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Pratique / Se former / LES CANDIDATS DE L'EXTRÊME - Concours de piano pour amateurs

LES CANDIDATS DE L'EXTRÊME - Concours de piano pour amateurs

Par Elsa Fottorino / Mercredi 6 juillet 2011
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Passer un concours lorsque l’on est amateur représente avant tout un enjeu personnel : se mesurer aux autres, aller au bout d’un programme, se soumettre au jugement de professionnels… Nombreuses sont les raisons qui motivent les amateurs à monter sur scène. Robin Stephenson, agrégé de mathématiques et doctorant à l’École normale supérieure (ENS) a remporté le Premier Prix ex æquo, avec Simon Grisdale, de la derrière édition du concours des Grands amateurs de piano. « Jouer à l’ENS devant 60 personnes était jusqu’à présent la seule option. » Ce mathématicien confie « avoir eu récemment un craquage », s’être « interrogé sur le fait de devenir pianiste ». Puis il a entendu parler du concours des Grands amateurs, une manifestation ouverte à tous les pianistes non professionnels âgés de plus de 18 ans. Il s’est lancé le défi. « J’avais très envie de partager ma musique, c’était une envie irrépressible. » Admis en finale, il a exécuté un programme de trente minutes dans l’amphithéâtre de la Sorbonne devant environ 400 personnes. « J’étais très heureux de jouer devant une audience aussi grande. Je n’avais pas le trac, au contraire, c’était très excitant. » La récompense est de taille : le lauréat joue un concerto avec l’Orchestre de la Garde républicaine. C’est d’ailleurs le même orchestre qui accompagne les finalistes du Concours de piano de l’École Polytechnique. Ouvert aux étudiants des grandes écoles, des universités françaises et étrangères, ce dernier est plus confidentiel. « Lorsque j’ai passé le concours, nous étions huit candidats », affirme Robin Stephenson qui s’est présenté en 2011. Les épreuves se déroulent dans un grand amphithéâtre de 800 places ouvert au public.Le Concours international de Piano d’Ile-de-France a, lui, récemment ouvert une section « adultes grands amateurs ». « Ces pianistes sont particulièrement motivés », observe Karolos Zouganelis, membre du jury de la dernière édition du concours. « Cela leur permet de faire un plan de travail et de s’y tenir avec assiduité », poursuit-il. Cette année, le concours a récompensé un accordeur de piano (voir encadré ci-contre), un professeur de mathématiques et un ingénieur en informatique… Il existe d’autres concours, comme le Concours musical de France ou le Concours national de piano de Chatou qui sont de fait ouverts aux amateurs car sans limite d’âge. Mais les amateurs qui se présentent dans les niveaux supérieurs seront très probablement confrontés à de jeunes professionnels.


Comment juger un amateur ?

Les critères de jugement et de notation varient d’un concours à l’autre. Au Concours musical de France comme au Concours national de piano de Chatou, le tri s’opère de manière naturelle car les amateurs sont mélangés aux professionnels sans distinction. Cécile Edel-Latos, présidente et fondatrice du Concours de piano de Chatou insiste sur l’originalité artistique : « On recherche des pianistes avec une personnalité. Ils doivent être à l’aise techniquement et faire preuve d’une grande musicalité. » Si ces critères se retrouvent dans de nombreux concours, Cécile Edel-Latos respecte une certaine éthique. « Même si un candidat n’est pas bon, on le laisse jouer jusqu’au bout. J’ai horreur de couper un pianiste. » Pour ce qui est de l’évaluation, chaque membre du jury donne une mention et en général, une majorité se détache. Une politique qui ressemble à celle du Concours musical de France. Comme le Concours national de piano de Chatou, il est ouvert aux candidats de toutes les nationalités. D’ailleurs, il existe des éliminatoires partout en France (Strasbourg, Marseille, Bordeaux, Nantes, en Guadeloupe…) mais aussi à l’étranger, aussi bien en Russie qu’en Espagne ou aux États-Unis. « On peut tout à fait avoir pour candidat un débutant de 25 ans », affirme Ginette Gaubert, pianiste, présidente et fondatrice du concours. « On ne sait pas d’où viennent nos candidats, ni avec qui ils travaillent. Cela ne nous intéresse pas. Nous jugeons uniquement sur la qualité de la prestation musicale », précise-t-elle.Pour ce qui est des concours spécifiques pour les amateurs, l’esprit est un peu différent. Le jury fait souvent preuve d’une bienveillance particulière avec les concurrents : ils se présentent souvent d’une manière totalement désintéressée, simplement pour le plaisir de jouer. « On n’a pas envie de les juger et on est tenté de leur pardonner toutes leurs fautes », affirme Karolos Zougalenis. Au concours des Grands amateurs de piano, le candidat peut consulter le jury pour être orienté dans son interprétation. Robin Stephenson n’a pas hésité à le rencontrer avant la finale : « Les membres du jury m’ont donné des conseils d’interprétation notamment sur la 4e Ballade de Chopin : ils trouvaient mon jeu un peu trop électrique. » Une méthode qui permet de rectifier le tir et de briser l’aspect solennel qui existe souvent dans les concours internationaux.

Quel est le niveau requis ?

En général, les concours sont destinés aux amateurs de bon niveau. Mais rien n’empêche un pianiste de présenter un programme dont les difficultés techniques restent modestes. Le Concours international de piano d’Ile-de-France permet aux amateurs de tout niveau de participer. Chaque candidat compose un programme libre de vingt minutes. « On entend des choses très variées, aussi bien des mouvements de sonates de Beethoven ou Haydn que des pièces de Debussy. Certains candidats ont interprété les Jeux d’eau de Ravel, ou encore la 4e Ballade de Chopin… », témoigne Karolos Zouganelis. Si les programmes restent libres, cela ne signifie pas que le niveau est forcément disparate. « On aurait pu croire qu’il s’agissait de pianistes professionnels », observe-t-il.Au Concours national de piano de Chatou, les pianistes amateurs peuvent aussi bien se présenter en « Moyen 1 » qu’en « Excellence ». « Le rôle des professeurs est très important pour déterminer le niveau, insiste Cécile Edel-Latos. En Supérieur et en Excellence, le niveau est très élevé et on voit arriver beaucoup de futurs professionnels. » En « Excellence », cinq œuvres du répertoire doivent être présentées, parmi lesquelles une étude romantique, un mouvement de sonate de Beethoven, une rhapsodie de Liszt… « Il faut savoir que s’il n’y a pas de limite d’âge, les amateurs seront confrontés à des jeunes décomplexés. Cela peut arriver que des amateurs de 50 ans se présentent, mais souvent, les pauvres, ne font pas le poids », constate Cécile Edel-Latos. Le Concours national de piano de Chatou accueille le plus souvent des étudiants issus des conservatoires, de l’École normale de musique de Paris ou encore des étudiants étrangers. Pour ce qui est du Concours musical de France, le niveau requis est très élevé dans la « section artistique ».Mais rien n’empêche un amateur de se présenter dans la section « Supérieur » ou « Virtuosité » où les programmes sont moins lourds.Le concours des Grands amateurs est « ouvert à tous les amateurs de piano de haut niveau ». Il se déroule en trois étapes : une éliminatoire avec un morceau de 10 minutes au choix, une demi-finale composée d’un programme de 15 minutes comprenant une œuvre de Bach et une œuvre romantique. Enfin, la finale prévoit un programme libre de 30 minutes. En plus de la 4e Ballade de Chopin, Robin Stephenson a interprété pour cette épreuve Gaspard de la nuit de Ravel.Le niveau requis au Concours de piano de l’École polytechnique est sensiblement le même. Au moment de la finale, chaque candidat doit interpréter un concerto. « Le niveau est assez élevé. Au moment de l’inscription, le candidat doit nous communiquer les coordonnées de son professeur. Le directeur musical de l’école le contacte pour se renseigner sur le niveau du candidat… », confie Raphael Leyder, responsable de la manifestation.


Comment se préparer ?

Même si les enjeux ne sont pas aussi importants que pour les professionnels, une certaine rigueur dans la préparation semble indispensable. Pour le concours des Grands amateurs, Robin Stephenson affirme avoir travaillé son piano deux heures par jour, « sauf à la fin » où la cadence s’est intensifiée. « Il n’y a pas besoin de travailler six ou sept heures par jour. En tout cas, personnellement, je sais que je ne peux pas tenir », confie-t-il. Ce mathématicien est également élève dans la classe d’Hugues Leclère au Conservatoire à rayonnement régional de Paris qu’il voit chaque semaine. Une aide précieuse. « Au concours des Grands amateurs, la demi-finale avait lieu Salle Cortot. C’était très tard le soir, il faisait très chaud. Les conditions n’étaient pas idéales et j’ai considéré que j’avais mal joué. C’était un moment assez difficile à passer », confie-t-il. Afin d’éviter les mauvaises surprises, il paraît essentiel de rôder son programme devant un public, même restreint.À l’étranger, d’autres concours pour les amateurs ont vu le jour. Aux États-Unis, le prestigieux Concours Van-Cliburn a ouvert son « Amateur Competition ». Si toutes ces manifestations n’ont pas de vocation professionnelle, elles offrent un nouvel horizon aux amateurs souvent démunis une fois leur cursus en conservatoire achevé.


ENTRETIEN AVEC... PHILIPPE NGUYEN - "Un vrai défi"

Accordeur de piano, lauréat du Concours international de piano d'Ile-de-France dans la section "adultes grands amateurs".


Quel est votre parcours musical ?
J’ai suivi une formation de piano dans un conservatoire municipal. En 1978, je me suis présenté au Conservatoire de Paris. Après avoir passé le premier tour, Yvonne Loriod m’a proposé de devenir auditeur dans sa classe. Roger Muraro était alors l’un de ses élèves. J’étais très impressionné car il montait des œuvres à toute vitesse. Moi, j’étais très mauvais lecteur. Cela m’a refroidi et je n’ai pas osé aller plus loin. Puis mon père, qui était ingénieur, s’opposait à ce que je devienne pianiste.

Pourquoi avoir passé le Concours de piano d’Ile-de-France ?
Je suis l’accordeur de piano de Christine Girard, la présidente de l’association « Opus Yvelines » qui organise le concours. Elle m’en a parlé et j’ai décidé de me lancer. La perspective d’un concours motive pour travailler. Sinon, je mets peut-être moins d’ardeur à la tâche.

Est-ce un moyen de vous positionner par rapport aux autres ?
Oui, dans un sens, mais si on est honnête avec soi-même, on sait ce que l’on est capable de jouer ou non.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Sur le plan personnel, j’en tire une véritable satisfaction. C’était un vrai défi. Je ne pensais pas que j’étais encore capable de monter des œuvres difficiles. C’était peut-être un concours, mais j’étais moins en compétition avec les autres qu’avec moi-même.

Quel programme avez-vous présenté ?
J’ai joué le 3e Impromptu de Chopin, puis, de Liszt, le 3e Rêve d’amour ainsi que les 10e et 12e Études d’exécution transcendante.

Comment vous êtes-vous préparé ?
J’ai travaillé au moins deux heures par jour. Certains jours, il m’est arrivé d’être au piano huit heures durant. En approchant du concours, j’étais très angoissé lorsque je n’avais pas fait mes trois heures quotidiennes.

Comment gérez-vous le trac ?
Avant de passer le Concours d’Ile-de-France, j’ai joué plusieurs fois mon programme à des particuliers. Je me suis organisé un concert en novembre 2010 et avant cela, j’ai énormément travaillé. Quand j’ai passé le concours, c’était sur la base d’un travail régulier et d’une certaine assurance.

Avez-vous d’autres projets pianistiques ?
Cette expérience m’a donné envie de passer d’autres concours. Ma compagne est violoniste professionnelle. J’ai quelques concerts prévus avec elle. Récemment, j’ai eu un accident cardiaque et j’étais cloué à la maison. Le piano m’a sauvé. J’ai redécouvert que cet instrument était indispensable à ma vie. Cet accident m’a ramené à l’essentiel. J’ai désormais envie d’organiser ma vie pour pratiquer au moins une heure de piano par jour.


ENTRETIEN AVEC... GÉRARD BEKERMAN - "Pas de puritanisme!"

Directeur du concours des Grands amateurs de piano.


Pourquoi avoir créé un concours de piano pour les amateurs ?
J’ai créé ce concours il y a vingt ans pour les passionnés de piano qui menaient comme moi une double vie. L’intérêt d’un concours, c’est qu’il fixe des objectifs, définit une échéance, permet de se dépasser. C’est une initiation supplémentaire. Je suis très heureux de voir qu’au fil des années, ce concours est devenu un rendez-vous incontournable. C’est un peu la « grand-messe » des amateurs.

Quel est l’esprit de la manifestation ?
C’est un « anti-concours ». Quand on participe au Concours Chopin ou au Concours Reine-Elisabeth, on se présente pour gagner. Aux Grands amateurs, ce qui compte, c’est surtout de participer, c’est la satisfaction d’être présent avec les autres et de partager une même passion. Cela reste un concours, mais la rivalité intervient sur un plan secondaire. D’ailleurs, avant la finale, il n’y a aucun classement. Aux différentes étapes de la compétition, les candidats peuvent consulter le jury, leur demander conseil. Il n’y a pas de puritanisme à l’anglo-saxonne. L’objectif est de montrer la voie par l’échange, le dialogue. Dans la tradition, les concours sont des monologues. Ici, c’est précisément l’inverse.

Qui sont les candidats ?
C’est très exotique ! Ils viennent d’environ 70 pays. Nous avons même des pianistes venus du Honduras ou d’Azerbaïdjan… Leur profil est très disparate du point de vue des métiers qu’ils exercent. Nous avons aussi bien des jeunes étudiants en droit que des médecins ou des secrétaires. Dernièrement, un architecte belge quasi centenaire (97 ans) s’est présenté ! Il y a dix ans, un jardinier a eu le Premier Prix, malgré ses mains égratignées… L’avantage avec ce concours, c’est qu’on se fiche des statuts sociaux. Aussi, les candidats doivent avoir un minimum de 18 ans pour participer car nous voulons éviter les élèves des conservatoires.

Quels sont les critères de sélection ?
Nous n’utilisons pas de système de notation. Cela ne sert à rien d’être trop rigoriste avec les amateurs et d’avoir un système trop strict. Le jury se met d’accord sur un nom. Cette année, nous n’arrivions pas à départager. Nous avons donc décidé d’un Premier Prix ex aequo.

Quel est le niveau requis ?
Pratiquement tous ceux qui arrivent en finale ont un prix de conservatoire ou sont issus de l’École normale de musique de Paris. Mais tout le monde peut se présenter, à l’exception des élèves des autres écoles de musique. Il n’y a pas de programme imposé, chacun peut jouer les œuvres qu’il souhaite.

Quelle est la récompense pour le gagnant ?
Nous remettons 3 000 euros mais ce n’est pas l’argent qui motive les amateurs. On invite également le lauréat à jouer un concerto avec l’Orchestre de la Garde républicaine. Le concert a lieu dans une grande salle, par exemple à Gaveau. Les lauréats regrettent certainement de ne pas être artistes, mais on arrive à les motiver autrement.



CONTACTS


> Concours des Grands amateurs de piano, Paris
Niveau : haut niveau
Effectif : 100 candidats
Limite d'âge : avoir au moins 18 ans; au-delà, aucune limite d'âge

> Concours national de piano de Chatou
Niveau : de débutant à confirmé
Effectif : une soixantaine
Limite d'âge : aucune

> Concours de piano de l'École Polytechnique, Palaiseau
Niveau : haut niveau
Effectif : une douzaine de candidats
Limite d'âge : 30 ans

> Concours international de piano d'Ile-de-France, Maison-Laffitte
Niveau : variable
Limite d'âge : aucune

> Concours musical de France, Marseille (siège)
Niveau : de débutant à confirmé
Effectif : pas de nombre limite
Limite d'âge : aucune
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