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Actualités / Évènements / UN WEEK-END AU FESTIVAL DE NOHANT

UN WEEK-END AU FESTIVAL DE NOHANT

Par JANY CAMPELLO / Lundi 19 juin 2017
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Domaine de George Sand à Nohant © Jany Campello
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51 ans! Un bel âge pour le Nohant Festival Chopin, qui à l’orée d’un nouveau demi-siècle d’existence resplendit plus que jamais de vitalité. Et chez George Sand, aucun thème ne saurait être plus opportun que « Romantismes en liberté » choisi pour cette édition qui propose pas moins de trente rendez-vous dont vingt concerts.


L'illustre domaine prisé des touristes amoureux de littérature et de musique, et des mélomanes fans de Chopin, abrite dans sa bergerie une programmation des plus alléchantes avec à l’affiche des personnalités et des artistes du plus haut niveau, et des concerts entre audace et tradition. La manifestation, présidée par le pianiste Yves Henry, est orchestrée par Jean-Yves Clément, co-auteur avisé et inspiré de la programmation, judicieusement concoctée et articulée avec des causeries-rencontres qu’il anime dans un esprit de convivialité et de bonne humeur apprécié du public.



SAMEDI 10 JUIN : au coeur du hameau, sous un soleil radieux, on pénètre dans la cour fermée d’un haut mur, entre le corps de ferme dit « atelier de Delacroix », et la bergerie. Elle est quasi déserte: la causerie d’après-midi a commencé. Dans la bergerie se sont rassemblés tous les visiteurs, il ne reste que deux chaises vacantes! Cela fait au demeurant 400 personnes, qui sont venues écouter le philosophe écrivain féru de musique Michel Onfray exposer sa vision du romantisme. Des passionnés qui n’hésitent pas à rebondir et soumettre leurs réflexions. Un moment d‘échanges qu’il faut à regret interrompre pour préparer le concert du soir.


20h30. Le concert va commencer. la grande silhouette noire d’Elisso Virsaladze regagne le piano. La lourde porte extérieure est laissée entrouverte, laissant un grand rai de lumière fendre la scène, et les suaves effluves des tilleuls séculaires envahir l’atmosphère. En prélude la pianiste propose un rafraichissement avec la Sonate en si bémol majeur, K333 de Mozart: dans la tenue et la rigueur, elle laisse s ‘épanouir le chant admirablement conduit, sur une basse en discret soutien. L’aigu du clavier est clair et expressif, une leçon de phrasé dans la longue broderie de l’andante qui nous fait oublier quelques notes égarées. Suit Chopin, avec un bouquet de ses dernières pièces. La Polonaise opus 61 malgré la vocalité omniprésente, des médiums bien timbrés et une remarquable indépendance des lignes, sonne avec rudesse, dans une forme d’austérité qui en réduit l’ampleur. La Berceuse opus 57 est séduisante d’égalité et de légèreté, rêveuse, aérienne, faite de voiles d’organza et d’hypnotiques brises. La Barcarolle opus 60 est moins heureuse. La pianiste dont on se souvient des interprétations légendaires semble souffrir ici d’une « baisse de régime » et ne parvient pas à s’approprier l’atmosphère de l’oeuvre et ses richesses harmoniques, en dépit d’une ligne mélodique toujours sobre et élégante. La deuxième partie glisse de Schumann à Liszt avec les Fantasiestücke opus 12, Widmung, et la Rhapsodie espagnole de Liszt rarement donnée au concert. Elisso Virsaladze libère son jeu jusqu’ici retenu et donne tout ce qu’elle est. Elle retrouve une belle énergie dans un opus12 contrasté, volubile, jouant des ruptures et instabilités schumanniennes. Widmung chante avec ardeur. La virtuosité est sans faille dans la Rhapsodie de Liszt, sous ses doigts restés véloces. Elle donne en bis au public qui l’honore de chaleureux applaudissements une Mazurka (la mineur) et une fougueuse Valse de Chopin (la bémol majeur).



DIMANCHE 11 JUIN : C’est Alexandre Kantorow, le pianiste âgé de 20 ans seulement dont tout le monde parle, qui donne le concert du matin, dans le cadre des « tremplins-découvertes ». Les bruits courent vite et la bergerie ne désemplit pas. On leur donnera raison. Déjà, le programme ne manque pas d’audace ni d’originalité, associant Bartok, Brahms et Liszt…et évitant Chopin! Le lien entre l’Allegro Barbaro de Bartok, la Sonate n° 2 opus 2 de Brahms et sa première Rhapsodie opus 79, la Rhapsodie opus 1 de Bartok et la onzième Rhapsodie Hongroise de Liszt ? L’esprit rhapsodique évidemment et une écriture qui ose sa jeunesse et prend les sentiers de la liberté. Comment ne pas user tous les superlatifs? Alexandre Kantorow domine tout: une virtuosité sans pareil, un jeu intelligent et inspiré, une maîtrise aboutie du langage harmonique et de l’expression, une disponibilité corporelle absolue au service d’une palette sonore d’une rare variété, et des dynamiques impressionnantes. La musique sort naturelle sous ses doigts, qui dessinent une multitude de perspectives, grandioses ou intimistes, et font, dans l’oeuvre du jeune Brahms, couler une source au coeur d’un rocher. Les couleurs magnifiques, fraîches, la souplesse des lignes, la vivacité rythmique, la poésie…tout y est! Le public est conquis et reconnaît sans l’ombre d’un doute chez ce si jeune artiste toutes les promesses du grand piano français. L’évidence est là.


L’après-midi la chaleur a gagné des degrés mais la bergerie à peine rafraîchie accueille tout autant de monde pour le concert du Trio Wanderer: la formation dont la réputation n’est plus à faire est une valeur sûre, tout comme le programme qui donne à entendre pour commencer le premier trio opus 8 de Brahms dans sa version remaniée par le compositeur en 1891, et qui s’achèvera avec le deuxième Trio D929 de Schubert. Ces deux monuments encadrent le Trio Élégiaque, en un seul mouvement, oeuvre de jeunesse de Rachmaninov. On ne peut que s’incliner encore devant le jeu tendu et passionné de ces inséparables qui s’entendent dans leurs contraires comme larrons en foire: Vincent Coq pour la subtilité de son toucher, Raphaël Pidoux pour la profondeur du son et les lignes généreuses de son violoncelle, et Jean-Marc Philips-Varjabédian pour son jeu engagé et au lyrisme exacerbé. Dans un équilibre parfait, les Wanderer tiennent notre écoute d’un bout à l’autre, nous faisant traverser tous les états de l’âme romantique, et les belles atmosphères du Trio Élégiaque. Et comme « la chaleur force à l ‘économie de mouvements », dixit non sans malice Jean-Marc Philips, les compères heureux de leur partage offrent le Finale presto dans le style tsigane du Trio n° 39 HobXV:25 de Haydn, décoiffant, et leur bis préféré depuis 30 ans, anniversaire oblige: la dumka du Trio « Dumky» de Dvorak!


Le soir est déjà là. On repart les oreilles bourdonnantes de tant de musique, et on se dit qu’on y reviendrait bien le week-end prochain et même les suivants…à Nohant !


Jany Campello

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