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Actualités / Concerts / CHARLES RICHARD-HAMELIN A LA ROQUE D’ANTHÉRON

CHARLES RICHARD-HAMELIN A LA ROQUE D’ANTHÉRON

Par Jany Campello / Mardi 29 août 2017
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© SDP
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Le festival International de Piano de la Roque d’Anthéron recevait le 16 août dernier, le pianiste canadien Charles Richard-Hamelin.

C’est sur la scène du parc de Florans, en concert de fin d’après-midi, que nous l’avons écouté. Son programme rassemblait Mozart, Chopin, auquel il a consacré son premier CD, et Schumann.



Charles Richard-Hamelin - SDP


Rappelons que Charles Richard-Hamelin remporta le second Prix et le Prix Krystian Zimerman du Concours Chopin de Varsovie en 2015. Auparavant, il s’était illustré dans son pays d’origine, en remportant le second Prix du Concours international de Montréal, ainsi que le 3ème Prix et Prix spécial pour la meilleure interprétation d’une sonate de Beethoven à la Seoul international Music Competition. Il est diplômé de l’université McGill et du Conservatoire de Musique de Montréal, ainsi que de la Yale school of Music aux Etats-Unis.



Le pianiste oure son récital avec la Fantaisie en ré mineur K.397 de Mozart. Il est vrai que cette fantaisie, de par sa tonalité, qui est aussi celle de Don Giovanni et du Requiem, et surtout dans sa liberté d’écriture et sa dramaturgie, annonce le XIXe siècle et les tourments de l’âme romantique. Tout en veillant à la clarté du toucher mozartien, Richard-Hamelin lui donne les accents qu’elle réclame, par le legato des doigts sous une pédale tenue, mais dosée, notamment sur les croches de la basse notées en lié-détaché et le léger portando du chant dessus, gommé au profit d’un phrasé d’une onctuosité qui évoque la voix d’Elisabeth Schwatzkopf. Là où l’on pourrait entendre les tirés-poussés d’archet des cordes sur les notes répétées, le rendu en est davantage pianistique qu’orchestral. Il n'en oublie pas pour autant le caractère opératique de cette pièce, en usant d’un soupçon de rubato beaucoup plus proche des respirations et inflexions vocales lyriques que d’une sophistication stylistique. Avec une main droite qui ne manque pas de spinto, il en résulte de vrais récitatifs. Ambigüité délicieuse lorsque le pianiste, après nous avoir transportés au Mozarteum, nous ramène à la cour, devant tel prince-électeur, ou telle impératrice, improvisant, ou tout comme, au « piano-clavecin » des ornementations fort bien vues dans les reprises de la fin, à moins qu’il ne s’agisse là d’un air d’une Papagena…


Le clavier sous les doigts de Richard-Hamelin serait-il fait d’une matière fondante? C’est une question qui nous vient à l’esprit lorsqu’il interprète ensuite les quatre impromptus de Chopin, avec une soyeuse fluidité. Le premier volubile, insaisissable, virevolte à la manière d’un vol de verdiers. Dans la première partie du second, le rythme un rien chaloupé de la basse soutien le chant large et plein dans le registre médium, puis dans le passage central, après un court épisode à la puissance épique, la main droite dénoue un ruban perlé autour du doux chant de la main gauche, légèrement en retrait. L’oreille va et vient entre les deux avec doublement de plaisir, donnant sa faveur au gré des flatteries de l’une ou de la douceur de l’autre. Le troisième est aérien et d’une fraîcheur enflammée, et la Fantaisie-Impromptu, finit par nous convaincre que les mille personnes que nous sommes dans les gradins, sont en fait réunies dans un salon cosy où l’on entend le piano à deux mètres. Il y a dans le jeu de Richard-Hamelin une légèreté d’être et une élégance naturelle. Rien n’est forcé, ni les nuances, ni la projection du son: il « place » la voix du piano à merveille, dans une émission souple et chaudement timbrée. Le chant, le phrasé sont toujours au premier plan, quelque soit le registre, et la virtuosité dans le velours des notes, dans la vélocité comme dans la déclamation.



Charles Richard-Hamelin (SDP)

On découvre une autre facette du pianiste dans la Sonate en fa dièse mineur opus 11 de Schumann, qui n’en est pas moins captivante. Il en incarne les humeurs avec une intensité hors du commun. Les sonorités du piano qui se densifient, la différentiation des registres timbrés comme des voix, donnent un relief et une présence forte à cette œuvre, traduisant la fluctuation de ses atmosphères, et la dualité schumannienne. Dans le grave du clavier, les contrechants répondent en funestes échos aux inquiètes bribes mélodiques de l’aigu. Le cheminement narratif, les passages d’un état à l’autre, sont réalisés avec un sens des dynamiques et de l’architecture qui n’est pas si évident à trouver dans l’œuvre de Schumann, dans cette pièce en particulier, à la fois touffue et décousue. La façon dont Richard-Hamelin tend la phrase comme un arc dans l’allegro vivace du début, serrant son motif rythmique caractéristique, puis la relâche dans un ralenti et un decrescendo pour prendre une respiration et passer à la suivante, est remarquable d’intelligence et de sensibilité. L’aria est émouvant de profondeur avec encore la présence des voix: un dialogue où s’entrelacent la voix aigüe, doucement lumineuse et caressante d’une Chiarina, et celle ténébreuse et ardente d’un Eusébius-Florestan. Le scherzo au caractère héroïque est mené bon train et avec autorité. Le final Allegro maestoso offre des contrastes touchants entre le sentiment victorieux, exprimé dans un jeu flamboyant, et les passages plus lents et introspectifs. Une sonate palpitante et bien campée!


On ne saurait mieux dire: Charles Richard-Hamelin se révèle comme un interprète hors pair de Schumann. Il le démontrera à nouveau et avec tendresse, dans le second bis, un extrait (n°3 - Frisch) des Bunte Blätter opus 99, après avoir offert au public l’Arioso en la bémol majeur de Bach.

Un beau concert et un artiste à découvrir absolument pour ceux qui ne le connaissent pas encore. Ajoutons un vœu: un CD Schumann à l’horizon de sa belle carrière!


Jany Campello

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