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BACH : FANTAISIE CHROMATIQUE BWV 903

Par Alexandre Sorel / Vendredi 26 juin 2015 / Pianiste Magazine N°93 - Juillet-août 2015
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La Fantaisie chromatique BWV 903 préfigure ce que seront la liberté des formes à venir et l'usage du chromatisme, qui donneront naissance à l'œuvre de Wagner, par exemple. Il faut déclamer cette Fantaisie avec une certaine liberté de tempo et il est rare dans l'œuvre de Bach que nous puissions nous permettre cette licence.


Cette œuvre présente une grande difficulté d'égalité pour les doigts, mais nous verrons ce que veut dire exactement ce mot. Quant à la partie centrale, elle requiert un grand art de la déclamation musicale.


MES. 1-6


Gamme mélodique. Dans ce tout premier élément, Bach utilise une tournure typique de son langage. Il emploie deux formes de la gamme mineure : la gamme mineure mélodique ascendante1 et la gamme mineure descendante2. Il écrit ici un si bécarre et un do # en montant et, aussitôt, do bécarre et un si bémol en descendant. À chaque fois que vous aurez un passage de doigts rapide ­ et avant même d'aborder le travail physique des doigts ­ demandez-vous quelle est la gamme que Bach utilise. La représentation auditive et mentale des notes que nous avons à jouer est essentielle.


L'agilité des doigts vient de la courbe sonore. Avoir des doigts qui vont vite, cela ne veut rien dire. Ce qui est important est de doser le poids sous chaque doigt, afin de faire entendre à l'auditeur une courbe sonore harmonieuse et parfaitement dosée pour chaque note de la phrase. C'est cela que l'on appelle la maîtrise technique d'une pièce comme celle-ci.


Dans ce premier petit motif, répétez autant de fois que nécessaire la montée, afin de doser l'accroissement du son, en commençant par le ré le plus grave (joué par la main gauche) jusqu'au ré le plus aigu, joué par le 5e doigt de la main droite. Soupesez le poids que vous mettez dans chaque note, sous chaque doigt. Imaginez comment vous voulez que sonne la courbe de phrase, puis tentez de réaliser ce que votre oreille a conçu. Le passage d'une main à l'autre ne doit absolument pas s'entendre. Portez une attention particulière à vos deux pouces. Les pouces, du fait de leur position spéciale dans la main (ils jouent sur le côté du doigt et non pas sur la pulpe, comme les autres doigts) ont souvent tendance à avoir trop de son (à générer des chocs) ou au contraire à créer des « trous » dans le son, des creux ou des bosses. Contrôlez le son de vos pouces, et vous ferez des progrès d'agilité.


MES. 3-6

Élan sonore. De manière générale, lorsque la musique s'élance vers l'aigu, jouez un peu plus fort : « chauffez » le son. Au contraire, lorsque vous descendez vers le grave, diminuez en relâchant votre tension et le poids. Cela s'obtient par la relaxation du doigt au niveau du métacarpe.


Une main ramassée. Pour obtenir des doigts agiles, souples et rapides, veillez tout du long de cette Fantaisie à ne jamais « coller » les notes jouées par les doigts externes de la main, à savoir les notes les plus graves et les plus aiguës de la musique. En effet, une main écartée se fatigue vite. Pour jouer vite, ramassez votre main. Donc, ôtez rapidement les notes extrêmes. Pensez un point de détaché sur chaque 2e double croche du groupe de deux à la main droite (fa, sol, la, si...). Ne négligez pas pour autant les notes des parties internes de la musique, celles qui sont jouées par les pouces. Écoutez séparément vos parties d'alto et de ténor. Sentez chaque touche sous le doigt. Si un défaut apparaît dans l'écoute des parties internes, le contrôle du toucher nous échappe.


MES. 7-12

Diminuez vers le registre grave. Jouez ce passage en pensant à un vaste diminuendo progressif jusqu'au point le plus piano, sur le sol de basse, mes. 12. Lorsque l'on descend vers le registre grave du clavier, il faut plutôt diminuer. En effet, l'oreille devient moins sélective vers les graves et se trouve plus vite saturée que dans les aigus. Identifiez le point le plus grave de cette descente et amenez-le en diminuant progressivement. Toute interprétation demande à être construite. L'interprète doit savoir à l'avance les nuances qu'il désire, d'où il vient et où il se dirige. L'intensité du son ne doit jamais être abandonnée au hasard.

MES. 17-20


Demandez à vos doigts ! Si vous désirez développer l'habileté de vos doigts pour jouer des passages très rapides comme celui-ci, réfléchissez toujours à la manière dont vous voulez les nuancer. C'est en « demandant » des choses précises à vos doigts, notamment en imaginant le dessin de la courbe sonore avec ses méandres, ses montagnes et ses vallées, que votre cerveau pourra leur envoyer l'impulsion nerveuse nécessaire.

Souvenez-vous qu'il n'y a pas d'agilité de doigts sans amour de la courbe musicale ! Comment nuancer ici ? Chaque petit phrasé redémarre sur la 2e double croche. Groupez par trois notes montantes : (« ré-mi-fa », puis «si bécarre-do-ré » puis ; 6 notes depuis le sol# ! C'est le changement du nombre de notes dans chaque phrase qui est déroutant... Puis diminuez ces petites vagues en allant jusqu'à la note la plus grave, le la de la mesure 18.

Pour diminuer, il faut alléger le poids et relaxer les doigts. Seule une véritable relaxation des doigts, dénuée de toute entrave musculaire et de crispation inutile, leur permet d'être agiles et rapides. Conclusion : en diminuant vers le grave, vous récupérez de la souplesse et vous rendez possible l'agilité de vos doigts.


Détachez rapidement les notes les plus aiguës ! Ici encore, évitez de coller les notes extrêmes. Détachez aussi vite que possible le si (5e doigt) puis le fa (3e doigt), le ré, etc. (mes. 17). Ôtez ces notes sans tarder. Si vous les gardez trop longtemps, votre main demeure écartée et cela risque de vous crisper.


MES. 21-22


Gammes très rapides en triples croches. Pour exécuter ce feu d'artifice sonore :

1. Commencez piano. Dans le cas contraire, étant donné que vous devrez augmenter, vous risquez d'aboutir à la crispation. Économisez votre énergie !

2. Faites entendre les notes les plus aiguës comme des éclats de lumière. Atténuez les notes en dessous, ne jouez plus fort ni avant elles ni après elles.

3. Dessinez ces ondulations sonores, mais diminuez l'ensemble en descendant vers le registre grave. Cherchez à faire entendre deux sortes de nuances. Des petites (des « vaguelettes sonores ») et un grand mouvement d'ensemble qui diminue.

4. Ne « collez pas » les notes aiguës. Ôtez le doigt rapidement et laissez votre main se ramasser.


RÉCITATIF. Il est malaisé de décrire par des mots comment interpréter ce récitatif de la Fantaisie. Chantez en vous-même chaque phrase, puis avec vos doigts.

Cherchez à faire sentir à l'auditeur le pouvoir de chaque dissonance, la force des frottements et des tensions entre les notes, qui sont comme autant d'expression d'une tension ou d'une douleur.

Écoutez les grands interprètes comme Alfred Brendel, Edwin Fischer ou, plus récemment, Claire-Marie Le Guay.

Ensuite, trouvez votre propre chemin, tout en respectant le texte de Bach.

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Alexandre Sorel
Passionné par la pédagogie, professeur au Conservatoire de Gennevilliers, j’ai créé une collection intitulée « Comment jouer » (Ed. Symétrie). J’enregistre aujourd’hui le CD joint à Pianiste, choisis et commente les œuvres proposées. Je cherche sans cesse à jouer avec plus de sûreté – en quête de justice rendue à l’œuvre –, de beauté et d’émotion. Amoureux du génie de Chopin, je demeure convaincu, à l’instar de sa pensée, que « technique » et art de la déclamation musicale vont de pair. C’est pourquoi je ne cesse de m’interroger sur la technique et la musique elle-même, de mettre en pratique cette belle phrase de Schumann : « On n’a jamais fini d’apprendre. »...
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