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Actualités / Évènements / UNE JOURNÉE PIANO AU FESTIVAL DE L’ÉPAU

UNE JOURNÉE PIANO AU FESTIVAL DE L’ÉPAU

Par Jany Campello / Lundi 29 mai 2017
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Abbaye de l'Epau © SDP
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Retour sur deux moments pianistiques du Festival de l’Epau, à l’heure où s’achève sa 35 ème édition.


Les Manceaux ont de la chance et ils le savent. Ils étaient nombreux, ce 19 mai, bravant la pluie drue, à fouler les allées de l’Hôtel du Département, au Mans, puis celles de l’Abbaye cistercienne de l’Epau, pour la musique. Cela témoigne de l’ancrage de ce festival dans le paysage musical sarthois et au-delà, de sa notoriété qui loin de s’user continue à s’affirmer, proposant une programmation vivante, variée mais cohérente, ouverte à tous les goûts classiques (voire un peu moins pour les « after »). Un festival qui a son rythme: des mâtines aux complies, les lieux ont vibré aux sons des archets, du clavier, des voix; premier concert à midi trente, la dernière flambée musicale s’achevant vers minuit.

Le vendredi 19 mai, deux pianistes invités y ont donné le meilleur de leur art dans leurs répertoires favoris: Marc Laforêt, le midi, avec la complicité de Jean-Yves Clément en récitant (auteur et lui aussi musicien), et Nelson Freire, le soir.


A l’heure où la plupart s’attablent, les voûtes de la salle Caillaux ont abrité les mazurkas de Chopin. Le programme intitulé « Les voyages de Frédéric Chopin » s’est ouvert tel un album: Jean-Yves Clément en narrateur connaisseur et passionné, en a tourné les pages d’une façon naturelle et sobre, laissant humblement la poésie et l’émotion à la musique. Comme l’on commente des photographies, l’une après l’autre, faisant ressurgir des souvenirs choisis, des évènements marquants, il a éclairé ces mazurkas, dont le corpus constitue le fil rouge de la vie du compositeur: à la lumière de son récit, celles-ci nous ont livré, sous l’habit pudique de la danse, les plus intimes sentiments de Chopin, ceux qui l’ont habité depuis son enfance en Pologne, jusqu’à son ultime souffle. Marc Laforêt, même s’il joue devant ses partitions, en connait les contours et méandres sur le bout des doigts. Tout pianiste sait combien l’art du rubato est délicat, particulièrement dans ces pièces au rythme si caractéristique. Lui, le manie avec équilibre et goût, ne faisant jamais basculer la mesure. Dans l’ambiance intimiste du lieu, il donne de ces mazurkas une interprétation loin de toute affectation outrancière et dépourvue de sophistication maniériste autant que d’obsession esthétique. Il en restitue les élans et les silences, la légèreté et la joie, la douleur et le vague à l’âme, la nostalgie, la vigueur rustique ou les interrogations, avec noblesse et poésie. Sous le son plein et le jeu engagé, transparaît la confidence, l’effluve du souvenir, le parfum de la terre perdue à jamais. L’étrangeté poignante du tout dernier opus clôt le voyage, ponctué par un surprenant coup de tonnerre émergé du silence, grave et sourd: concours du ciel ou hasard bouleversant?…


Autres cieux que l’accueillante voûte en berceau du dortoir des moines de l’abbaye, à l’acoustique parfaite. Sous le vaste plein cintre, et devant le piano, un modeste pianiste s’installe: c’est Nelson Freire! Auparavant l’orage a mis le ciel en désordre, ôtant toute lumière, déversant des seaux de pluie. Obligé sans doute par une telle présence, le calme revient: un pâle rayon de soleil vient éclairer l’intérieur d’une lueur ambrée. Bach. Les transcriptions. Choc immédiat devant la beauté du son et du chant. Des sons qui font silence. Nelson Freire soulève toujours la même énigme: comment fait-il pour ainsi les poser, avec une douceur infinie, au point que l’on douterait de l’existence des marteaux? Le Prélude en sol mineur BWV 535 transcrit par Siloti, puis le Choral BWV 639 « Ich ruf zu Dir, Herr Jesu Christ », transcrit par Busoni avancent leurs chants profonds et chaleureux, sur des basses rondes et pleines. Sentiment d’immense paix. Comme si le musicien tenait à ce préalable en prélude à son magnifique programme. Tandis que la pénombre gagne, la lumière jaillit du choral « Komm Gott Schöpfer, heiliger Geist » (transcription de Busoni) jubilatoire, avec, entre cloches somptueuses et trompettes, son chant continu. Enfin, le dernier choral, le plus célèbre, transcrit par Hess, « Jésus que ma joie demeure » (en français dans le programme!), offre des plans bien équilibrés, et cultivant l’intériorité, se replie sur lui-même dans une nuance atténuée à l’extrême. Dans la Fantaisie opus 17 de Schumann, Nelson Freire montre une expressivité naturelle, ardente, mais qui ne force rien, dans de sublimes gradations de nuances, entre tendres accents et le bronze des accords. Rien d’appuyé dans le dernier mouvement lent, mais de longs phrasés d’une beauté inouïe, d’un legato parfait. Il l’achève dans une ferveur émouvante, soutenant l’intensité dans le ralenti final.


Intermède de tendresse tout en délicatesse, avec la musique de Villa-Lobos, qu’il a bien sûr dans le sang et dans le coeur. Bach en écho dans le « Prelùdio da Bachiana Brasileira » puis trois pièces de « La Prole do Bebê » alternant innocence et virtuosité virevoltante. La Sonate n° 3 opus 58 de Chopin vient ensuite, dans la grandeur et la sobriété, sans monumentalité, humaine. Nelson Freire nous livre toute la profondeur de son jeu généreux, parlant mezza voce dans le largo, privilégiant la force intérieure dans le finale, presto ma non tanto. Comment ne pas se sentir dans une tour d’ivoire, non pas celle d’un fameux manoir de Charente, mais celle de ce berceau renversé entre ciel et terre, protecteur, portés hauts par la musique de cet immense artiste, à l’abri des querelles du monde? Enfin,en bis, la simplicité et le dépouillement de deux Intermezzi de Brahms, opus 117 n° 2 et opus 118 n° 2…et, en aparté, une confidence sous les étoiles: bientôt un enregistrement Brahms qui comptera ces derniers opus: 117, 118, 119. On s’en réjouit déjà !


Jany Campello

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