au Triton, Les Lilas (Seine-Saint-Denis)

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