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Actualités / Évènements / GAZON FERTILE POUR LE PREMIER BRIN D'HERBE

GAZON FERTILE POUR LE PREMIER BRIN D'HERBE

Par Clément Serrano / Lundi 24 juillet 2017
Agrandir l'image : Récital de Fiona Babkina au Château d'Amboise
Récital de Fiona Babkina au Château d'Amboise © SDP
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Du 19 au 22 juillet s’est déroulée dans les jardins de la Loire, la première édition du Festival Brin d’Herbe, organisée par l’association Orléans Concours International et l'Association des Parcs et Jardins en Région Centre-Val de Loire.  L’occasion pour les lauréats du Concours de jouer dans les conditions d’un pianiste concertiste, avec au programme un répertoire méconnu du grand public : la musique contemporaine ! Un terreau de créativité acoustique, rendant hommage à une jeunesse musicale venue des quatre coins d’Europe. Pianiste a pu suivre son pèlerinage pendant les trois premiers jours.




Jour 1 – « Pianing in the rain »


A l’ombre des grands arbres du Parc Floral de la Source, des pianistes épargnés par la pluie. Quelques fronts mouillés dans le public, mis à part les plus chanceux, armés de parapluies. Au loin une musique s’élève, se confondant parmi le chant des oiseaux, l’assaut impromptu de jeunes enfants. Un hasardeux mélange de bruits, de sons et de couleurs : Pierre Lafon, 11 ans, se met à jouer.


Sa gestuelle renvoie à celle du chimiste, le dos légèrement voûté, visiblement ravi de ce qu’il a entre les mains. Son doigté calculateur pose un regard objectif sur les sonorités qu’il explore et tire de ses expériences un savant tableau, richement illustré. Parmi ses interprétations, retenons Organ and bells in memory of Docteur Lazlo Dobszay du Jatekok de Kurtag ainsi que deux extraits du Musica Ricercata de Ligeti.


De l’autre côté de la scène, le soleil réussit à percer les nuages noirs, les parapluies battent en retraite. Seul quelques spectateurs infortunés portent encore sur eux les stigmates d’un plein air agité.


Fiona Babkina, 10 ans, prend la relève et déploie sous ses airs de petite fille la grâce, d’une danseuse aguerrie, anticipant chaque phrasé avec une agilité chorégraphique. Le timbre clair et articulé, là voici dansant sur le fil de son intuition, avec pour plus beau geste, les Oiseaux de Bernsteinprécédé du Prélude et Toccata d’Alexander. Le temps ne manque pas aussi de se faire remarquer, reprenant le dernier morceau Waves of Fury à sa façon, avec orage et parapluie.


Vint enfin l'aîné du groupe, Riccardo Bisatti, 17 ans. A la différence de ses camarades, on sent poindre dans son jeu un goût prononcé pour la mise en scène et le lyrisme, parvenant à trouver un juste milieu entre l’étrangeté et le familier, à une tempérance parfaite entre la main droite et la main gauche. Les aspérités modernes des Variations op. 27 de Webern sont apparues ici avec un naturel déconcertant, de même que LAlouette Calandrelle de Messiaen et le Studio sul naturalismo integrale n° 6 de di Bari.


Les nuages s’éloignent du Parc, laissant les esprits se concentrer sur un final plein de surprises avec le recueil Brins de sons, composé par Marc-Olivier Dupin. Trois comptines françaises réécrites dans un langage contemporain, interprétées ici par les pianistes et les solistes du Chœur du Conservatoire d’Orléans, sous la direction d’Emilie Legroux. Le tonnerre d’applaudissements qui s'en suit, est amplement mérité.




Jour 2 – Au Château d’Amboise, un nectar devenu ambroisie.


Le lendemain, les mêmes pianistes se rendent au Château d’Amboise, ancienne résidence de quelques Rois de France, abritant entre autre la tombe de Leonard de Vinci. Le programme est identique, si ce n’est qu’il est mieux joué que la première fois. Alors que le Parc Floral leur avait permis d’apprivoiser le concert en plein air, ce deuxième jour leur a permis de le dompter, mettant à profit leurs talents musicaux.




Jour 3 – Dédale de notes au Château de Villandry.


La troisième journée du Festival se déroule dans le Château de Villandry, réputé pour ses six jardins labyrinthiques. Dans la cour du donjon, une estrade surmontée d’un piano, accueillant trois autres pianistes : les britanniques Jérôme Turenne Rogers (9 ans) et Benjamin Somers Heslam (18 ans) et la française Alma Bettencourt (13 ans).


Jérôme Turenne Rogers avance d’un pas déterminé sur la scène puis, timidement, s’assoit au piano. Ses mains hésitent à se poser sur le clavier. Confiant, il se met à appuyer les touches avec une innocence et un émerveillement propre à l’enfance. Dès lors le public est conquis, Jérôme Turenne Rogers signant un Hommage à Kadosa de Kurtag rêveur et nostalgique. S’en suit d’autres morceaux brefs, parmi lesquels la Balançoire d’Erik Satie, la Valse pour enfants de Stravinsky, Cat and Mouse de Birgisson ou la Simplicité du Ruisseau, tiré du Mysterium Simplicitatis de Campo.


Vient ensuite Alma Bettencourt qui se distingue déjà par une générosité du timbre et un talent d’improvisation. Une grande concentration du son se fait entendre et laisse deviner le souci de perfection avec lequel la jeune pianiste aborde chaque oeuvre. Son autre point fort est la dextérité, aucune note n’étant mise de côté. Au programme, les Préludes n° 1, 5 et 6 op. 24 de Chostakovitch, le Beaujolais du Manade Jolivet, la Colombe de Messiaen ou bien encore l’Improvisation n° 13 de Francis Poulenc.


Benjamin Somers Heslam témoigne d'une musicalité profonde, dégageant face aux dédales de notes, une certaine sérénité, perceptible au moindre de ses gestes et regards. De ses propres aveux il joue du contemporain pour « comprendre la musique et avoir un regard neuf sur ce qui se fait, ce qui se fera et ce qui sest déjà fait, la musique contemporaine étant en étroite complicité avec ce qui relève de la note et du son. » Une parole sage qui pourrait s’appliquer à l’ensemble de ces jeunes musiciens, jouant avant tout pour s’émerveiller et nous émerveiller. Vivement la prochaine édition !


Clément Serrano

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