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Actualités / Interprètes / JEAN-FRÉDÉRIC NEUBURGER - L'Art Total

Entretien

JEAN-FRÉDÉRIC NEUBURGER - L'Art Total

Par Stéphane Friederich / Vendredi 2 septembre 2011
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En 2004, vous obtenez quatre prix au Concours Long-Thibaud. Quelles en ont été les conséquences pour votre carrière ?

J’ai eu tout à coup un certain nombre de propositions de concerts notamment grâce au travail du bureau du concours.

Je n’ai donc pas eu trop à me soucier du lendemain. Cela étant, l’influence des concours s’estompe avec le temps et il me semble que c’est la qualité des rapports que l’on entretient avec chaque membre de notre « société musicale » (musiciens, organisateurs, public…) qui est le meilleur garant de la poursuite d’une carrière.


Vous n’avez jamais été considéré uniquement en tant que pianiste…

C’est véritablement moi qui n’ai pas souhaité « m’enfermer » sur scène ! Je compose, j’enseigne, je joue de la musique.

Cela n’a rien de novateur si vous considérez l’histoire de la musique, notamment à l’époque baroque. Les compositeurs transposaient et jouaient leurs propres œuvres. L’artiste se confond avec l’artisan.


Comment organisez-vous votre temps ?

J’arrive de mieux en mieux à gérer toutes mes activités. D’abord, parce qu’il y a toujours une priorité à un moment donné. Je sais maintenant à l’avance combien de temps il me faut pour composer ou apprendre telle ou telle partition, pour écrire une pièce, pour transcrire une partition. Je sais par exemple que pour le Concerto pour piano de Philippe Manoury que je créerai en 2012 avec l’Orchestre de Paris (voir encadré p. 19) va me demander pas mal de temps.


À côté de la musique contemporaine, vous aimez promouvoir des partitions rares comme ces concertos pour piano de Hérold gravés pour le label Mirare…

J’avais déjà l’expérience des Études de Czerny et de Heller parues également chez Mirare. En découvrant les trois concertos pour piano de Louis-Ferdinand Hérold (1791-1833), je savais donc que ce serait plus un amusement que du travail. Quand on écoute le Quatrième Concerto, on pense indubitablement à Chopin. Bien que cette musique ne soit pas au niveau des concertos mozartiens, elle est d’une étonnante fraîcheur.

Je la trouve très française dans son essence, les couleurs, la texture avec un contrepoint rudimentaire. Hérold joue aussi des oppositions de modes majeur et mineur comme chez Beethoven. Il y a un côté spontané, très « rousseauiste » dans cette écriture.


On aurait pu s’attendre à ce que vous jouiez sur un pianoforte…

Je ne pense pas maîtriser suffisamment le jeu du pianoforte pour me lancer dans l’aventure. Il faut du temps pour travailler sur ce type d’instrument. Mon répertoire de prédilection demeure malgré tout celui du romantisme tardif, du xxe siècle et d’aujourd’hui. Cela explique que, malgré tout l’intérêt que j’éprouve pour certains instruments anciens, l’organologie et la musicologie en général, je préfère m’en tenir à ce que je connais le mieux.


Quel regard portez-vous sur les esthétiques contemporaines ?

Comme tout musicien et compositeur, mon exploration de nouveaux horizons sonores est permanente. Je ne crois pas aux découvertes fortuites. C’est-à-dire que je pense que les univers esthétiques se rapprochent et parfois fusionnent. Cette sorte de synthèse des écritures s’impose d’autant plus que nous bénéficions à présent du recul par rapport à l’éclatement des esthétiques depuis 1945. Adolescent, au Conservatoire de Paris, j’étais sensible aux pièces de Ligeti, Lutoslawski… Et pas du tout à la musique sérielle. Par la suite, sorti des classes d’écriture, j’ai découvert la grandeur, par exemple, d’un Stockhausen, d’un Pierre Boulez. Mais mes amours ne font que s’ajouter les uns aux autres !

Ceci m’a amené, entre autres, à enregistrer la Sonate pour piano de Jean Barraqué.



Comment se manifeste cette évolution dans votre propre musique ?

Maldoror, l’une de mes œuvres pour piano, enregistrée en même temps que celle de Barraqué utilise un langage harmonique que l’on pourrait dire issu tout à la fois de Boulez, Murail et Stockhausen !

Pour autant, je tiens à ce que mon langage musical n’exclut pas la ligne vocale et la mélodie. L’intervalle conjoint n’est pas « diabolisé » ! La pièce Maldoror est aussi, je crois, très pianistique et virtuose. Elle peut par endroits « tomber sous les doigts ». Je tiens à cette filiation pianistique mais aussi littéraire puisque la partition évoque les Chants de Maldoror de Lautréamont. Tout cela s’exprime souvent avec sauvagerie. Une sauvagerie que j’entends souvent exprimée chez beaucoup de compositeurs contemporains aussi différents que Thierry Escaich ou Philippe Manoury.


Au Conservatoire de Paris, vous enseignez l’accompagnement

au piano. Parlez-nous de cette activité…

Avec mon assistante, Yumi Otsu, nous enseignons cette discipline qui inclut, entre autres, la lecture de musiques de presque toutes les époques, la transposition à vue, l’harmonisation, le travail de réduction d’orchestre, de chœur et l’accompagnement de chanteurs. La vraie difficulté de l’enseignement consiste, me semble-t-il, à comprendre les besoins des étudiants aux parcours fort dissemblables, et à les aider individuellement. C’est un travail passionnant, mais faisant appel à autant de technique que de savoir-faire psychologique !


Puisque vous évoquez l’univers de la réduction d’orchestre

à vue, quelle serait son utilité pour un pianiste amateur ?

Au piano, la lecture à vue, la transposition et la transcription-réduction sont absolument naturelles puisque l’instrument est le plus polyphonique qui existe avec l’orgue. Grâce à ces exercices, on se délasse tout en apprenant beaucoup et sans risque d’usure. En effet, celui-ci peut apparaître si l’on travaille « trop » une œuvre du répertoire. Un bon amateur, à défaut d’œuvres de Richard Strauss ou de Mahler, gagnera à s’exercer sur les quatuors de Mozart et les symphonies de Haydn   et de Mendelssohn, par exemple.


Quelles sont les clés pour déchiffrer à vue une symphonie, par exemple ?

On la parcourt du regard pour en définir le caractère et les tempos. Il faut se chanter avant tout les phrases principales en s’aidant du piano éventuellement si l’écoute intérieure n’est pas encore là. Ensuite, on isole les passages les plus complexes afin de trouver les arrangements qui permettront de les rendre au mieux, quitte à supprimer certaines voix secondaires. On devra aussi faire une rapide analyse de la forme.


Avez-vous des pièces de prédilection qui permettent précisément de lutter contre cette « usure »dont vous parliez ?

Chacun a ses « trucs » pour obtenir une détente physique indispensable au piano. Pour ma part, j’ai une prédilection pour la Toccata de Schumann et les Études nos 1, 2 et 10 de l’Opus 10 de Chopin. Lorsque je sens

une contraction ou que cela fait longtemps que je n’ai pas beaucoup travaillé, je joue ces pièces lentement et de manière douce ou forte alternée.

La Toccata est un bon résumé technique pour le jeu fort et doux, la mise en place des octaves, des traits en doubles notes. Ce type d’exercice produit presque un effet de massage et permet de retrouver l’élasticité de tous les muscles de la main. Ne jamais forcer la sonorité ni chercher en premier lieu la vitesse sont des conditions sine qua none pour bien jouer !




Jean-Frédéric Neuburger en quelques dates

1986 Naissance, le 29 décembre à Paris

1994 Débute le piano

1997 Premier concert. Premières compositions interprétées en public.

2000-2004 Obtention de cinq Premiers Prix au Conservatoire de Paris

2003 1er disque chez DiscAuvers (Études de Chopin).

2004 Quatre prix au Concours Long-Thibaud. Débuts au festival de La Roque d’Anthéron

2005 Lauréat de la Yamaha Music Foundation of Europe et de la fondation Accenture

2006 Premier Prix au Young Concert Artists International Auditions de New York. Récital au Carnegie Hall et concert avec le Philharmonique de New York

2008 « Choc » du Monde de la musique pour le CD « Live au Suntory Hall » (Mirare)

2009 Professeur au Conservatoire de Paris

2010-2011 « Rising Star » de l’European Concert Hall Organisation. Création de Sinfonia pour deux pianos et percussions. Maldoror pour piano seul. Prix Nadia et Lili Boulanger de l’Académie des Beaux-Arts

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