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Disques, DVD / Classique / INTEGRALE SCHUMANN PAR DANA CIOCARLIE

INTEGRALE SCHUMANN PAR DANA CIOCARLIE

Par Stéphane Friédérich / Dimanche 22 octobre 2017
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Rares sont les interprètes à s’être lancés au disque dans une intégrale du compositeur au caractère fantasque et instable. En public, il s’agit même d’une première mondiale dont la pianiste française d’origine roumaine nous parle avec une grande passion.



Dana Ciocarlie (photo Bernard Martinez)

Ce coffret de l’intégrale est posé devant nous. Comment ressentez-vous cette aventure musicale ?

C’est en effet la fin d’une aventure, quatre ans et demi de concerts. Au départ, je voulais juste jouer l’intégrale en concert. Avez-vous lu ce livre : Le Zen dans l’art chevaleresque tu tir à l’arcde Eugen Herrigel ? Un allemand a passé vingt ans auprès d’un maître japonais pour apprendre à tirer à l’arc. J’avais, moi aussi, besoin d’un cadre qui donne un sens à ma vie d’interprète. Ce travail, ce compagnonnage devait se déployer dans le temps. Avoir quelque chose à soi est essentiel surtout lorsque l’artiste est soumis au désir des autres. Ce chemin intérieur, cet approfondissement, psychanalyse éventuellement, passait par l’œuvre de Schumann. Son instabilité, son humeur, sa souplesse, sa mobilité, sa fantaisie… Ce défi répondait à la dimension du compositeur qui ne cherchait pas la beauté, mais la sincérité et sa propre vérité.


Donner rendez-vous au public pour relever un tel défi : n’est-ce pas une forme d’exhibitionnisme ?

« Non, je ne suis pas du tout un excentrique »est le titre d’un ouvrage sur Glenn Gould [rédigé par Bruno Monsaingeon et publié chez Fayard, ndlr.]. Il affirme que pour jouer public, il faut une sérieuse dose d’exhibitionnisme. Je l’assume. Je me suis mise en danger et je voulais être proche de cette flamme qui se consume dans l’instant. La présence du public m’était essentielle, galvanisante. Au premier concert, j’ai ressenti de la curiosité et, au fil du temps de l’enthousiasme. Une seule fois, pour deux concerts, ce fut difficile : quelques jours après les attentats du 13 novembre.


Comment avez-vous abordé les œuvres découvertes à l’occasion des enregistrements ?

Certaines ont été des coups de foudre comme les Intermezzi op.4, presque jamais joués. J’étais réservée pour d’autres comme les Marches op.76,alors que finalement, j’éprouve beaucoup de tendresse pour elles. Elles sont assez schubertiennes, d’une belle instabilité rythmique. J’ai éprouvé davantage de difficultés avec les Fugues ou les Geistervariationen. On arrive dans le Schumann très atteint psychologiquement. Lors de premiers concerts, j’ai interprété surtout les pièces que je connaissais depuis longtemps. Je me donnais du courage pour oublier que les micros étaient ouverts. Puis j’ai organisé les récitals de manière gastronomique : une entrée, un plat de résistance et un dessert, c’est-à-dire avec des pièces plus légères. J’étais épuisée !


Aviez-vous une préparation particulière avant chaque récital ?

Je réalisais 4 ou 5 concerts de rodage. Un mois avant l’enregistrement, j’étais comme un sportif juste avant les Jeux Olympiques : très en forme ! Schumann prenait tellement de place dans ma vie, que plus le concert approchait, plus je découvrais, dans une sorte d’urgence, des liens internes entre les partitions. Cela se produisait naturellement et irrationnellement.


Quelle était la part d’improvisation au cours du concert ?

J’essayais dans l’instant de tout donner, de prendre le maximum de risques et d’oublier tout le travail antérieur. Partir de zéro, recomposer, laisser venir à soi la partition et, surtout, ne plus se poser de questions !

Certains interprètes disent que le piano de Schumann n’est pas très “pianistique”. Qu’en pensez-vous ?

Il n’y a pas de compositeur plus ou moins pianistique que d’autres. Cela dépend déjà de la morphologie des mains. Le pianisme est une question de pâte sonore. Au sens littéral du terme. On sait en pétrissant si cela vous convient ou pas. Dans l’Humoreske, il y a des passages impossible à jouer tels quels. Mais, vous avez la même chose dans Iberia d’Albeniz. Le pianisme d’un compositeur ne m’intéresse pas. Il faut dépasser le matériau physique. N’ayant pas la chance d’avoir de grandes mains, j’ai trouvé des solutions grâce aux techniques contemporaines. En effet, plus votre répertoire est vaste, plus votre « boîte à outil » s’agrandit et offre des solutions à tout problème. D’ailleurs, j’ai joué des pièces de Clara Schumann dont je trouve l’écriture plus compliquée que celle de Robert. Elle devait avoir une main gigantesque.Chez Schumann, la difficulté principale est la maîtrise de la polyphonie rythmique car il pense le piano comme un orchestre ou un chœur.

Dans le livret, vous revendiquez une certaine tradition roumaine, celle des Dinu Lipatti, Clara Haskil, Radu Lupu.


Que représente-t-elle à vos yeux ?

La tradition est, à mes yeux, une famille. Elle n’explique rien. Elle n’est en aucun cas pesante. Je m’inscris dans une histoire qui se poursuit. Une histoire bienveillante dont j’écoute l’imaginaire qui en jaillit. Je peux aussi vous parlez de la poétique d’Alfred Cortot au sujet de Schumann.


Parmi tous les thèmes reliés à l’œuvre de Schumann, parlez-nous de l’enfance et de la féminité…

Malgré les Nachtstücke, In der Nacht, les Geistervariationen et tout ce qui a trait à la nuit, aux nocturnes, à l’étrange, aux hallucinations, aucune pièce ne peut occulter une musique d’essence lumineuse. C’est la part d’Eusébius de Schumann. Et s’il y a dépression, elle n’est pas celle d’une tristesse abyssale de la fin du Monde. Rien de cela chez lui, au contraire de Brahms et de Schubert. Dans son œuvre subsiste une transcendance, une féminité qui évoque l’espoir, celui d’une naissance, d’une renaissance. En tant que femme, je le perçois profondément.

Le thème de l’enfance est d’abord celui du père de famille qu’il était. Et lui même, probablement, un « grand » enfant. Mais, plus encore, l’enfance est la porte de la poésie. Schumann va jusqu’à inventer des formes nouvelles avec les Kinderszenen.Cela ne ressemble à rien de connu auparavant.


Vos concerts ont été enregistrés sur un Yamaha CFX. Parlez-nous du son que vous recherchiez.

C’est un instrument très égal sur tous les registres. J’ai profité de la disponibilité de ce nouveau modèle qui était très bien préparé pour l’acoustique, la salle Byzantine du Palais de Behague, à Paris. Bref, entre l’apparition du piano, l’ouverture de la salle, le travail avec la Dolce Volta… Tout était possible.


Avez-vous d’autres projets de disques ?

Enregistrer pourquoi pas les trois œuvres concertantes ainsi la musique de chambre et vocale de Schumann. Donc, trouver les bons partenaires. Je songe aussi à des concertos de Mozart. Avec encore un peu de chance, sait-on jamais…


Propos recueillis par Stéphane Friédérich


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