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Actualités / Concerts / ANDREW TYSON AUX JACOBINS: UN POÈTE NOUS PARLE

ANDREW TYSON AUX JACOBINS: UN POÈTE NOUS PARLE

Par Jany Campello / Lundi 2 octobre 2017
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Le 21 septembre, la 38e édition du festival toulousain Piano aux Jacobins a accueilli le jeune pianiste américain Andrew Tyson, pour un récital pour le moins éclectique.

On doit à Catherine d’Argoubet, directrice artistique du festival, de nous présenter ce musicien rare en France, dont la personnalité et le talent séduisent les scènes et festivals européens, autant que ceux d’outre-Atlantique. Formé aux Etats-Unis, il est lauréat de nombreux concours, notamment du 1er Prix du concours Geza Anda de Zurich en 2015, lauréat du concours de Leeds et du Concours Reine Elisabeth, Prix Arthur Rubinstein et lauréat du Concours Gina Bachauer à la Juilliard School.




Andrew Tyson (photos Sophie Zhai)


Le piano s’enflamme sous les projecteurs, dans l’abside du cloître des Jacobins. L’allure assurée et élégante, un regard aiguisé jeté au public, révèlent déjà une personnalité hors du commun. On ne tarde pas à s’en convaincre. Les premières mesures de la Sonate en la majeur D 664 de Schubert déroutent par la sophistication poussée du jeu. On se dit au prime abord: « voilà bien du chiqué! » Fort loin de la simplicité que l’on attribue à Schubert, celle du chant qui n’a d’autre ambition que celle d’être un air fredonné pour soi, on se dit que le pianiste en fait beaucoup trop, on redoute la satiété. Mais rapidement, l’oreille s’accroche, captivée, et l’on comprend où il nous emmène, comme un parfum complexe et subtil délivre une à une ses fragrances. Andrew Tyson transforme l’allegro moderato en un lied d’un charme et d’une sensualité irrésistibles, où la ligne de chant à peine esquissée se mue en un tendre murmure qu’il nous glisse à l’oreille, où la musique se fait mots tendres. En séducteur, il parle à voix douce plus qu’il ne chante, embobine, cajole, et fait fondre toute idée préconçue avec grand raffinement. Bercés par l’andante et la douceur infinie de ses basses, le finale nous parvient en mousseline, léger, aéré. Que de poésie et de fraîcheur dans ce jeu! Que de belles respirations!

La Sonate 1.X .1905 de Janacek offre un contraste saisissant par sa noirceur. Andrew Tyson propose ici une autre facette de son jeu, requise par les titres de ses deux mouvements: con moto-pressentiment, et adagio-la mort. Plus de légèreté qui vaille, Don Juan est face au Commandeur! Tyson en donne une interprétation qui suscite l’effroi, où la violence des attaques, les cadences abruptes alternent avec la mélancolie. L’adagio finement découpé est nimbé de mystère, celui des timbres qui, prenant naissance dans un halo de pédale, s’éteignent dans le néant des silences, lourds, étranges.


La lutte ardente du vert et de l’or: cette pièce éminemment poétique du compositeur Michel Pétrossian, fait référence à Gaston Bachelard. Faisant preuve d’un grand sens de l’architecture, Andrew Tyson donne de son écriture complexe une lecture claire, faisant apparaître ses strates sonores dans des couleurs et des valeurs différenciées, avec une minutie de toucher, une attention de tous les instants au poids donné aux sons, à leur mystère et à leur résonance. De cette pesée savante et inspirée naît sous ses doigts une œuvre captivante, dont il accroche avec intelligence et sensibilité les registres à une ligne médiane formée de longues tenues sonores, quasi arythmique, et dont l’espace prend une dimension cosmique, entre matière et rêverie.


Le pianiste touche-à-tout remonte le temps avec Chopin, puisant dans ses grands cycles un nocturne (le 2ème en mi majeur opus 62), une mazurka (do dièse mineur opus 50), et une étude (n°5 opus 25 en mi majeur). Le voici qui sort une nouvelle palette, avec ces trois pièces brèves. Il nous ferait croire qu’il a changé de piano! C’est très beau, accordons-nous de le dire, quand bien même l’acception peut paraître plate. Le nocturne éteint paisiblement ses dernières lumières, la mazurka est à tour de rôle rêveuse et rustique, et dans l’étude la main droite frémit sous le chant chaudement parlé à la basse. On se serait laisser couler délicieusement dans cette atmosphère évanescente si Andrew Tyson ne nous en avait pas sorti tout de go avec une Rhapsodie Espagnole de Liszt, incandescente, orchestrale, démesurée, d’une vitesse vertigineuse, au perlé bouillonnant, aux couleurs tranchées. Un feu d’artifice éclatant qui déclenche un torrent d’applaudissements.


Andrew Tyson revient avec pour bis deux sonates de Scarlatti, dans une interprétation originale et délicate: il y prend son temps, leur donne de l’air, laisse goûter aux phrases qu’il parle à nouveau au creux de l’oreille, varie les reprises par un contrechant de la basse. Il nous livre le plaisir d’une redécouverte, comme s’il inventait la musique en même temps qu’il la joue.

Que de talent chez ce pianiste! Un cocktail d’imagination, de raffinement, et de poésie, et dans son jeu clair, une « french touch » (au sens littéral du terme) qui n’est pas sans déplaire!


Jany Campello


Prochain récital d’Andrew Tyson à ne pas manquer: le 15 décembre 2017 à Lyon, salle Molière.

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