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Actualités / Concerts / ALINE PIBOULE AU FESTIVAL AUTOUR DU VENTOUX

ALINE PIBOULE AU FESTIVAL AUTOUR DU VENTOUX

Par Jany Campello / Mercredi 23 août 2017
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© Mathieu Irthum
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La pianiste Aline Piboule est l'une des artistes invités au Festival Autour du Ventoux dont c'est la première édition. Elle s'y produisait le 11 août dernier.

Benoit Menut, directeur artistique de la manifestation, ne cache pas son émotion: la naissance du festival de musique de chambre « Autour du Ventoux » s’est bien passée. L’excitation est palpable et la joie aussi. Après un « contre-la-montre » de quelques mois - même pas une année de gestation - qui a fait retrousser les manches, tout était prêt: l’équipe, la billetterie, les programmes, le piano dans le théâtre…et les musiciens!


Trois lieux pour ce départ, au pied d’un mont que la bicyclette connait bien: Vaison-la-Romaine, Malaucène et Suzette. Et une philosophie: la rencontre des répertoires baroque, classique et romantique avec la musique contemporaine, portée par un credo: « irriguer les lieux de musique, aller vers le public, le prendre par la main, surprendre et partager ». Quatre jours, six concerts. Des thèmes pour chacun et un fil rouge cette année: Debussy. Et quels artistes! L’ensemble Gustave, tout jeune mais dont la réputation fait déjà le tour des chaumières festivalières et médiatiques, la pianiste Aline Piboule, que les lecteurs de Pianiste et de Classica ne peuvent plus ignorer depuis la parution remarquée de son Dutilleux-Fauré, la soprano Maya Villanueva, le violoncelliste Patrick Langot et le pianiste Romain David, dont leur CD Ginastera a reçu un accueil enthousiaste, enfin l’inclassable et surdoué violoniste Yardani Torres Maiani.


ÉPISODE 1: LE PIANO GOURMAND D’ALINE PIBOULE

Entrons au concert, dans le Théâtre des 2 mondes, ce petit théâtre privé, tout neuf, et très improbable situé au coeur de Vaison-la-Romaine, au fond d’une impasse (sa modernité « minimaliste » aurait fait bondir d’étonnement Tacite, qu’on dit originaire du lieu!). Un peu plus d’une centaine de places, intimité, confort et acoustique flatteuse: tous les ingrédients sont là. La jeune pianiste Aline Piboule, « multi-lauréate » du concours d’Orléans pose sa tablette-partition et présente son programme: « Clair-obscur ». Des voisinages à l’image de ceux des couleurs en peinture, permettant d’écouter chaque oeuvre à la lumière d’une pièce contemporaine, et vice-versa. Intelligence et originalité des correspondances interactives de ce programme, qui savent ouvrir l’écoute des moins initiés, mais vrais mélomanes, sur le répertoire de notre temps. 


Aline Piboule avec la plus grande conviction, ose d’entrée de jeu la Sonate pour piano de Dutilleux: quelle richesse de timbres, quel tempérament! Une sonate assurément bien plantée, dont elle déploie l’éventail avec autorité, tendresse, vivacité et ardeur. Dans un corps à corps avec le piano, il faut « voir » comme elle trace l’allegro con moto, tout en souplesse et en finesse, comme elle éclabousse de giboulées de notes le lied qui suit, comme d’un geste ample parti de haut elle soulève à pleine main les résonances donnant aux accords longueur et amplitude sans pareil, rondeur et puissance, comme entre terre et cosmos elle élève les arcs-boutants de cette édifice sonore, et avec quelle fluidité elle en enchaîne les passages! Une merveille d’équilibre et d’inspiration.


Ce n’est qu’un hors d’oeuvre. Vont suivre trois « séquences », chacune introduite par une courte pièce extraite des Éphémères composées par Philippe Hersant, sur le modèle de l’haïku japonais. Dans une parenté étonnante, les couleurs doucement inquiétantes de Vent d’automne s’enchaînent avec une Lugubre Gondole de Liszt d’une incroyable densité, puis une Barcarolle opus 60 de Chopin qui ne traine pas, mais dont les respirations se conjuguent avec un magnifique rubato qui n’appartient qu’à Aline Piboule, donnant aux tierces du chant un lyrisme sensuel et lumineux. Le Canard, malicieux et bavard, est associé à la musique de Déodat de Séverac: les Naïades et le Faune indiscret, suivies des Baigneuses au soleil. Autant le dire, si les agapes musicales du soir ne sont pas finies, c’est déjà le dessert, avant le plat principal: un piano gourmand! Le jeu se fait volubile, vivant, délicieux. La musique « qui sent bon » de Séverac (comme la qualifiait Debussy), jouée par Aline Piboule, a aussi le goût du plaisir, d’un beau fruit d’été mûri au soleil.


Tout cela nous conduit à La Mer de Debussy, dans un arrangement pour piano de Yann Ollivo, précédée des insaisissables Poissons Blancs d’Hersant. On salue le travail de l’arrangeur: toutes les notes y sont, c’est dire le péril que représente la partition, mais Aline Piboule parfaitement à l’aise techniquement n’a pas besoin de filet! Elle en souligne la noirceur des profondeurs, l’agitation menaçante, le calme inquiétant avec une poigne impressionnante, et des contrastes abyssaux. Passionnant! On est frappé par le caractère lisztien de cette version, qui saute aux yeux - enfin aux oreilles - en particulier dans l’épisode calme du Dialogue du vent et de la mer, faisant étonnamment écho à « Après une lecture de Dante ».


À la demande enthousiaste du public, deux madeleines pour finir: un Clair de Lune de Debussy (Suite bergamasque), d’une belle lune brillante et pleine, et l’ondulante 4ème Barcarolle en la bémol majeur opus 44 de Fauré.

On n’a pas vu le temps s’écouler… Pas de soupe à la grimace, pas de tri dans l’assiette musicale, tout est passé avec bonheur: dix-neuvième, vingtième, contemporain! Comme quoi il suffit d’un peu d’audace, d’intelligence, d’imagination et de quelques ampères entre le soliste et le public! Un courant qu’Aline Piboule a su établir.


Jany Campello


à écouter, le disque-compact consacré à Dutilleux & Fauré d’Aline Piboule, label Artalinna

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