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Actualités / Interprètes / MARTHA ARGERICH - Reine et esclave

Entretien

MARTHA ARGERICH - Reine et esclave

Par Olivier Bellamy / Mercredi 6 juillet 2011
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Qu’as-tu pensé du titre du livre que j’ai écrit sur toi : Martha Argerich - L’Enfant et les Sortilèges* ?

C’est un très joli titre (rires). Et j’aime beaucoup cette œuvre de Ravel.

Tu te sens encore une enfant ?
On l’est tous, non ? Nous sommes les enfants de l’enfant. J’aimerais bien encore en être un… J’avais les cheveux courts parce que mon père m’obligeait à aller chez le coiffeur deux fois par mois. À quinze ans et demi, j’ai changé de look et je n’ai plus voulu qu’on me touche les cheveux.

Et les « sortilèges » ? Ton rapport au piano relève-t-il de la magie ?
Je ne sais pas si l’on peut expliquer notre existence ou quoi que ce soit. Alors peut-être que tout est magique, ou rien n’est magique, je ne sais pas. Je pense à tellement d’autres choses en ce moment…

Pascal disait que le malheur de l’homme réside dans le fait qu’il ne peut pas rester dans une chambre…
Cela me convient très bien et ça m’arrive souvent. Mais il y a toujours beaucoup de monde autour de moi, tout le temps. Ces derniers jours, j’essaie de trouver du temps pour travailler. Je ne veux pas dire préparer des concerts, mais travailler pour moi. Me retrouver seule avec le piano. Ici à Bruxelles, je peux. Ailleurs, je ne peux pas. Et j’aime travailler la nuit parce que cela me permet d’avoir plus d’intimité avec moi-même. Quoiqu’on sonne souvent à la porte à trois ou quatre heures du matin.

Il y a tant d’œuvres qu’on aimerait t’entendre jouer…
Je ne sais pas quoi répondre. Ça se passe quand ça se passe. Ou pas.

Le pianiste Stephen Kovacevich dit que, s’il était Dieu, il t’obligeraità jouer le Concerto pour la main gauche de Ravel. C’est, selon lui, une œuvre écrite pour toi…
Je ne sais pas pourquoi il dit ça. C’est une idée à lui. J’aime écouter cette œuvre. J’ai essayé une fois de la jouer et j’ai attrapé un torticolis. Beaucoup de pianistes la jouent, elle n’a pas besoin de moi.

Peut-on parler de ta mémoire quasi surhumaine ?
Je ne sais pas si je l’ai toujours.Et je n’ai pas de filtre : je me souviens de choses dont la plupart sont sans importance.

Tu n’as jamais eu de trou de mémoire sur scène ?
Des vrais, non. Des petits. Aujourd’hui, c’est la mode de jouer sans partition. Michel Dalberto dit que c’est un manque de respect, même pour un élève qui joue devant son professeur.

Chopin pensait le contraire.Il n’aimait pas qu’un élève joue par cœur…
Mais il n’a pas eu d’élèves si extraordinaires, surtout des dames de la haute société, non ? Ce n’est pas comme Liszt ou Clara Schumann qui ont eu des élèves qui sont devenus professionnels.

Aimes-tu jouer sur scène ou te sens-tu proche de Chopin qui détestait ça ?
Si ça se passe bien, j’adore. C’est tout ce qu’il y a autour qui m’ennuie, avant et après. Mais j’aurais bien aimé entendre jouer Chopin, lui plus que les autres. Comme être humain, il a beaucoup souffert. Ils ont eu une vie terriblement difficile tous : Schumann, sans parler de ce pauvreBeethoven. Je ne sais pas comment ils ont fait pour écrire toutes ces œuvres extraordinaires, comment ils ont pu trouver le temps.

Tu as l’impression que tu manques de temps ?
Tout le monde s’en plaint aujourd’hui. Moi, j’ai l’impression qu’on bouffe mon temps. Je pense beaucoup à la mort en ce moment. Ce n’est pas nouveau car j’y pensais aussi à 9 ou 10 ans. Je m’imposais des rituels magiques qui m’empêchaient de dormir. Mais c’est différent aujourd’hui, je pense au temps qu’il me reste et qui n’est pas illimité. C’est pour cela que j’ai besoin de me retrouver avec mon centre, mon intimité.

Tu ne te sens plus immortelle depuis ton cancer ?
Ça peut revenir, tu sais. Cela fait douze ans que je suis en sursis et je fais des check-up chaque année. La première fois, c’était un moment terrible parce qu’on m’a diagnostiqué le mélanome le jour de l’enterrement de ma meilleure amie. Quand c’est revenu, six ans plus tard, c’était différent, je m’y étais habituée peut-être et, bien que ce fût plus grave, je l’ai affronté de manière sportive. Et puis l’ambiance médicale aux États-Unis n’était pas terrorisante. Ce qui me préoccupe aujourd’hui, c’est que j’ai atteint l’âge que ma mère avait quand elle est morte.



Ta mère était un personnage extraordinaire…
Oui. Elle était fascinée par Daniel Barenboïm. Elle me disait : « Pourquoi tu n’es pas comme lui ? » Elle aurait voulu que je dirige et que je joue autant d’œuvres que lui. C’était une femme extravagante, qui ne craignait pas de choquer et qui disait tout ce qui lui passait par la tête. Elle était très drôle.

Le piano, c’est grâce à elle ?
J’ai commencé toute seule, par jeu. C’est elle qui a trouvé les professeurs. Vincenzo Scaramuzza, d’abord. Elle était très présente, elle notait tout ce qu’il disait. Quand j’ai eu mon premier enfant, je n’avais pas joué depuis trois ans, j’avais juste « gratté » le piano. Je me suis dit : « J’ai un enfant, j’étais une pianiste, je ne suis plus pianiste, je sais parler plusieurs langues, peut-être je peux faire la secrétaire… » Et elle m’a présentée à Stephan Askenaze qui m’a préparée au Concours Chopin. Elle a toujours été une bouée de sauvetage, en ce qui concerne le piano.


Est-ce que tu lui dis merci ?
Bien sûr. Et je l’aime. Mais c’était une personnalité très forte. Si quelqu’un me disait quelque chose, je l’acceptais, mais si cela venait d’elle, je ne pouvais pas le supporter. On est toujours un peu injuste envers ceux qui sont (trop) proches. Quand on est une ado, on veut vivre sa vie et faire ses propres bêtises, même si l’on sait que sa mère a raison. Elle avait un don pour révéler les gens à eux-mêmes. Par exemple, Alberto da Costa jouait du piano, mais avait du mal à percer. Elle lui a demandé s’il savait faire autre chose. Il lui a montré ses dessins, elle les a apportés à un grand peintre qui a confirmé qu’il avait du talent. Et maintenant, Alberto est un peintre reconnu. Elle savait très bien obtenir des choses pour les autres, pas pour elle.

Elle disait que tu avais trop de « parasites » autour de toi…
Elle les appelait comme ça. Elle parlait de « mauvaises influences »… Mais elle critiquait chez moi des choses à elle, car je ne disais rien de ses amis ! Elle était toujours entourée, tout le temps, beaucoup de monde gravitait autour d’elle. Elle me harcelait pour le piano. Je ne travaillais pas beaucoup quand j’étais petite, mais je travaillais tous les jours. Aujourd’hui, je travaille davantage.Je ne sais pas pourquoi. Peut-être parce qu’il n’y a pas autre chose dans ma vie. Je suis résignée (rires).

Et ton père ?
Il était très séduisant, du genre artiste, avec beaucoup d’imagination. Il m’écrivait des poèmes la nuit, il me réveillait à deux heures du matin pour me raconter des histoires. C’était une relation merveilleuse, mais on avait beaucoup de bagarres.

Tu étais un enfant roi ? 
Roi et esclave ! Je ne voulais pas d’adoration et je ne voulais pas d’esclavage. C’est lié, je crois. Je voulais quelque chose de plus démocratique. Je trouvais qu’on me maltraitait. Par exemple, je ne pouvais pas obéir à un ordre si je n’en comprenais pas la raison. Je demandais toujours : « Pourquoi, pourquoi ? » Mais enfin, mes parents faisaient comme ils pouvaient.

Donc, si tu es restée une enfant, tu avais très tôt une conscience d’adulte ?
J’ai l’impression. Je savais bien trop de choses sur eux, à cause de lapromiscuité. On vivait dans un appartement très petit et j’étais toujours avec des adultes. De plus, ayant pris l’habitude de me concentrer très tôt, avec le piano, j’avais une conscience très nette de ce qui se passait autour de moi. On ne pouvait pas me raconter d’histoires !

Et avec tes filles, plus tard ?
J’étais transparente. Il n’y avait pas de papa, je vivais avec des amis, dans une maison très grande. C’était très bien à cette époque. Pour les enfants aussi, je crois. Je voyageais avec elles, enfin avec les deux dernières, parce que l’aînée, je n’ai pas pu.

Pourquoi as-tu cessé de jouer à 19 ans ?
Je n’étais pas satisfaite de ma manière de jouer, de ma vie. J’ai travaillé avec Michelangeli et je n’ai eu que quatre leçons en un an et demi.

Pourquoi si peu ?
C’était comme ça ! Il ne donnait de leçons à personne. C’était une vie communautaire. On était douze… comme les apôtres. On attendait ! On jouait au ping-pong, on partageait nos repas, et on attendait ! Mais c’était très bien.

As-tu l’impression d’être vraiment toi-même quand tu joues ?
Tu veux dire à la maison ou sur scène ? C’est très différent. Devant le piano, je cherche, alors ça me prend entièrement. Je me sens plus dans mon centre, oui, chez moi. Mais si j’étais un acteur ou un chirurgien, ce serait la même chose.

Sur scène, as-tu l’impression que quelque chose se passe en dehors de toi ?
Bon, je joue de la musique écrite par quelqu’un d’autre, donc, forcément, c’est en dehors de moi. Mais je comprends ce que tu veux dire, tu penses à une sorte de transe ? Je ne ressens pas ça, non, je ne peux pas dire ce que je ne sens pas. C’est très naturel pour moi, il ne faut pas chercher des choses paranormales. Ce qui est vrai, c’est qu’on oublie tout sur scène, ses douleurs… Mais il n’y a rien de spécial.



Tu as une technique très naturelle…
Je ne sais pas si c’est naturel. C’est très ancien. Depuis l’âge de 3 ans. Si tu penses au contact avec l’instrument, alors, oui, c’est vrai. Un jour, Paul, le fils de Friedrich Gulda a demandé à son père : « Papa, que faut-il faire pour bien jouer ? » Il a répondu : « Il faut entrer dans le piano. » Quand on n’est pas en forme, on a du mal à rentrer, mais quand on est en forme, on entre. C’est une sensation physique très agréable, comme si on faisait du pain. C’est euphorisant même. Pour être en forme, il faut beaucoup travailler, sinon on reste à l’extérieur, mais travailler ne donne pas l’absolue certitude d’être en forme le jour du concert. Quand ça ne marche pas, c’est terrible, on voit un monstre avec des dents… Quand ça marche, c’est une sensation physique, manuelle, sensuelle. Et puis, il y a la musique quand même, c’est le but, sinon à quoi bon !

Et quand tu écoutes les autres pianistes ?
Ça dépend qui, dans quoi, quand et comment. Ce n’est pas moi qui ai les mains à la pâte. Mais je sais quand quelqu’un a ça ou pas.

Il y a donc bien deux sortes de pianistes, ceux qui ont un contact naturel avec l’instrument et les autres ?
Oui. Un contact très intime, je dirais. Mais on n’est pas né comme ça, je ne crois pas. C’est après s’être approché, et puis avoir travaillé. Mais certains travaillent beaucoup et ça n’arrive pas. C’est peut-être ce qu’on appelle le talent. C’est comme les trapézistes ou les danseurs. Ils ont tous deux bras et deux jambes, mais certains les utilisent d’une autre manière.

Es-tu à la recherche de tes jumeaux ? 
De ceux qui ont cette chose dont tu parles ?Oui, je suis attirée par cette chose, mais je ne m’admire pas moi-même. Je me sens proche des gens que j’admire. Pas seulement pour le piano. J’admirais beaucoup Michael Jackson, par exemple, j’ai été très triste quand il est mort. Ou Farruquito, le danseur de flamenco. Mais je ne peux pas l’expliquer. Ne m’oblige pas à expliquer ce que je ressens, tu l’as vu, je t’ai montré ce qu’il fait. Ou bien on sent les choses ou on ne les sent pas.

La pianiste Youra Guller, que tu as bien connue, dansait aussi le flamenco…
Oui, c’était une pianiste merveilleuse. Horowitz l’admirait beaucoup, Nikita Magaloff aussi. Elle avait une sonorité dorée. Et puis elle s’est mariée, elle a habité Genève et elle a pris des coursde flamenco avec la légendaireArgentina. Elle a même donné des tournées en Extrême-Orient, à tel point que Michel Simon, à qui on demandait s’il la connaissait, a répondu : « Bien sûr, la danseuse ! » Elle a rejoué en concert à la fin de sa vie, à Londres, à New York, des pièces aussi difficiles que Petrouchka. Elle était née le même jour que Gulda, un 16 mai, à Marseille, comme toi ! 

Nikita Magaloff a été ton professeur. C’était un prince russe… 
Oui, mais il ne le disait pas, parce que c’était un vrai (rires) ! Son oncle avait été le mécène de Prokofiev, qui était le professeur de piano de sa maman. Quand je l’ai rencontré, je ne savais pas qu’il était pianiste. Madeleine Lipatti lui avait demandé de m’écouter et il disait à sa femme, la fille de Szigeti : « Irène, regarde comme elle joue ! » Un autre jour, il s’est mis à jouer et j’ai découvert que c’était un très grand pianiste. Je n’ai pas compris pourquoi il avait été aussi étonné par moi. Madeleine Lipatti me reprochait de jouer trop vite. Elle me disait : « Vous ne voulez pas qu’on vous aime ? » Et Nikita lui a dit : « Mais Madeleine, on ne peut pas faire trotter un cheval de race. » Bien sûr, j’ai tout de suite été séduite. Mais il me reprochait aussi de jouer le deuxième thème du premier mouvement de la Sonate n° 3 de Chopin comme un tango.

Tu es très fascinée par le violon et les violonistes…
Oui. C’est un instrument tellement difficile, tellement subtil, tellement expressif aussi. Je suis fascinée par Ivry Gitlis, Gidon Kremer.

Il semble que tu t’intéresses moins aux jeunes musiciens ces derniers temps…
C’est-à-dire que j’ai eu l’idée,récemment, de créer une sorte de « musical club » pour les vieux musiciens, moi y compris et même plus vieux que moi, quelque part dans le monde, pour que nous puissions être entre nous, dans une maison de retraite, avec une assistance médicale et des pianos. Il faudrait que ce soit dans une ville, c’est très important, pour ne pas se sentir isolé du monde et pour pouvoir bouger. Quelque chose sur le modèle de la Casa créée par Verdi à Milan pour les vieux chanteurs et ceux qui n’ont pas eu tellement de succès. J’en parle beaucoup autour de moi, tout le monde trouve que c’est une bonne idée, mais ce n’est pour l’instant qu’un projet. Voilà. Mais je n’ai pas tellement envie de parler de moi en ce moment. Tu me demandes de dire ce que je pense de ceci ou de cela, mais je ne me sens pas fluide. Ce n’est pas un caprice, ça ne va pas. Si j’étais une politicienne, j’y parviendrais, mais je n’arrive pas à communiquer. Je me sens comme un hérisson. Je suis trop préoccupée par les histoires des autres et j’ai besoin de me retrouver moi. Et puis, je dois travailler. Je ne me sens pas très sympathique en ce moment. Tu ne m’en veux pas ?Propos recueillis parOlivier Bellamy

* Éditions Buchet Chastel , 2010, 284 pages, 23 euros.




Martha Argerich en quelques dates

1941 Naissance à Buenos Aires, le 5 juin

1955 Émigration en Europe. Études auprès de Friederich Gulda, Madeleine Lipatti, Nikita Magaloff, Stefan Ashkenaze

1957 1er Prix des concours internationaux de Genève et Busoni à Bolzano

1960 1er enregistrement (Deutsche Grammophon)

1961-1965 Retrait volontaire de la scène

1965 1er Prix au Concours international Frédéric-Chopin de Varsovie

1973-1976 Retrait volontaire de la scène

1980 Démission du Concours Chopin de Varsovie suite à l’éviction

d’Ivo Pogorelich

1999 Création du Concours international de piano, le Festival Martha

Argerich de Buenos Aires

2002 Création du « Martha Argerich Project » de Lugano, Suisse

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