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Compositeurs / Baroques et classiques / JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764) - Une certaine esthétique française

Portrait

JEAN-PHILIPPE RAMEAU (1683-1764) - Une certaine esthétique française

Par Marc Bosmans / Mercredi 15 avril 2015
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Étrange carrière que celle de Jean-Philippe Rameau. On le connaît aujourd'hui comme l'un des plus importants compositeurs d'opéras du xviiie siècle, un vrai mythe fondateur pour l'esthétique française, aussi important pour la musique que Racine pour la littérature. Pourtant, sa carrière lyrique débuta fort tard (son premier opéra, Hippolyte et Aricie fut créé en 1733, l'année de ses 50 ans, autant dire le troisième âge). Et à cette époque, sa production était relativement mince, eu égard aux critères d'un temps où les compositeurs se montraient généralement prolifiques. Quelques pages religieuses, quelques cantates profanes, et surtout trois livres de clavecin, qui vont retenir notre attention.


Comment devient-on Rameau ?

Il était né dans la très nombreuse famille d'un organiste dijonnais. Un de ses frères, celui qui sera le père du "neveu de Rameau", encore plus doué que lui, fut un enfant prodige sur l'orgue de la Cathédrale Saint-Bénigne où il se produisit à 10 ans. Les études générales de Jean- Philippe, au Collège des Godrans de Dijon, tenu par des Jésuites, ne furent pas poussées bien loin car il ne s'intéressait qu'à la musique, chantant et composant en cours. À 18 ans, comme son contemporain Hændel, il part pour l'Italie qui offrait de bonnes possibilités de formation et d'emploi mais n'alla pas plus loin que Milan. Il y resta moins de temps que le "caro Sassone" puisqu'un an plus tard, on le retrouve à Avignon, où il officie à Notre-Dame-des-Doms puis bientôt à Clermont-Ferrand. Le chapitre de la cathédrale lui propose un contrat de six ans, qu'il ne terminera pas puisqu'en 1706, il est de retour à Paris.

Il publie alors un Premier Livre de pièces pour clavecin et continue son errance. Le revoici à nouveau à Dijon, puis à Lyon, où il semble avoir composé ses Grands Motets, dont le fameux In convertendo, puis encore à Clermont. Il ne reviendra se fixer à Paris qu'en 1723 avec un catalogue peu nourri mais un bagage théorique impressionnant puisqu'il a déjà rédigé son Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels (1722).

Deux ans après son arrivée, il publie aussi un nouveau livre de Pièces de clavecin, et complète son premier volume par un deuxième, le Nouveau système de musique. Les écrits de Rameau sont une application à la musique de la physique de Descartes. Ils constitueront pendant deux siècles la base théorique de toute musique qui postule que le système tonal, fondé sur la résonance naturelle des corps sonores, est universel et fondé scientifiquement. Lorsque Pierre Boulez publia un ouvrage intitulé Penser la musique aujourd'hui, il se trouva bien des musiciens et des mélomanes pour contester ce titre car selon eux, la musique ne se pense pas comme une abstraction mathématique mais se ressent, se vit avec son corps ou son âme. Le titre boulézien, Rameau aurait pourtant pu le revendiquer. Ne regrettait-il pas que la composition de ses opéras lui vole un temps précieux qu'il aurait pu consacrer à la rédaction de ses traités ?


Des débuts parisiens plutôt discrets

Dans un premier temps, Rameau compose des musiques pour les théâtres de foire dont le rondeau des Sauvages, qui devait accompagner l'exhibition d'Indiens d'Amérique, et sera réutilisé dans Les Indes galantes, ainsi que des cantates, et de Nouvelles Suites de clavecin (1726-1727). Il a la chance d'être reconnu et même hébergé par le fermier général La Pouplinière, ce qui assure sa situation matérielle. Il pense désormais à l'opéra, le grand genre musical, dont il expose la théorie (avant d'en avoir composé un seul) dans une lettre au poète Houdar de la Motte.

La pratique viendra ensuite avec un premier titre qui sera immédiatement remarqué et causera même un certain désarroi chez les amateurs. Ce premier chef-d'oeuvre sera suivi de quelques autres : Les Indes galantes (1735), Castor et Pollux (1739), Dardanus et Les Fêtes d'Hébé (1739).



Au temps de la Querelle des Bouffons

Une telle activité ne pouvait que finir à Versailles où, à partir de 1745, l'année de son étonnante comédie lyrique Platée, il produit de nombreux spectacles lyriques, chorégraphiques, parfois de circonstance, collaborant avec Voltaire, avant la disgrâce de l'écrivain, composant encore une somptueuse tragédie lyrique, Zoroastre pour l'Opéra (1749). Sa frénétique activité sera brutalement arrêtée par la Querelle des Bouffons. Pour une nouvelle société désireuse de sentiments "naturels", de musique simple jaillissant du coeur, les opéras de Rameau sont trop compliqués, à la fois pour l'intrigue et la musique et sonnent un peu "vieux jeu". Bien qu'il continue de composer et d'être joué jusqu'à sa mort, en 1764, peu après la création des Boréades, il est désormais considéré par beaucoup comme un homme du passé. Son dernier opéra, Les Boréades (1764), sera prestement retiré du répertoire où il ne reviendra que plus de deux siècles plus tard. Pendant les trois premiers quarts du xixe siècle, Rameau ne sera plus qu'une figure historique. Il faut rendre hommage à Charles Bordes, Camille Saint-Saëns et Vincent d'Indy d'avoir tiré de l'oubli, en réalisant à partir de 1895, une édition inachevée de ses oeuvres, un compositeur qui depuis, n'a cessé de fasciner et qui aura été fort bien servi par le mouvement d'interprétation "baroque".


Les grands recueils du clavier 1706 : 1er Livre

Ce premier livre est une classique suite de danses, dans la tonalité principale de la mineur. La Suite est une forme typiquement française (qui essaimera bientôt dans le monde germanique), composée de danses de diverses origines. Dans les toutes premières années du xviiie siècle, des musiciens de premier plan comme Louis Marchand, Nicolas Clérambault ou Gaspard Le Roux avaient déjà publié des suites pour clavecin. À l'origine, ce genre de compositions était plutôt destiné au luth, avant d'intéresser les clavecinistes. On ne s'étonnera donc pas de trouver dès le début un prélude non mesuré, qui rappelle la pratique des anciens luthistes "préludant" et improvisant pour se mettre l'instrument en main et l'accorder. Viennent ensuite les danses proprement dites. L'Allemande I (qui n'était plus dansée mais était devenue une forme musicale abstraite) est une pièce de tempo modéré et de caractère noble. L'Allemande II débute par le même motif d'accroche. Légèrement plus dynamique, très ornementée, elle possède un caractère identique à la première, marqué par une grande liberté harmonique. La Courante ne se dansait alors pas plus que l'Allemande, et était devenue une pièce de concert d'un caractère modérément vif, au rythme souple et bien balancé. La Gigue, dans sa version de concert, était moins vive que les gigues à danser. Elle conserve ici cependant son caractère piquant, ennobli par la tonalité mineure. Les deux Sarabandes sont moins solennelles et compassées que de nombreuses autres pièces du même genre. Elles ont un caractère tendre et chantant, surtout la seconde dans laquelle la mélodie ornée se superpose à une main gauche assez simple. Suit une pièce de genre, extérieure à l'ordonnance commune de la Suite, une charmante Vénitienne, jolie comme une populaire barcarolle. Le livre s'achève sur une brève Gavotte enjouée et un minuscule Menuet au tempo vif et au rythme fluide et coulant.



1724 : 2e Livre

En 1724, Rameau publie un nouveau livre, aujourd'hui connu sous le titre de Second Livre, dont le titre exact était Pièces de clavecin avec une méthode pour la mécanique des doigts. Il était de fait précédé d'un petit traité pédagogique, fondé sur l'idée de jeu selon la nature (nous sommes déjà à l'ère des Lumières). Pour Rameau, la pédagogie de l'instrument ne saurait se fonder que sur des principes naturels. Qui les suit saura, pour peu qu'il s'entraîne assidûment, maîtriser son instrument et la musique. Après avoir posé les principes (position naturelle des doigts, passages). Il précise ensuite quelques notions comme le roulement, les batteries, les cadences, en puisant ses références dans son propre recueil. Dans cet exposé introductif figurait, à titre d'exemple, un bref Menuet en do majeur, très facile à jouer (qu'Alexandre Sorel analyse pour nous dans ce numéro) et un catalogue des ornements. Le recueil proprement dit comprend dix-neuf pièces que l'on subdivise généralement en deux suites, respectivement en mi et en ré. Cette façon de présenter les choses est erronée. S'il existe effectivement deux groupes de tonalité différente, il ne s'agit pas vraiment de suites au sens strict (comme par exemple les Suites françaises de Bach). Une partie du groupe de pièces en mi s'apparente bien à la suite de danses, mais seules l'Allemande, la Courante, les deux Gigues et les Rigaudons appartiennent aux danses de la suite classique. Toutes les autres pièces peuvent être assimilées à des pièces de genre.

Dans le groupement en ré, on ne trouve plus que des pièces caractéristiques aux titres descriptifs ou évocateurs. L'Allemande initiale n'est pas d'une conception fondamentalement différente de celle de 1706. C'est une Allemande de caractère italien d'une grande unité thématique. La Courante qui suit est conforme aux anciens canons français. Les Gigues en rondeau réunissent les "goûts" français et italien. De la France, elles tiennent leur ornementation chargée ; de l'Italie, leur virtuosité. Vient ensuite une première pièce de caractère avec Le Rappel des oiseaux, à deux voix dialoguant sur le mode imitatif. Les Rigaudons reviennent à l'esprit de la danse, après quoi le groupe en mi s'achève par trois pièces empruntées au répertoire populaire, une Musette en rondeau imitant l'instrument pastoral, un Tambourin d'origine provençale, l'une de pages les plus populaires de Rameau, et La Villageoise, au caractère frais et tendre, dans le goût de certaines pièces pastorales de Couperin.

Le groupe en ré contient quelques-unes des pièces les plus développées de Rameau. Les Tendres plaintes dont le titre dit assez le caractère, et qui resservira dans Zoroastre ; Les Niais de Sologne, au titre étrange, longue pièce avec un joyeux thème et deux doubles (variations), réutilisée dans Dardanus ; Les Soupirs, élégie proche du style de Couperin (jeu luthé, utilisation du registre médian) ou encore L'Entretien des Muses, page grave, d'une apparente et trompeuse simplicité, dominent de très haut la production de clavecin du temps, hormis quelques pièces également inspirées de Couperin. Les Cyclopes sont d'une veine plus puissante, incontestablement théâtrale. D'autres morceaux, plus brefs, La Joyeuse, La Follette, Les Tourbillons, La Boiteuse témoignent du coup de crayon vif et acéré de Rameau. Quant au minuscule menuet Le Lardon, Paul Dukas l'utilisa en 1901 dans ses Variations, Interlude et Finale sur un thème de Rameau.


1726-1727 : 3e Livre : Nouvelles Suites

Les Nouvelles Suites sont composées sur le même principe que les Pièces de 1724 (mais cette fois-ci, Rameau parle bien de suites pour définir les deux groupes de pièces, en la et sol, quinze au total. La préface "Remarques sur les Pièces de ce livre et sur les différents genres de musique" suggère le tempo et le caractère de chaque morceau et témoigne d'un souci de rigueur quant à la notation. On notera que la date exacte de ce recueil aura longtemps été controversée. L'édition d'Erwin Jacobi en 1958 proposait 1728. D'autres musicologues proposèrent 1729 ou 1730. Plus récemment, on a avancé la date à 1726-1727.

La Suite en la commence une fois encore avec trois danses de la suite traditionnelle. Dans l'Allemande, on retrouvera quelques traits des allemandes antérieures, mais avec plus de liberté harmonique. La Courante s'éloigne tout à fait des anciennes danses de ce nom. Elle est alors devenue une forme abstraite, d'une grande originalité harmonique et d'une polyphonie rigoureuse. Par sa grandeur, la Sarabande était bien adaptée à la scène solennelle de l'acte III de Zoroastre où Rameau la replacera. Viennent ensuite plusieurs pièces de genre. Les Trois Mains, comme l'indique le titre, est un morceau de virtuosité au ton scarlattien donnant l'illusion d'une main supplémentaire. On ignore l'origine du titre La Fanfarinette, donné à une charmante pièce à 6/8, de caractère tranquille et souriant. La Triomphante appartient au genre brillant et guerrier que les clavecinistes se plaisaient parfois à illustrer. La Gavotte et Six Doubles dépasse de très loin les gavottes habituelles. Le thème, noblement dépouillé, est suivi de six variations d'une grande virtuosité et d'une complexité croissante. Ancêtre de toutes les variations brillantes, au même titre que L'Harmonieux forgeron de Hændel, cette ample architecture appelait naturellement l'orchestre. Elle sera notamment instrumentée par Otto Klemperer.

La Suite en sol débute avec Les Tricotets, pièce agile comme la main qui tricote. L'Indifférente est un de ces portraits en musique dont raffolait le public. Par son charme un peu nonchalant, elle évoque le célèbre Indifférent de Watteau. Deux pièces plus loin, on retrouvera la même sérénité un peu distante dans le mouvement doucement fluide du Triolet. Les deux Menuets seront transposés en ré dans Castor et Pollux. Ils diffèrent profondément l'un de l'autre. Le premier a des grâces que l'on associerait volontiers à l'époque de La Pompadour. Le second, en mineur, semble plus austère et énergique. Vient ensuite La Poule, une des pages les plus connues de Rameau, avec ses notes répétées imitant l'animal. Mais que l'on ne s'y trompe pas. Dans cette pièce d'assez vaste dimension, il s'agit moins de brosser un portrait animalier que de réaliser une étude "symphonique" de style percussif. On ne présente plus les Sauvages, définitivement le morceau le plus célèbre de Rameau avec le Tambourin, qui deviendra la Danse du Calumet de la Paix dans l'entrée des Incas des Indes galantes. L'Enharmonique est probablement la pièce la plus savante de Rameau. Elle tient son titre d'une enharmonie (do dièse-ré bémol) à la douzième mesure, qui va donner au passage une étrange instabilité harmonique et rythmique. Dans la préface, Rameau prévient prudemment son interprète : "L'effet que l'on éprouve à la douzième mesure ne sera peut-être pas du goût de tout le monde." Mais c'est en fait toute la pièce qui est empreine d'une couleur sombre, d'un climat tourmenté. L'Égyptienne, moins complexe, évoque les pas de danse d'une gitane.



Pièces ultérieures

En 1741 paraît un important recueil de Pièces de clavecin en concerts. L'usage s'était imposé de réaliser des pièces de musique de chambre pour clavecin accompagné d'autres instruments et susceptibles de réalisations diverses. Rameau composa donc cinq "concerts" comportant chacun trois ou quatre pièces. Comme il le signale dans la préface, "ces pièces exécutées sur le clavecin ne laissent rien à désirer". Les autres instruments peuvent être facultatifs. Rameau réalisa toutefois des versions pour clavecin seul. Ces quatre pièces sont La Livri, L'Agaçante, La Timide, en deux rondeaux successifs, et L'Indiscrète. Cette dernière pièce montre une évolution remarquable de la composition. Bien qu'il s'agisse d'un rondeau, le refrain joue le rôle d'un premier thème et le couplet celui d'un second, de sorte que l'on commence à pressentir une évolution vers la forme-sonate bithématique. C'est un procédé que l'on retrouvera dans la dernière pièce composée pour le clavecin par Rameau, La Dauphine (1747). Dédiée à Marie-Josèphe de Saxe lors de son mariage avec le Dauphin, elle combine une écriture parfois très libre (le tempo peut fluctuer) mais orientée vers un certain bithématisme.



Rameau au piano?

La musique de clavier de Rameau est dévolue au clavecin. Pour autant, comme celle de Bach ou Scarlatti, elle n'est pas interdite aux pianistes.


S'il est vrai que le disque, aujourd'hui puriste, offre essentiellement des enregistrements sur clavecin, de nombreux pianistes jouent Rameau. On remarquera d'abord que cette musique semble parfois échapper à l'univers particulier du clavecin, bien plus que celle de Couperin, par exemple. Souvent ample (La Poule, Gavotte et Six Doubles), le piano lui confère une grandeur qu'elle possède virtuellement. Ses subtilités harmoniques qui ravirent les compositeurs français plus ou moins liés à l'"impressionnisme" musical peuvent être dosées plus finement par le jeu des pédales. La première interprète à réaliser une intégrale pianistique de Rameau fut Marcelle Meyer (dans les années 50, pour le label Les Discophiles français). Il n'est pas indifférent de remarquer que cette grande pianiste était très liée à certains courants modernistes comme le Groupe des Six, et que sa discographie (Rameau, Couperin, Scarlatti, Chabrier, Debussy, Ravel, Poulenc, Stravinsky et Milhaud) trace à travers l'histoire un axe original. Plus d'un demi-siècle plus tard, le jeune Alexandre Tharaud lui rendit hommage. Auteur de disques consacrés à Chabrier et Poulenc, il réalisa sur un piano Steinway un enregistrement des Nouvelles Suites de 1728 (HM, 2001). Ses remarques sur son interprétation sont d'un grand intérêt pour les interprètes de Rameau mais aussi pour toute musique conçue pour le clavecin. Il note ainsi que l'ornenentation, capitale dans l'interprétation au clavecin, prend au piano un sens différent. Là où le claveciniste ornemente pour prolonger la note qui a tendance à mourir rapidement, le pianiste doit se montrer discret et alléger les agréments. Il dispose en revanche de possibilités nouvelles pour créer des nuances, organiser le discours en volumes sonores, mettre en valeur l'harmonie par la pédalisation. Il ne s'agit pas d'opposer le piano au clavecin mais tout simplement de noter que les caractéristiques de chaque instrument ouvrent à l'imagination de l'interprète des chemins intéressants.



À LIRE

Jean-Philippe Rameau, par Christophe Rousset


Paru aux éditions Actes Sud (collection "Classica"), l'ouvrage du claveciniste et chef d'orchestre tente de percer le mystère de l'existence et de la personnalité de Rameau, l'un des compositeurs les plus marquants du classicisme français, mais aussi l'un des plus méconnus. Ce portrait tout en finesse réserve une place non négligeable à l'analyse de l'oeuvre pour clavier du musicien.




Jean-Philippe Rameau en quelques dates

1683 25 sept., naissance à Dijon

1706 Édition du 1er Livre de Pièces de clavecin

1720-1730 Série de Cantates profanes

1722 Publication du Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels

1723 Installation à Paris

1724 1re édition du 2e Livre de Pièces de clavecin

1726 Publication du Nouveau système de musique théorique

1728 Nouvelles Suites de Pièces de clavecin

1733 Hippolyte et Aricie

1735 Les Indes galantes

1737 Castor et Pollux

1739 Dardanus et Les Fêtes d'Hébé

1741 Pièces de clavecin en concert

1745 Platée. Compositeur de la Chambre du Roi

1747 La Dauphine, pièce de clavecin isolée

1749 Zoroastre

1760 Les Paladins

1764 12 sept., décès à Paris

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