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Actualités / Interprètes / CHRISTIAN ZACHARIAS : SUR LES SOMMETS

CHRISTIAN ZACHARIAS : SUR LES SOMMETS

Par Stéphane Friédérich / Vendredi 23 juin 2017
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Christian Zacharias © Klaus Rudolph - Photographie
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Cette année, le pianiste allemand préside le Concours international de piano Clara Haskil et il est l’un des grands invités du Festival et de l’Académie de musique de Zermatt. Nous lui avons demandé de nous parler de ces deux manifestations suisses auxquelles il est particulièrement attaché.



Quelles sont les spécificités du Concours Clara Haskil ?


J’ai accepté la présidence de ce concours après avoir participé à nombre d’épreuves en tant que juré. Je suis séduit par l’âme de cette compétition qui met en lumière la musicalité des candidats bien plus que leur virtuosité. Au cours de son histoire, celle-ci a toujours récompensé de grands artistes, de Christoph Eschenbach à Michel Dalberto en passant par Richard Goode et Adam Laloum ; autant de musiciens avec une immense sensibilité, peut-être même une fragilité que je qualifierais de « précieuse ». Le problème avec certains concours prestigieux, c’est que souvent, le Premier Prix joue très bien pendant cinq ans, puis il disparaît de la scène. Or, la maturité d’un pianiste et son style propre s’épanouissent à 40 ou 50 ans. C’est à cet âge que l’on sait si le prix obtenu vingt ans auparavant était justifié.



Avez-vous apporté des modifications au règlement du concours ?


Cette année, j’ai changé les règles, notamment en incluant des Études de Chopin. Redoutables Études qui, jouées au sens littéral du terme par le candidat, l’éliminent de facto ! L’an passé, j’étais un peu déçu et on n’a pas donné de prix. Mais, pour cette édition, nous avons sélectionné deux candidats supplémentaires, soit 26 musiciens sortis des éliminatoires. Le niveau est très élevé et, entre nous, une dizaine de pianistes me paraissent déjà meilleurs que les finalistes de la précédente saison. J’ai toujours aimé ce concours, tout comme celui de Géza Anda que je présiderai en 2018, à Zurich.



Quelles œuvres avez-vous imposées ?


En ce qui concerne les compositeurs contemporains, nous programmons une pièce de Nicolas Bacri, après celles de Bruno Mantovani et Thomas Adès. L’année prochaine, nous proposerons probablement une œuvre de Thierry Escaich. Pour le répertoire « traditionnel », nous avons sélectionné les Gesänge der Frühe, une partition rarement jouée, car tardive, de Schumann. Nous sommes loin du Carnaval que la plupart des pianistes connaissent bien. Les clés de l’interprétation des Chants de l’aube sont autrement plus difficiles à trouver.



Vous parliez de maturité des interprètes. N’est-il pas paradoxal de leur demander de jouer les Gesänge der Frühe, alors que la plupart n’ont pas acquis le vécu nécessaire ?


Évidemment, dans une telle épreuve, je n’attends pas des candidats qu’ils révèlent la matière sonore d’un Richter ou d’un Kempff, mais je sais que les « vrais » artistes possèdent l’intuition des œuvres. Adam Laloum en est l’illustration.



Parlez-nous du Festival et de l’Académie de Zermatt…


Je participe à nouveau au Festival et à l’Académie dont les partenaires et les organisateurs sont les mêmes que ceux du Concours Clara Haskil. Ce qui m’intéresse, c’est de travailler en profondeur avec des jeunes qui sont déjà préparés par des membres du Philharmonique de Berlin, le Scha-roun Ensemble. Il y a un échange de qualité, d’apprentissage du métier. Cette année, j’ai proposé essentiellement des œuvres de Schumann, des concertos, de la musique de chambre et pour orchestre.



Précisément, lorsque l’on regarde vos concerts de cette saison, la place de la musique de Schumann y est centrale…


Dans les orchestres, il y a toujours une certaine réticence à programmer du Schumann. Sa musique symphonique est encore mésestimée, jugée maladroite, etc. Pour moi, son écriture symphonique est la plus originale après celle de Beethoven !



Quels liens tisseriez-vous entre les répertoires pour piano et pour orchestre de Schumann ?


Je joue actuellement les Davidsbündlertänze. Cette écriture ne peut se transposer à l’orchestre. On n’y trouve pas ces fragments d’idées fulgurants, ces phrases inachevées, ces accords conclusifs de septième ou dans des tonalités qui n’ont rien à voir avec l’armure à la clé… L’écriture symphonique impose davantage de stabilité, mais dans les scherzo des symphonies, Schumann fait montre d’une originalité inouïe. Il inclut par exemple deux trios et en change subitement la métrique, passant de ¾ à 2/4.

La seule chose que je puisse apporter en tant que pianiste, à l’orchestre, c’est peut-être l’expression d’un certain rubato, d’une relative liberté du tempo. Il faut une certaine flexibilité entre les pupitres. C’est la raison pour laquelle, je réduis les effectifs à douze premiers violons au lieu de seize comme trop souvent. Cette flexibilité s’obtient aisément avec les orchestres français. Ils sont souvent plus légers, disons moins « pompiers » dans le répertoire de Schumann, que leurs homologues germaniques. Il en va de même pour le piano. J’ai toujours adoré les pianistes français jouant cette musique.



Comment répartissez-vous vos activités de pianiste et de chef d’orchestre ?


Quelques récitals, durant la saison, plus encore durant les festivals. Mais, à la rentrée, ce sera la direction d’orchestre qui s’imposera dans mon planning.

Cet été, en récital, vous jouerez notamment des œuvres de Ravel. Un compositeur que vous semblez avoir délaissé depuis vos enregistrements Emi des années 70…

Je n’ai jamais abandonné la musique de Ravel. Je glisse ses œuvres dans de nombreux programmes comme dernièrement, associant des sonates de Scarlatti avec la Sonatine. Il est vrai que la musique de Ravel reprend aujourd’hui une certaine importance. Cet été, je jouerai les Valses nobles et sentimentales avec des valses de Schubert. Je retrouve aussi le musicien français à l’orchestre avec le Tombeau de Couperin. Il est vrai qu’il est moins difficile de le diriger que de le jouer au piano…



En 2013, dans une précédente interview, vous aviez évoqué les œuvres que vous doutiez jouer un jour en public. L’opus 111 de Beethoven, par exemple…


C’est toujours d’actualité ! La partition est pourtant sur mon piano. Mais, je ne suis pas encore prêt. Quant à l’opus 106, la Hammerklavier, je peux vous assurer que je ne la jouerai jamais en public. Entretemps, j’ai interprété l’opus 110 et l’opus 109 qui est ma sonate la plus récente.

Vous êtes pianiste et chef d’orchestre. Comment répartissez-vous vos activités ?

Je donne quelques récitals durant la sai-son, plus encore pendant les festivals. À la rentrée, la direction d’orchestre s’imposera dans mon planning.



Quels sont vos projets discographiques ?


Calmes… Je ne ressens pas pour l’instant le besoin d’enregistrer des pièces pour piano. Peut-être reviendrai-je à Haydn. L’année prochaine, je programme en effet des récitals avec trois sonates de Haydn et deux suites de Bach. Pour orchestre, c’est différent. Je songe notamment aux Légendes de Dvorák dont il existe peu d’enregistrements. Encore faut-il que je trouve un complément à cette partition…



Propos recueillis par Stéphane Friédérich



À ÉCOUTER :

Concours Clara Haskil

Demi-finale musique de chambre, 23 août.

Finale avec orchestre, 25 août

Festival et Académie de Zermatt, du 8 au 17 septembre. Avec Isabelle Faust, Esther Hoppe (violons), Stephan Genz (baryton), Finghin Collins, Michel Dalberto (pianos), Christian Zacharias (piano et direction)

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