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Actualités / Interprètes / FRANCOIS-FREDERIC GUY : MORDU DE BEETHOVEN

FRANCOIS-FREDERIC GUY : MORDU DE BEETHOVEN

Par Roxane Bouhier et Aénor Gillet de Thorey / Jeudi 23 juillet 2015
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François-Frédéric Guy © Frédéric Benjamin de Diesbach
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Le 24 juillet, François-Frédéric Guy dirige du clavier les Concertos n°2, 3 et 4 de Beethoven. La veille, Pianiste le rencontre dans sa loge.

Pourquoi le« Beethoven Project» ?
Tout d’abord, Beethoven est mon compagnon de route depuis 15-20 ans. Tout a commencé en 2006 lorsque j’ai rencontré Philippe Jordan. Nous avons donné un concert à la salle Pleyel avec l’Orchestre Philarmonique de Radio France. On s’est très bien entendu, alors on a décidé d’enregistrer les Concertospuis on a donné une intégrale en 2009-2010 à la Salle Pleyel, toujours avec la même équipe. Et de mon côté, j’avançais sur le projet de l’intégrale des sonates en concertEn 2008, déjà, j’avais eu l’opportunité, grâce au festival de Monte Carlo et à son directeur, Marc Monnet, de donner une intégrale des 32 Sonates sur un temps très resserré: en une huitaine de jours, j’ai donné neuf concerts, comme un festival autour des 32 Sonates. Deux parties du Beethoven Project étaient donc bien en route. Et en 2010, je suis devenu résident à l’Arsenal de Metz. A cette occasion, j’ai effectué une autre intégrale, à savoir neuf concerts sur un an et demi. C’était une intégrale publique et qui a été enregistrée chez Zig Zag Territoire. A l’heure d’aujourd’hui, j’ai fait huit intégrales de 32 Sonates, peut être autant des 5 Concertos. Et puis s’est greffé le troisième acte du projet, autour de la musique de chambre, avec mes amis Tedi Papavrami au violon et Xavier Phillips au violoncelle.

Daniel Barenboim a également dirigé du piano les cinq Concertos de Beethoven. Vous êtes-vous inspiré de lui ?
C’est un tel géant que c’est difficile de dire qu’on s’en inspire. Mais j’ai souvent regardé les films de l’intégrale qu’il a enregistrée en 2007 lors du festival Klavier Ruhr à Bochum (Allemagne), où il dirige du clavier. Evidemment, c’est un modèle absolu. Je citerai aussi un autre pianiste : Christian Zacharias. Il compte énormément pour moi et il fait ce genre d’exercice depuis des années, avec un style beethovenien absolument exceptionnel.

Vous avez été dirigé par Philippe Jordan. Est-ce que vous préférez diriger plutôt qu’être dirigé ?
J’ai toujours été passionné de direction d’orchestre. J’ai failli être chef d’orchestre dans les années 1990. J’avais même eu une recommandation de Leon Fleisher pour aller étudier avec Ozawa à Tanglewood (Etats-Unis). Et puis finalement cela ne s’est pas fait, je suis devenu pianiste. Mais c’est resté dans un coin de ma tête. De plus, certaines œuvres du répertoire symphonique me sont encore plus chères que celles du répertoire pianistique. Mes compositeurs préférés sont Mahler, Strauss, Bruckner, Wagner...Ils ont si peu composé pour le piano ! Pas de chance. Or un jour, le directeur artistique de l’Orchestre Philarmonique de Liège, Jean-Pierre Rousseau à l’époque, m’a fait confiance, le premier, pour diriger les cinq Concertos depuis le piano. C’est comme cela que l’aventure a commencé.

Est-ce que l’expérience peut fonctionner avec n’importe quel orchestre ? Par exemple, ave le Sinfonia Varsovia (orchestre avec lequel il joue le 24 juillet, ndlr), vous êtes confiant ?
Cela marche d’autant mieux avec le Sinfonia Varsovia : cet orchestre est rompu à l’exercice de jouer sans chef, ce qu’ils ont fait pendant longtemps - un peu comme l’ensemble les Dissonances, en France, dirigé par David Grimal au violon.

L’orchestre a-t-il répété tout seul avant de vous retrouver?

Ils ont dû faire des répétitions par pupitre, mais ils disposent de suffisamment de répétitions ensemble. Dès la première j’ai su que cela irait très bien. Simplement, il y a une chose que j’ai trouvée amusante : un “pianiste-chef” arrête beaucoup, pour montrer que lui aussi peut être chef. Alors que finalement, il faut prendre un peu de distance avec cela et leur laisser un peu d’autonomie, une fois qu’on a précisé la conception. D’où l’intérêt de diriger du piano : il n’y a pas deux conceptions, celle du chef et celle du pianiste. D’ailleurs, quand on joue avec un chef, on a rarement plus d’une heure de répétition avant la générale et le concert. C’est très peu. Pour ces concerts, on a répété avant-hier avec un planning de chef d’orchestre : c’est-à-dire qu’on les travaille comme des Symphonies. On va au fond des choses, on reprend, on a le temps de voir les détails.

Vous sentez-vous plus libre lorsque vous dirigez vous-même ?
Oui et il se crée un phénomène très intéressant : on dédramatise beaucoup la partie de soliste parce ce qu’il y a tellement à penser et à anticiper, que le piano devient presque un instrument parmi d’autres.

N’avez-vous jamais l’impression de perdre en qualité pianistique lorsque vous dirigez du clavier ?
C’est vraiment ce qu’il faut contrôler. La difficulté purement physique, est que le geste du chef d’orchestre va vers le haut alors que le geste pianistique va vers le bas. Ce sont deux choses totalement antinomiques. C’est difficile de passer de l’un à l’autre sans perdre le contrôle du piano. Là aussi, l’orchestre est si rompu à cet exercice que je ne dirige pas tout le temps. Je m’occupe d’eux surtout pendant les tutti. Il faut se rendre compte aussi du fait que chacun des musiciens de l’orchestre sont des solistes à part entière. On retrouve donc une âme de chambriste. A la fin des fins, c’est comme une super musique de chambre amplifiée, comme l’a conçue Beethoven. D’ailleurs, quand les Concertos ont été écrits, il n’y avait pas de chef.C’est, par conséquent, un retour à l’original. Il n’y avait qu’un Konzertmeister, très efficace, qui faisait le relais entre Beethoven au piano et l’orchestre. Ce retour aux sources est assez sain.

Trois concertos en une soirée, cela doit être éreintant. Y a-t-il des préparations physiques particulières ?C’est vrai que j’ai des courbatures dans les bras : jouer les Concertos est fatiguant, mais ce qui est difficile finalement c’est de relever les bras. Le chef d’orchestre est un peu l’homme moderne par rapport à l’homme de Neandertal qu’est le pianiste, qui d’un coup s’est relevé et est devenu chef d’orchestre. Et le moment où on se relève, cela fait très mal (rires). Ce sont des courbatures, rien de plus. Mais il est certain qu’il faut être en forme physiquement, car c’est un défi. Le premier concert est fait de trois Concertos car il y a le « petit » deuxième. Certes le concert est long, mais c’est acceptable. Il ne faut pas surcharger le public, qui n’a pas l’habitude. Les gens sont très contents, car c’est spectaculaire de voir trois Concertos, mais c’est aussi fatiguant et puis il y a un phénomène de répétition. Mais Beethoven est tellement riche, tellement varié, que la lassitude n’existe pas. Et puis on voit l’évolution, qui va jusqu’à l’Empereur, avec beaucoup plus de musiciens sur scène, beaucoup plus de longueur et de développements.

Après Beethoven, n’avez vous pas envie de diriger les Concertos de Brahms depuis le clavier ?...
Les Concertos de Prokofiev ou Rachmaninov sont des Concertos « de pianiste » : on a beaucoup plus à faire, on ne peut pas en plus diriger. Par contre, pour Brahms, cela ne me paraîtrait pas totalement infondé, même si l’orchestre est beaucoup plus grand. Avec un orchestre comme le Sinfonia Varsovia, je suis sûr qu’on pourrait diriger du piano les Brahms sans aucun problème. On y gagnerait énormément, surtout sur le 2ème Concerto, pour lequel je suis certain que je tenterai l’expérience. J’ai même entendu dire que le pianiste Hongrois Zoltan Kocsis dirigeait le 1er Concerto de Bartok du piano, celui qui est si difficile à mettre en place avec le chef. Il place les percussions juste à côté de lui (les timbales ont une partie quasiment de soliste) et il dit que c’est la meilleure manière de jouer le Concerto. Autre exemple, le Concerto de Schumann, pour lequel c’est certainement faisable. Piotr Anderszewski par exemple, le dirige du piano. Christian Zimmerman l’a enregistré du piano également. Bien sûr, il faut un orchestre qu’on connaît bien, avec lequel on a joué depuis 15 ans et qui soit rompu à ce genre d’exercice. Il n’y a donc pas de limite aux Concertos de Beethoven. Tout dépend du contexte, de l’habilité de l’orchestre à jouer de manière autonome.

Avez-vous l’intention de retourner à la musique contemporaine après le Beethoven Project ?
Je suis toujours un défendeur de la création. Je suis très proche du courant de musique spectrale, avec Hugues Dufourt et Tristan Murail. J’ai fait la création à Séoul en 2013 du Concerto pour piano de Tristan Murail, le Désenchantement du monde, qui avait été créé auparavant par Pierre Laurent Aimard.On s’est très bien entendu, et du coup... il a décidé de m’écrire un Concerto, qui devrait être créé en 2020.Mais d’ici là il y aura un autre Concerto, de Hugues Dufourt.Il m’avait déjà écrit une longue pièce de piano en 2006 pour le Festival d’Automne. Son Concerto sera créé au festival de Monaco du Printemps des Arts en 2019. D’ici là il y aura peut être d’autres créations officielles : en juin dernier j’ai fait la création privée d’une pièce de Hugues Dufourt pour piano seul,Rheine Spannung. La création officielle devrait avoir lieu dans le courant de la saison 2016-17.

Nima Sarkechik jouera le même jour que vous au festival de Radio France, est-ce que vous êtes heureux de voir votre élève ici ?
Cela me fait très plaisir, je suis très fier de lui. Il a un parcours magnifique, très atypique, il suit sa propre voie. Il a un énorme projet Brahms, dont j’ai lu une critique magnifique dans votre revue. Evidemment ça me fait très plaisir car on a beaucoup travaillé Brahms ensemble. C’est mon compositeur fétiche après Beethoven, je pense que je lui ai transmis quelques informations, qu’il a lui même intégrées à son propre vécu. C’est un pianiste formidable. Il a surtout un très grand instinct musical et une ouverture d’esprit sans pareille. Je l’ai eu en élève il y a une quinzaine d’années, quand j’étais professeur auConservatoire de Paris, et j’ai tout de suite vu qu’il était différent des autres, même si les autres étaient très bons aussi. Alors à nous de les accompagner pour que le talent éclose.



Propos recueillis par Roxane Bouhier et Aénor Gillet de Thorey
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