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Compositeurs / Romantiques / PIOTR ILIYTCH TCHAÏKOVSKI - Suprêmement populaire

Portrait

PIOTR ILIYTCH TCHAÏKOVSKI - Suprêmement populaire

Par Marc Bosmans / Vendredi 17 avril 2015
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Tchaïkovski par A. Federki - photo AKG-Image © akg-images
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Piotr Iliytch TCHAÏKOVSKI
(1840-1893)

Tchaïkovski offre un cas intéressant et presque unique d’un compositeur très profondément ancré dans une culture et une sensibilité nationale, mais pourtant universel. Observons de plus près son œuvre pour piano.


De son vivant déjà, Tchaïkovski commença à remporter des succès hors de Russie, notamment en France et aux États-Unis. Issu de la bonne bourgeoisie terrienne de la Russie profonde et symbole d’un art lui-même bourgeois, il n’en sera pas moins également célébré par les divers régimes soviétiques (la salle de concert du Conservatoire de Moscou est la Salle… Tchaïkovski, le plus grand concours de piano russe est le Concours…Tchaïkovski). Certaines de ses œuvres sont connues même de ceux que la musique classique n’intéresse guère. On a souvent l’impression qu’il sait mieux que quiconque aller droit au cœur des auditeurs avec un sens musical à la fois inimitable et pourtant « grand public ».Récemment, son Concerto pour violon a atteint une immense popularité grâce au film Le Concert, de Radu Mihaileanu, mais ses trois ballets, son Premier Concerto pour piano (on oublie souvent qu’il en existe un et demi de plus !) conservent depuis près d’un siècle et demi une renommée inchangée, comme ses trois dernières Symphonies. Deux de ses opéras, Eugène Onéguine et La Dame de pique sont, avec Boris Godounov de Moussorgski, les seuls opéras russes à effectuer une carrière régulière partout dans le monde.Une telle célébrité ne va pas sans quelques inconvénients. Un tel succès, tant de sentiments pathétiques, tant de mélodies qui retournent l’âme, tant de délicieuses valses, cela finit par devenir suspect. En France, notamment, où l’on se méfie de la facilité, il fut (il est) soupçonné de vulgarité. L’intelligentsia française a préféré le Groupe des Cinq, autour de Balakirev et de Rimski-Korsakov, plus oriental, plus exotique et aussi plus moderne puisque cette branche menait directement à Stravinsky. C’était oublier que pour Stravinsky lui-même, Tchaïkovski était le plus authentiquement russe (il s’inspira directement de Tchaïkovski dans son ballet Le Baiser de la fée ou l’on retrouve l’Humoresque pour piano op. 10 n°2).


Les fondations d’un langage national

Tchaïkovski a composé de la musique pour piano seul tout au long de sa carrière. Les premières pièces connues datent de 1862 (il a donc 22 ans, ce qui n’est pas très précoce), une sorte de fantaisie sur une chanson populaire « Près de la rivière, près du pont », puis un peu plus tard, un Thème et Variations, un Allegro en fa mineur, toutes œuvres publiées bien après sa mort.Ses Opus 1 et 2, plus tardifs, seront consacrés au piano. L’Opus 1 comprend deux pièces différentes composées à trois ou quatre ans de distance (1864 ?-1867). L’Impromptu a quelque chose de violent et de tendu qui peut suggérer une sorte de filiation schumanienne où André Lischke, le grand spécialiste français du compositeur, voit une préfiguration de Rachmaninov. Le Scherzo à la russe, plus tardif et très animé, est inspiré d’une chanson ukrainienne. Il rappelle les trepak composés dans les milieux des Cinq, ce qui montre bien que les sources d’inspiration des deux tendances prétendument opposées de la musique russe ne l’étaient pas tant.Et si l’on doutait de la « russité » de Tchaïkovski, on en trouverait l’évidente preuve dans le recueil de Cinquante Chants populaires russes, composés en 1868-1869 pour piano à quatre mains. Il s’agit essentiellement d’harmonisations de chants authentiques tirés de deux recueils, dont celui de Balakirev.De cette époque date aussi la Première Sonate en do dièse mineur (op. 80), peu jouée. Elle fut publiée en 1900, sept ans après la mort du compositeur après avoir été révisée par Taneiev, qui opéra quelques modifications. C’est une œuvre d’assez vaste dimension, très classique et manifestement influencée par l’académisme germanique. Sans doute le compositeur n’y tenait pas tellement puisqu’il ne fit rien pour la publier et réutilisa le matériau thématique du Scherzo dans sa Première Symphonie.L’Opus 2, Souvenir de Hapsal (1867) est un triptyque (Ruines d’un château, Scherzo et Chant sans paroles). Le cycle est intéressant en ce qu’il définit trois orientations de l’inspiration tchaïkovskienne, la musique évocatrice, descriptive ou même « impressionniste » (n° 1), la vivacité issue de la musique populaire (n° 2) et la pièce « mondaine » dont le seul titre évoque évidemment Mendelssohn. Au cours des années suivantes, il composa encore de petites pièces, Valse-Caprice op. 4, Romance op. 5, Valse-Scherzo op. 7, Capriccio op. 8, et un Pot-pourri qui est tout ce qui nous reste de son opéra détruit, Le Voyévode (1867-68). On peut aussi passer rapidement sur les Trois Pièces op. 9 d’octobre 1870 (Rêverie, Polka de Salon, Mazurka de salon).On pourrait alors se dire que le compositeur multiplie les travaux alimentaires correctement rémunérés, ces pièces s’écoulant bien dans la bourgeoisie et l’aristocratie russe et même à l’étranger. Tous ces morceaux sont bien écrits, pas très originaux, et jouables. Mais pas seulement. Derrière l’écriture correcte mais assez peu audacieuse qui dénote le bon élève soucieux de bien faire, une école est en train de naître. On n’oubliera pas qu’autour de 1870, la musique russe commence à se structurer, que les écoles commencent à peine à naître, que Tchaïkovski lui-même est rapidement passé du statut d’élève à celui de professeur, enseignant au Conservatoire de Moscou nouvellement créé dès la fin de ses études (1866).

Tchaikovsky, Peter Ilich Russian compose
photo de 1878 - photo AKG-Image




Les œuvres de la maturité

En 1870 donc, la musique russe n’a encore créé aucun chef-d’œuvre (les Tableaux d’une exposition de Moussorgski viendront quatre ans plus tard). On ne s’étonnera donc pas que les pièces de jeunesse de Tchaïkovski soient un peu prudentes. Et pourtant, au-delà de l’écriture sagement académique (un académisme « allemand » puisqu’à l’époque, il n’y en avait pas d’autre dans le domaine instrumental !), on y trouve déjà des tournures singulières qui témoignent d’une réelle personnalité et d’une disposition à traduire des nuances affectives que l’on ne trouverait pas chez un compositeur allemand ou français de la même époque.Les années 1870 verront la véritable éclosion du génie pianistique du compositeur. Il ne faut pas négliger les Deux Pièces op. 10 (Nocturne et Humoresque) que SviatoslavRichter jouait souvent (1871-1872) ni les Six Pièces op. 19 de1873 (Rêverie du soir, Scherzo humoristique, Feuillet d’album, Nocturne, Capriccioso, Thème original et Variations), ni cet essai original de Six Pièces sur un même thème op. 21, qui ne correspondent pas à des variations au sens habituel. Tchaïkovski se préoccupe de cerner l’expression par la recherche formelle (Prélude, Fugue, Impromptu, Marche funèbre, Mazurque, Scherzo). On notera la juxtaposition de formes classiques, de pièces de genre et de pièces à danser.Après 1875, quatre œuvres d’envergure dépassent tout ce que Tchaïkovski avait déjà réalisé pour le piano. C’est d’abord le Premier Concerto op. 23. On connaît bien la genèse de cette œuvre plus que célèbre, les critiques blessantes que le compositeur reçut de Nikolaï Rubinstein, auquel il s’était adressé pour recevoir quelques conseils techniques, n’étant pas lui-même un virtuose d’exception. On sait que Tchaïkovski s’adressa finalement à Hans von Bülow qui assura sa création à Boston en 1875. Ce Concerto se distingue de tout ce qu’il avait composé jusqu’ici. Au contraire des pièces pour piano antérieures, la partie pianistique est d’une grande difficulté et suppose une conception symphonique du piano qui, dans la tradition du concerto romantique, lutte avec (ou plutôt contre l’orchestre), dès l’impressionnant portique initial. Si l’on pouvait reprocher à Tchaïkovski une certaine timidité formelle dans ses premiers opus, il faut reconnaître qu’il laisse libre cours à une formidable inventivité. La forme est curieuse avec un premier mouvement immense suivi de de deux mouvements nettement plus cursifs. Ce premier mouvement adopte une forme étonnante avec une introduction somptueuse mais dont le thème ne reviendra plus et un développement trithématique de nature très rhapsodique. L’Andantino semplice, à la mélodie toute naïve, contient un épisode central plein de fantaisie. Quant au Finale, il est déchaîné, partant sur une danse populaire très rythmique à laquelle s’oppose un thème intensément expressif. Pour parler moderne, on pourrait gloser sur l’hétérogénéité du matériau sonore. On y trouve, pêle-mêle, du folklore ukrainien, des souvenirs de romance, une chanson française, un thème qui ne déparerait pas dans un adage de ballet, le tout d’une virtuosité très extravertie qui assure toujours le succès de l’œuvre.Peu après la création du Concerto, Tchaïkovski se lance dans la composition des Saisons, un cycle de douze pièces (op. 37a), une par mois. Chaque numéro représente une petite scène ou évoque une forme musicale liée à ce moment de l’année. Janvier : Au coin du feu ; Février : Carnaval ; Mars : Chant de l’alouette ; Avril : Perce-neige ; Mai : Les Nuits blanches ; Juin : Barcarolle ; Juillet : Chant du faucheur ; Août : Les Moissons ; Septembre : La Chasse ; Octobre : Chant d’automne ; Novembre : Troïka ; Décembre : Noël. Certes tout cela est d’une inspiration très sage, mais l’ensemble compose un très joli album poétique évocateur d’une vie intime russe à la façon de Tchekhov. Il est rare que l’on joue le cycle complet en concert mais certaines pièces, comme Au coin du feu ou la Barcarolle (qui n’adopte d’ailleurs pas le rythme caractéristique de la chanson vénitienne) ont acquis une relative notoriété. Il faut rapprocher ces pièces des Pièces lyriques de Grieg, dont le premier recueil date de 1867. Même souci d’évocation, même jeu subtil entre l’écriture traditionnelle et l’expression de climats singuliers,car on ne saurait confondre lesambiances de Grieg et celles de Tchaïkovski. On est en revanche beaucoup plus loin des pièces de Schumann, animées d’une tension parfois extrême et d’un humour souvent grinçant. Il est donc discutable que Tchaïkovski ait été profondément influencé par la musique allemande en dehors de quelques cadres formels et d’une certaine discipline d’écriture.Il est bien évident qu’avec sa Deuxième Sonate pour piano en sol majeur (op. 37), composée en 1878, il entend s’illustrer dans un genre typiquement allemand. Il est bien évident que le début de la Sonate avec ses rythmes pointés et ses puissants accords, se souvient du début de l’Opus 106 beethovénien. Il est possible que Tchaïkovski se soit trouvé tiraillé entre la volonté de construire un discours ample et celle d’exprimer un univers intime. La Grande Sonate est pleine d’épisodes exquis où l’on retrouve la patte du compositeur, dans l’enjouement de vif-argent et l’invention rythmique du Scherzo, dans certains épisodes de l’Andante varié, surtout dans les intermèdes servant de transition entre les diverses sections, dans l’épisode central en sol mineur du premier mouvement. S’il existe un rapport entre Tchaïkovski et Schumann, il réside bien entre la contradiction entre l’ampleur recherchée et la propension aux épisodes brefs. L’immense finale de la Sonate en sol souffre du même travers que la Sonate en fa dièse mineur de Schumann, sa longueur. Le monument n’existe qu’au prix d’effets un peu stéréotypés et emphatiques et de répétitions. Cela dit, si l’on examine l’histoire intime de la Sonate, on notera qu’elle a été composée en parallèle avec le lyrique Concerto pour violon, comme si la sentimentalité de l’un devait être compensée par le relatif formalisme de l’autre.On trouvera plus de simplicité et de naturel dans deux recueils de pièces brèves de la même année. Les Douze Pièces (op. 40), dont il est précisé qu’elles sont de difficulté moyenne, s’adressent au bon amateur cultivé. Pour le contenu, on y trouvera sans surprise les habituelles Chansons, Nocturnes, Rêverie et autres pièces de genre. L’inspiration de l’Album pour les enfants (op. 39), dédié à son neveu âgé de 6 ans, est du même ordre avec plus de facilité pianistique encore. Ce cycle de vingt-quatre morceaux a évidemment été inspiré par l’Album pour la jeunesse de Schumann. On y trouve la fameuse Marche funèbre d’une poupée que tous les petits pianistes du monde ont jouée. Comme Schumann mais différemment, Tchaïkovski se montre sensible au monde de l’enfance. Mais ici, c’est moins sa propre enfance intérieure qu’il nous dépeint qu’une mythologie sociale de l’enfance dans la bonne société russe.Le Deuxième Concerto pour piano en sol majeur (op. 44), de 1880, n’a jamais connu la célébrité du premier, et de très loin. Tchaïkovski le regrettait, tout en reconnaissant implicitement qu’il pouvait être amélioré. Vers la fin de sa vie, il envisagea des modifications, en collaboration avec le pianiste Alexandre Siloti. Finalement, ce fut Siloti tout seul qui remania l’œuvre dont il fit publier « sa » version en 1897. On revient aujourd’hui à l’original, un peu plus long. Par rapport au Premier Concerto, l’œuvre semble peut-être trop maîtrisée, il y manque la fantaisie. L’énergie du premier mouvement, la poésie du deuxième, à laquelle on ne peut quand même pas résister, la fougue du dernier, ont quelque chose d’académique.Au cours des années suivantes (1882), il publiera encore un recueil de Six Pièces (op. 51) d’inspiration plus mondaine que populaire : trois des morceaux sont des valses, et une Fantaisie concertante pour piano et orchestre (op. 56), très peu jouée et enregistrée, qui intégrait un mouvement originellement prévu pour la Suite pour orchestre n° 3.On estimera davantage la Doumka (op. 59) de 1886, dédiée à Marmontel, professeur de piano au Conservatoire de Paris. Une doumka est une pièce d’apparence improvisée, une sorte de rhapsodie slave utilisant des thèmes populaires. Dans cette pièce relativement développée, on reconnaîtra sans peine quelques thèmes russes, dont la mélancolique mélodie initiale et le thème dansant de la deuxième section. En revanche, le traitement de ces thèmes et la conduite de l’ensemble font appel à des procédés et à des traits virtuoses un peu vains qui permettent à Tchaïkovski de transformer la musique populaire en « grande musique ».


Délassement rémunérateur

Si l’on excepte quelques petites pièces sans numéro d’opus, publiées après sa mort, sa dernière œuvre pour piano fut le recueil de Dix-Huit Pièces (op. 72), à peu près contemporain de la composition de la Symphonie « Pathétique », au printemps 1893. Fin avril, il écrit à Ilya Slatine : « Dans les dix jours depuis mon retour de Pétersbourg, j’ai décidé, pour gagner de l’argent, d’écrire quelques petites pièces pour piano et je me suis mis en condition pour en écrire au moins une par jour pendant un mois. » Il avait prévu d’en écrire une trentaine maisn’atteignit pas cet objectif. C’est un recueil très mêlé et d’intérêtinégal, où l’on trouvera des pièces brillantes, d’autres assez platement salonnardes, quelques danses, une influence assumée des grands Romantiques de la génération précédente (Chopin, Liszt, Schumann). On peut considérer l’Opus 72 comme un délassement rémunérateur, après la composition de sa plus célèbre symphonie. Mais l’on peut y voir aussi un dernier catalogue de l’esthétique tchaïkovskienne. Quelques mois plus tard, le compositeur mourut subitement dans des conditions qui n’ont jamais été élucidées mais l’on a quelque raison de penser que le choléra n’était qu’un prétexte masquant un vraisemblable suicide imposé pour éviter une embarrassante affaire de mœurs. Reste le cas du Troisième Concerto (op. 75). En 1891-92, Tchaïkovski avait projeté une symphonie dont il reprit le matériel thématique pour en faire un concerto dont il acheva le premier mouvement peu avant sa mort. Il ne le satisfaisait pas tout à fait et avait même pensé à le détruire. En 1895, Taneiev composa deux autres mouvements à partir des esquisses retrouvées. La plupart des enregistrements de l’œuvre ne donnent que le premier mouvement, dont l’harmonie et l’orchestration marquent une évolution par rapport aux précédents, dans le sens d’une émancipation des instruments à vent, avec des couleurs harmoniques originales.


L'ŒUVRE POUR PIANO

Des pièces pour amateurs éclairés


Au contraire de la plupart des grands compositeurs romantiques, l’œuvrepour piano de Tchaïkovski, quoique assez abondant et souvent assez abordable par des pianistes non professionnels, n’est ni très connu ni reconnu. Cette situation tient à la nature même de ces compositions. La plupart des œuvres pianistiques de Tchaïkovski, (hormis les deux sonates, dont une est quasi inconnue, et les concertos qui sont d’une autre nature !) en effet,sont des pièces brèves que l’on peut le plus souvent ranger dans la catégorie mal aimée des musiques de salon. Or, les programmesdes récitals des grands pianistes,au xxe siècle, sont composésde grandes œuvres, grands cycles virtuoses, pièces de virtuosité quasi symphoniques, pièces annonciatrices de la modernité musicale. Il n’y a guèrede place pour telle Valse-Bluetteou Chant élégiaque. En outre,la surreprésentation des œuvres « prophétiques » a laissédans l’ombre bien des pièces d’une écriture traditionnellequi se trouvent ainsi dévaluées.D’ailleurs, à Carnegie Hall ou à Pleyel, la plupart des pièces pour piano de Tchaïkovski feraientpeu d’effet car elles ont été conçues pour un tout autre cadre, aujourd’hui disparu. Aussi rejoignent-elles dans la disgrâceles œuvres analogues de Glinka,de Saint-Saëns, de Liadov, de Massenet, d’Anton Rubinstein, de Poulenc. En revanche, elles peuvent convenir à des amateurs éclairés, auxquels elles furent destinéeset qui peuvent ainsi pénétrer le cœur de la sensibilité de Tchaïkovski,et au-delà, de l’« âme russe ».

Marc Bosmans

Tchaïkovski en quelques dates

1840 Naissance le 7 mai à Votinsk
1862 Entrée au Conservatoire de Saint-Pétersbourg
1866 Symphonie n°1 « Rêves d’hiver »
1867 Souvenir de Hapsal
1870 Roméo et Juliette
1875 Concerto pour piano n° 11876 Achèvement du Lac des cygnes et des Saisons pour piano. Début du mécénat de Nadejdavon Meck
1877 Échec du mariage avec Antonina Ivanovna Milioukova
1878 Concerto pour violon. Grande Sonate pour piano en sol majeur. Album pour les enfants
1879 Création d’Eugène Onéguine
1880 Concerto pour piano n° 21882 Trio pour piano
1889 La Belle au bois dormant
1890 Souvenir de Florence
1891 Voyage aux États-Unis
1892 Casse-Noisette
1893 Symphonie n° 6 « Pathétique ». Mort à Saint-Pétersbourg, le 6 novembre 1893
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