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Actualités / Concerts / LES TALENTS DE PIANO EN VALOIS

LES TALENTS DE PIANO EN VALOIS

Par Jany Campello / Vendredi 27 octobre 2017
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FESTIVAL PIANO EN VALOIS: LA JEUNESSE EN AVANT

De retour du festival Piano en Valois, qui n’a pas dit son dernier mot puisqu’il s’achèvera les 1er et 2 décembre avec deux concerts de Geoffroy Couteau dans la seconde partie de son intégrale Brahms, on est heureux de constater les multiples talents de la nouvelle génération de pianistes. Ce festival angoumoisin, qui irrigue de ses concerts la Charente d’est en ouest, et du nord au sud, peut se féliciter de les rassembler, et de les promouvoir. En quatre jours de présence en terre des Valois, nous avons entendu quatre de ses représentants: Clément Lefebvre, Ismaël Margain, Saki Nishioka, et Thomas Enhco. Enfin, last but not least, leur aîné Nikolaï Lugansky a mis la barre haut le dernier soir.


L’art de toucher le piano de Clément Lefebvre

Clément Lefebvre, 27 ans, a remporté cette année le premier Prix et le Prix du public du concours international James Mottram de Manchester. Le programme qu’il donne ce soir du 11 octobre est en partie celui qu’il va enregistrer dans la foulée du concert, pour le label Evidence Classics : Couperin, Rameau et Ravel. Sur la scène du Théâtre d’Angoulême, à l’acoustique plutôt sèche, comme un peu partout, un grand Steinway D. Jouer les baroques sur un piano de cette envergure et devant 600 personnes requiert des qualités et une lucidité d’écoute que possède ce jeune pianiste.

Les Couperin sont admirables de présence sonore et de tendreté. Les quatre pièces extraites des 3ème et 4ème Livres (Dodo ou l’amour au berceau, Le point du jour, L’anguille, Les rozeaux) offrent un éventail d’expressions qu’il modèle à merveille, travaillant finement la nuance, ouvrageant avec art les ornements qui truffent cette musique, dans une unité et une justesse stylistique sans faille. Son jeu d’une grâce infinie et naturelle est remarquable de fluidité, de souplesse. La Nouvelle Suite en la de Rameau plus orchestrale, offre de beaux contrastes et effets scéniques. Clément Lefebvre n’est pas dépourvu d’imagination, qui rend cette œuvre vivante et parfois même très ludique. Le discours se prête à de subtiles inflexions notamment dans les marches harmoniques, le jeu du pianiste a du corps tout en étant clair et souple. Il séduit d’un bout à l’autre, avec ses reprises pianissimo superbement timbrées, ses dynamiques, successions de tensions et relâchement et, faisant sonner ses basses, fait swinguer la gavotte et ses six doubles.

Le Tombeau de Couperin de Ravel, s’inscrit dans la veine de ce qui précède, joué avec la même délicatesse de toucher. Le Prélude est aérien, dans l’élan. La fugue a beaucoup de relief, un côté minimaliste, cubiste, avec ses arrêtes soulignées ici et là. Le Forlane est poétique, énigmatique, le Rigaudon joueur, le Menuet tout de générosité et de tendresse. Enfin la suite se referme sur la Toccata, d’une prompte légèreté. Un concert captivant par un pianiste à la personnalité attachante et au talent indéniable.


(Parenthèse…)

Ce ne fut pas le cas du concert de Saki Nishioka, jeune pianiste japonaise qui se produisit à midi, assez indigeste tant par la quantité de notes que par l’absence de nuances « piano ». Saturation sonore, pied lourd, jeu bruyant manquant de subtilité, programme de concert bourratif (Sonate n°2 de Rachmaninov et Rhapsodie espagnole de Liszt presque enchaînées), Haydn pataud…Bref! On oubliera, songeant que nul festival capable de prise de risque n’est à l’abri d’une erreur de casting.


Deux jeunes pros de l’improvisation

Pas de fausse note avec Ismaël Margain, puis Thomas Enhco qui nous ont donné deux moments tout à fait réjouissants consacrés au domaine dans lequel ils excellent aussi: l’improvisation. A la salle des fêtes de la Couronne, Ismaël Margain sur des thèmes de pièces pour clavier de Bach, a fait montre d’inventivité, de raffinement sonore et harmonique, créant un climat en accord avec les projections d’images d’Axel Arno. Toute une ambiance! La rencontre de Thomas Enhco et de la dessinatrice Aurélia Aurita a été un moment tout à fait inédit, créatif et poétique, où l’un et l’autre ont improvisé de conserve, s’inspirant mutuellement. Thomas Enhco a brossé sur son clavier autant de scènes différentes qu’il en fut de dessins projetés, exécutés en direct dans l’auditorium des Carmes à La Rochefoucauld, impressionnant le public par son imagination mélodique et la variété rythmique de ses réalisations.




Nikolaï Lugansky (photo SDP)


Nikolaï le Grand

Le lundi 16 octobre, on retournait au Théâtre d’Angoulême pour un concert d’exception: il n’est pas si fréquent d’entendre Nikolaï Lugansky en France, encore moins en Charente. On ne regrettera pas d’avoir saisi cette chance offerte par Piano en Valois. Lorsque le pianiste au regard bleu glacier pose les premières notes des Kinderszenen opus 15 de Schumann, le miracle s’accomplit, le monde et ses turbulences soudain s’évanouissent, et l’on retient son souffle, de peur de briser le charme: ce doux cocon nous enveloppe à nouveau, cette bulle pure et protectrice, souvenir des pays étrangers de notre lointaine enfance. Que dire? Comment Lugansky opère-t-il ce miracle? Il y a le toucher, rond, d’une tendresse infinie, le legato, le son, d’une pureté, d’une perfection, la réserve et la profondeur. Lugansky nous fait accéder à la simplicité, à l’innocence de ces treize pièces, avec une justesse de ton et une retenue qui sied si bien à la musique de Schumann, à ces pièces-là particulièrement. Débordement d’émotion, lorsqu’il joue « Kind im Einschlummern » (l’enfant s’endort), d’une lenteur inhabituelle et magnifique, dans un pianissimo extrême, disparaissant dans un silence d’une longueur et d’une densité bouleversantes, jusqu’au Der Dichter Spricht (le poète parle), si poignant, si noble, que la larme retenue depuis un moment au coin de l’œil, non sans effort, finit par s’en échapper. Silence encore. Applaudissements d’un public sous le choc de l’émotion.

Revenant à Chopin, sa Barcarolle opus 60 au tempo assez allant oppose un début au lyrisme solaire, sur une basse miroitante plus qu’ondulante, au milieu de la pièce évoquant le trouble des profondeurs aquatiques. On est frappé par le bouillonnement des basses à la reprise fortissimo du thème initial, qui renoue avec le caractère passionné de l’œuvre. Il enchaîne avec la 4ème Ballade, épique, transcendante, grande et solide comme un roc, nous prenant dans le vertige de ses climax saisissants. En deuxième partie, il est chez lui, avec Rachmaninov: des Préludes extraits des opus 23 et 32. De l’âme slave, il en connait tous les contours. Mais ce qui sidère dans son interprétation, c’est la rigueur, alliée à une restitution de l’écriture dénuée de tout sentimentalisme impudique. Du Rachmaninov comme on l’aime: clarté de la polyphonie, usage modéré et soigné de la pédale, variété des timbres, des éclairages et des rythmes, contrastes entre les pièces fulgurantes, voire âpres, et celles méditatives, rêveuses, toujours la beauté du son (magnifiée par le travail de Gérard Fauvin sur son superbe piano) …et rien de froid dans tout ça. Du grand Rachmaninov! Du grand Lugansky! Du grand piano!

Et surtout et encore de l’émotion.

Quelques jours ont passé. Rémanence de ces Scènes d’enfants inoubliables, au creux de mon oreille, dans les replis de mon cœur. Je me souviens d’une ancienne version, qui m’avait émue en son temps: celle d’Ivan Moravec. Merci Piano en Valois!


Jany Campello

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