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Actualités / Interprètes / NIMA SARKECHIK OU LA COMMUNICATION MUSICALE

NIMA SARKECHIK OU LA COMMUNICATION MUSICALE

Par Aénor Gillet de Thorey et Roxane Bouhier / Lundi 27 juillet 2015
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Nima Sarkechik © Georges Guégan
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Pianiste a rencontré Nima Sarkechik lors de son concert au Festival de Radio France à Montpellier. L’occasion pour lui d’évoquer le Festival bien sûr, mais aussi ses projets et sa vision de l’avenir de la musique classique.

Que représente pour vous le fait de jouer dans ce festival ?

C'est un honneur et un bonheur ! Rien que les conditions, les gens, tout ce qui est mis à la disposition des artistes, la qualité des instruments, et j'en passe... Toute cette organisation est merveilleuse. J'ai surtout l'impression que c'est une grande fête. Les concerts sont gratuits, en tout cas pour ceux de 18h, donc le public se déplace et il est heureux d'être là. Je le ressens au niveau des retours et de la communication qui s'opèrent dans la salle. Il y a une certaine forme de silence, d'écoute, un silence qui vit...c'est très appréciable et inspirant. Cette année la chaleur était particulièrement écrasante ! Entre la scène climatisée où il fait bien frais et les rues de Montpellier, les écarts de température deviennent usants. Ces conditions pas évidentes à gérer est peut être l'aspect qui m'a posé le plus de problèmes. Attaquer la 1ere sonate de Brahms avec cette fatigue de circonstance était un challenge de taille !


Vous avez un rapport assez particulier avec le public, on le perçoit notamment à travers votre projet au Triton (il enregistre l'intégrale de Brahms dans une salle de la banlieue parisienne).

Si ça ne tenait qu'à moi, aux concerts j'aimerais bien discuter, parler avec les gens et pouvoir raconter ce que je vais faire, comment je me sens. Mais la dimension solennelle du concert me plaît aussi. Si l'occasion m'est donnée de revenir ici je pense essayer le contact verbal avec le public, avec ou sans retransmission.


Vous étiez d'ailleurs un des seuls musiciens à annoncer votre bis. Or c'est plutôt agréable car bien souvent les trois-quarts de la salle ne connaissent pas le nom du morceau joué...

Je pense que si les artistes n'annoncent pas leur bis c'est surtout parce qu'ils n'osent pas briser un certain recueillement, surtout dans une grande salle. Lors des concerts il y a tout un protocole. Le fait qu'il y ait des micros, 800 personnes dans la salle, impressionne. On n'ose donc pas forcément briser ce moment un peu exceptionnel, cette distance socio-culturelle qui s'opère entre la scène et le public. Personnellement, je m'efforce de la briser à ma manière. Le public en est souvent content d'ailleurs.


Parlons du public justement. Trouvez-vous que l'âge du public est préoccupant pour l'avenir de la musique classique ? Il n'y avait vraiment pas beaucoup de jeunes dans les salles.

Je ne dirais pas " inquiétant ", parce que les générations futures vont vieillir elles aussi donc devraient aller aux concerts, sur l'hypothèse de ce lien de cause à effet. Mais qui peut le dire ? C'est difficile d'anticiper parce que l'accès à la culture est inégal, il n'est pas donné à tout le monde, on s'en rend tous bien compte. Avec ce projet au Triton, justement, on s'ouvre aux départements du 93 et on prend conscience que tout le monde n'a pas le même accès à la culture classique. Le monde musical classique a ses propres codes, et véhicule une certaine forme d'élitisme, parfois à son insu. De plus, la personnalité des musiciens est parfois difficile à saisir. En réalité, Il y a beaucoup d'éléments qui viennent compliquer les choses. C'est difficile d'en vouloir aux musiciens qui ne communiquent pas avec des mots. Monter sur scène et assurer une heure et demi de programme demande de la concentration ! Je dirais qu'on vit dans notre bulle lorsqu'on travaille beaucoup, en continu. Donc forcément, quand on arrive sur scène on est encore dans cette bulle. Le rapport à l'humain, la communication qu'on peut avoir avec le public ne coule pas forcément de source. Néanmoins, le piano est un instrument particulier qui, par sa présence sur scène avant l'entrée du pianiste donne le sentiment que le silence qui précède les premières notes sont déjà de lui. Un recueillement contextuel, qui impacte l'écoute avec magie. Certaines personnes viennent précisément y chercher cette atmosphère. On peut penser qu'avec l'âge on appréhende cette dynamique avec plus de naturel, parce qu'une vie bien remplie chargée de mille agitations nous invite peut-être, une fois derrière nous, à se poser, prendre du recul par rapport à tout ça.

Cette typologie a également une dimension sociologique. On pourrait probablement vérifier que les gens aujourd'hui présents dans le public n'auraient pas été là dans leur jeune temps. Néanmoins, parmi la jeune génération beaucoup aiment la musique classique et s'en cachent, pervertis par les préjugés dont souffre malheureusement le monde musical classique, fort des clivages socioculturels qui s'y sont opérés avec le temps. Avec cette intégrale Brahms, on brise les codes : travailler avec les arts urbains, " ré-ancrer " la musique classique dans une culture de notre temps. Dans une semaine je joue à Ceyzérieu au Festival " Art'Zé'Bouilles " spécialisé dans les musiques actuelles, dans un endroit totalement perdu dans l'Ain. Ils ont eu envie de s'ouvrir à la musique classique. Avec mon frère, poly-instrumentiste virtuose des samplers et autres machines, on va faire du Brahms électro !


Mais au Triton, est-ce que ça marche ? Le public est plus jeune qu'ici ?

Le public au Triton est surtout différent. Par conséquent, il touche à d'autres mondes sociaux. Ce qui compte c'est que ce public est, de façon beaucoup plus évidente, en contact avec la réalité de la société actuelle, dont la jeunesse. Le public du Triton a l'habitude d'écouter de la musique expérimentale, un peu folle, voire complètement inaccessible. La dimension un peu psychédélique de l'improvisation, de l'expérimentation musicale et artistique ne fait pas appel aux mêmes codes et aux mêmes protocoles culturels. Ça rajeunit le débat parce qu'il devient totalement actuel. Dans ces lieux, l'absence de code est la seule chose à respecter. On y trouve donc tous les âges, toutes les sphères sociétales qui ont l'habitude d'écouter autre chose. Ainsi, le fait qu'il y ait de la musique classique qui vienne à eux, validant implicitement l'endroit avec le niveau d'exigence qu'ils ont pu imaginer être celui de la musique classique, dans leur fief culturel, fascine et valorise. Et par voie de conséquence, ce nouveau public se fidélise. On a même dû doubler les concerts parce qu'il y avait de plus en plus de monde !


Vous enregistrez l'intégrale pour piano seul de Brahms. Pourtant, lors de votre concert au Festival, vous n'avez joué qu'une seule sonate de Brahms, la n°1. Pourquoi ne pas avoir joué uniquement du Brahms ? Pourquoi avoir joué Beethoven et Dussek ?

En réalité on m'a demandé de jouer la sonate " Les Adieux " de Dussek et une sonate de Beethoven pour créer le lien avec le concert du soir qui suivait : le 1er volet de l'intégrale des concerti de Beethoven jouée par François-Frédéric Guy et le Sinfonia Varsovia. François-Frédéric Guy est mon ancien professeur et nous avons une relation très particulière. J'imagine que la programmation du Festival voulait mettre en avant ce lien de filiation qui existe entre nous, une filiation bien réelle, puissante et merveilleuse à bien des égards.


C'est donc impressionnant pour vous de jouer dans le même festival que lui ?

En réalité c'est surtout le fait de jouer juste avant lui qui est impressionnant. De plus, la sonate des " Adieux " de Beethoven était d'autant plus importante pour moi que c'était une des premières sonates que j'ai travaillée avec Christian Bernard, mon professeur du Conservatoire de Grenoble. Un de mes maîtres à penser les plus influents...Son décès relativement récent a donné à toutes ses annotations restées sur ma partition une saveur particulièrement émouvante.


Vous partez en Argentine sur les traces de Manuel De Falla, est-ce que c'est dans le but de réaliser plus tard une intégrale de ce compositeur ?

Absolument. Je pars à Cordoba, en octobre 2016, à la sortie du coffret Brahms. A côté de cette ville, dans la province de Cordoba il y a Alta Gracia, ville dans laquelle Manuel De Falla a vécu les sept dernières années de sa vie. Il y a deux ans j'y suis allé alors que j'étais en tournée en Argentine. J'ai eu l'occasion de jouer sur son piano. Tout le village s'était réuni, 30 personnes serrées dans le salon de Manuel De Falla. J'y jouais un piano droit extraordinaire et l'émotion était intense. Mon intégrale Brahms est particulière notamment parce qu'elle a également un son populaire. Un Yamaha S4, piano de club de jazz qui n'a pas eu l'habitude de faire vivre de la musique classique " dans son corps ". D'où toute la magie de la démarche, qui garde une dimension Brahmsienne, Brahms lui-même ayant pas mal joué dans les tavernes sur des pianos qui n'étaient pas de la qualité des pianos de concert.


Où en êtes-vous dans l'enregistrement de votre intégrale Brahms?

Le troisième disque sur les six qui doivent paraître sera enregistré en deux concerts les 18 et 19 septembre. Leur sortie se base sur le principe des poupées russes : un disque sort le jour où j'enregistre le disque suivant. Le second disque sortira donc le 18 septembre prochain. J'ai même tourné un clip avec un graffeur qui va être mis en ligne pour le premier disque ! On a placé un piano à coté d'un mur sur lequel il graffe pendant que je joue des morceaux. Pour le deuxième disque j'ai fait un autre clip, tourné à Gallieni (station de métro à Paris, ndlr.) ! On a mis dans la rue un piano décoré et on a tourné une histoire. En bref, je me fais " dealer " mon album par un jeune de banlieue... Je " shoote " un peu dans la fourmilière, sans que ce soit forcément le but. Mais j'explore et découvre toutes les possibilités artistiques que recèle la musique classique, et j'adore ça !



Propos recueillis par Aénor Gillet de Thorey et Roxane Bouhier


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