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Actualités / Concerts / LES DUOS DE PIANOSCOPE

LES DUOS DE PIANOSCOPE

Par Jany Campello / Lundi 23 octobre 2017
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© Umberto Nicoletti
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FESTIVAL PIANOSCOPE A BEAUVAIS: LES DUOS A L’HONNEUR


Il fallait y penser, et il fallait le faire! Pianoscope l’a réussi: un festival de duos pianistiques pour cette 12ème édition hors des sentiers battus. Il faut dire que la programmation avait été confiée à Katia et Marielle Labèque, icônes du genre, qui avaient carte blanche.


L’opportunité nous est donnée ici de saluer leur formidable carrière, jalonnée d’audaces dont la première a été de s’imposer à une époque où jouer en duo, à quatre mains ou deux pianos, « était mal vu », ainsi nous le révèle Katia, et la seconde d’oser, avant même de se faire un nom, le répertoire contemporain avec pour commencer les Visions de l’Amen de Messiaen à même pas 20 ans. Depuis, elles ont tout exploré: le classique, le jazz, la musique baroque, la pop…Un appétit resté intact chez ces deux sœurs.


C’était donc du 5 au 8 octobre, 7 concerts et 5 autres manifestations, deux figures actuelles du jazz: Paul Lay et Jacky Terrasson en duo avec Stéphane Belmondo, et une ribambelle de sœurs: les Labèque bien sûr, Laurence et Béatrice Puiu, Isabelle et Florence Lafitte, et le duo Jatetok (qui, elles, n’en sont pas!).

On s’attardera sur l’après-midi du dimanche 8 octobre, et sa pyrotechnie musicale. Isabelle et Florence Lafitte, blondes et jumelles comme deux gouttes d’eau, ont une complicité de toujours. Ce qui peut paraître d’une platitude navrante, mais qui est loin de faire l’évidence aux pianos. Car le duo est un art exigeant, et si elles le maîtrisent au plus haut point, c’est au prix de nombreuses années consacrées et de répertoire parcouru. Dans la grange de la Maladrerie, elles donnent le premier concert. Un programme intitulé « Tubes essentiels ». La Fantaisie en fa mineur D940 de Schubert, pour piano à quatre mains est le premier de ce « top 4 ». Les sœurs Lafitte ont une longue histoire avec cette œuvre: elles en possèdent une vision commune, qui s’exprime dans les détails, dans l’architecture, l’équilibre des parties, et les éclairages qu’elles lui donnent, chacune y trouvant son accomplissement musical. Une vrai force pour ce duo, qui voit et va dans la même direction. La richesse de leur interprétation naît non pas dans la façon dont elles se complètent, mais dans le mariage de leur écoute sensible et dans ce qu’elles échangent. Ce tube du quatre mains incontournable et rebattu ne lasse pas sous leurs doigts, son mouvement intérieur d’une fraîcheur de jeu inaltérée fait mouche, dans ses épisodes mélancoliques ou dramatiques, comme dans ceux plus optimistes et rêveurs.


Prisée des compositeurs et des pianistes, citons pour le passé Bach, Hummel, Siloti, Liszt, la transcription qui permet d’entendre notamment le répertoire symphonique donne au duo de pianos un rôle de premier plan. Isabelle Lafitte excelle dans cet art, nous offrant l’opportunité d’entendre des extraits de la suite Shéhérazade de Rimsky-Korsakov et de la Flûte Enchantée de Mozart. On redécouvre ainsi les Mille et une nuits dans les sonorités riches, les lignes mélodiques souples et mouvantes qui s’échangent d’un piano à l’autre, sous le toucher délicat des deux artistes, qui font apparaître des images nimbées de mystère dans un fondu parfait. La Flûte Enchantée ouvre sur un autre univers. Après la solennité de l’ouverture, l’opéra version pianos devient une suite joyeuse qui se referme sur l’air des clochettes après avoir enchaîné avec une belle vitalité les thèmes les plus fameux. La transcription de la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak, réalisée cette fois par le compositeur russe Paul Juon, tombé dans l’oubli, n’est répertoriée nulle part. Elle fait partie des quelques milliers d’œuvres pour deux pianos collectées par les deux sœurs, un travail considérable qu’il faut saluer! Cette œuvre fantôme ne manque pourtant pas d’intérêt, ce qu’ont bien compris les sœurs Lafitte qui nous l’offrent dans toute sa dimension orchestrale mais dans les couleurs du piano. Leur interprétation nous fait cheminer de tableaux en tableaux, découvre de vastes espaces, servie par un jeu lumineux et un souffle d’enthousiasme communicatif.


Un peu plus tard, Katia et Marielle Labèque nous proposent un autre concert dans le théâtre du Beauvaisis. Pianistes exigeantes, elles sont aussi ce qu’il est couru d’appeler des « pros de la scène », dont elles possèdent un sens aigu qui force l’admiration. Quelle belle idée que ce programme rattachant Ravel à ses origines basques! A sa lecture, la première partie au demeurant semble « classique », mais avec leur allure de rockeuses, l’arrivée des deux sœurs brunes comme le jais, sème le doute. Ravel hard rock? Est-ce possible? On cherche le mur de son…En vain. C’est un Ravel tendre et innocent qu’elles nous content dans Ma Mère L’Oye. Le monde jamais perdu de l’enfance est là avec sa candeur et ses émerveillements. Si les sœurs Labèque ont quelques petits arrangements avec les compositeurs et les partitions, c’est pour mieux servir la musique et le rendu sonore. Leur vision va au-delà des notes. C’est le cas dans le Jardin féérique où les glissendi finaux sont rallongés, et dans la Rhapsodie Espagnole, collant aux volumes des versions orchestrales. La Rhapsodie Espagnole, elles l’ont probablement dans le sang. Cette œuvre d’une difficulté redoutable dont elles livrent une interprétation très personnelle, est incroyable de caractère sous leurs doigts aiguisés et d’une acuité rythmique impressionnante. Quelle énergie! Et quelle théâtralité!


Connaissez-vous Eñaut Elorrieta? Et Thierry Biscary? Ces musiciens-chanteurs basques et l’ensemble OREKA TX (percussions basques) se sont joints au duo Labèque pour la deuxième partie. Un retour aux racines, celles de Ravel et celles des deux sœurs. Txalaparta, tobera, pandero, danbor, txepetx, thun thun, wilintx, atabal…ces noms étranges ne vous disent rien? Ce sont des percussions traditionnelles basques, certaines assez frustres, comme ces pièces de bois et ces pierres de différentes tailles sur lesquelles on frappe. Après deux mélodies fort belles et émouvantes accompagnées au piano, et quelques morceaux pour percussions, le Boléro de Ravel, dans sa version deux pianos écrite par le compositeur, colorée des sonorités très particulières de ces percussions, a conquis le public. Le grand crescendo du Boléro part de quasi rien: quelques notes pianissimo aux pianos, et le frottement léger d’une main sur la peau d’un tambour. Un mouvement, un son déjà sensuels. Progressivement le son s’étoffe et la musique s’anime: grelots, tambours de basque, et autres instruments entrent en jeu un à un. Les musiciens scandent une danse tout en jouant, dans l’éclairage de la scène qui vire du froid au chaud. L’effet est saisissant. Le Boléro entre en fusion, sonne d'accents sauvages, crée une transe, électrise le public jusqu’à l’explosion finale. Le succès est monstre! Pour répondre aux rappels, les sœurs Labèque proposent de réécouter, en guise de bis et de clôture, les duos entendus au festival. Assises en tailleur dans le coin de la scène, elles applaudissent à leur tour les jeunes paires de pianistes, avec grande simplicité et bienveillance: une bien noble attitude qui leur vaudra une belle ovation!


Pianoscope referme brillamment ses portes sur cette édition exceptionnelle. L’an prochain, la programmation incombera à Alexandre Tharaud. On attend avec impatience d’en savoir plus…


Jany Campello

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