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Actualités / Concerts / BERTRAND CHAMAYOU AU TCE : RAVEL ENTRE LES LIGNES

BERTRAND CHAMAYOU AU TCE : RAVEL ENTRE LES LIGNES

Par Camille Arcache / Mercredi 20 janvier 2016
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Ce 19 janvier, au Théâtre des Champs-Elysées, ce n'est ni plus ni moins que l'intégrale de l'œuvre pour piano de Ravel que nous a offert Bertrand Chamayou. Une épopée pour le pianiste, une leçon d’humilité pour le public.

Rares sont les pianistes qui font salle comble au Théâtre des Champs-Élysées. Betrand Chamayou en fait partie. Tout de même… trois heures de musique ! L’ennui est généralement l’ennemi de ces évènements. Mais il n’a eu aucune occasion de s’installer insidieusement. Une soirée résumée en un mot : passionnante.


Passionnante ne veut pas dire parfaite. Bertrand Chamayou a son style ; à l’inverse d’un Samson François qui révèle l’angoisse et le mystère des œuvres de Ravel en transgressant l’écriture, le pianiste cultive son interprétation en restant au sein d’une partition d’une extraordinaire précision. « Ma musique ne s’interprète pas, elle se joue ». La pureté et la simplicité de son jeu – comme celui d’un Perlemuter - semble répondre au mot célèbre, probablement excessif, que l’on attribue au compositeur.



Bertrand Chamayou© Marco Borggreve


À la suite de son enregistrement de l’intégrale Ravel (Erato), à laquelle on pourrait reprocher une expression trop homogène, ce récital bénéficiait d’un jeu incontestablement plus vivant. Outre l’extrême précision technique qu’il maintient d’un bout à l’autre du concert, il révèle du texte sensibilité, fantaisie, et… démence. Une main droite, brillante et timbrée, énonce sans pudeur la mélodie, toujours aussi émouvante de la Pavane pour une infante défunte.

Après À la manière de… Chabrier, la Sérénade Grotesque, viennent ses Miroirs. Avec un jeu retenu mais sans pâleur, le pianiste reste à la frontière entre la clarté d’une musique description et une vision expressionniste. Il est vrai que « la sensibilité de Ravel ne veut être ici que le « miroir » des choses, mais n’interdit pas d’exprimer l’âme qui semble vivre derrière les apparences »* : les inflexions jazz du pianiste dans l’Alborada del gracioso laissent penser que la pièce est un moment génial d’improvisation, nous rappelant par la même occasion que Ravel fréquentait les club de jazz…




Bertrand Chamayou©Marco Borggreve


Cette alchimie de rigueur et de fantaisie, commune à Ravel et au pianiste, est confirmée dans la deuxième partie du récital, couronnée d’un époustouflant Gaspard de la nuit. Du rythme frénétique de Scarbo émergent folie et panique. Sans jamais se complaire dans sa maitrise technique de cette pièce redoutable, il exprime la personnalité de ce gnome diabolique, sorti des vers d’Aloysius Bertrand. «Mais bientôt son corps bleuissait, diaphane comme la cire d’une bougie, son visage blêmissait comme la cire d’un lumignon, — et soudain il s’éteignait.” Silence… Et applaudissements.


Après le succès de ce deuxième volet, le troisième promet l’apothéose. Bertrand Chamayou poursuit son ascension sans montrer un signe de faiblesse, réalisant une véritable prouesse musicale. Dans Les Valses Nobles,les progressions chromatiques nous révèlent un son voluptueux. Puis, après le Menuet sur le nom de Haydn et Prélude, Le Tombeau de Couperin vient clore ce récital. En beauté! Les tableaux de cette « suite pour piano » se succèdent, vifs, rayonnants, épris de clarté, de rigueur et d’équilibre. N’ayant rien de funèbre, ce Tombeau de Couperin était l’expression la plus pertinente de cette alliance « de rigueur et d’hédonisme » qui caractérise le jeu du pianiste.



Bertrand Chamayou ©Marco Borggreve


La salle est debout, les rappels n’en finissent plus. Peinant à parler après cette épopée ravélienne, Bertrand Chamayou remercie chaleureusement Jeanine Roze, qui le soutient dans sa carrière depuis ses débuts sur la scène du théâtre. Pour elle, il joue Kaddisch.


Ce que nous retiendrons de ce récital, outre la prouesse technique, c’est un jeu d’une grande intelligence, qui ne cherche pas l’effet au-delà de l’écriture, mais au contraire, joue entre les lignes et en déploie le génie.


* L. Anguettant, La musique de piano des origines à Ravel, Albin Michel, Paris, 1954.


C.A.

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